mardi 8 mai 2018

Eurométropolisation : le Grand Paris, pour qui et contre qui … ?

«Ce nouvel exemple d’expansion métropolitaine au service de l’attractivité et de la compétitivité porte en lui sa logique de dévastation sociale et écologique : spéculation foncière et immobilière, gentrification des quartiers populaires, élaboration de projets aberrants et nuisibles, partenariat public-privé, disparition des terres agricoles, etc. »

Jean-Pierre Garnier, « Le Grand Paris, dévastation métropolitaine », 20 février 2014

TL GRAND PARIS

Le Grand Paris est un projet global visant à transformer la Capitale et ses environs en une grande à l’américano-européenne, sous prétexte d’améliorer le cadre de vie des habitants et autres fadaises qu’on nous sert. Imaginé et promu par l’ancien président Nicolas Sarkozy en 2007 avec la consultation d’architectes internationaux pour développer une vision d’ensemble de l’aménagement francilien. La Loi du 3 juin 2010 institutionnalise réellement le projet.  Le projet est connu surtout par ses deux versants : le Grand Paris express et la Métropole dite du Grand Paris.

La loi sur le Grand Paris prévoit la mise en place de contrats de développement territoriaux, notamment sur l’aménagement d’une vingtaine de zones stratégiques en matière économique, urbaine et sociale, à l’instar du biocluster (1) de Sanofi à Vitry-sur-Seine. C’est ensuite la loi MAPTAM (2) qui va vraiment lancer le nouveau type d’intercommunalité fort du GP : la métropole.

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Parlons un peu de la politique du logement (3). Dernièrement, selon deux pointures de l’immobilier, Century 21 et Guy Hoquet, le prix des transactions immobilières pour Paris sont repartis à la hausse (5%) (4). Rappelons qu’en 2012, pour Paris intra-muros, 140 000 demandes de logements sociaux ont été faites et moins de 12 000 d’entre elles ont été satisfaites. Quand bien sûr certaines familles n’ont pas été obligées, tout simplement , de s’exiler en banlieue, comme le reconnaît le  « communiste » Ian Brossat, chargé de cette question, auprès de la mairie de Paris.

La loi sur le GP avait fixé un objectif de construction annuelle de 70000 logements supplémentaires. Seulement, une question nous taraude : pour qui ?

Essentiellement les jeunes diplômés, les cadres supérieurs et ingénieurs attirés par la métropole, ce que semble confirmer Century 21 et Guy Hoquet : 83,6 % des acheteurs parisiens sont soit cadres supérieurs ou personnes exerçant une profession libérale, soit cadres moyens. Cependant la proportion d’acquéreurs parmi les ouvriers et les employés tombe à 16, 4 % pour Paris (5). En effet, les divers projets coûteux aux architectures XXL encouragent la spéculation immobilière et foncière, ce qui entraîne aussi pour certaines villes de la petite couronne un processus d’embourgeoisement -ou de gentrification comme certains le disent – accompagnant les opérations de rénovation urbaine et réservant l’accès au plus proche de la Capitale aux aisés (6). Alors certes on nous rétorquera que des politiques sont mises en place pour éviter au moins le trop grand développement de ce phénomène en Petite couronne (7), mais le fait est là, les prix sont en hausse et ce phénomène commence déjà à s’instaurer. Et à la vue de la politique globale qui gouverne la France, si aucun coup d’arrêt n’est porté efficacement contre cette politique, les classes populaires vont se retrouver au fin fond de la région, dans des villes dortoirs, dont les populations pourront tout de même venir travailler sur Paris grâce au Grand Paris express.

Bref, la politique du logement actuelle trahit surtout une politique au profit d’une classe.

Mais des emplois, nous dira-t-on, vont être créés, donc de quoi vous plaignez-vous ? Oui, d’accord, mais lesquels ? On nous annonce (mais c’est fluctuant) la création de 250000 emplois d’ici 2030. Ces emplois ne seront pas pour les couches populaires sans qualification, mais plutôt des activités tertiaires, souvent aussi parasitaires que bien qualifiées. À titre d’exemple, prenons le quartier de la Défense, qui attire les sièges sociaux des grands groupes comme Saint-Gobain, Total ou RIE. Le groupe canadien CGI implanté là-bas annonce recruter 1300 collaborateurs, en l’espèce des consultants et des experts. Et ces collaborateurs font travailler promoteurs designers et services RH qui leur offrent tout le confort matériel qu’ils veulent dans leur espace de travail (8). Et cela va créer notamment du travail dans le domaine médical : en effet, les futurs salariés des entreprises de La Défense pourront dans leur espace aménagé travailler partout et tout le temps, même en pause, ce qui va créer forcément des situations de tensions, voir des risques de maladies psychiques. Or, Psya, un cabinet de conseil spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux a emménagé à la Grande arche (9) …

À côté de ça, toutes les méga-constructions et autres projets architecturaux vont détruire certains emplois, notamment tous les petits commerces existants, à l’instar du projet Europacity à Gonesse, de la destruction de zones agricoles à Rambouillet ou de l’urbanisation de l’espace boisé du bois Grignon à Orly.

Au final ce projet de Grand Paris montre la relation entre la concentration du capital et la concentration urbaine, qui attire tout à elle, les hommes et les richesses. Qui centralise toutes les décisions, pendant que tous les espaces aux alentours sont subordonnés.

(...)

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/eurometropolisation-le-grand-paris-pour-qui-et-contre-qui/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

mardi 17 avril 2018

Le Limousin a contribué au rapport parlementaire sur l'intelligence artificielle

Intelligence artificielle et éducation ? Alors que le rapport sur l’IA a été rendu en mars, la chargée de mission de l’Association limousine des professionnels des technologies de l'information et de la communication (ALIPTIC) Marie-Pauline Carpentier a été entendue par la commission du député Cédric Villani. Sa préconisation ? Former élèves comme enseignants.

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Quel impact aura l’intelligence artificielle dans nos vies?? Alors que la mission du député En Marche Cédric Villani a rendu son rapport fin mars, la question est posée.

Tous les secteurs sont concernés : « La Politique, la recherche, le travail et l’emploi, l’écologie, l’éthique… », énumère Marie-Pauline Carpentier, chargée de mission au sein de l’ALIPTIC.

« Une prise de conscience plus large »

Fin 2017, la jeune femme a été auditionnée par les membres de la mission, plus précisément sur le domaine de l’éducation. « J’étais là pour faire valoir les initiatives qui sont prises en Limousin, sur l’éducation et le numérique, explique-t-elle. Beaucoup de personnes sont personnellement engagées. Il y a une approche volontariste, mais il faut une prise de conscience plus large. »

En Limousin, les initiatives en la matière ne manquent pas. Mise en place du projet « Robotique et Intelligence Artificielle » au lycée Maryse-Bastié de Limoges, initiation à la robotique grâce aux robots Thymios au sein de l’école Odette-Couty de Limoges et accompagnement de quatre isolées de la communauté de communes de Bourganeuf, en Creuse. [??]

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Les codings-goûter, organisés par l’ALIPTIC, permettent également « d’acculturer » et d’habituer les plus jeunes, « dès trois ans », à la robotique et à la programmation. Pour finir, l’enseignement supérieur et l’ENSA de Limoges bénéficient également d’une initiation « à la programmation et au développement de la création visuelle ou graphique sous un angle novateur ». [???]

« Le rapport, reprend-elle, préconise de sensibiliser les apprenants et les équipes pédagogiques sur les changements. Ça concerne aussi bien l’orientation scolaire que la transformation des métiers dans le ministère. Il faut faire comprendre à tous qu’il faut évoluer. »

Et l’emploi??

Plus largement, le combat sur la question de l’IA est également éducatif, au sens le plus strict du terme. « Avec l’intelligence artificielle, beaucoup de gens se posent la question de l’impact sur l’emploi, explique Marie-Pauline Carpentier, dont la collègue Annabelle Picot s’occupe également du sujet au sein de l’ALIPTIC. Lors de ma présentation, j’ai choisi de prendre le contre-pied au discours dominant, qui dit qu’il faut créer des formations surqualifiantes sur le sujet. Je pense au contraire que ça ne doit pas être élitiste, mais concerner des formations technologiques, des BTS. Ainsi, les personnes comprendront mieux ce qu’il en est et pourront se l’approprier. »

Sébastien Dubois

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Macron met 1,5 milliard (une paille) pour le développement de l'intelligence artificielle, mais supprime des enseignants dans les zones rurales !!
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J'aurais tendance à dire que ceux qui parlent le plus de l'intelligence artificielle sont ceux dont la naturelle leur fait cruellement défaut !

Et quand on lit la phrase incompréhensible de Mme Carpentier "
Les codings-goûter, organisés par l'ALIPTIC, permettent également « d'acculturer » et d'habituer les plus jeunes, « dès trois ans », à la robotique et à la programmation." on ne peut être que très inquiet pour le futur niveau intellectuel de nos enfants !

Et ce, surtout quand on sait que ceux qui travaillent sur ce sujet (Steve Jobs en tête) interdisent (ou interdisaient pour Jobs) la technologie à leurs enfants en donnant pour motif qu'ils en connaissent les dangers !!!

S.R.


Pourquoi Steve Jobs et Cie ont gardé leurs enfants éloignés des iPads

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Les dirigeants de la Silicon Valley transforment le monde en un environnement totalement technologique, mais se montrent comme parents particulièrement réticents à l'égard de ces applications innovantes, écrit Nick Bilton, journaliste spécialiste de la technologie auprès du journal américain The New York Times. Bilton a en effet constaté que l'élite de la Silicon Valley contrôle de manière stricte l'utilisation de la technologie par leurs enfants.

« Le défunt Steve Jobs a admis à l'époque que ses enfants n'avaient jamais utilisé un iPad, un des grands succès d’Apple », explique Nick Bilton. Jobs faisait également remarquer aussi que l'utilisation de la technologie était particulièrement limitée dans sa maison.

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Plus tard, il est apparu que Jobs n'était pas une exception. Dans la famille de Evan Williams, un des fondateurs de Twitter, les enfants n'ont pas non plus de tablettes et en outre, la lecture de livres imprimés est encouragée. Chris Anderson, ancien rédacteur en chef du magazine de technologie Wired, a même admis qu'il ne tolérait pas d'écran d'ordinateur dans la chambre de ses enfants.

« Nous avons constaté en premier les dangers de cette technologie et je ne veux pas que mes enfants puissent être confrontés à ces problèmes », a affirmé Anderson pour justifier ces restrictions.

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Bilton dit avoir constaté que la plupart des pionniers de la technologie limitent l'utilisation de gadgets comme les tablettes ou les smartphones par leurs enfants à 30 minutes par jour pendant la semaine, alors que d'autres ne tolèrent l'usage de la technologie que pendant le week-end.

A partir de l'âge de dix ans, les enfants de ces pionniers peuvent, selon le journaliste, utiliser pour la plupart un ordinateur, mais uniquement pour leurs travaux scolaires.

Hannah Rosin, journaliste auprès de The Atlantic, a constaté un phénomène similaire chez les concepteurs d'applications pour enfants. « Là aussi, il a semblé que le divertissement numérique est tabou pendant la semaine », dit-elle.

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Les restrictions par rapport à la technologie se reflètent aussi souvent selon les observateurs dans le choix des écoles que les entrepreneurs de Silicon Valley réservent à leurs enfants.

Beaucoup de cadres d'entreprises de Google, Yahoo, Apple et eBay semblent en effet avoir inscrit leurs enfants à la Waldorf School dont la philosophie ne laisse aucune place à la technologie qui selon la direction, représente une menace pour la créativité, le comportement social et la concentration des élèves.

https://fr.express.live/2014/09/17/pourquoi-steve-jobs-et-cie-ont-garde-leurs-enfants-eloignes-des-ipads-exp-207897/

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mercredi 4 avril 2018

Le Désastre de l’école numérique

Pendant que certains cadres de la Silicon Valley inscrivent leurs enfants dans des écoles sans écrans, la France s’est lancée, sous prétexte de « modernité », dans une numérisation de l’école à marche forcée – de la maternelle au lycée. Un ordinateur ou une tablette par enfant : la panacée ? Parlons plutôt de désastre.

TL ECOLE NUMERIQUE

« L’école numérique est un désastre », affirment Philippe Bihouix (ingénieur centralien et auteur d’un ouvrage sur les low tech) et Karine Mauvilly, prof en collège, dans un essai critique de la démarche gouvernementale initiée depuis 2013 avec la loi pour la refondation de l’école. N’ayant pas peur « de passer pour des ringards ou des réacs », les auteurs de l’ouvrage s’insurgent contre une vision technocentrée, une gadgétisation de l’apprentissage où les outils numériques sont vus comme un pilier de la lutte contre le décrochage et les inégalités scolaires. Leurs propos s’appuient notamment sur l’étude Pisa 2015 qui observe que « les niveaux d’utilisation des outils numériques supérieurs à la moyenne des pays de l’OCDE sont associés à des résultats scolaires significativement plus faibles ».

Selon Karine Mauvilly et Philippe Bihouix, les responsables politiques aveuglés par la technologie, négligent les impacts environnementaux et sanitaires des écrans sur l’enfant : myopie, ondes, manque de sommeil… Dans ce plaidoyer pour une école sans écrans, l’essai préconise l’interdiction de la présence des portables dans les établissements, le retour au tableau noir et « l’innovation non numérique en investissant sur l’acquisition du langage ».

L’école numérique, c’est un choix pédagogique irrationnel, car on n’apprend pas mieux – et souvent moins bien – par l’intermédiaire d’écrans. C’est le gaspillage de ressources rares et la mise en décharge sauvage de déchets dangereux à l’autre bout de la planète. C’est une étonnante prise de risque sanitaire quand les effets des objets connectés sur les cerveaux des jeunes demeurent mal connus. C’est ignorer les risques psychosociaux qui pèsent sur des enfants déjà happés par le numérique.

 

Le numérique à l'école - 4

 


 

Le numérique à l'école - 1

 

 

Intervenants et auteurs :

Karine Mauvilly, 38 ans. Historienne et juriste de formation, diplômée de Sciences Po Paris, elle a été journaliste puis enseignante en collège public, poste d’observation privilégié de la mutation numérique en cours.

 

Philippe Bihouix, 44 ans. Ingénieur centralien, il a travaillé dans différents secteurs industriels comme ingénieur-conseil ou à des postes de direction. Il est l’auteur de L’Âge des low tech, vers une civilisation techniquement soutenable.

 


 

Le numérique à l'école - 2

 


 

Source :

https://www.scienceshumaines.com/le-desastre-de-l-ecole-numerique_fr_37143.html

http://www.seuil.com/ouvrage/le-desastre-de-l-ecole-numerique-philippe-bihouix/9782021319187

 

Livre :

Le Désastre de l’école numérique. Plaidoyer pour une école sans écrans – Philippe Bihouix, Karine Mauvilly (2016)

https://aphadolie.com/2018/04/02/le-desastre-de-lecole-numerique/

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lundi 12 mars 2018

C’était mieux avant ? Pour la nature, certainement

L’idéologie du progrès, dit l’auteur de cette tribune, disqualifie toute référence au passé sur le registre du « retour à la bougie ». Pourtant, la nature se portait mieux avant, quand l’homme ne possédait pas les moyens techniques de la détruire à grande échelle.

TRIBUNE LIBRE / Simon Charbonneau est juriste et maître de conférences honoraire à l’université de Bordeaux I. Il est l’auteur de Le prix de la démesure.

TL BOUGIE

L’un des préjugés de l’idéologie du progrès est de dévaloriser tout ce dont on a hérité du passé, qui serait porteur uniquement d’une nostalgie sans justification rationnelle ou autrement à faire l’objet d’une muséification. Il s’agit là d’une attitude classique de nos opposants, destinée à disqualifier nos arguments, du genre « retour à la bougie ». La caricature dans ce domaine est représentée par le dernier livre du « philosophe » Michel Serres, intitulé C’était mieux avant !. Suite de Petite Poucette, ventant les miracles de la souris permettant d’accéder à internet, il était illustré par une paysanne lavant son linge à la fontaine, une image destinée à démystifier le passé.

Si dans certains domaines comme la santé, le confort domestique et tous les métiers pénibles, le progrès peut apparaître indiscutable (encore faudrait-il ne pas ignorer tous les revers de la médaille !), le bilan écologique actuel nous démontre abondamment que la situation antérieure des pays les plus développés était dans ce domaine beaucoup plus satisfaisante. Moins d’urbanisation, moins d’infrastructures de transports, moins de pollutions de tous types, si l’on s’en tient par exemple aux années de l’immédiat après-guerre. S’il y a un domaine indiscutable de régression, c’est donc bien celui de la protection de la nature ! Ce constat est à vrai dire celui des « vieux » qui ont vécu douloureusement la dégradation du contexte écologique provoquée par l’expansion du système industriel dans tous les domaines, expansion qui continue, comme le montre l’exemple actuel de la prolifération des champs d’éoliennes dans des paysages jusqu’à présent inviolés. Ce sont les naturalistes qui observent l’avancée de ce désastre en voyant disparaître certaines espèces d’oiseaux dans ce qui reste de nos haies ou de poissons de nos ruisseaux ou encore les randonneurs qui observent les « progrès » de l’artificialisation de la montagne dans l’ignorance des statistiques officielles abstraites de la chute de la biodiversité. Tout cela pour dire que pour l’homme, la nature n’existe pas seulement en lui en tant qu’animal mais aussi par la relation qu’il a pu établir avec elle !

Or, tout le monde a constaté que, paradoxalement, dans les déclarations officielles relatives à la crise écologique, il est manifestement interdit d’exprimer un sentiment de perte irréparable pour tous les amoureux de la nature. Cet interdit inconscient est révélateur de l’emprise idéologique de l’imaginaire progressiste des années d’après-guerre, destiné à occulter le désastre écologique en cours et qui continue à sévir aujourd’hui dans nos esprits du XXIe siècle. Pourtant, imaginer que l’on puisse par exemple observer à nouveau dans nos ruisseaux campagnards les vairons, goujons et écrevisses à pattes blanches comme par le passé, serait la preuve tangible de la réussite de nos politiques publiques de restauration de la faune halieutique !

Les anciennes sociétés n’avaient tout simplement pas les moyens de destruction que nous avons aujourd’hui 

Si l’on veut vraiment prendre la mesure du défi de la protection de la nature aujourd’hui, il faut alors poursuivre la réflexion en se demandant pourquoi donc la nature en question était mieux jadis protégée alors qu’il n’existait encore ni prise de conscience, ni politique globale de protection de la nature !! À vrai dire, la réponse est assez simple lorsque l’on y réfléchit un peu : les anciennes sociétés n’avaient tout simplement pas les moyens de destruction que nous avons aujourd’hui. L’arbre restait l’ennemi du paysan qui n’avait pas de tronçonneuse pour l’abattre mais pouvait vivre avec, car il faisait partie de son environnement familier.

C’est donc l’expansion fulgurante de nos moyens techniques qui est à l’origine de nos malheurs, faut-il le rappeler ! Par conséquent, si l’humanité veut stopper le désastre en cours, les hommes doivent à tout prix renoncer à rechercher l’efficacité technique au détriment des finalités qui la justifient, au contraire de ce qu’ils font maintenant. Ce qui signifie qu’ils doivent dorénavant cultiver une nouvelle exigence éthique fondée, comme l’a écrit Ellul il y a déjà longtemps, sur la renonciation à la recherche de la puissance dans tous les domaines.

À ce stade du raisonnement, il faut dire que l’on perçoit alors l’ampleur de la tâche qui attend l’homme moderne pour éviter les catastrophes à venir étant donné l’inertie de la société dans laquelle il vit.

https://reporterre.net/C-etait-mieux-avant-Pour-la-nature-certainement

jeudi 8 février 2018

Brèves d'antipresse

FRANCE | Une monarchie du verbe creux

TL ANTIPRESSE MACRON

Philippe-Joseph Salazar, philosophe et professeur de rhétorique à la faculté de droit à l’université du Cap, n’y va pas avec le dos de la cuillère. A l’occasion d’un passage en France, il livre un entretien à Mediapart qui est peut-être la charge la plus radicale formulée par un intellectuel à l’égard du pouvoir actuel, faussement amateur et faussement bénin:

"L’appauvrissement général de la langue française est tel – il suffit de prêter l’oreille à nos compatriotes dans la rue, les transports, ou au bureau –, l’américanisation du vocabulaire est poussée si loin – il suffit de jeter un œil sur la télévision et la Toile –, la capacité d’analyser a tant chuté, qu’Emmanuel Macron passe pour un phénix. (…)"

Avec sa voix légèrement féminine de sensitive male, son strabisme imperceptible, son léger zézaiement et sa façon de ne plus prononcer les o (école devient ékeule dans sa bouche), nous avons un président qui saura faire preuve de la brutalité propre au mandataire de passage. Il nous a prévenus, durant la campagne électorale, qu’après, il ferait autre chose. C’est une sorte de CEO (Chief Executive Officer) de la boîte France, pendant cinq ou dix ans, avant de passer aux affaires suivantes. Voilà, me semble-t-il, une parole de gestionnaire et non d’homme d’État. (…)

Macron a visiblement des fiches, inspirées des dix années gaulliennes inaugurales de ce régime, et il coche ce qui fait président – l’annonce du prêt à l’Angleterre de la tapisserie de Bayeux est l’un des plus récents exemples de cet art de la simple réplique, de la reproduction de l’ancien (l’envoi de la Joconde flanquée de Malraux à l’Amérique en 1963) passant pour art de gouverner en toute modernité. Ce n’est donc qu’une technique de gestion adaptée au cas de la République française : jouer sur des symboles devenus vides de sens, mais qui flattent l’orgueil national...»

Lire l’intégralité de l’entretien (PDF):

Download PDF

http://log.antipresse.net/post/france-une-monarchie-du-verbe-creux?mc_cid=73cdaaadeb&mc_eid=3a5e263339

GB | Sur pied de guerre

«Les Russes nous veulent la guerre!». C’est en résumé la déclaration du nouveau ministre de la défense britannique dans une interview
parue en première page du quotidien The Telegraph du 28 janvier. Pour justifier l’alarme ainsi lancée, Gavin Williamson accuse la Russie d’espionner les infrastructures les plus sensibles de Grande Bretagne et notamment les câbles sous-marins de communication qui la relient au monde. Il a également prévenu des dangers d'une possible «agression russe» pouvant causer des milliers de morts. Le journaliste du Telegraph ne lui a pas demandé si la Russie ne devait pas avoir, elle aussi, des motifs d’inquiétude en constatant le renforcement de la présence militaire de l’OTAN à ses frontières.

Plus frivole que The Telegraph, le Daily Mail a une autre explication à donner au souci légitime que le nouveau ministre britannique se fait pour son pays. Il révèle dans son édition du même jour que le fringant quadragénaire, qui se profile pour prendre la tête du Parti conservateur, a entretenu en 2004 une liaison extra-conjugale qui a failli remettre en cause son mariage. Or, Theresa May avait choisi Williamson en novembre dernier pour remplacer Sir Michael Fallon soupçonné d’avoir posé sa main sur le genou d’une journaliste. Conclusion : pour se racheter de sa faute, Williamson n’avait d’autre choix que de détourner l’attention et mobiliser l’opinion sur un autre thème moins scabreux et plus porteur. C’est ce qu’on appelle de la grande politique.

http://log.antipresse.net/post/gb-sur-pied-de-guerre?mc_cid=73cdaaadeb&mc_eid=3a5e263339

USA | Une grande conscience s’en est allée

Robert Parry n’est plus. Avec lui disparaît une des consciences professionnelles du journalisme indépendant, à un moment où elles se font de plus en plus rares en Amérique comme en Europe. Il avait lui-même tiré la sonnette d’alarme
à la veille des Fêtes en parlant des problèmes de santé qui l’avaient contraint à baisser la garde (et nous en avions parlé dans l’Antipresse). Son fils Nat, qui le secondait dans son travail d’enquêteur têtu et de «redresseur de faits», a dissipé les soupçons que l’on pouvait avoir sur l’origine de cette soudaine casse chez un homme qui jouissait jusqu’alors d’une excellente santé. Il raconte toutefois les épreuves et les attaques que son père a endurées
de la part de ses collègues et des grands medias pour avoir osé s’écarter de la bien-pensance et défier le maccarthysme renaissant sur des sujets aussi tabous que le Russiagate.

Voici ce que Parry disait en 2016 des deux grands quotidiens étatsuniens:

«Nous avons atteint un point curieux dans l’histoire des médias d’information. Pendant de nombreuses années, j’ai défendu les médias grand public – malgré leurs nombreuses fautes – parce que j’estimais que, dans l’ensemble, ils faisaient plus pour informer le peuple américain que pour le tromper. Je ne peux désormais plus le faire. Sur la question clé des affaires étrangères, le New York Times et le Washington Post sont remplis de désinformation et de propagande. Il est choquant de constater à quel point ils se sont éloignés du fait de présenter les deux versions d’une histoire, et à quel point ils sont prêts à accepter la propagande du Département d’État. J’ai aussi peur que cela ne devienne encore plus déplaisant à mesure que ces intérêts bien ancrés s’opposent à leur perte de crédibilité et de respect.»

http://log.antipresse.net/post/usa-une-grande-conscience-sen-est-allee?mc_cid=73cdaaadeb&mc_eid=3a5e263339

UE | Dossier Kosovo, le surréalisme en acte


Engagée dans une mystérieuse fuite en avant, Bruxelles a signé un «protocole de stabilisation et d’adhésion» avec le Kosovo. Ce rapprochement soulève un double problème (qui revient au même): d’une part, un tel protocole requiert ratification par tous les Etats membres de l’Union européenne; d’autre part, lesdits membres n’ont de loin pas tous reconnu ladite narco-plateforme en tant qu’Etat souverain.

L’Espagne, elle-même en proie à un processus de sécession dans sa province de Catalogne, s’est résolument opposée à l’intégration du Kosovo, sinon en tant que province de la Serbie (elle aussi candidate à l’adhésion). Les quatre autres pays qui n’ont pas reconnu ce pseudo-Etat créé par l’OTAN — Chypre, Grèce, Roumanie et Slovaquie — se voient eux aussi forcer la main par l’initiative absurde de Bruxelles.

Les médias de grand chemin européens observent une discrétion pudique sur ce court-circuit qui ébranle l’Union dans ses fondements mêmes. En Serbie (à qui les Etats-Unis et l’OTAN ont arraché le Kosovo par la force en 1999), on regarde les choses avec amusement:

«“«La situation est plus qu'incroyable. Une partie de l'UE mène des négociations, alors que l'autre les bloque. Cela ne fait que prouver une fois de plus que le Kosovo est un projet inconsistant de l'UE", a résumé [le politologue] M.Mirovic.»

http://log.antipresse.net/post/ue-dossier-kosovo-le-surrealisme-en-acte?mc_cid=73cdaaadeb&mc_eid=3a5e263339

 

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vendredi 2 février 2018

Calcul du PIB. L’Insee va intégrer le trafic de drogue mais pas la prostitution

Pour calculer le produit intérieur français, l’Insee va incorporer à ses résultats les activités liées à la consommation de stupéfiants. Une décision prise pour s’aligner sur les statistiques des autres pays européens.

ACT INSEE

Faut-il intégrer le trafic de drogue au calcul du PIB ? Après plusieurs années de débat, l’Insee a tranché en décidant d’appliquer une demande en ce sens de l’office européen de statistique, qui pourrait entraîner une révision en « légère hausse » du produit intérieur brut français.

L’institut national de la statistique et des études économiques (Insee) va « tenir compte de la consommation de stupéfiants et des activités liées à cette consommation sur le territoire national », a annoncé mardi l’organisme public, dans un communiqué consacré à une série de modifications comptables actées par l’institut.

Cette prise en compte, faite « à la demande » de l’institut européen des statistiques Eurostat et destinée à aligner les statistiques françaises sur celles « des autres pays européens », entraînera « une révision en très légère hausse du niveau du PIB », ajoute l’Insee dans son communiqué.

Le chef du département des comptes nationaux de l’institut public, Ronan Mahieu, a assuré que ces nouvelles données seraient intégrées aux chiffres du PIB révisés et détaillés, qui seront publiés en mai. La révision portera « sur l’ensemble des résultats » publiés par l’Insee, c’est-à-dire depuis 1947.

« Il s’agira de révisions à la marge », a assuré M. Mahieu, en évoquant le chiffre de « quelques milliards » d’euros, à rapporter aux 2 200 milliards d’euros du PIB français. « Ça n’influera pas sur le chiffre de la croissance » en 2017, a-t-il par ailleurs prévenu.

La drogue oui, la prostitution non

La décision de l’Insee fait suite à un long débat lancé par Eurostat en 2013. L’institut statistique européen avait alors demandé aux États membres d’intégrer le trafic de drogue et la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu’il s’agissait de transactions commerciales consenties librement.

L’objectif était d’harmoniser les données fournies par les pays européens, ces activités étant considérées comme légales dans certains États, à l’image des Pays-Bas, ce qui gonfle leur PIB, et illégales dans d’autres.

Suite à la demande d’Eurostat, plusieurs pays ont décidé d’intégrer ces nouvelles normes, à l’image de l’Espagne, du Royaume-Uni et de l’Italie. Ce nouveau système de compte s’est à chaque fois traduit par une révision à la hausse de leur produit intérieur brut.

L’Insee avait de son côté accepté de prendre en compte les ressources issues du trafic de drogue dans le « revenu national brut » (RNB), destiné principalement à déterminer la contribution de la France au budget de l’Union européenne, mais pas dans le PIB, mesure comptable qui fait référence dans le débat public.

L’organisme public avait par ailleurs refusé de comptabiliser la prostitution relevant des réseaux, estimant que le consentement des prostituées n’était « probablement pas vérifié ». « Sur ce point, nous maintenons notre position », a indiqué Ronan Mahieu.

https://www.ouest-france.fr/sante/addictions/drogues/calcul-du-pib-l-insee-va-integrer-le-trafic-de-drogue-mais-pas-la-prostitution-5533563

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La légalisation de certaines activités commerciales (drogue, prostitution...) finira bien par s'imposer, concurence "libre et non faussée" oblige...  P.G.

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