samedi 7 avril 2018

Lutte 2.0 : comment les cheminots veulent gagner la bataille de l'opinion publique

Malgré les difficultés que subiront les usagers, les syndicats de cheminots veulent convaincre la population de la dimension collective du combat. En face, le gouvernement dénonce une grève que "personne ne peut comprendre". Sur les réseaux sociaux, les premiers sont pour l'heure beaucoup plus efficaces que les seconds.

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Quel que soit le camp, la conquête de l’opinion est une priorité. Souvent, c’est elle qui détermine le vainqueur du bras de fer. En 1995, alors que le Premier ministre Alain Juppé promet une réforme des régimes spéciaux de la SNCF, il est obligé de reculer face à une forte mobilisation des cheminots soutenue par deux Français sur trois. Pour remporter la bataille sociale, il faut donc mener - dans le même temps - une offensive de com' pour rallier la population à sa cause. Les organisations de cheminots l’ont bien compris. Ère des réseaux sociaux oblige, les syndicats et ses partenaires ont transformé la forme de leurs discours pour arriver à leurs fins. Jusqu’à voir, cette semaine, le hashtag “Je soutiens la grève des cheminots” au plus haut des sujets discutés sur Twitter. Faisant de la lutte une “tendance”.

“Face aux arguments fallacieux du gouvernement, il nous fallait mener une campagne ambitieuse”, explique à Marianne Gérald Briant, élu communiste mais aussi chargé de la communication du parti sur les réseaux sociaux. Le 22 mars, à l’occasion de la mobilisation nationale de la fonction publique et des cheminots, le Parti communiste lance la campagne “Mon train j’y tiens”. Le slogan sera repris en masse par les internautes, sous la forme d’un hashtag, évidemment.

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L'autre mot-clé très utilisé est #TeamSNCF, un hashtag "volé" à la SNCF qui, hors grève, avait l'habitude de l'utiliser pour communiquer sur ses services et tenter de se rendre sympathique et accessible. Pas de chance pour Guillaume Pépy, certains cheminots grévistes rompus à l’usage des réseaux sociaux s’en sont donc emparés dernièrement. A tel point qu’il est devenu une sorte de point d’information numérique sur les actions des cheminots lors de la dernière mobilisation. Amélie, plus connue sous le pseudo de @amelie_picardie sur Twitter, est cheffe de bord. Le 22 mars, elle était dans la rue pour manifester. Et ce 3 et 4 avril, elle ne travaillera pas. “J’utilise ce mot-clé pour faire preuve de pédagogie, pour expliquer notre action et nos revendications et, parfois, calmer les personnes les plus virulentes”, confie-t-elle à Marianne. Pour elle, les clichés et les idées reçues sont les ennemis numéro 1 du personnel de la SNCF. “Avec les annonces du gouvernement, les attaques ont été plus dures”, constate-t-elle. Alors, il a fallu ruser pour “montrer l’envers du décors”.

Parler d’un “choix de société” plutôt que d’un “statut”

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Car derrière l'outil, il y a surtout une stratégie : sortir d'un sujet très cheminots-centré et montrer qu'il concerne tout le monde. Selon Gérald Briant, le gouvernement a décidé “dès le départ” de prendre le parti d’un discours “dur” à l’encontre des cheminots “comme s’ils étaient la cause de tous les tourments de l’entreprise”. Avec, comme principal argument, leur statut “obsolète” et “coûteux” pour la SNCF. Une diabolisation des agents qui n’avait qu’un but selon lui : “jouer sur l’aversion des Français pour les privilèges”, de quelque nature qu’il soit. Il fallait alors jouer le contre-pied, choisir son “terrain de jeu” et “ses thèmes de débat”. Cette campagne a été la première pierre de cette stratégie.

“Sans statut, le train français est en danger. Il fallait alors remettre le train et ce qu’il représente au centre du jeu. Faire cesser ce cheminot bashing pour faire réfléchir la population sur la question du train comme service public.” Pour cela, quel meilleur outil que les réseaux sociaux ? “Le seul espace capable de rivaliser avec les médias traditionnels”, pour l’élu parisien.

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Un pari qu’assume François Grasa, secrétaire général de la fédération FO des cheminots. La stratégie du gouvernement était de réduire le sujet aux ‘avantages’ de travailleurs, déplore-t-il pour Marianne. Alors qu’il s’agit d’un sujet de société qui engage chaque citoyen.” Ainsi, plutôt que d’entrer dans le procès fait en égoïsme, les différents syndicats ont décidé de déplacer le curseur. En ouvrant les rails à la concurrence à partir de 2021 comme l’exige l’Union européenne, donc en soumettant le secteur ferroviaire aux lois du marché et de la productivité, c’est un service public que l’on va abîmer. Alors, en soutenant les cheminots, c’est d’une certaine façon tout le service public que l’on défend à son échelle. Un raccourci tiré par les cheveux, leur rétorque-t-on ? Qu’importe, pour François Grasa, c’est un argument qui “prend” dans l’opinion. “Les Français voient bien que le service public est attaqué de toute part. Pas un jour ne passe sans que les infirmiers, les surveillants de prison, les agents administratifs, ne fassent part de leurs difficultés face au manque de moyens et d’effectifs, rapporte le syndicaliste. La cause des cheminots doit devenir l’étendard de luttes annexes.”

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C’est pourquoi, sur les réseaux sociaux, les slogans de soutien aux cheminots sont désormais assortis à d’autres causes, même si peu de chose les relie. La Confédération nationale du logement (CNL) par exemple, a édité un tract “Mon train j’y tiens, mon HLM aussi”. Le syndicat “Solidaires” communique lui sur une “zone à défendre (ZAD) autour des services publics”, rattachant ainsi le sort des écoles ou des hôpitaux à celui des cheminots, montrés comme des éclaireurs. Difficile de dire si la méthode est efficace. Mais d’après un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche, 46% des Français trouvent le mouvement de grève dans le ferroviaire “justifié”, contre 42% il y a deux semaines. “Quelque chose se passe”, se réjouit le représentant syndical. Il faudra cependant en juger sur la durée.

Du côté de la SNCF, on cale son discours dans les pas du gouvernement pour désamorcer un tel phénomène, toujours en insistant sur le tort causé aux usagers. Ce dimanche, à l’occasion d’une interview accordée au JDD, son président Guillaume Pépy a voulu se montrer ferme. Citant une “grève pénalisante” pour des usagers “choqués” par cette mobilisation perlée que “beaucoup de gens ne comprennent pas”. “Ils tentent de dresser les personnes les unes contre les autres alors que, nous, nous usons d’une communication inclusive. Tout le monde peut s’identifier à la cause des cheminots”, soutient Gérald Briant, à deux doigts de paraphraser la petite phrase d’Olivier Besancenot : “nous sommes tous le cheminot de quelqu’un d’autre.”

https://www.marianne.net/societe/lutte-20-comment-les-cheminots-veulent-gagner-la-bataille-de-l-opinion-publique?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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"Faisant de la lutte une “tendance”": dans les médias de l'oligarchie euro- atlantiste, la tendance est toujours la même, et elle est constante...L'argumentaire des grévistes et ceux qui les soutiennent ne peut être qu'une ruse, une simple stratégie plus ou moins habile, de communication. Déformation professionnelle...    P.G.

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SNCF, à la recherche du mystérieux service minimum

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Plusieurs personnalités politiques ont demandé l’instauration d’un réel service minimum lors des grèves des cheminots

Une mesure souhaitée par une majorité de Français.

Un quai de la gare de Lyon, le 3 avril dernier, premier jour de la série de grèves à la SNCF. 

Un quai de la gare de Lyon, le 3 avril dernier, premier jour de la série de grèves à la SNCF. / Christophe Simon/AFP

Trains supprimés ou bondés, bousculades, lignes non desservies pendant deux jours… L’ampleur des perturbations de la grève des cheminots a poussé Valérie Pécresse, présidente (LR) de la région Île-de-France, et à ce titre présidente de l’autorité organisatrice de transport « Île-de-France mobilités », à taper du poing sur la table.

« La présidente demande au gouvernement de tout mettre en œuvre pour faire respecter sans délai un vrai service minimum pour ne plus laisser aucun territoire francilien sans train », a communiqué l’organisme le 3 avril. Valérie Pécresse juge ainsi « inadmissible que le service minimum ne soit pas respecté sur plusieurs lignes aujourd’hui, comme les lignes P, R et U qui sont fermées ». Le contrat qui lie l’autorité organisatrice à la SNCF prévoit un trafic minimum de 33 % de trains sous peine de sanctions financières.

Pas de réelle obligation de circulation de trains

Cette question du service minimum est posée pratiquement lors de chaque grande grève des transports, par des élus mais surtout par les usagers du train, qui ont souvent entendu l’expression utilisée de manière impropre. Un sondage réalisé l’année dernière par l’Union des transports publics (UTP), qui regroupe les grandes entreprises de transport, révélait ainsi que 60 % des usagers croient qu’il existe bel et bien un service minimum dans le transport public. Or il n’en est rien.

 

 

La loi du 21 août 2007 sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres n’oblige pas la SNCF à faire circuler des trains. Elle la contraint cependant à établir un plan de transport prévisible et à en informer les voyageurs à temps. C’est pour cette raison que les cheminots indispensables à la circulation des rames ont obligation de se déclarer grévistes 48 heures avant le début du mouvement. Si 100 % des personnels faisaient grève, il n’y aurait de fait aucun transport possible.

Cela a d’ailleurs été le cas sur plusieurs lignes en l’Île-de-France. Des usagers se sont d’ailleurs étonné qu’aucun train ne circule sur leur ligne alors que d’autres étaient exploités sur une ligne voisine. « Cela peut arriver que nous concentrions nos forces sur une ligne plus fréquentée quand elle dessert pratiquement les mêmes stations », dit-on à la SNCF.

Les conducteurs doivent connaître la ligne pour y rouler

Le facteur le plus fréquent pour expliquer un trafic inexistant reste cependant l’insuffisance de personnel. Conducteurs bien entendu, mais aussi contrôleurs et surtout… aiguilleurs. « C’est ce qui se passe sur certaines petites lignes ou sur des branches de la ligne P ou R, explique Alain Krakovitch, directeur de Transilien (les trains d’Île-de-France). Les postes d’aiguillage sont de technologie assez ancienne et n’ont qu’un rayon d’action très limité. Il suffit qu’un seul ne puisse pas être tenu par un agent pour qu’une grande portion de la ligne doive être coupée. »

 

 

Quant aux conducteurs, il n’est pas forcément possible de les transférer d’une ligne à une autre pour équilibrer les fréquences. Le directeur des Transiliens précise qu’un conducteur doit être formé à la fois sur le bon type de locomotive mais aussi connaître la ligne…

Au cas où la mobilisation continuerait avec l’ampleur des 3-4 avril, les Français doivent donc encore s’attendre à de dures journées. Les responsables de la SNCF, à commencer par Guillaume Pepy, l’ont d’ailleurs répété : il n’y a pas de réquisition possible des cheminots grévistes.

86% des Français souhaitent un service minimum

Réquisitionner des professionnels ne peut être mis en œuvre, de manière générale, que par décision préfectorale et dans des situations exceptionnelles, « en cas d’urgence, lorsque l’atteinte constatée ou prévisible au bon ordre, à la salubrité, à la tranquillité et à la sécurité publique l’exige », selon le Code général des collectivités territoriales.

 

 

L’argument est-il recevable pour la grève des cheminots ? Sans doute pour le député UDI de Seine-et-Marne Yves Jego, qui a envoyé un message sur le réseau social Twitter : « À l’image des hôpitaux il est indispensable de créer un droit de réquisition des agents des transports pour un véritable service minimum dans chaque gare. » Dans une tribune de presse, le président (LR) du département de Seine-et-Marne Jean-Louis Thiériot évoque aussi la nécessité d’une telle possibilité.

En tout état de cause, selon le sondage de l’UTP, 86 % des ­Français disent souhaiter un service minimum.

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Les conducteurs mobilisés

Le trafic ferroviaire a été très perturbé le 4 avril, au deuxième jour de la grève des cheminots. Le taux global de grévistes en milieu de matinée communiqué par la direction était en légère baisse, à 29,7 % (contre 33,9 % la veille).
Les trois quarts des conducteurs restaient cependant très mobilisés (74 % contre 77 % mardi), de même que les contrôleurs (77 % contre 69 %) et les aiguilleurs (46 % contre 39 %).
En dépit de ce mouvement, le gouvernement va mener la « transformation » de la SNCF « jusqu’au bout, avec calme et avec une grande détermination », a déclaréle porte-parole ­Benjamin Griveaux à l’issue du conseil des ministres du 4 avril.

Michel Waintrophttps://www.la-croix.com/Economie/France/SNCF-recherche-mysterieux-service-minimum-2018-04-04-1200929091?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20180405&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=987011&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018

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Le sondage de l'UTP est répété en boucle, tel un mantra: En tout état de cause, selon le sondage de l’UTP, 86 % des ­Français disent souhaiter un service minimum. Un sondage commandité l'année dernière par une des parties, qui n'a donc qu'une valeur très relative...    P.G.

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jeudi 5 avril 2018

« Nation, bullshit et Novitchok à l’ère totalitaire »

TRIBUNE LIBRE /

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(billet d’humeur)

TL NATION EUROPEENNE


par Bruno Adrie

Je relevais dans un billet récent la tentative de récupération du massacre de Carcassonne par un ministre de l’Éducation soucieux d’en tirer des leçons pour définir la citoyenneté au XXIème siècle. Voulant évidemment faire taire les contestations de tout bord, sacrifiant au sacro-saint consensus prôné par la doctrine de la bonne gouvernance, cherchant à excommunier les voix dissidentes qui fleurissent aujourd’hui dans un contexte de mensonge gueulard et grandissant, le ministre moralisateur était monté en chaire pour affirmer que la nation est « un ensemble qui nous dépasse ».

 

 

Mais qu’est-ce que la nation, vue depuis les hauteurs dorées et moquettées des ministères, depuis le clair-obscur des conseils d’administration des banques et depuis les rédactions des papelards chiffonnés qui les servent avec empressement?

La nation, c’est une vessie informe crevée de toutes parts par les seringues de la propagande. Elle est posée là, dégonflée, sans protection au milieu d’un pays sans monnaie, sans frontière, sans armée – l’OTAN veille au grain et l’ex-chef d’état-major bourru de nos armées est aujourd’hui officiellement américain – et elle n’a pas de politique économique hormis celle imposée par la technostructure européenne qui est le déguisement commode choisi par un totalitarisme que beaucoup ont cru vaincu et n’ont pas vu perdurer sous sa forme nouvelle.

 

 

Il faut avoir à l’esprit que lorsque nos ministres lardés de grimaces et emballés d’arrogance évoquent la nation, ils ne croient pas un instant à leur bullshit – merci M. Wauquiez pour votre enfantine sincérité ! –, car la nation n’est pour eux qu’une idée, un mot creux encore plein des échos tournoyants d’un passé révolu, un Novitchok destiné à paralyser les systèmes nerveux. Elle est l’ultime représentation capable d’entretenir l’illusion politique en France, une illusion d’optique nécessaire pour pouvoir prolonger le règne de l’Argent et de ses agents sur un système électoral truffé de pièges et de malédictions.

Ces gens sont le principal ennemi de notre Civilisation, le principal obstacle à notre survie et constituent sans doute la maladie, l’épidémie, la nouvelle peste noire choisie par la providence pour mettre fin à notre Histoire.

Bruno Adrie

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/04/nation-bullshit-et-novitchok.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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La Chambre d'agriculture de Corrèze monte au créneau contre le loup

Ils ont raison !!!
Il n'est pas possible d'avoir des prédateurs supplémentaires !!!
Mais personnellement, je ne pensais pas aux loups !

Les loups ont leur place sur cette planète et les moyens pour protéger les troupeaux existent !
Et ce qui est incompréhensible c'est que les animaux tués sont largement indemnisés par l'Etat
et que la très très grande majorité des animaux tués le sont par des chiens errants et non par des loups !
Mais l'homme dont l'égo est plus surdimensionné que son cerveau ne veut pas s'insérer dans la Nature,
il veut tout simplement la dominer, mais la dominer c'est l'anéantir et c'est ruiner l'avenir de l'Homme !
Y'a plus d'humanité dans le regard d'un loup que dans celui des adhérents de la FNSEA !  S.R.


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Les élus de la Chambre d'agriculture de la Corrèze ont validé unanimement, ce mardi, une cellule de veille anti-loup, pour faire le pendant à la cellule de veille créée par le préfet.

La Corrèze possède désormais deux cellules qui guettent l'arrivée du loup dans le département, mais elles n'ont pas tout à fait les mêmes objectifs. A la cellule veille loup mise en place par le préfet voilà quelques semaines, la Chambre d'agriculture a répondu mardi par la création d'une cellule de veille anti-loup.

La Chambre d’agriculture et la FDSEA ont refusé de participer à la cellule préfectorale, la jugeant, sans le dire tout à fait ouvertement, pro-loup.

« On ne veut pas d’un prédateur supplémentaire. On ne pourra plus s’en défaire quand on l’aura » prévoit Tony Cornelissen. Sa cellule à lui sera chargée « de mettre en œuvre tous les moyens possibles pour empêcher que le loup n’arrive en Corrèze ».

Un « tous les moyens » que l’un des élus de la chambre, Mathieu Jimenez, traduit ainsi : « s’il y en a un qui traîne vers la forêt, vous n’en entendrez pas parler, on a ce qu’il faut… » L’idée des opposants est que, résume le même Mathieu Jimenez, « si l’on éradique les loups solitaires, ils ne reviendront pas ».

Pour le préfet Bertrand Gaume, au sein de l'officielle cellule de veille loup, il ne s'agit pas "d'être contre, ou d'être en faveur du loup, mais de donner toutes les armes juridiques". Le préfet a notamment rappelé que les indemnisations, qui existent pour les cheptels ovins, ne sont pas prévus pour les bovins.

Quand à interdire l'entrée du département au loup, le préfet déclare forfait : "je ne sais pas réaliser l’interdiction d’un phénomène de migration de la faune." D'autant qu'il est interdit de chasser le loup.

Jean-Loup Mercier

https://www.lamontagne.fr/tulle/environnement/correze/2018/04/04/la-chambre-d-agriculture-de-correze-monte-au-creneau-contre-le-loup_12798425.html

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SNCF - Vers la fin des services publics

Cet article date du 7 mars, mais est bien sûr de toute actualité!   P.G.

Sous la pression de Bruxelles, et dans le droit fil de la politique néolibérale désormais omniprésente, le président Macron entend mettre fin une fois pour toutes aux services publics en France.

TL TOUT DOIT PARTIR

TRIBUNE LIBRE /

mercredi 4 avril 2018

Grève SNCF : quand la presse française choisit son camp

Certains articles publiés par différents médias en ce premier jour de mouvement social à la SNCF ont eu recours à des éléments de langage, des arguments ou des rapprochements qui laissent parfois deviner un parti pris plus ou moins subtil.

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Ce 3 avril avait lieu le premier jour de «grève perlée» à la SNCF, ayant pour but de mettre en échec le projet de réforme de l'entreprise publique porté par le gouvernement. L'exécutif maintient le cap, les syndicats comptent mobiliser : jusque-là, chacun semble dans son rôle. Mais quel rôle entendent jouer les médias alors que s'amorce ce mouvement social appelé à durer ?

Au-delà du simple travail d'information dont se chargent les journalistes dans ce contexte, certains articles ou éditoriaux parus ce 3 avril soulèvent de vraies questions quant à leur angle, qui semble parfois même calqué sur le discours de la majorité présidentielle ou de la direction de la SNCF. Leur influence sur l'opinion publique et son potentiel impact sur la perception de la grève, et donc sur le succès du mouvement social, font dès lors émerger une autre question : certains journalistes n'essaieraient-ils pas de faire passer un message, de manière plus ou moins subtile ?

La France «championne du monde» de la grève

Grand classique du journalisme en temps de grève : le thème de la France présentée comme pays de la «chienlit», dont la grève serait le sport national, manie d'un monde du travail arc-bouté sur ses acquis et enclin à la grogne pour un oui ou pour un non. Si la publication d'une telle analyse n'est bien sûr pas condamnable en soi, le fait de la mettre en avant en convoquant une cohorte d'experts en ce premier jour de grève n'est pas totalement neutre.

Tel est le choix éditorial fait par La Croix. Et qu'importe si «la grève n'est pas une spécificité française», comme l'affirme un ancien dirigeant de la fédération CGT cheminots interrogé et cité par le quotidien, le titre de l'article maintient le cap en assurant le contraire : «Grève, l'exception française.» Non sans s'empresser de mettre en lumière le fameux modèle allemand, «contre-exemple parlant». «Comme l’ont bien compris l’Allemagne ou le Canada, une négociation, ça se fait à deux. Il faut former et responsabiliser les acteurs, pour qu’ils soient tournés vers l’intérêt général», insiste La Croix en citant le même ancien syndicaliste, aujourd’hui reconverti en consultant. De là à sous-entendre que les grévistes français ne sont pas «tournés vers l'intérêt général», il n'y a qu'un pas.

Même son de cloche dans les colonnes des Echos, dont le titre de l'édito d'Etienne Lefebvre résume sans ambiguïtés le contenu : «Au pays des grèves.» Après avoir soigneusement rappelé que la France est le pays «où le nombre de journées de travail perdues par salarié est le plus élevé», le journaliste précise que tout espoir n'est pas perdu, puisque «la conflictualité recule» en France. Le quotidien économique est formel quant au peu d'enthousiasme suscité par les grands mouvements sociaux comme celui qui vient de débuter : «Les fonctionnaires, constatant l'inefficacité des mobilisations générales, préfèrent des grèves plus ciblées.» A ce titre, la grève de la SNCF est présentée comme le seul «point noir».

La grève vouée à l'échec, dangereuse et coûteuse

Le 17 mars dernier, la députée des Hauts-de-Seine, Céline Calvez qualifiait le mouvement de «facteur d'espoir» et «d'innovation». L'élue de La République en marche (LREM) s'enthousiasmait alors : «On peut imaginer qu'on va avoir du covoiturage !» Un argument quelque peu nouveau dans la rhétorique politique, qui semble conjuguer optimisme et symboles de la «start-up nation». Les usagers des transports en commun comme les salariés de la SNCF en lutte savent pourtant que la pratique du covoiturage n'a jamais permis de compenser les effets d'une grève. Mais Le Monde est là pour les convaincre du contraire. «Les transports alternatifs, grands gagnants de la grève à la SNCF», annonce un article publié dès 11 heures. Le quotidien du soir ne fait pas le pari d'une grève couronnée de succès et ne s'en cache pas : «[...] 2018 n’est pas 1995. Entre-temps, la révolution des plates-formes numériques et des "applis" a bouleversé le monde des transports.» Rappelant que le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, a «pris la mesure depuis longtemps» de ces évolutions, Le Monde renvoie de fait les grévistes à l'ancien monde dont il semblent être les archaïques défenseurs.

Autre argument quelque peu inhabituel avancé pour dénoncer la grève : la dangerosité concrète que ferait peser celle-ci sur les Français. De cette journée de mobilisation de grande ampleur, L'Obs a surtout retenu des images choc soigneusement mises en avant dans un article sobrement intitulé «Grève SNCF : cohue sur les quais, une femme tombe sur la voie à Paris». Le lien entre cet incident regrettable mais très anecdotique et la grève elle-même serait loin d'être évident si le titre de l'hebdomadaire n'était pas là pour le mettre en exergue. L'association d'idées ainsi induite n'est pas des plus subtiles, d'autant que les scènes de cohue, dans les gares parisiennes, sont loin d'être rares – y compris hors période de grève.

L'analyse économique permet parfois de mieux éclairer les raisons qui conduisent certains salariés à se mettre en grève, notamment lorsqu'elle s'intéresse aux résultats des réformes ferroviaires dans d'autres pays, où celles-ci sont loin de faire figure de réussites. Le Figaro a fait le choix de l'analyse économique, mais sous un angle tout à fait différent, comme pour prouver qu'il ne fallait pas s'arrêter pas aux explications simplistes : le quotidien explique en effet qu'«au-delà des inconvénients que les usagers subissent, les mouvements sociaux ont également un coût important». Dans un article intitulé «Grèves : 2,4 millions de journées perdues à la SNCF en dix ans», Le Figaro assure que, «pour le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, chaque journée de grève coûte 20 millions d'euros», sans préciser s'il devra les payer de sa poche ou non.

https://francais.rt.com/france/49410-greve-sncf-quand-presse-francaise-choisit-camp

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La CGT commerce rejoint la Fédération Syndicale Mondiale, la CGT 94 critique la CES

TRIBUNE LIBRE / PRCF

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En même temps qu’un communiqué issu d’obscurs circuits de la confédération CGT se permettait un amalgame odieux entre travailleurs et syndicalistes partisans du FREXIT et la nauséabonde extrême droite qui – il ne faut jamais l’oublier – est en réalité contre la sortie de l’UE et de l’euro (voir les déclarations et le programme de Le Pen à ce sujet), la critique et la défiance vis à vis des instances telles que la CES intégrées à la machine à broyer qu’est l’Union Europenne montent de toutes parts dans la CGT.

TL CGT FREXIT

En témoigne la spectaculaire prise de position de la fédération CGT du Commerce et des services qui a décidé de rejoindre la FSM. Et l’annonce de l’une des plus grosses unions départementales, celle du Val de Marne,  qui, réunie en congrès, critique vertement la CES et annonce son intention d’étudier la possibilité de rejoindre elle aussi la solidarité du syndicalisme de classe et de masse avec la Fédération Syndicale Mondiale.

La fédération CGT du Commerce et des services rejoint la FSM

La Fédération CGT du Commerce et des Services tenait son 15ème congrès à Reims du 19 au 23 mars. A l’issue de ses travaux, les délégué.e.s de la Fédération ont décidé de s’affilier à la Fédération syndicale mondiale (FSM-WFTU)

Les congressistes, représentant les 45.000 adhérent.e.s des syndicats de la Fédération, ont voté à la quasi unanimité un mandat pour la nouvelle direction fédérale. Elle doit entamer les démarche d’adhésion officielle à la Fédération Syndicale Mondiale.

Pour la CGT, une nouvelle fédération professionnelle quitte la Confédération Syndicale Internationale et la Confédération Européenne des Syndicats (réformiste) pour la Fédération Syndicale Mondiale.

Ainsi elle rejoint la Fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT et Fédération nationale des industries chimiques CGT (ré-adhésion en 2014), ainsi que des syndicats de base et l’Union départementale des Bouches-du-Rhône

Une délégation de la FSM dans une manifestation à Marseille contre la loi travail, tandis que la CES appuie la casse des codes du travail en soutenant l’Union Européenne contre les travailleurs:

 

Congrès de la CGT 94 : critique de la CES, et mouvement vers la Fédération Syndicale Mondiale

Le 20ème congrès de l’Union départementale des syndicats et des sections syndicales du Val-de-Marne c’est tenu en novembre 2017 à Villejuif. Dans son rapport, l’UD dresse un bilan sombre de la Confédération syndicale internationale et de sa branche européenne (Confédération européenne des syndicats)

Voilà ce que dit le secrétaire général de l’UD CGT du Val-de-Marne Cédric Quintin dans son rapport : 

Après un retour historique sur la Commune de Paris de 1871, la révolution socialiste d’Octobre 1917, le Front populaire de 1936 … le dirigeant de la CGT a dressé un bilan dramatique de la situation politique, sociale du monde. Il dresse un constat sévère sur les incapacités de la Confédération syndicale internationale et de sa branche européenne (Confédération européenne des syndicats) et souhaite un rapprochement avec la Fédération Syndicale Mondiale, notamment l’affiliation de l’UD à la FSM :

Extrait du discours :

” C’est autour de ces enjeux cruciaux que nous avons tenu en juin dernier une importante rencontre sur deux jours en présence d’une cinquantaine de camarades, d’un représentant du syndicat Grec PAME (affilié à la FSM) avec qui nous venons d’ouvrir une nouvelle coopération syndicale, en présence également de la confédération, ainsi qu’en présence de Jean-Pierre PAGE, ancien secrétaire général de l’UD de 79 à 92 et ancien responsable du secteur international de la Cgt.

Sans concession ni langue de bois, un constat sévère mais implacable s’en est dégagé. D’abord sur l’illisibilité, l’absence de volonté, le manque de solidarité et de coordination des luttes de la part de la CES et de la CSI (confédération syndicale européenne et confédération syndicale internationale) auxquelles la Cgt est affiliée depuis la fin des années 90. Davantage qu’un simple constat, nous avons vérifié et souligné à cette occasion combien ces organisations syndicales européennes et internationales étaient encore engluées dans l’accompagnement du capitalisme mondialisé, dans le lobbying, dans le syndicalisme professionnel et institutionnel, dans la compromission et l’impuissance. Dans l’ostracisme également et l’arrogance vis-à-vis de la fédération syndicale mondiale comptabilisant pourtant près de 100 millions d’adhérents à travers le monde.

La FSM, loin d’être à son tour exempte de critiques ou d’insuffisances, mais qui au moins se revendique et continue d’agir en syndicat résolument anti capitaliste et anti impérialiste, ce qui est, entre nous, bien plus conforme à notre histoire, nos repères et nos orientations que le syndicalisme de renoncement et de gestion de la misère qu’incarnent malheureusement, la CES ou la CSI.

Au sortir de cette rencontre départementale, nous avons donc décidé, chers-es camarades, de faire monter l’exigence au sein de la Cgt de dresser un inventaire, un bilan collectif de nos affiliations dans ces organisations, 20 ans après y avoir adhéré. Demande partagée par d’autres organisations de la Cgt dans l’attente du 52ème congrès confédéral.

Une seconde proposition a émergé à cette occasion et depuis cette rencontre de juin. Celle d’examiner notre affiliation, en tant qu’UD, à la FSM puisque les statuts de cette dernière, comme ceux de la CSI, nous y autorisent et que c’est déjà le cas pour plusieurs organisations syndicales internationales, ainsi que plusieurs syndicats, UL ou fédérations de la Cgt. Parmi-eux citons les fédérations de l’agroalimentaire et de la chimie, le syndicat de l’Energie Paris ou les Cheminots de Versailles. Je ne peux malheureusement développer davantage le sujet puisque nous avons décidé d’organiser très prochainement un important comité général sur le sujet.

Néanmoins, nous ne souhaitons prendre personne par surprise ni tergiverser sur la direction que nous entendons proposer et débattre tous ensemble.

De quoi, honnêtement et objectivement, avons-nous besoin comme solidarité internationaliste en Europe et dans le monde pour mener nos combats jusqu’à la victoire ?

C’est au fond la seule question qui vaille et qui doit nous animer aujourd’hui ! Nous ne sommes pas dans l’incantation ou la nostalgie d’une époque révolue. Nous voulons débattre, nous souhaitons un état des lieux et un bilan syndical international honnête. Nous sommes insatisfaits et constatons aujourd’hui l’impuissance et l’éclatement du paysage syndical international qui entrave lourdement son action et sa résistance face à l’internationale patronale et au monde de la finance. De notre point de vue, la Cgt doit être davantage actrice et à l’initiative de cette refondation internationale du syndicalisme dans un sens plus combatif, plus revendicatif et solidaire. En toute modestie et respectueuse des histoires des spécificités de chacun, sans arrogance ni ingérence, la Cgt doit entraîner et convaincre les autres organisations syndicales à venir plus nombreuses sur le chemin de la lutte, de la confrontation, du rapport des forces et non dériver, se diluer dans des alliances et coalitions sans queue ni tête et en totale incompatibilité avec nos orientations et notre histoire.”

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/la-cgt-commerce-rejoint-la-federation-syndicale-mondiale-la-cgt-94-critique-la-ces/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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ça semble bouger sérieusement à la Cgt et la compréhension de la supercherie européenne progresse dans le monde syndical comme dans tout le pays. Je ne peux qu'inciter nos adhérents syndicalistes à soutenir ces actions de mise en cause de structures inféodées à l'UE.     P.G.

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Le Désastre de l’école numérique

Pendant que certains cadres de la Silicon Valley inscrivent leurs enfants dans des écoles sans écrans, la France s’est lancée, sous prétexte de « modernité », dans une numérisation de l’école à marche forcée – de la maternelle au lycée. Un ordinateur ou une tablette par enfant : la panacée ? Parlons plutôt de désastre.

TL ECOLE NUMERIQUE

« L’école numérique est un désastre », affirment Philippe Bihouix (ingénieur centralien et auteur d’un ouvrage sur les low tech) et Karine Mauvilly, prof en collège, dans un essai critique de la démarche gouvernementale initiée depuis 2013 avec la loi pour la refondation de l’école. N’ayant pas peur « de passer pour des ringards ou des réacs », les auteurs de l’ouvrage s’insurgent contre une vision technocentrée, une gadgétisation de l’apprentissage où les outils numériques sont vus comme un pilier de la lutte contre le décrochage et les inégalités scolaires. Leurs propos s’appuient notamment sur l’étude Pisa 2015 qui observe que « les niveaux d’utilisation des outils numériques supérieurs à la moyenne des pays de l’OCDE sont associés à des résultats scolaires significativement plus faibles ».

Selon Karine Mauvilly et Philippe Bihouix, les responsables politiques aveuglés par la technologie, négligent les impacts environnementaux et sanitaires des écrans sur l’enfant : myopie, ondes, manque de sommeil… Dans ce plaidoyer pour une école sans écrans, l’essai préconise l’interdiction de la présence des portables dans les établissements, le retour au tableau noir et « l’innovation non numérique en investissant sur l’acquisition du langage ».

L’école numérique, c’est un choix pédagogique irrationnel, car on n’apprend pas mieux – et souvent moins bien – par l’intermédiaire d’écrans. C’est le gaspillage de ressources rares et la mise en décharge sauvage de déchets dangereux à l’autre bout de la planète. C’est une étonnante prise de risque sanitaire quand les effets des objets connectés sur les cerveaux des jeunes demeurent mal connus. C’est ignorer les risques psychosociaux qui pèsent sur des enfants déjà happés par le numérique.

 

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Intervenants et auteurs :

Karine Mauvilly, 38 ans. Historienne et juriste de formation, diplômée de Sciences Po Paris, elle a été journaliste puis enseignante en collège public, poste d’observation privilégié de la mutation numérique en cours.

 

Philippe Bihouix, 44 ans. Ingénieur centralien, il a travaillé dans différents secteurs industriels comme ingénieur-conseil ou à des postes de direction. Il est l’auteur de L’Âge des low tech, vers une civilisation techniquement soutenable.

 


 

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Source :

https://www.scienceshumaines.com/le-desastre-de-l-ecole-numerique_fr_37143.html

http://www.seuil.com/ouvrage/le-desastre-de-l-ecole-numerique-philippe-bihouix/9782021319187

 

Livre :

Le Désastre de l’école numérique. Plaidoyer pour une école sans écrans – Philippe Bihouix, Karine Mauvilly (2016)

https://aphadolie.com/2018/04/02/le-desastre-de-lecole-numerique/

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Philippot oppose un «patriotisme rassembleur» aux projets d'union des droites

Contrairement à un Nicolas Dupont-Aignan qui souhaite rallier, à droite, de Laurent Wauquiez à Marine Le Pen, Florian Philippot tend «fraternellement la main» à des personnalités aussi variées politiquement que Jean Lassalle ou François Asselineau.

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Après avoir quitté le Front national (FN) et fondé son parti Les Patriotes, Florian Philippot n'a pas changé son fusil d'épaule et souhaite incarner un «patriotisme rassembleur» qui s'affranchit des clivages politiques droite-gauche traditionnels, comme il le laisse entendre depuis plusieurs mois.

 

Invité de Dimanche en Politique sur France 3, le 1er avril, Florian Philippot a tendu «fraternellement la main» à des personnalités politiques qui lui semblent «sincères», comme le gaulliste Henri Guaino, ou encore d'anciens candidats à la présidentielle, comme le centriste Jean Lassalle et le pro-Frexit François Asselineau. L'eurodéputé souverainiste a martelé qu'il avait pour ambition de créer un mouvement qui va «au-delà des mornes frontières de la droite», et a fait un appel du pied aux militants de La France insoumise (LFI), qu'il estime «pris en otage par les ambiguïtés» du parti de Jean-Luc Mélenchon.

En dehors de la seule sphère politique, Florian Philippot a également fait part de sa volonté de voir des intellectuels rejoindre le mouvement, citant Emmanuel Todd et Michel Onfray. «On aura des points de désaccord mais il y a urgence à se rassembler pour la France», a-t-il fait valoir.

Dupont-Aignan pour une alliance de Wauquiez à Le Pen

L'alliance que l'ancien numéro deux du FN appelle de ses vœux s'inscrit en opposition frontale avec la stratégie d'union des droites que dessine un Nicolas Dupont-Aignan. En septembre dernier, le président de Debout la France (DLF), se disant effrayé par le «tête-à-tête Macron-Mélenchon», préconisait ainsi une alliance des forces «patriotes», sous un programme commun allant du président des Républicains Laurent Wauquiez à la dirigeante du Front national Marine Le Pen.

Un mois plus tard, Nicolas Dupont-Aignan a d'ailleurs contribué au lancement d'une plateforme participative, «Les amoureux de la France», visant à réunir une coalition pour permettre l'élaboration d'un programme contre la politique d'Emmanuel Macron. A ses côtés, notamment : le président du parti chrétien-démocrate, Jean-Frédéric Poisson.

Le leader de DLF, en outre, ne semble pas contre une présence de Florian Phillipot dans son alliance anti-Macron rêvée. Mi-mars, il déplorait ainsi : «Je suis convaincu que face à la recomposition de Macron, l'unité qu'a réussi à opérer Jean-Luc Mélenchon, le comportement chez les Patriotes et Les Républicains est suicidaire. [...] monsieur Philippot a quitté madame Le Pen. Madame Le Pen repart sur un congrès.»

Le FN se rapproche-t-il pas à pas de LR ?

Après s'être allié avec Nicolas Dupont-Aignan durant l'entre-deux-tours de la présidentielle, le FN de Marine Le Pen, de son côté, a envoyé ces derniers mois des signaux amicaux à l'égard des Républicains de Laurent Wauquiez. La présidente frontiste a ainsi récemment appelé à voter pour le candidat des Républicains lors de la législative partielle à Mayotte. Sur le ton ambigu de l'ironie, Marine Le Pen avait également déclaré, en novembre dernier : «Quand j'entends le discours de monsieur Wauquiez aujourd'hui, je me dis : "S'il est sincère, compte tenu des propos qu'il tient, il devrait aller jusqu'à proposer une alliance [au Front national].» Le président des Républicains, néanmoins, a jusqu'à présent catégoriquement rejeté toute perspective d'alliance LR-FN.

Devant ces plus ou moins vagues volontés de rapprochement des droites françaises, Florian Philippot se montre catégorique : «Je suis en désaccord fondamental avec une stratégie que je vois se dessiner [mais] ça ne va pas se faire [car] ils sont trop différents», a ainsi commenté le chef de parti souverainiste. Au-delà des différences idéologiques entre ces mouvements, le risque est selon lui de «diluer le souverainisme dans l'union des droites». Le président des Patriotes a d'ailleurs confirmé son intention de mener une liste «en faveur du Frexit» aux élections européennes de 2019.

https://francais.rt.com/france/49355-florian-philippot-oppose-patriotisme-rassembleur-union-droite-voulue-fn

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Pour le FREXIT, on préfèrera le plan A (comme Asselineau)...

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mardi 3 avril 2018

La puissance de l’ombre

On savait, depuis les attentats de janvier 2015, la France rongée par un mal souterrain. Les théories du complot, ces « ferments de haine et de désintégration de notre société », commencent à « miner notre jeunesse », disait-on alors (1). Un second ingrédient est venu s’ajouter à la menace : les fake news, ces « fausses informations » principalement diffusées sur Internet qui saperaient notre démocratie et nécessiteraient une mobilisation générale.

TL FAKE NEWS COMPLOT

Le tocsin fut sonné en janvier 2018 par la parution d’un sondage prétendant que « huit Français sur dix adhèrent à une théorie du complot ». Sa méthodologie est si discutable qu’il s’apparente lui-même à une fake news (lire « Un sondage sur mesure »). Peu importe : les journalistes s’engouffrent dans la brèche. « Fake news, théories du complot, comment lutter ? », s’interroge France Inter le 11 janvier 2018. « Fake news et théories du complot : et si elles nuisaient (aussi) à vos études ? », décline le magazine L’Étudiant (6 février 2018). L’affaire est jugée assez sérieuse pour que le président Emmanuel Macron envisage de « faire évoluer notre dispositif juridique pour protéger la vie démocratique de ces fausses nouvelles (2) ». Et pour que l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), qui en connaît un rayon sur le sujet, publie un rapport sur « les fausses informations en ligne » et leurs « implications sécuritaires » (3). En ligne de mire, la Russie, accusée de vouloir déstabiliser l’Occident.

COMPLOTEUR ORDI

Il existe bien des raisons de combattre le conspirationnisme. Stérile sur le plan politique, l’adhésion aux bobards numériques témoigne des progrès d’un relativisme qui met dans le même sac des croyances alimentées par des marchands de peur et des connaissances scientifiques éprouvées ; des rumeurs propagées à la sauvette et des faits vérifiés, comparés, analysés ; des théories aux fondations bancales et des hypothèses rationnelles.

La soudaine passion médiatique pour la vérité peut toutefois surprendre. Après tout, les journalistes et les dirigeants politiques se sont longtemps accommodés de certains mensonges, du bourrage de crâne de la Grande Guerre aux armes de destruction massive de Saddam Hussein. Et ils s’en accommodent encore. En décembre 2016, le journal de France 2 « révélait » l’existence d’un bar interdit aux femmes à Sevran, générant d’interminables débats sur la montée du communautarisme, et des menaces de mort pour le gérant du lieu. Trois mois plus tard, un reportage du Bondy Blog démonte la supercherie (4) : l’établissement n’est pas un repaire d’islamistes, il sert de l’alcool et accueille des clientes — ce que confirment trois autres enquêtes, du Monde, d’Ouest-France, et de France Bleu.

Tant pis, l’« information » est dans la nature et chacun peut continuer de s’y référer. Ainsi, le 6 janvier 2018, Nathalie Saint-Cricq, chroniqueuse à France 2, évoquait toujours ce « café dans lequel les femmes n’ont pas le droit d’entrer ». C’était lors de la journée « Toujours Charlie » organisée par le Printemps républicain. Nombre de journalistes, de dirigeants politiques, d’intellectuels patentés étaient présents ; l’événement fut largement couvert. Mais personne ne dénonça un rassemblement de benêts crédules colportant des ragots.

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On observe le même déséquilibre avec l’accusation de complotisme. Depuis l’élection de M. Donald Trump, de vénérables journaux traquent à longueur de colonnes le moindre « détail troublant » susceptible d’accréditer l’idée d’une machination russe contre la démocratie américaine. Rien ne peut les convaincre. Si un élément vient affaiblir une de leurs théories, ils en échafaudent une nouvelle… comme les sceptiques quant à la « version officielle » du 11-Septembre (5). Qui accuse le New York Times, le Washington Post ou CNN de conspirationnisme ?

Ainsi va la vie des fausses informations sur lesquelles s’édifient des théories du complot. Si elles sont diffusées par des dirigeants politiques ou des journalistes autorisés, on les présente comme de simples erreurs ; on s’excuse, puis on oublie. Mais, quand le mensonge vient d’un obscur site Internet ou d’une officine jugée « extrême », il devient une menace pour la démocratie. On s’offusque de la naïveté d’individus peu éclairés et on leur enjoint de revenir dans le droit chemin.

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Or cette prétention à séparer le bon grain de l’ivraie constitue l’une des sources du problème. Depuis la fin de la guerre froide, les grands médias ont voulu s’arroger le monopole du discours légitime, imposer le cadre du débat, exclure de l’arène publique toute pensée critique, qualifier de populiste ou de démagogue quiconque remettait en cause l’ordre dominant. Ce magistère a fait son temps. Les connivences de plus en plus aveuglantes entre médias, pouvoir politique et milieux d’affaires ont fini par jeter le discrédit sur cette parole officielle. Si les journalistes se montrent empressés avec les puissants au point de taire leurs turpitudes, pourquoi ne mentiraient-ils pas sur autre chose — l’existence d’un vaste complot, par exemple ? Après tout, l’histoire contemporaine est parsemée de machinations véritables, et la vérité fut souvent tapie dans l’ombre…

Les receleurs de conspirations se nourrissent de cette méfiance pour propager leurs fariboles. Un nouveau cercle de la raison tracé par les pourfendeurs des « fausses informations » ne ferait qu’accroître le nombre de leurs clients.

Benoît Bréville

(1Propos tenus respectivement par Mme Fleur Pellerin, alors ministre de la culture, et par Mme Najat Vallaud-Belkacem, son homologue de l’éducation nationale.

(2Vœux à la presse, 3 janvier 2018.

(3« Digital Hydra : Security implications of false information online » (PDF), NATO Strategic Communications Centre of Excellence, Riga, novembre 2017.

(5Lire Aaron Maté, « Ingérence russe, de l’obsession à la paranoïa », Le Monde diplomatique, décembre 2017.

https://www.monde-diplomatique.fr/mav/158/BREVILLE/58515

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