dimanche 8 avril 2018

Les Palestiniens ne cesseront jamais d’exiger la justice

TRIBUNE LIBRE / Par Basem Naim, à Gaza - ancien ministre de la Santé et conseiller du Premier ministre palestinien sur les relations internationales.

TL PALESTINE WALL

Depuis trop longtemps, l'Occident applaudit au spectacle de la répression de dizaines de milliers de manifestants sans armes, qui ne font que réclamer la justice, par une force impitoyable lourdement armée.

Aujourd'hui, des centaines de milliers de manifestants pacifiques ont marché, sans armes, vers la frontière imposée par Israël à la bande de Gaza assiégée. Ils n’ont pas pu l’approcher car, d’une distance de plusieurs centaines de mètres, des tireurs d'élite israéliens leur ont tiré dessus, faisant dix morts et des centaines de blessés parmi les Palestiniens.

Ce n'est pas du cinéma. C'est Gaza. C'est la Palestine.

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Cela fait plus de soixante-dix ans que nous, Palestiniens, essayons par tous les moyens possibles et imaginables d'obtenir les droits que nous garantit normalement le droit international et humanitaire.

Au cours de ces décennies, des dizaines de Résolutions ont été adoptées par un large éventail d'organismes internationaux, d'associations et d'ONG en faveur de nos droits fondamentaux à la liberté, à l'autodétermination et au retour dans les maisons dont nous avons été expulsés par la force en 1948.

Contredisant le mythe romantique de la création de l’Etat hébreu, des dizaines d'historiens et de journalistes respectables, y compris des Israéliens comme Ilan Pappe et Gideon Levy, ont prouvé que l'attaque sioniste coordonnée de 1948 contre des centaines de villages palestiniens ancestraux était bien le début d'un projet réfléchi de nettoyage ethnique qui se poursuit sans relâche jusqu’à aujourd'hui.

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Prétendre que près d'un million de Palestiniens ont volontairement quitté leurs maisons, leurs écoles, leurs mosquées et leurs églises en 1948 n’a pas plus de sens que d’affirmer que la terre est plate. La fuite massive et désespérée des Palestiniens devant l'assaut paramilitaire sur nos communautés ancestrales est une réalité que personne ne peut honnêtement contester.

Malgré la quasi-unanimité des juristes internationaux à propos de notre cause, la communauté mondiale n'a pas pu ou n'a pas voulu rendre justice au peuple palestinien qui vit dans des bantoustans entourés de murs dans son propre pays, ou a été contraint de fuir dans la diaspora et de devenir des réfugiés apatrides éparpillés dans le monde entier.

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Et pendant toutes ces décennies, les États occidentaux ont ouvertement adopté des politiques qui non seulement favorisent et protègent Israël, mais lui donnent les moyens de poursuivre son occupation illégale des territoires palestiniens.

Aucun État n'a davantage contribué à cette injustice historique que les États-Unis. Non satisfaits d’octroyer plus de 250 milliards de dollars d'aide gouvernementale directe à Israël, les États-Unis ont utilisé leur droit de veto plus de 70 fois au Conseil de sécurité pour empêcher l'adoption de Résolutions condamnant les politiques israéliennes.

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Dans le soutien financier sans précédent des États-Unis à Israël, il y a des dizaines de milliards de dollars d'aide et d'équipement militaires qui donnent à Israël les moyens de piétiner les droits et les aspirations légitimes de millions de Palestiniens et de semer la mort et la destruction dans nos communautés. Des dizaines de milliers de personnes ont perdu la vie, beaucoup d'autres ont été blessées ou mutilées et plus encore ont été mises en prison pendant toutes ces années, dans un système de "justice" militaire qui prive les Palestiniens de la moindre justice.

Récemment, pour punir toujours plus les Palestiniens de manifester une volonté politique, l'administration américaine a coupé plus de 360 millions de dollars d'aide sur sa part annuelle de 1,2 milliard de dollars à l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Ce programme d’aide internationale fournit des prestations en matière de santé, d'éducation et d'alimentation à quelque 5 millions de réfugiés palestiniens dans le monde, ce qui représente environ 40 % de la population totale de 11,5 millions de Palestiniens à l'intérieur et à l'extérieur de la Palestine.

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Au cours des 25 dernières années, les Palestiniens ont vainement essayé, en toute bonne foi, de réaliser leurs aspirations légitimes en participant à un processus de négociation long, complexe, et contre-productif.

En raison du déséquilibre fondamental du rapport de force sur le terrain et d'un immuable parti pris international pro-israélien, Israël a utilisé cette " négociation " comme couverture de son programme d'annexion illégale des terres palestiniennes en Cisjordanie.

Non content d'inonder la Cisjordanie de centaines de milliers de "colons" illégaux, Israël a poursuivi son attaque systématique contre les droits fondamentaux des Palestiniens dans tous les territoires occupés, y compris Gaza.

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Quel a donc été le résultat de ce blocage unilatéral israélien de 25 ans ? Nous avons assisté, comme on pouvait s'y attendre, au sabotage de toutes les opportunités réelles de stabilité et/ou de désescalade de la violence et la propagation de la violence dans toute la région, n’est-ce pas ?

Le blocage du processus avait pour objectif d’annihiler tout espoir de liberté, tout espoir d'un État indépendant et d'un retour dans les foyers dont ils nous avaient chassés au cours de toutes ces nombreuses années, n’est-ce pas ? Et qu'en est-il de la vie quotidienne des Palestiniens sous occupation, que ce soit en Cisjordanie divisée en cantons contrôlés, ou dans la bande de Gaza assiégée ? Les deux territoires ont été transformés en l’enfer insupportable que tout le monde voit et que nous, nous vivons. Meurtre, emprisonnement, siège, saisie de terres, démolition de maisons, misère, chômage, privation de soins médicaux et interdiction de voyages, voilà le lot quotidien de millions de Palestiniens.

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Comme les autres peuples du monde, les Palestiniens aiment la vie, leur communauté et leur famille, et tout ce que nous voulons, c’est que nos enfants aient un meilleur avenir que nous. Cependant, il semble que notre aspiration collective et légitime soit inacceptable pour beaucoup de pays du monde qui font tout au plus semblant de s’intéresser à nous, mais sans jamais rien faire, pendant que l'Occupation et l'injustice se perpétuent au vu et au su de tous.

Peu de nations, semble-t-il, ressentent le besoin de s’opposer à l'agression israélienne et à son occupation qui violent pourtant toutes les normes de la décence et du droit international de quelque point de vue que l’on se place.

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Après avoir étudié nos différentes options, et forts de notre droit légitime de résister, nous, Palestiniens de Gaza, nous avons décidé d’organiser des marches pacifiques aux abords des clôtures de ségrégation qui nous interdisent la moindre velléité d'autodétermination. Nous exigeons la fin de l'occupation, la fin du siège de Gaza, et la reconnaissance du droit des Palestiniens à revenir chez eux conformément à la résolution 194 de l'ONU, publiée en décembre 1948.

Ces événements commencent aujourd'hui pour coïncider avec l'anniversaire de la "Journée de la Terre", au cours de laquelle six Palestiniens ont été tués en 1976, alors qu'ils défendaient leur terre saisie par les autorités israéliennes dans la région de Galilée.

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Dans la tradition de la résistance passive, nos activités seront pacifiques et se poursuivront aux abords de la frontière jusqu'au 15 mai, date du 70e anniversaire de la "Nakba", au cours de laquelle plus d'un million de Palestiniens ont été expulsés de leurs foyers.

Tous les Palestiniens de notre patrie et de la diaspora, y compris les hommes, les femmes et les enfants, participeront à ces marches et aux manifestations qui revendiquent toutes la justice, la liberté, et le droit de vivre. Nos activités seront supervisées par un comité national qui représente toutes les forces et les factions palestiniennes ainsi que la société civile, les personnalités et les sympathisants palestiniens.

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Le Comité a diffusé de nombreuses publications et instructions à l'intention des participants aux marches, qui soulignent le caractère pacifique de ce mouvement particulier et la nécessité d'éviter la violence et les provocations d'Israël qui ont pour objectif l’escalade la violence. Le Comité a également désigné divers représentants sur le terrain pour superviser nos efforts collectifs et veiller à ce que notre message soit répandu par des moyens puissants et pacifiques.

Nous nous attendons à ce que, quoique nous fassions, Israël se livre à des provocations pendant nos manifestations, et nous ferons tout ce que nous pouvons pour que leurs efforts pour mettre le feu restent sans réponse.

Aujourd'hui, une fois de plus, nos pires craintes se sont malheureusement matérialisées quand Israël s’est mis à tirer des centaines de balles réelles et de grenades lacrymogènes à la vue des manifestants pacifiques, armés de leur voix et de leur autodétermination.

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Israël a longtemps craint, et tenter de contrecarrer de son mieux, tous les efforts déployés par les Palestiniens pour révéler au monde la réalité de l'occupation et du siège de Gaza qui prouvent la fausseté de la prétention israélienne d'être le seul État démocratique de la région : un État qui respecterait et protègerait les droits de l'homme et honorerait le droit fondamental à la liberté d'expression.

Contre ce mantra se dresse la pratique quotidienne des forces d'occupation qui montre une réalité complètement différente . . . une réalité pétrie de racisme, de violence et de violations systématiques des droits de l'homme.

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Récemment, l'arrestation et la détention d'Ahed Tamimi, aujourd'hui âgée de 17 ans, en Cisjordanie, parce qu'elle avait giflé un soldat israélien lourdement armé qui s'était introduit chez elle, n'est qu'une des centaines d'événements qui montrent ce qu’est la vie et la mort en Palestine. Il n'y a pas si longtemps, Ibraheem Abu Thuraya en fauteuil roulant a été tué par un tireur d'élite israélien pour avoir simplement brandi un drapeau palestinien, à la frontière de Gaza, devant les soldats israéliens qui contrôlent qui peut entrer ou sortir de la demeure assiégée d'environ deux millions de personnes.

Compte tenu d'une longue histoire bien documentée des violences de l'Occupation, les Palestiniens craignent avec raison que, malgré la nature pacifique de ces marches, Israël ne s'en serve comme prétexte pour tuer et blesser encore plus de nos concitoyens.  Dans le passé, les forces d'occupation n'ont jamais tardé à provoquer des manifestations non violentes pour les faire dégénérer en affrontements violents au cours desquels nos communautés et nos enfants ont payé le prix fort pour avoir essayé de faire entendre leurs voix.

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L'attaque israélienne d'aujourd'hui contre notre peuple pacifique prouve, une fois de plus, que l'histoire se répète et qu’elle permet souvent de prévoir ce qui va arriver.

Néanmoins, nous ne laisserons pas décourager par les agressions israéliennes, car nous exerçons notre droit fondamental de résister à l’oppression et de manifester pour garantir à nos enfants un avenir meilleur, un avenir empreint de justice et d’égalité.

Basem Naim, qui réside à Gaza, est l'ancien ministre de la Santé et conseiller du Premier ministre palestinien sur les relations internationales.

https://www.levilainpetitcanard.be/articles/ailleurs/les-palestiniens-ne-cesseront-jamais-dexiger-la-justice_184899094

mercredi 4 avril 2018

Alien vs Predator: Erdogan et Netanyahu rivalisent pour la domination du Moyen-Orient

TL ALIEN ERDOGAN NETANYAHOU

TRIBUNE LIBRE  - Max Blumenthal

Benjamin Netanyahu et Recep Tayyip Erdogan s'accusent mutuellement de crimes contre l'humanité et tous les deux ont raison sur ce point : aucun ne peut prétendre être un parangon de moralité, tous deux se disputant plutôt les tréfonds de la dépravation, a déclaré à RT Max Blumenthal.

 

Israël est critiqué pour la façon dont son armée gère les manifestations en cours à la frontière de Gaza. La marche annuelle du retour, une manifestation dénonçant l'occupation israélienne, a déjà fait 17 morts et plus d'un millier de blessés, selon le ministère palestinien de la Santé.

Les dirigeants du monde qui ont condamné les actions israéliennes contre ces manifestants ont été accusés d'appliquer des doubles standards par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Subitement le président turc Recep Tayyip Erdogan a lancé une attaque virulente contre Netanyahou, qualifiant Israël d ' "Etat terroriste" et son Premier ministre "de terroriste", à la suite des tirs meurtriers sur les manifestants à Gaza. Le Premier ministre israélien lui a ensuite répondu sur le même mode en qualifié le dirigeant turc de "boucher".

Max Blumenthal a déclaré à RT qu'il lui semblait que Netanyahu et Erdogan se renvoyaient la patate chaude.

RT: La situation à Gaza a relancé le vieux conflit israélo-turc. Les deux parties se sont déjà accusées d'être des États terroristes. Quelle est votre opinion à ce sujet?

© Reuters

 

Max Blumenthal: Je suis assez amusé par les dénonciations réciproques échangées entre Benjamin Netanyahu et le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan. Tous deux s'accusent mutuellement d'atteintes massives aux droits de l'homme et tous deux ont en effet commis les abominables méfaits dont ils s'accusent, Netanyahou à Gaza et le peuple palestinien en général, et Erdogan maintenant à Afrin en Syrie où plus de 100 000 personnes ont été déplacées s'ajoutant aux milliers de victimes. L'ironie de cette prise de bec entre Erdogan et Netanyahu est que depuis le premier véritable échange d'hostilités entre Erdogan et Israël en 2009, puis après le massacre des activistes turcs en 2010 sur la flottille du Mavi Marmara en route vers Gaza, la Turquie et Israël ont substantiellement normalisé leurs relations et ont rétabli de nombreux liens économiques et même des liens militaires. Ce n'est donc qu'un coup de sang circonstanciel destiné à animer la rhétorique de propagande de bazar entre dirigeants qui prétendent rivaliser pour la domination au Moyen-Orient.

RT: Pourquoi semblent-ils utiliser des accusations presque identiques pour se décrire les uns les autres, mais dans un cas sur Afrin, l'autre sur Gaza. Est-ce qu'ils ont tous deux raison, ils combattent tous les deux la terreur, mais tous les deux font face à des accusations répandues d'actions très discutables?

MB: J'ai comparé ce conflit entre Netanyahu et Erdogan au film 'Alien vs Predator' de 2004 où deux monstres s'affrontent à mort. Dans la vraie vie, comme je l'ai mentionné, Netanyahu et Erdogan coopèrent sous la surface. Aucun des deux hommes ne peut se prétendre un bienfaiteur des populations locales. Donc, ils sont essentiellement en compétition pour le titre de plus abject massacreur de la région. Et fondamentalement, ce que chacun fait est en réalité de satisfaire sa base la plus réactionnaire. Erdogan en Turquie avec son parti islamiste de droite AKP. Et Netanyahu en Israël avec son parti Likoud également de droite. Et cela s'inscrit aussi dans la stratégie globale d'Erdogan.Il s'adresse plus largement à l'opinion, au-delà de la Turquie en essayant de se présenter comme un leader du monde islamique défenseur des Palestiniens. Mais il a en fait abandonné Gaza à bien des égards et il a fait très peu de choses concrètement pour la libération des Palestiniens ou pour le soulagement du siège de 11 ans sur Gaza.

RT: Pensez-vous que le ministre israélien de la Défense, Avigdor Liberman, a raison de dire que la communauté internationale devrait d'abord enquêter sur toutes les morts en Syrie, au Soudan et en Libye et ensuite seulement attirer l'attention sur Gaza?
 
© Reuters

 

MB: Il y a une amère ironie ici à observer les réactions d'Israël et ses alliés à ce qui n'était rien moins qu'un massacre de manifestants non armés désespérés et révoltés contre un siège de 11 ans, vivant dans l'une des pires situations humanitaires au monde. L'ONU considère que Gaza sera définitivement invivable dans deux ans. J'étais dernièrement dans la bande de Gaza et j'ai constaté que c'était le cas de beaucoup de gens - il n'y a tout simplement pas assez d'argent ou d'activité pour permettre aux gens de se nourrir. L'insécurité alimentaire touche plus de 50% de la population. Les gens marchent pour protester contre cela et ils ont été abattus par plus de 100 tireurs d'élite israéliens, ils ont reçu des tirs d'artillerie de chars. Israël a même testé un drone qui a largué des gaz lacrymogènes du ciel. Et maintenant, nous entendons le ministre israélien de la Défense déclarer que la communauté internationale n'a pas le droit de condamner ce massacre. De plus, nous avons vu Nikki Haley, l'ambassadeur [américain] à l'ONU, montrant des images d'enfants syriens morts à Khan Shaykhun dans une palinodie publique en avril 2017, exigeant une intervention militaire en Syrie. Ce faisant Nikki Haley a personnellement voulu empêcher une résolution de l'ONU condamnant Israël pour ce massacre. Ainsi, l'hypocrisie d'Israël et de ses alliés, notamment américains, est ici proprement stupéfiante par contraste avec leur comportement envers les violations des droits de l'homme qu'ils dénoncent en Syrie, en regard de ceux commis et revendiqués par leurs clients en Israël.

RT: Croyez-vous que l'appel de l'ONU pour une enquête sur la violence à Gaza est hypocrite, comme le prétend Israël?

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MB: La prétention israélienne à taxer l'ONU d'hypocrisie est le genre de rhétorique que nous entendons depuis toujours de la part du pays qui dans le monde a reçu le plus de condamnations de l'ONU. Pourtant c'est aussi le pays qui obtient systématiquement la protection au Conseil de sécurité des États-Unis. L'hypocrisie dont nous avons été témoins vient en vérité des États-Unis et d'Israël parce que les États-Unis ont toujours protégé Israël face aux conséquences de ses violations répétées des droits de l'homme, tout en accusant des pays dont ils cherchent à renverser le gouvernement - de la Corée du Nord à la Syrie en passant par l'Iran. - de violations massives des droits de l'homme aux seules fins de les faire condamner par des résolutions de l'ONU, alors que ces pays ne font, dans la plupart des cas, que se défendre contre leurs agresseurs, dans des guerres par procuration initiées par l'Occident et des complots visant à renverser leurs gouvernements.

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/04/alien-et-predator-debarquent-au-levant.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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Israël va réinstaller une partie de ses migrants africains dans des pays occidentaux

L’Etat hébreu et l'ONU ont signé un accord prévoyant le transfert de plus de 16 000 migrants africains vers des pays occidentaux, dont l'Allemagne. Arrivés illégalement en territoire israélien, ils étaient menacés d'expulsion ou d'emprisonnement.

ACT ISRAEL MIGRANTS

Israël a annoncé le 2 avril avoir annulé un projet controversé d'expulsion de migrants africains et signé un accord avec l'ONU pour la réinstallation d'une partie de ces migrants dans des pays occidentaux.

«Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés et Israël sont arrivés à un accord permettant le départ d'au moins 16 250 migrants africains vers des pays occidentaux, tandis que l'Etat d'Israël réglera le statut de ceux qui resteront sur place», informe un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou. D'après celui-ci, les migrants en question iront notamment au Canada, en Allemagne et en Italie.

Le gouvernement israélien avait prévu de donner le choix aux migrants clandestins de partir d'ici à début avril – soit pour leur pays d'origine, soit pour un pays tiers – ou d'aller en prison indéfiniment. Ce plan gouvernemental avait suscité de nombreuses critiques, notamment du Haut-commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR). Selon le ministère de l'Intérieur israélien, 42 000 migrants africains, principalement originaires du Soudan et d'Erythrée, vivent en Israël, dont la moitié – des femmes et des enfants – n'étaient pas menacés par ce plan.

Ces migrants africains sont arrivés très majoritairement après 2007 en s'infiltrant à partir du Sinaï égyptien. La frontière avec l'Egypte, à l'époque poreuse, a depuis été rendue quasiment hermétique. Ils se sont installés en nombre dans les quartiers pauvres de Tel Aviv. 

«L'accord signé avec le HCR permet l'annulation immédiate de l'expulsion vers un pays tiers prévue dans le plan précédent», précise le bureau du Premier ministre. Des milliers de migrants africains devraient obtenir un statut leur permettant de légaliser leur situation en restant en Israël, selon le communiqué.

https://francais.rt.com/international/49371-israel-reinstallation-migrants-pays-occidentaux

Pour Netanyahou, «l'arrivée massive de clandestins africains» est «pire» que les actes terroristes

«Sans cette barrière, nous serions confrontés à de graves attaques de terroristes du Sinaï et, pire, à une arrivée massive de migrants africains illégaux», a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, lors d'une conférence consacrée au développement de la région sud d'Israël, le 20 mars.

«Nous parlons d'un Etat juif et démocratique mais comment assurer qu'il reste juif avec 50 000 ou 100 000 migrants par an ?», s’est-il interrogé. «Un million, un million et demi et on peut fermer la baraque», a-t-il ajouté, se félicitant : «Au lieu de fermer la baraque, on a installé une barrière.»

(...)

Le gouvernement israélien avait approuvé en 2010 la construction de la barrière électronique entre l'Egypte et Israël pour bloquer l'immigration clandestine, le trafic de drogue et d'armes et les «infiltrations de terroristes». Cette barrière, dont la construction a été achevée en 2014, s'étend le long de la frontière de 242 kilomètres entre Israël et l'Egypte, de la pointe sud de la bande de Gaza à la ville d'Eilat.

 

https://francais.rt.com/international/48983-netanyahou-arrivee-massive-migrant-terroristes

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dimanche 1 avril 2018

«Grande marche du retour» : 16 morts et au moins 1 400 blessés palestiniens

Des milliers de Palestiniens de la bande de Gaza ont afflué contre l’avis de Tsahal à la frontière avec Israël pour réclamer la restitution de leurs terres confisquées après 1948. 16 Palestiniens ont déjà été tués par les militaires Israéliens.

ACT GAZA MARCHE

Le ton était donné : les dirigeants militaires et politiques israéliens ont prévenu que l'armée n'hésiterait pas à donner à des tireurs d'élite l'ordre d'ouvrir le feu à balles réelles en cas de tentative d'infiltration de Gazaouis en territoire israélien lors du rassemblement de la marche du retour. «Nous ne permettrons ni les infiltrations en masse en Israël ni l'endommagement de la clôture», a prévenu le chef d’état-major israélien Gadi Eizenkot dans un entretien au au quotidien Yediot Aharonot. 100 tireurs d'élite israéliens ont été déployés.

Le ministère de la Santé dans l'enclave palestinienne a aussi annoncé que 16 Palestiniens avaient été éliminés par l'armée israélienne près de la frontière de Gaza. Les chiffres font redouter une véritable hécatombe.  

«Grande marche du retour» : 16 morts et au moins 1 400 blessés palestiniens (PHOTOS)© Mohammed Salem
Un Palestinien blessé est évacué pendant des heurts avec l'armée israélienne à la frontière, au cours du rassemblement pour la restitution des terres palestiniennes d'avant 1948, le 30 mars 2018.

Le ministère avait annoncé le matin que Mohammed Najjar, âgé de 25 ans, avait été mortellement touché à l'estomac à l'est de Jabaliya (nord). Avant même le début du rassemblement, le Palestinien Omar Samour, un jeune fermier de 27 ans avait été tué tôt dans la matinée par des tirs de l'artillerie israélienne, dans un champ proche de la frontière, près de Khan Younès. L’armée israélienne s’est justifiée en prétendant que deux hommes s'étaient approchés de la clôture et avaient commencé «à agir de façon suspecte». Le second fermier a été blessé.

1 400 autres Palestiniens ont été blessés par balles, selon un bilan provisoire du ministère de la Santé dans la bande de Gaza. 

«Grande marche du retour» : 16 morts et au moins 1 400 blessés palestiniens (PHOTOS)© Mohammed Salem Source: Reuters
Un Palestinien blessé est évacué pendant des heurts avec l'armée israélienne près de la frontière, le 30 mars 2018.

Une grande marche du retour pour commémorer l'exode palestinien

Les manifestants convergent en plusieurs points de rassemblement le long de la clôture longeant la frontière de Gaza avec Israël à l'occasion d'un mouvement de protestation, baptisé «la grande marche du retour» et qui doit durer six semaines, pour exiger le «droit au retour» des réfugiés palestiniens. Le premier jour de ce mouvement coïncide avec la «Journée de la terre», un hommage annuel rendu à six Arabes israéliens tués en 1976 lors de manifestations anti-expropriation contre la confiscation de terres par Israël.

Cette commémoration inaugure plusieurs semaines de mobilisation jusqu’au 15 mai, le lendemain de la date anniversaire de la déclaration d’indépendance d’Israël, jour appelé Nakba, «la catastrophe», chez les Palestiniens. Dans leur esprit, ces deux événements sont associés à leur fuite forcée et à la destruction de leurs villages d’origine.

La grande marche est organisée par le Hamas et d’autres groupements de jeunesses palestiniennes apolitiques et est annoncé comme festif et pacifique.

«Grande marche du retour» : 16 morts et au moins 1 400 blessés palestiniens (PHOTOS)© Mohammed Salem Source: Reuters
Les Palestiniens reçoivent de la nourriture durant La grande marche pour le retour, le 30 mars 2018.

Les Israéliens s’opposent fermement au droit au retour des Palestiniens dans leurs villages d’origine d’avant 1948. Tsahal a distribué des tracts sommant les habitants de Gaza ne pas participer au rassemblement et de rester au-delà de la zone tampon de 300 mètres derrière la frontière imposée par les Israéliens.

L'armée israélienne a imposé une zone militaire fermée autour de la bande de Gaza 

Le porte-parole de l'armée israélienne a confirmé que des milliers de Palestiniens participaient à des rassemblements à «six endroits» dans la bande de Gaza. «Ils font rouler des pneus enflammés et lancent des pierres vers la barrière de sécurité et les troupes israéliennes qui recourent à des moyens anti-émeutes et tirent en direction des principaux meneurs», a ajouté le porte-parole. «L'armée israélienne a imposé une zone militaire fermée autour de la bande de Gaza et toute activité dans ce secteur nécessite son autorisation», a déclaré ce porte-parole.

https://francais.rt.com/france/49314-marche-retour-plusieurs-morts--blesses-palestiniens

le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence

Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni en urgence le 30 mars au soir à la demande du Koweït, pour évoquer les violences dans la bande de Gaza (...)

Si les inquiétudes quant à une escalade de la violence ont été entendues par le Conseil, ce dernier n'est pourtant pas parvenu à se mettre d'accord sur une déclaration commune. L'absence de représentants israéliens à la réunion, qui coïncidait avec le début de la Pâque juive, a notamment été regrettée par le Royaume-Uni et les Etats-Unis

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«Il est vital que ce Conseil soit équilibré», a ainsi fait valoir le diplomate américain Walter Miller, estimant qu'il aurait fallu «trouver un arrangement pour que toutes les parties participent» à la réunion. «Nous sommes profondément attristés par les pertes humaines aujourd'hui», a-t-il cependant déploré, appelant toutes les parties à prendre des mesures pour réduire la possibilité de nouveaux affrontements.

Un risque d'escalade de la violence «réel»

Dans une déclaration diffusée à l'issue de la réunion, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a pour sa part adressé ses «pensées aux familles de victimes», avant d'appeler à «une enquête indépendante et transparente sur les incidents».

«Il y a une crainte que la situation puisse se détériorer dans les prochains jours», a mis en garde Taye-Brook Zerihoun, le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires politiques, appelant à la retenue maximale. Un constat partagé devant le Conseil par le représentant français, qui s'est inquiété de la possibilité d'un «nouveau conflit dans la bande de Gaza», notant que le risque de l'escalade de la violence était «réel».

(...)

Selon les chiffres fournis par le ministère de la Santé dans la bande de Gaza, 16 personnes ont été tuées et 1 416 ont été blessées dans les affrontements. Dans un communiqué écrit avant la réunion du Conseil de sécurité, l'ambassadeur israélien aux Nations unies, Danny Danon, a accusé le Hamas de la violence. Le président de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a de son côté déclaré qu'il tenait Israël pour pleinement responsable de ces morts.

https://francais.rt.com/international/49329-affrontements-meurtriers-gaza-conseil-securite-onu-reunit-urgence

«Bravo à nos soldats» : Netanyahou aux militaires israéliens après les heurts meurtriers à Gaza

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Le 31 mars, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s'est fendu d'un communiqué afin de féliciter l'armée israélienne, alors que de violents heurts avaient fait plusieurs morts la veille dans la bande de Gaza, où avait lieu la «Grande marche du retour». Le Premier ministre d'Israël a loué les mérites des soldats qui ont selon lui «protégé les frontières du pays».

«Israël agit avec fermeté et détermination pour protéger sa souveraineté et la sécurité de ses citoyens», a en outre commenté Benjamin Netanyahou, sans mentionner les 16 morts palestiniens et les centaines de blessés dont faisait état le ministère de la Santé dans la bande de Gaza.

https://francais.rt.com/international/49343-bravo-nos-soldats-netanyahou-militaires-israeliens-apres-heurts-meurtriers-gaza

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samedi 31 mars 2018

L’armée israélienne pulvérise des pesticides sur la zone tampon avec Gaza : l'agriculture en péril

Offensives de Tashal à l'aide de pesticides détruisant les cultures et épandages sur la zone tampon mettent en grande difficulté les agriculteurs gazaouis. En dix ans, la part de l’agriculture dans le PIB de Gaza a dégringolé.

ACT GAZA EPANDAGE

Les offensives militaires israéliennes ont grandement fragilisé l’agriculture à Gaza, l’une des activités économiques jadis fortes de la région, aux côtés notamment de la pêche.

A cela s'ajoute un autre phénomène, qui étouffe la vitalité agricole de ce secteur représentant 8,7% de l'emploi local (hors travail informel) selon un rapport du consulat de France à Jérusalem : à des fins invoquées de visibilité, l’armée israélienne vaporise des pesticides et autres toxiques sur la zone tampon séparant Gaza d'Israël, y empêchant toute culture.

La zone tampon établie par les Israéliens sur la frontière entre la Bande de Gaza et Israël, s'étend aujourd’hui sur environ 300 mètres de large, le ruban couvrant désormais plus de 35% des terres agricoles de la bande de Gaza.

La zone est régulièrement pulvérisée et les produits chimiques se déposent souvent hors du périmètre, endommageant donc les cultures gazaouies au sein de la zone tampon mais également celles situées alentours. «Des pesticides sont diffusés pour empêcher toute culture agricole. L’armée israélienne dégage ainsi le champ de vision de ses soldats au sol sur les zones frontalières», confie à RT France Amar Chamallakh, un agriculteur palestinien affecté par les épandages.

Palestine-Israel

Le ministère palestinien de l’Agriculture a vivement protesté contre ces agissements. Nabil Abou Chammala, son directeur de la planification, a dénoncé ces pratiques de l'armée israélienne préjudiciables aux agriculteurs palestiniens. «L’occupation israélienne a l'habitude de détruire toutes les infrastructures agricoles, surtout dans la zone tampon», fulmine-t-il.

Pour le ministère, ces entreprises de l’armée israélienne visent à mener un travail de sape sur l’économie gazaouie. Selon Nizar el Waheidi, l'un de ses ingénieurs : «Ces attaques israéliennes n’ont qu’un objectif : tuer l’économie palestinienne qui alimente les habitants de Gaza.»

Ces dégradations se traduisent en tout cas par la baisse spectaculaire la part de l’agriculture dans le PIB gazaoui, passée entre 1994 et 2015 de 12% à 3,3%, pour des territoires également très affectés par le blocus d'Israël et de l'Egypte depuis 2007.

https://francais.rt.com/international/49293-armee-israelienne-pulverise-pesticides-zone-tampon-gaza

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samedi 17 mars 2018

Grande- Bretagne/Russie: communiqué UPR

UK POLICE

L’UPR demande à M. Macron d’adopter une position neutre dans le conflit qui oppose la Grande-Bretagne à la Russie, et plaide pour l’ouverture d’une enquête internationale sous l’égide de l’ONU

OUTIL COMMUNICATION UPR

L’Union populaire républicaine (UPR) demande à M. Macron d’adopter une position neutre dans le conflit qui oppose la Grande-Bretagne à la Russie au sujet de l’empoisonnement de l’ancien agent double russe, Sergeï Skripal, et de sa fille.

La France n’a, en effet, aucunement été associée à l’enquête conduite par les seules autorités britanniques et ne dispose donc d’aucune preuve de première main permettant d’attribuer de façon certaine cette tentative d’assassinat au gouvernement russe.

M. Macron n’a aucune raison de mettre en cause la Russie dans cette affaire, comme il l’a fait hier. Il n’a pas davantage de raison d’annoncer des « mesures », sans d’ailleurs que l’on sache s’il s’agit de rétorsions contre le gouvernement russe, ce qui serait totalement infondé de la part de Paris. Il est encore dans son tort lorsqu’il traite avec condescendance la Russie dont il a ignoré ostensiblement le pavillon au Salon du livre, alors qu’elle est l’invitée d’honneur de cette manifestation.

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L’UPR observe, pour sa part, que ce crime ne profite pas à la Russie : il ne peut, en effet, que susciter la confusion au sein de la population russe, à deux jours d’une élection présidentielle qui paraît jouée en faveur de M. Poutine ; et il ne peut que créer la réprobation internationale à quelques mois de la Coupe du monde de football qui doit avoir lieu, précisément, en Russie. M. Skripal ne représentait, en outre, aucune menace pour la Russie qui l’avait libéré il y a plusieurs années.

L’UPR observe également que les autorités britanniques n’ont pas cherché à organiser une enquête internationale sous l’égide de l’ONU, comprenant la Russie, alors que ce moyen aurait été le plus efficace pour faire émerger une vérité partagée au plan international.

L’UPR observe enfin que ce sont toutes les composantes du camp euro-atlantiste – États-Unis, Union européenne et OTAN en tête – qui ont soutenu immédiatement la version britannique de cette affaire alors que tous les autres pays du monde demeurent infiniment plus prudents. Au lieu de s’engouffrer tête baissée dans la version britannique des faits, la France aurait dû rejoindre au Conseil de sécurité de l’ONU la position prudente et responsable exprimée par la Chine, l’Éthiopie, et la Bolivie.

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Depuis le tournant des années 2000, les Français ont pu observer que les gouvernements des États-Unis d’Amérique comme de Grande-Bretagne n’ont pas hésité à fabriquer de toutes pièces des mensonges éhontés, assénés comme des vérités révélées à l’opinion publique mondiale par des médias de masse asservis, traitant les incrédules de « complotistes » et de « conspirationnistes ».

Les Français doivent se souvenir que MM. Bush et Blair ont déclenché une guerre extrêmement meurtrière en Irak en 2003 sur la base de pures « fake news » largement relayées par les médias.

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De même, le gouvernement américain a reconnu au début de février 2018 qu’il n’avait jamais eu la moindre preuve démontrant que le gouvernement syrien avait utilisé du gaz toxique contre sa propre population, qu’il s’agisse de la tragédie de la Ghouta survenue en août 2013 ou de la tragédie de Khan Cheikhoun survenue en avril 2017. À l’époque de ces deux tragédies, les dirigeants américains, immédiatement singés par leurs homologues français et par les médias de masse, avaient appelé à la guerre contre Bachar el-Assad.

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L’UPR appelle donc les Français à la plus grande prudence vis-à-vis des allégations portées contre la Russie par Mme May, rejointe par M. Macron hier, en l’absence de toute preuve publique irréfutable.

L’UPR plaide également pour l’ouverture d’une enquête internationale sous l’égide de l’ONU, associant l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), concernant l’empoisonnement de Sergeï Skripal et de sa fille.

Lorsque la paix mondiale est en jeu – et elle l’est actuellement du fait d’un retour aux pires moments de la guerre froide – l’attitude de la France et de son président doit consister à tout faire pour apaiser les tensions et non à jeter de l’huile sur le feu. A fortiori lorsqu’il n’y a aucune preuve des incriminations portées.

https://www.upr.fr/actualite/lupr-demande-a-m-macron-dadopter-une-position-neutre-dans-le-conflit-qui-oppose-la-grande-bretagne-a-la-russie-et-plaide-pour-louverture-dune-enquete-internationale

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Une décision judiciaire majeure pourrait menacer les tribunaux d’arbitrage privés

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Les accords d'arbitrage inclus dans les traités seraient nuls selon la Cour de Justice européenne.
A la lecture de la construction juridique utilisée en l'espèce, l'on constate que cette construction est un peu similaire à celle adoptée par la jurisprudence française depuis les années 1850 qui a posé le principe que la clause d'arbitrage est toujours nulle : c'est un arrêt de la Cour de cassation qui n'a jamais été remis en cause.
Précisons un peu les propos, elle est à la fois nulle et pas nulle. Quelle chimère allez-vous me dire.
En pratique, la clause d'arbitrage est valable mais elle ne peut vous empêcher de saisir les juridictions judiciaires.
Cela est notamment le cas pour vous tous, dans de nombreux contrats d'assurance où il est stipulé qu'en cas de litige l'on procédera par arbitrage. Vous pouvez sous soumettre à cette clause mais cela ne vous empêche pas de saisir directement les juridictions judiciaires et de faire fî de la clause d'arbitrage prévue au contrat.
La clause d'arbitrage est en fait une possibilité et non une obligation qui s'impose même si elle est stipulée au contrat.
On ne peut vous opposer la clause devant les tribunaux judiciaires en déclarant que ceux-ci ne seraient pas compétents parce que vous avez accepté une clause d'arbitrage : voilà la règle de droit français.
 
Appliquer ce principe aux traités internationaux conclus par l'Union européenne reviendrait donc à ce qui est utilisé en droit français et les multinationales devraient donc se plier aux législations internes des pays où elles opèrent.
Mes propos n'ont pas la prétention d'avancer une parfaite exactitude, mais de vous proposer un schéma un peu "grossier" pour vous permettre de mieux comprendre un dessous des cartes qui n'apparaît pas très clairement à tout un chacun. C.S.

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Serait-ce le début de la fin pour les très controversés tribunaux d’arbitrage « ISDS », ces juridictions d’exception qui traitent les litiges entre les multinationales et les Etats ? On peut sérieusement se poser la question en lisant la décision rendue le 6 mars par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

Bien qu’il porte uniquement sur une affaire particulière, cet arrêt pourrait bien remettre en cause tout l’édifice juridique actuel de protection des investissements en Europe, où les Vingt-Huit sont liés entre eux par 196 traités bilatéraux d’investissement.

L’ISDS, ou Investor-State Dispute Settlement, est un mécanisme arbitral présent dans de nombreux accords internationaux d’investissement, qui protège les entreprises d’abus de droit perpétrés par les Etats où elles s’installent. Dans la pratique, plusieurs décisions ont tendu à remettre en question les législations environnementales, sociales ou sanitaires des Etats qui allaient à l’encontre des intérêts de certaines entreprises.

De quoi parle-t-on ?

A l’origine de cette affaire, on retrouve un conflit relativement banal entre l’assureur néerlandais Achmea et l’Etat de Slovaquie. Déterminé à profiter de l’ouverture, aux investisseurs privés, du marché slovaque de l’assurance maladie décidée en 2004 par la droite, Achmea a ouvert en 2006 une filiale en Slovaquie pour proposer des assurances privées. L’aubaine a été de courte durée : quelques mois après, la Slovaquie a changé de gouvernement et le nouveau premier ministre socialiste, Robert Fico, a décidé de revenir sur cette libéralisation, en interdisant la distribution des bénéfices générés par les activités d’assurance maladie.

 

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S’estimant lésé, Achmea a porté plainte en 2008 contre la Slovaquie, en s’appuyant sur le traité bilatéral d’investissement liant la Slovaquie et les Pays-Bas. L’assureur a ainsi obtenu l’organisation d’une procédure d’arbitrage ISDS, qui lui a finalement donné raison, en condamnant la Slovaquie à l’indemniser à hauteur de 22,1 millions d’euros pour compenser ses investissements finalement inutiles.

L’affaire aurait pu s’arrêter là si la Slovaquie avait accepté cette sentence arbitrale, supposée définitive. Mais elle a décidé de contester la légitimité même de l’arbitrage devant la justice allemande (car les arbitres siégeaient à Francfort), en défendant l’argumentaire suivant : conclu en 1991, alors que la Slovaquie était encore intégrée à la Tchécoslovaquie, le traité bilatéral d’investissement sur lequel s’est appuyé le tribunal n’est, selon elle, plus compatible avec le droit de l’Union européenne, à laquelle elle a adhéré en 2004. La sentence arbitrale serait donc nulle et non avenue.

 

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L’affaire s’est révélé suffisamment importante pour dépasser le cadre allemand et remonter jusqu’à la CJUE – ce qui a permis au tribunal suprême de l’UE de se prononcer pour la première fois sur la compatibilité des clauses d’arbitrage d’investissement avec le droit européen.

Or, à l’issue d’une longue procédure, irriguée par les contributions des différents Etats européens, la Cour a conclu que la clause d’arbitrage du traité Slovaquie-Pays-Bas était incompatible avec le droit européen. Son raisonnement est le suivant :

  • Depuis que la Slovaquie est membre de l’UE, c’est le droit européen qui doit primer sur les clauses du traité bilatéral d’investissement en cas de conflit.
  • Le tribunal d’arbitrage privé est donc amené à interpréter le droit européen pour prendre sa décision.
  • Pour garantir la pleine efficacité du droit de l’Union, un tribunal doit pouvoir saisir la CJUE en cas de doute sur son interprétation.
  • Or, par son fonctionnement privé, le tribunal d’arbitrage ne peut pas être considéré comme partie intégrante du système juridictionnel européen, et n’a pas le droit de saisir la CJUE.
  • Il est donc incapable d’assurer la bonne application du droit européen.

Quelles conséquences attendre de cette décision ?

 

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L’arrêt de la CJUE devrait commencer par faire les affaires de la Slovaquie, qui va pouvoir s’en prévaloir pour faire annuler devant la justice allemande la sentence arbitrale de 2012 favorable à Achmea.

Elle devrait également pousser la Slovaquie et les Pays-Bas à renégocier rapidement leur traité bilatéral, qui est désormais illégal au regard du droit européen.

Reste à savoir si cette décision sans précédent est en mesure de menacer le principe même des tribunaux ISDS, qui figure dans des centaines de traités signés par les Européens entre eux et avec le reste du monde.

  • Sur les 196 accords intra-européens

Le débat des juristes bat son plein depuis le 6 mars, et il est encore trop tôt pour trancher. Mais il n’est pas impossible que l’arrêt de la CJUE ait des conséquences sur les 196 autres traités bilatéraux d’investissement qui lient les 28 Etats européens entre eux. Ces accords contiennent en effet pour la plupart des clauses d’arbitrage similaires qui pourraient être incompatibles avec le droit européen, si l’on suit le raisonnement de la Cour. Très remontés contre la décision de la Cour, les avocats Philippe Pinsolle et Isabelle Michou contestent cette hypothèse dans un article publié dans Dalloz Actualité. Selon eux, « il faut […] se garder de toute généralisation », la Cour ne s’étant prononcé que sur le cas d’espèce du traité Slovaquie-Pays-Bas.

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Quand bien même les 196 accords intra-européens devaient être invalidés, cela ne signifierait pas pour autant la fin de l’ISDS à l’intérieur de l’Union. Plusieurs Etats européens, dont la France, travaillent en effet depuis 2016 à l’élaboration d’un nouveau mécanisme unifié d’arbitrage qui pourrait se substituer aux accords existants. Si celui-ci est convenablement conçu, il pourrait échapper aux fourches caudines de la CJUE et retirer une épine du pied aux promoteurs de l’arbitrage privé.

  • Sur les accords internationaux de l’UE

L’onde de choc de la décision de la CJUE pourrait se propager encore plus loin, en remettant en cause la validé des grands accords commerciaux conclus ces dernières années par l’UE, avec Singapour, le Vietnam ou le Canada ? La question peut se poser, car ils contiennent tous des clauses d’arbitrage similaires.

Sur ce point, le débat juridique est toutefois encore plus incertain, car la plupart de ces arbitrages sont placés sous le parapluie de la Convention de Washington de 1965, qui oblige théoriquement les Etats à reconnaître les sentences arbitrales « sans aucun contrôle, comme une décision de leurs propres tribunaux rendue en dernier recours », rappellent Philippe Pinsolle et Isabelle Michou.

Le même problème se pose pour le traité sur la charte de l’énergie, un accord international méconnu des années 1990 qui est souvent utilisé par les entreprises pour initier des procédures d’arbitrage. Comment réagiraient les signataires non-européens de cette charte si l’UE se mettait brutalement à dénoncer la légitimité de ces tribunaux d’arbitrage ?

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Les détracteurs du CETA, le récent partenariat commercial Europe-Canada, espèrent également que la décision de la justice européenne pourrait aider à combattre sa très décriée clause d’arbitrage. Mais rien n’est moins sûr, car les tribunaux d’arbitrage du CETA sont organisés selon une nouvelle méthode, le « système de cour d’investissement », qui offre davantage de garanties que les tribunaux privés classiques. On devrait bientôt en avoir le cœur net, car la Belgique a déposé à l’automne 2017 une requête auprès de la CJUE, pour s’assurer de la conformité du CETA avec le droit européen.

http://transatlantique.blog.lemonde.fr/

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vendredi 16 mars 2018

Macron reçoit discrètement le Président de la République du Kosovo Hashim Thaçi

Impossible à cette heure de trouver UN SEUL ARTICLE dans la presse française pour couvrir cette information, seule TV Libertés relaie l'évènement dans son journal du 15 mars. On comprend que nos journalistes aux ordres soient gênés aux entournures, compte tenu du passé criminel de l'ancien chef de l'UCK.

En attendant de revenir sur ce sujet, voici un article de Libération datant de 2010, pour rappel...     PG

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Trafic d’organes à la tête du Kosovo

Par Hélène Despic-Popovic 16 décembre 2010

Un rapport du Conseil de l’Europe accuse le Premier ministre sortant, Hashim Thaçi, d’être à la tête d’un groupe mafieux qui a tué des prisonniers, majoritairement serbes, en Albanie.

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Hashim Thaçi, le Premier ministre sortant du Kosovo et vainqueur, dimanche, de législatives entachées de fraudes, serait le parrain d’une mafia mêlée à toutes sortes de crimes et trafics, dont celui d’organes prélevés en Albanie sur des prisonniers serbes à l’issue de la guerre au Kosovo en 1999. Telle est la conclusion du rapporteur du Conseil de l’Europe, Dick Marty, chargé il y a deux ans de faire la lumière sur des allégations lancées par l’ex-procureure du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), Carla Del Ponte, dans des mémoires publiées en 2008. Dans son livre, la Traque (Ed. Héloïse d’Ormesson), la magistrate avouait s’être cassé le nez sur les crimes de guerre commis par l’UCK (Armée de libération du Kosovo), soutenue lors de la guerre de 1999 par l’Otan, et n’avoir jamais réussi à avancer sur les disparitions intervenues après-guerre. A la suite de journalistes américains, des représentants de l’ONU avaient débuté une investigation qui les a menés en Albanie, base arrière de l’UCK, dans une grosse ferme baptisée la «Maison jaune», où ils ont découvert des échantillons sanguins, qui auraient été laissés après des prélèvements d’organes.

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Meurtre de témoins. C’est là que Dick Marty a repris l’enquête. Une enquête qui a été difficile. Celle-ci lui a permis, dit-il dans son rapport, «non seulement de confirmer» les révélations de Carla Del Ponte, «mais aussi de les préciser et de tracer un tableau sombre et inquiétant de ce qui s’est passé et, en partie, continue à se passer au Kosovo». Le plus compliqué, a reconnu le député suisse - auteur en 2006 d’un rapport sur les prisons secrètes de la CIA en Europe -, a été de contacter les témoins de ce trafic, qui se serait soldé par la mort «d’une poignée» de prisonniers tués en Albanie pour leurs organes. En rappelant que des meurtres de témoins ont empêché de faire la lumière sur nombre de crimes de l’UCK au Kosovo, notamment dans des affaires jugées à La Haye, Dick Marty explique que, pour leur protection, il s’est souvent contenté de témoignages audio, sans voir les personnes. Il précise qu’il n’a pas pu compter sur le soutien des autorités albanaises qui refusent toutes fouilles pour retrouver des cadavres.

Le rapporteur suisse a réussi à aller plus loin que la «Maison jaune». Cette ferme, dit-il, «semble en réalité avoir davantage tenu lieu "d’étape intermédiaire", où les prisonniers en transit étaient détenus en attendant d’être conduits à la mort et où, selon certaines sources, ils étaient soumis à des formes de "traitements" ou de "tris" apparemment bizarres, et notamment à des tests sanguins ou à des examens de santé». Les prélèvements d’organes se produisaient en fait plus profondément à l’intérieur de l’Albanie, à proximité de l’aéroport de Tirana, à Fushë-Krujë où «le petit groupe de prisonniers sélectionnés par l’UCK aurait trouvé la mort» avant que leurs organes soient envoyés à l’étranger par un réseau du crime organisé.

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Sévère. Le rapport s’étend longuement sur les enlèvements de Serbes et d’Albanais accusés, souvent à tort, d’avoir collaboré avec Belgrade, et qui ont été détenus et torturés en Albanie où certains ont trouvé la mort. Un premier procès sur ces crimes de guerre, instruit par la mission européenne Eulex (chargée d’enquêter sur les dossiers que la justice locale n’arrive pas à régler), doit d’ailleurs bientôt s’ouvrir au Kosovo. Tandis qu’un deuxième procès, qui porte sur un récent trafic d’organes prélevés sur des étrangers en vie venus de pays pauvres et attirés au Kosovo par de fausses promesses, est en cours à Pristina. Le rapport est aussi très sévère à l’égard des forces occidentales, dont le souci de pragmatisme lors de leur arrivée au Kosovo, en juin 1999, a «mené à une justice qu’il faut bien définir comme sélective, dont le corollaire a été, et continue à être, l’impunité de nombreux crimes dont tous les indices indiquent qu’ils ont été l’œuvre, directe ou indirecte, de hauts responsables de l’UCK».

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A Pristina, capitale du Kosovo, pouvoir et opposition ont rejeté en chœur ces accusations qui interviennent alors qu’aucun débat public n’a encore eu lieu sur les sombres agissements des années de guerre et d’immédiat après-guerre. La porte-parole de Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne, a de son côté invité Dick Marty à présenter ses preuves à l’Eulex. L’affaire pourrait rebondir jusqu’à Paris, étant donné que ces crimes se sont produits en partie à l’époque où le représentant de la communauté internationale s’appelait Bernard Kouchner.

http://www.liberation.fr/planete/2010/12/16/trafic-d-organes-a-la-tete-du-kosovo_701076

 

jeudi 15 mars 2018

À Mayotte, l’éternel débat sur le droit du sol

Le gouvernement réfléchit à la possibilité de donner à la maternité de Mamoudzou un statut extraterritorial, pour limiter la possibilité de devenir français en naissant dans le département d’outre-mer

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Alors que Mayotte est agitée depuis trois semaines par un mouvement social pour protester contre l’insécurité, sa maternité se trouve au centre des débats. La saturation de ce service de l’hôpital de Mamoudzou, qui a enregistré 9674 naissances en 2017, illustre en effet à la fois très forte pression démographique subie par l’île et l’importance de l’immigration dans ce département d’outre-mer.

Une partie de la population et des élus locaux dénoncent régulièrement la présence au centre hospitalier de très nombreuses femmes originaires des Comores voisines, qui viennent y accoucher. Cette situation aboutit, selon eux, au fait que le système hospitalier est débordé. Par ailleurs, aux yeux de bien des Mahorais, ces mères sont attirées par l’espoir de donner à leurs enfants la possibilité d’acquérir la nationalité française, au nom du droit du sol.

Le gouvernement « réfléchit » aux différentes possibilités

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À son tour, le premier ministre Édouard Philippe a évoqué le sujet en répondant au Sénat, jeudi 8 mars, à une question du sénateur LREM de Mayotte Thani Mohamed Soilihi. « Est-ce qu’on s’autorise à travailler sur un nouveau statut de cette maternité ? Est-ce qu’on réfléchit aux transformations qu’il faudrait apporter en matière de droit et d’accès la nationalité à cet endroit ? Je mets tout sur la table », a-t-il déclaré.

Vendredi 9 mars, la ministre des outre-mer Annick Girardin a précisé que le gouvernement réfléchit à l’idée d’un « hôpital extraterritorial, pas que pour Mayotte, aussi pour la Guyane ». Il s’agirait d’un « hôpital où quand on y naît, on est ensuite déclaré (pour l’état civil) soit côté français, soit côté Comores, soit côté Madagascar ». « C’est une réflexion que nous avons depuis quelques mois mais c’est un cadre juridique très particulier », a-t-elle poursuivi.

Une « absurdité juridique »

Un service public doté de l’extraterritorialité dans un département français ? « Cela ne me paraît pas faisable, il y a quand même de fortes chances que cela soit jugé inconstitutionnel, commente Serge Slama, professeur de droit public à Grenoble. On ne peut pas déclarer une partie du territoire comme ne faisant plus partie de la République. »

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Ce n’est en tout cas pas la première fois que cette piste est mise « sur la table ». Elle avait été par exemple discutée en 2010 à l’occasion des débats à propos de la loi Besson sur l’immigration. Pour Serge Slama, en plus d’être « une absurdité juridique », cette « fausse bonne solution est aussi une aberration humaine ». « Si cela se faisait, on ferait prendre de risques sanitaires à des femmes qui iraient accoucher en dehors de la maternité », ajoute-t-il.

Laurent Wauquiez veut remettre en cause le droit du sol

La possibilité de modifier les conditions d’accès à la nationalité française à Mayotte est un serpent de mer, que Laurent Wauquiez, l’actuel président des Républicains, vient de réveiller lors de sa visite sur place. « Quand un enfant naît ici de deux parents clandestins, il ne doit pas pouvoir être français », a-t-il lancé.

François Baroin avait déjà avancé cette idée en 2005, quand il était chargé de l’outre-mer dans le gouvernement. Un de ses successeurs à ce poste, Christian Estrosi, avait fait de même en 2008. Mais ce qui paraissait éventuellement envisageable d’un point de vue juridique quand Mayotte était une simple collectivité est aujourd’hui exclu pour un territoire devenu un département en 2011. À moins de modifier la Constitution.

Le droit du sol n’est pas absolu

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Certes, son article 73 prévoit que les lois applicables dans les départements et régions d’outre-mer peuvent faire l’objet « d’adaptations tenant aux caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités ». Mais la Constitution « ne paraît pas autoriser, en l’état, la mise en place de règles dérogatoires en matière de droit de la nationalité », avait déjà conclu en 2006 une commission d’enquête du Sénat.

Au passage, les parlementaires avaient rappelé un autre principe de droit : contrairement à ce qui est souvent énoncé, le droit du sol n’est pas absolu en France et le simple fait de naître dans la maternité de Mayotte ne suffit pas à faire d’un nouveau-né un « petit Français ». Un enfant mineur né en France de parents étrangers peut réclamer la nationalité française seulement à partir de treize ans et à la condition qu’il y ait eu sa résidence habituelle pendant cinq ans, à partir de l’âge de huit ans.

https://www.la-croix.com/France/Immigration/A-Mayotte-leternel-debat-droit-sol-2018-03-10-1200919700?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20180312&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=952976&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018

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mercredi 14 mars 2018

La Russie met en garde Washington : elle ripostera en cas de frappes sur Damas

Moscou a prévenu que des frappes sur des positions de ses soldats en Syrie occasionneraient une riposte. Le Kremlin soutient qu'une attaque sous faux drapeau est en préparation dans la Ghouta et pourrait servir de prétexte à Washington.

ACT RUSSIE US RIPOSTE

C'est un message en forme d'avertissement qu'a fait passer le ministère russe de la Défense ce 13 mars : le chef d'état-major Valery Guérassimov a soutenu dans une déclaration sans équivoque que Moscou était prêt à riposter si la vie de soldats russes était menacée par des frappes sur Damas.

«Il y a beaucoup de conseillers russes, de représentants du Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie et de militaires [russes] à Damas et dans les installations de défense syriennes», a-t-il ainsi rappelé, avant de marteler que les forces armées russes n'hésiteraient pas à répondre en cas d'attaque.

Moscou met en garde contre un projet d'attaque sous faux drapeau

Car le ministère de la Défense russe s'inquiète du scénario qui serait en train de se dessiner dans la Ghouta orientale, où Damas mène une opération contre les groupes djihadistes. Valery Guérassimov a en effet affirmé disposer d'informations selon lesquelles les djihadistes prépareraient une attaque chimique pour ensuite en attribuer la responsabilité au gouvernement syrien.

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Le chef d'état-major a estimé : «Après la provocation, les Etats-Unis envisagent d'accuser les forces du gouvernement syrien d'avoir utilisé des armes chimiques.» Selon Valery Guérassimov, cela permettrait de «présenter à la communauté internationale la prétendue "preuve" de l'apparent meurtre de masse de civils aux mains du gouvernement syrien et avec le soutien, [de] la direction russe».

Valery Guérassimov a estimé qu'une telle opération des rebelles pourrait amener Washington à mener des frappes sur la capitale syrienne, contrôlée par le gouvernement.

Le 12 mars, la représentante permanente des Etats-Unis auprès des Nations unies, Nikki Haley, avait averti les 14 autres membres du Conseil de sécurité que les Etats-Unis «restaient prêts à agir» unilatéralement sur le dossier syrien si la voie onusienne s'avérait insuffisante. Et la diplomate de rappeler à cette occasion que, lorsque l'ONU avait «échoué à agir» après l'attaque chimique de Khan Cheikhoun en avril dernier, Washington n'avait pas hésité à frapper la base militaire syrienne d'al-Chaayrate. Une riposte qui avait eu lieu deux jours plus tard, sans attendre qu'une enquête soit menée, et alors que Damas a toujours nié être à l'origine de cette attaque.

Un rapport de l'ONU avait ensuite, en novembre, accusé Damas d'être responsable de cette attaque. Moscou avait estimé que, en plus d'être de «qualité médiocre», ce rapport était truffé «de lacunes, d'incohérences et de contradictions».

https://francais.rt.com/international/48667-syrie-russie-previent-washington-quelle-ripostera-frappes-damas

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La représentante des Etats- Unis qui se vante de piétiner le droit international, pas de quoi émouvoir nos médias qui s'apprêtent à relayer le scénario habituel sur le "régime" qui a franchi la "ligne rouge", vous pariez combien?   P.G.

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