jeudi 19 octobre 2017

Sept idées fausses sur les médias

Les gardiens de nos médias CAC 40 ont une rhétorique bien rodée pour se garder de toute critique, et continuer à passer pour des héros des libertés publiques tout en oeuvrant à verrouiller le système d’information français. Demi-vérités, mythes éculés ou mensonges éhontés, certains de leurs arguments s’avèrent hélas encore très efficaces auprès du public. Voici comment s’armer intellectuellement contre ces pseudo-évidences en sept leçons.

ARG LIBERTE PRESSELes journalistes ont-ils trahi, au sens où Julien Benda pu parler en son temps d’une trahison des clercs ? On pourrait le penser, à voir avec quelle ardeur certains d’entre eux défendent les pouvoirs en place, mordent les mollets des quelques réfractaires, et se satisfont globalement d’un fonctionnement où leurs seuls interstices de liberté sont pourtant condamnés à demeurer sans vraie portée. L’idée de trahison est toutefois peu adaptée, la plupart des journalistes n’ayant pas une claire conscience de l’idéal professionnel qu’ils sacrifient en se faisant les défenseurs d’un système des médias devenu profondément vicieux dans son fonctionnement, et dangereux dans ses implications démocratiques. La plupart n’agissent pas avec l’intention de nuire. Eux-mêmes sont en effet devenus, via l’instruction reçue dans les écoles de journalisme, ou la formation sur le tas dans les open spaces des rédactions contemporaines, le produit d’une vision javélisée de ce métier qui ne leur permet plus d’accéder au sens que celui-ci pouvait avoir, lorsque la grande presse d’opinion existait encore. Accompagnateurs enthousiastes de la ruine de leur profession, beaucoup de journalistes ont l’impression sincère de défendre un système actionnarial certes pas parfait, mais suffisamment bon, au sens où la psychanalyste Mélanie Klein, parlait de soins maternels suffisamment bons pour ne pas trop amocher un psychisme. Lorsqu’ils interviennent dans l’espace public pour patrouiller en faveur de leurs actionnaires, qualifier de complotistes les détracteurs d’un système d’information gardienné dans sa quasi-totalité par les entreprises du CAC 40, et certifier la liberté d’expression dont ils jouissent, certains d’entre eux ont même réellement le sentiment de s’inscrire dans un glorieux combat historique en faveur de la vérité des faits. Si on les attaque, n’est-ce pas d’ailleurs le signe qu’ils gênent ? Si on les malmène dans les meetings, si on les insulte sur les réseaux, n’est-ce pas la preuve qu’ils ont mis leurs pas dans les traces des deux Albert, Londres et Camus ?

A cela, ajoutons que l’idée de traîtrise ne convient pas davantage à la sociologie nouvelle de ce métier, aux nouvelles lignes de front que celle-ci commence malgré tout à esquisser, et aux espoirs qui peuvent tout de même en naître. Plutôt que des Judas, beaucoup de journalistes sont en effet désormais des estropiés de ce système. Si on laisse de côté la fine pellicule des éditorialistes surpayés et fanatiquement dévoués à la perpétuation de ce dernier, la précarisation galopante de la profession est désormais une réalité. Il s’agit désormais d’un milieu où, pour parler crûment, on peut obtenir la sacro-sainte « carte de presse », et donc être déclaré journaliste professionnel, pour un revenu mensuel correspondant à la moitié d’un Smic. Lorsque l’on sait que, malgré cela, le nombre de cartes de presse a pour la première fois reculé en France depuis 2015, cela en dit long sur la réalité salariale d’un métier que la destruction en cours du code du travail va bien sûr encore considérablement contribuer à dégrader. Ainsi beaucoup de journalistes sont-ils en train de changer de classe, c’est un fait. Seulement voilà, même chez ces gens-là, et à cet égard la puissance de l’idéologie ne laisse pas d’impressionner, vous en trouverez encore très peu à cette heure pour remettre en question le système général de possession des médias pourtant en grande partie responsable de leur situation. Ou pour quitter le domaine de la plainte purement locale, et réclamer autre chose que des « chartes éthiques », c’est-à-dire de bonnes paroles de leurs actionnaires, des promesses vertueuses de non-intervention, et autres airs de flûte grandioses qui n’engagent que ceux qui les écoutent.

Autant de raisons pour lesquelles, aujourd’hui, il est plus que jamais important d’identifier les différentes idées fausses qui empêchent le public de prendre conscience de la nécessité de s’emparer de la question des médias, et d’en faire une question politique prioritaire. Ces verrous-là, je viens de le dire, ils sont souvent entretenus par les journalistes eux-mêmes. Parfois ce sont de pseudo-évidences en réalité erronées, parfois des mensonges éhontés, parfois des mythes consolateurs pour la profession, mais tous ont en tout cas un très fort pouvoir de neutralisation, et entretiennent le public dans l’idée que finalement, il y a quelques brebis galeuses dans ce métier, mais que globalement tout ne va pas si mal, que tout pourrait même être pire, et surtout que l’on ne voit pas comment cela pourrait aller beaucoup mieux. J’en ai listé sept au total. Il est absolument indispensable d’avoir ces sept idées trompeuses en tête, et de s’armer intellectuellement face à elles. Car désormais, c’est bien le drame, nous ne retrouverons pas une véritable vie démocratique tant que, d’une façon ou d’une autre, la situation dans les médias n’aura pas été déverrouillée.

1/ Première idée fausse : les actionnaires de médias « n’interviennent » pas

Ils n’exigent rien des directeurs de rédaction, qu’ils ont pourtant choisis pour la plupart, parmi les plus zélés du cheptel. Ils découvrent donc dans le journal, comme n’importe quel lecteur, le travail de leurs soutiers qui, par une espèce d’harmonie préétablie leibnizienne, se trouve être à l’unisson de leur vision du monde. Ainsi les actionnaires de médias, Bernard Arnault, Xavier Niel, Patrick Drahi et les autres, seraient donc les seuls actionnaires, tout secteur confondu, à n’attendre aucun retour sur investissement d’aucune nature, et ce en dépit d’injections substantielles de fonds dans une activité notoirement déficitaire.

Alors évidemment, c’est une insulte à l’intelligence des gens. Mais c’est pourtant un discours couramment tenu, et pas seulement par les managers de ces groupes, par les journalistes eux-mêmes, dont certains ferraillent dur sur les réseaux sociaux pour défendre l’incorruptibilité de leurs patrons. Ainsi, pour ne prendre que des exemples récents, on a pu entendre le directeur général de BFM TV expliquer dans une récente édition de « Complément d’enquête » sur France 2 qu’il avait rencontré une seule fois Patrick Drahi dans sa vie. Etait-ce vraiment la question ? Ou encore, on a pu voir le responsable du Decodex au journal « le Monde », sorte d’index Vatican mis au point par un organe de presse privé pour trier les sites fréquentables des poubelles de l’information, expliquer que les actionnaires ne les appelaient pas, je cite, avant la parution des papiers, affirmation à la fois peu contestable et puissamment comique. Mais l’on a pu aussi voir le même personnage batailler inlassablement sur les réseaux pour se porter garant du fait qu’aucun de ses patrons n’avaient jamais soutenu publiquement la candidature de Jupiter redux Macron (ce qui est factuellement faux), et que des chartes d’indépendance intraitables leur servaient en tout état de cause de ceinture de chasteté éditoriale (ce qui est simplement ridicule). Il semblerait en tout cas que cela suffise à rassurer pleinement ledit responsable du Décodex quant à la marche vertueuse du système, ce qui au minimum ne témoigne pas d’une grande curiosité de la part d’un « décodeur » professionnel.

L’actuel directeur de la rédaction de ce même quotidien, « Le Monde », a aussi pu, dans un éditorial publié à l’occasion de la mort d’un de ses actionnaires, Pierre Bergé, assimiler les gens qui prêtaient la moindre influence sur la ligne aux actionnaires à des « complotistes ». Face à ce verrou-là, les gardiens des médias ne prennent même pas la peine de répondre par des arguments. Ils se bornent à discréditer les personnes, voire à les psychiatriser. Car qu’est-ce qu’un complotiste sinon un paranoïaque et un malade mental à la fin des fins ? On voit en tout cas à quel point il est important pour le système de neutraliser tout individu cherchant à révéler au public le poids que pèsent les actionnaires de médias sur la vie d’un journal, et le genre de catastrophe démocratique qu’ils peuvent organiser à l’échelle d’un pays quand leurs vues convergent, c’est-à-dire très souvent, notamment quand le coût du travail est en jeu. Il est pourtant assez évident que dans une société démocratique, où le suffrage universel existe encore, et cela même s’il est en passe de devenir une farce organisant l’impuissance collective, le contrôle capitalistique des médias est une question politique cruciale. Il est évident que ce constat-là n’a rien à voir avec un propos conspirationniste, et que prêter des arrière-pensées aux géants des télécoms quand ils investissent dans les médias n’a rien à avoir avec le fait d’être agité par les Illuminati ou une quelconque autre société secrète horrifique du type Skulls and Bones. Celui qui ne comprend pas cela, le responsable du Decodex par exemple, est-il équipé dans ces conditions pour décoder quoi que ce soit au champ de pouvoir capitalistique extraordinairement violent dans lequel il se meut semble-t-il en toute inconscience? On peut au moins se poser la question.

Tout cela est d’autant plus inquiétant à observer que ce qui se passe chez nous aujourd’hui s’est produit il y a exactement vingt ans aux Etats-Unis avec des conséquences dramatiques quant à l’indépendance de la presse et à la persistance même de l’existence d’un espace public. L’ex-rédacteur en chef du « Chicago Tribune », James Squires, un ancien Prix Pulitzer qui rompit avec le système et en fit un livre (1), soutenait ainsi en 1993, que la prise de contrôle intégrale des médias par les grandes compagnies états-uniennes avait entraîné la « mort du journalisme », je cite ses mots. En deux décennies, ainsi qu’il l’établissait, la mainmise de la « culture Wall Street » sur les médias, soit l’équivalent de notre presse CAC 40, avait réussi à détruire entièrement les pratiques et l’éthique de ce métier, réduisant les responsables de journaux à être des cost killers plutôt que des intellectuels, des managers plutôt que des artisans de l’intelligence collective. James Squires, un autre indécrottable paranoïaque sans doute.

Je citerai pour finir sur ce point Robert McChesney, autre spécialiste de ces questions aux Etats-Unis, notamment auteur d’un texte aussi alarmant qu’important paru en 1997, qui s’intitulait « Les géants des médias, une menace pour la démocratie ». McChesney y énonçait la chose suivante, dont on aimerait qu’elle devienne un jour une évidence, au moins pour les gens de bonne volonté: « L’idée que le journalisme puisse en toute impunité présenter régulièrement un produit contraire aux intérêts primordiaux des propriétaires des médias et des annonceurs est dénuée de tout fondement. Elle est absurde ».

2/ Deuxième idée fausse : on ne peut pas se passer de ces grands capitaux privés

Ils ont même sauvé la presse, entend-on ad nauseam, dans la bouche des factoctums qui sont leurs relais dans les médias. Seule l’injection massive de capitaux qu’ils ont pratiquée était en mesure de venir à bout des gouffres financiers créés par le journalisme, corporation inefficace et passéiste. Dans le même ordre d’idées, on vous dira que ça se passe pareil à l’étranger. Regardez les Etats-Unis, voyez Jeff Bezos qui a racheté le Washington Post, impossible de ne pas en passer par là, on vous le dit. Or tout cela est en réalité inexact. Et l’on oublie aussi soigneusement au passage de rappeler que ledit patron d’Amazon a commencé à s’intéresser au vénérable Post quand il s’est trouvé dans le viseur de l’administration fédérale, autant pour sa sale manie de contourner l’impôt, qu’en raison des pratiques monopolistiques de sa compagnie.

L’irruption d’Internet, de Google et autres Gafas, a bien sûr changé les équilibres financiers de la presse, c’est une évidence. Mais elle n’a pas créé les problèmes financiers de la presse. Il faut en avoir conscience, le financement a toujours été un problème pour cette dernière : le web n’a rien introduit de nouveau sur ce point, contrairement à ce qu’on tente de faire croire au public pour justifier l’injustifiable, à savoir le contrôle intégral de l’espace public par de grands conglomérats. Ainsi « l’Humanité » fondée en 1904 avait déjà des problèmes d’argent, et plus tard, aux lendemains de la guerre, « Le Monde » et « Combat » connurent eux aussi régulièrement de très mauvaises passes financières. Leurs fondateurs allèrent-ils pour autant se jeter aux pieds des grands industriels, tendirent-ils la sébile auprès de banquiers d’affaires déjà à l’affût de leur dépouille ? Evidemment non, je les citerai sur ce point. Jaurès au sujet de « l’Humanité » : « Toute notre tentative serait vaine si l’entière indépendance du journal n’était pas assurée et s’il pouvait être livré, par des difficultés financières à des influences occultes ». Notons au passage que celui-ci, pour qualifier les intérêts industriels pesant sur la presse parlait « d’influences occultes ». Sans doute Jaurès était-il la proie de tentations complotistes, écrirait aujourd’hui le directeur du Monde. Mais l’on pourrait aussi citer Hubert Beuve-Méry, exactement dans la même veine, cinquante ans plus tard: « Bien que les journaux ne soient pas toujours prospères, tant s’en faut, l’argent sous une forme ou sous une autre, ne cesse d’affluer. Comment expliquer que tant de gens aient tant d’argent à perdre, et d’où peut donc provenir cet argent ? ». On sent également derrière cette dernière formule interrogative une forte pente au complotisme le plus débridé, soupçonneraient aujourd’hui les nouveaux responsables de son propre journal.

Ainsi, si les géants des télécoms, Xavier Niel et Patrick Drahi, ont désormais élu pour terrain de jeu les médias depuis les années 2010, ce n’est pas parce qu’eux seuls étaient en état de supporter les coûts soi-disant astronomiques de la presse. C’est parce qu’ils y avaient un intérêt stratégique majeur, et que, avec la complicité du pouvoir politique, et à la faveur d’un affaiblissement de la culture démocratique chez les journalistes autant que chez les citoyens, ils ont commis un véritable raid sur la circulation des opinions dans notre pays. Là encore, tournons nos regards vers les Etats-Unis, où les géants des télécoms comptent également parmi les groupes de pression les plus redoutés et les plus influents de tous ceux qui cherchent à avoir les faveurs du Capitole. Une fois encore, je le répète, nous vivons avec vingt ans de retard le désastre du journalisme américain, et nous en franchissons patiemment toutes les étapes, commettant les mêmes erreurs.

Dernière remarque sur cette affaire de financement. Pour ce qui est de la faisabilité de lancer un titre sans ces magnats des télécoms, du béton ou de la banque d’affaires, nul besoin d’épiloguer davantage. Après tout, la création d’entreprises de presse en ligne comme Mediapart, devenu en moins de dix ans l’une des plus lucratives et actives rédactions du pays, est de facto une preuve que le désir des lecteurs peut suffire à faire vivre un titre, même si cela ne va pas sans épreuves. La liberté ne va jamais recréer sans ses propres servitudes.

3/ Troisième idée fausse : critiquer les médias c’est attaquer les personnes

On connaît cette forme de chantage grossier, hélas très commun, j’en rappellerai la teneur. Dès que les médias se voient mis en cause, ils brandissent le rayon paralysant: les journalistes font de leur mieux, certains travaillent très bien, avec les meilleures intentions du monde, si vous persistez à dénoncer agressivement le système de financement des médias, vous aurez des journalistes agressés sur la conscience demain. Variante de l’argument : critiquer les médias, c’est déjà avoir un pied dans le fascisme ou le bolivarisme – vice politique presque plus grave encore.

Ce chantage est inacceptable pour plusieurs raisons.

D’abord, il est pernicieux de faire reposer sur des individus, leur résistance et leur intégrité isolées, le devoir de contrebalancer la puissance de groupes entiers. Quand le CAC 40 a fait main basse sur les médias, quand toutes les chaînes d’informations en continu pesant de tout leur poids sur une présidentielle sont entre les mains d’un Drahi et d’un Bolloré, on ne peut pas se contenter de dire : il y a des petites mains qui travaillent très bien dans leur coin, certains journalistes ont une vraie éthique, il n’y a pas que des idiots utiles ou des vendus. Nul n’en doute à vrai dire, mais ce n’est pas la question. On ne peut pas tabler sur l’héroïsme ordinaire d’un salarié, si tant est qu’il soit praticable, pour aller à l’encontre de l’orientation politique générale de ses employeurs, supérieurs hiérarchiques et autres bailleurs de fond. D’autant moins que les réductions d’effectifs drastiques dans la presse, en dégradant le marché de l’emploi pour les journalistes, ont totalement déséquilibré le rapport de force avec les directions. Là encore, comme aux Etats-Unis dans les années 90, l’autonomie de la profession est en passe d’être détruite par le chantage à l’emploi.

C’est donc au niveau systémique qu’il faut agir, les individus ne peuvent rien seuls contre des forces aussi écrasantes. Une poignée de journalistes, même de valeur, est nécessairement impuissante face à la marée montante de leurs confrères qui, eux, acceptent les règles du jeu, et produisent un journalisme insipide défendant les intérêts de l’oligarchie. Tout au plus cette petite poignée de gens à la sensibilité politique différente peut-elle ponctuellement servir d’alibi, mais elle est en réalité toujours maintenue dans la position du minoritaire. Or, par définition, un alibi ne débloque jamais le système. Tout au contraire, il sert de force d’ajustement pour empêcher que le système ne soit un jour débloqué.

Ensuite, ce sont précisément dans les pays où l’on a laissé la culture démocratique se dégrader constamment, que les journalistes se voient aujourd’hui emprisonnés, comme en Turquie, victimes « d’agressions de rue », comme on dit pudiquement en Russie, voire d’assassinats. C’est justement dans les pays où le despotisme de l’argent et de l’Etat a à ce point gagné la bataille qu’il n’a plus rien à redouter de la justice, que ces choses-là arrivent. A l’inverse de ce qu’on nous raconte pour dissuader toute critique, c’est donc précisément afin de garantir à l’avenir la sécurité des personnes qu’il faut se battre aujourd’hui pour sauver l’indépendance des médias.

 4/ Quatrième idée fausse : la diversité existe, « les médias » ça n’existe pas

Combien de personnes pour vous dire hardiment, et parfois même de bonne foi : on peut tout de même choisir entre « le Figaro », « les Echos » ou « Libération », et leurs lignes ne sont pas les mêmes, voyons ! Ou encore : « Moi je pioche ici et là, je fais mon marché à différentes sources, je suis informé de manière tout à fait pluraliste ». Les mêmes vous diront généralement qu’ils le sont au demeurant gratuitement. Et les journalistes d’abonder : « les médias » en soi ça n’existe pas, entre autres bla-blas. Evidemment c’est illusoire là encore. Il y a même ici plusieurs erreurs encastrées l’une dans l’autre à vrai dire.

Première remarque à ce sujet : si vous ne payez pas, c’est que quelqu’un d’autre, quelque part, paye à votre place pour que vous ayez ce que vous lisez sous le nez, et il s’agit généralement d’annonceurs. Or les annonceurs ont tendanciellement les mêmes intérêts politico-oligarchiques que les actionnaires des médias. Donc il se trouve qu’en vous informant uniquement à l’oeil, non seulement vous détruisez les chances de survie d’un journalisme de qualité, mais en plus vous contribuez à renforcer l’homogénéité idéologique de l’information produite.

Plus généralement, lorsque les médias appartiennent à des groupes d’affaires, il existe toutes sortes de sujets sur lesquels leur communauté de vue est totale. Sur la loi Travail XXL par exemple, vous n’aurez pas de vision différente si vous lisez les « Echos » de Bernard Arnault, ou « le Figaro » de Serge Dassault, ou « L’Obs » de Monsieur Niel, ou « le Point » de Monsieur Pinault, hebdomadaire de la droite libérale dont l’un des éditoriaux de rentrée commençait par la phrase suivante : « Emmanuel Macron est notre dernier espoir ». Tous propagent comme par enchantement les mêmes idées quand la restriction du droit des salariés et le montant des dividendes actionnarial est en jeu. L’existence même d’un phénomène politique comme Emmanuel Macron, véritable media darling de toute cette presse CAC 40 pendant la présidentielle, prouve que ce qu’on appelle la « diversité » idéologique de ces titres est bidon. La possibilité même de quelque chose comme le macronisme a révélé la vérité définitive sur cette affaire : la droite LR et la gauche PS étaient en réalité deux factions d’un même « parti des affaires » qui vient officiellement de se réunifier.

On pourrait bien sûr citer d’autres exemples que celui de la réforme du code du travail pour illustrer le fait que, via leurs médias, les milieux d’affaires réussissent à vitrifier l’opinion publique sur certains sujets cruciaux lorsqu’ils le veulent. Ainsi en France après 2005, on a assisté à une neutralisation complète de la question européenne après le référendum, où le peuple s’était pourtant prononcé clairement. L’euroscepticisme, invariablement criminalisé dans l’ensemble des médias, a rendu cette discussion entièrement « taboue » dans le débat public, au mépris de la démocratie la plus élémentaire. C’est la raison pour laquelle lorsque, participant à certains plateaux de télévision, vous entendez des journalistes entièrement ventriloqués par ces mêmes milieux CAC 40, aller jusqu’à remettre en question l’idée d’un « système » médiatique, et qualifier bien sûr au passage cette représentation de « complotiste », il y a là de quoi rire longtemps, et même très longtemps.

Autre argument fréquemment entendu pour ménager l’idée de pluralité et démentir le fait que les journalistes pencheraient systématiquement du côté de la ligne néolibérale de leurs actionnaires… L’idée selon laquelle les journalistes seraient plutôt spontanément rebelles à l’ordre établi. L’idée selon laquelle les journalistes auraient des affinités électives « de gauche », et seraient notoirement « liberals » comme on dit aux Etats-Unis. Ce point est important, car il constitue également un verrou très puissant du système. La perversité de la chose c’est bien sûr de faire mine de confondre les opinions sociétalement de gauche, mollement pro-migrants, favorables aux libertés publiques, ou encore gay friendly, et les opinions politiquement de gauche, anticapitalistes, « radicals » comme on dit aux Etats-Unis.

Les premières ne gênent en rien l’actionnariat, qui aura plutôt tendance à les encourager. Cette comédie du journalisme spontanément « de gauche » est même nécessaire à la bonne marche du système. Elle fournit en effet, je citerai une fois encore Robert McChesney sur ce point, l’apparente « preuve de l’existence d’une opposition loyale ». L’illusion qu’il existe encore un journalisme combatif, animé par de puissantes valeurs démocratiques. Ainsi a-t-on pu voir au cours de l’été 2017 pas moins de 20 sociétés des rédacteurs, parmi lesquelles les plus macroniennes d’entre toutes, s’assembler bruyamment pour se plaindre du fait que l’Elysée entendait désormais choisir les reporters embedded avec le Président Macron. Quels maquisards ! Quelle prise de risque ! Il fallait certes le faire, marquer le coup, mais typiquement c’est le genre de posture qui non seulement ne nuit en rien au système général, mais induit à tort l’idée que les journalistes restent des vigies de la démocratie. Je laisserai chacun juge de la réalité sur ce point.

Dans le même esprit qui prête aux journalistes des médias mainstream une vision culturellement « de gauche » sur le plan des libertés publiques, vous trouverez bien sûr aussi toute la droite dure, leurs trolls et leurs pantins médiatiques, qui voient derrière chaque journaliste, homme ou femme, une « gauchiasse » ou une « journalope », oeuvrant dans les « merdias » contre les intérêts supérieurs de la nation. Chacun a déjà croisé ce vocabulaire délicieux sur les réseaux sociaux. Evidemment, il s’agit là encore d’un leurre complet. Dans cette affaire, la droite extrême joue ni plus ni moins que le rôle « d’idiote utile » du milieu des affaires. Ainsi les Zemmour, Finkielkraut ou les Elisabeth Lévy vous expliqueront que tous les journalistes sont de gauche. Ce n’est même pas un mensonge dans leur bouche. C’est une croyance qu’ils ont. Une persistance rétinienne, résistant à toute expérience. Il est vrai que, vu du Sirius réactionnaire, toute personne qui ne milite pas pour jeter les Arabes à la mer est à mettre dans la catégorie « gauchiasse ». De Jean-Luc Mélenchon à Pierre Arditi en passant par Harlem Désir, le monde est ainsi peuplé de « gauchiasses ». Sauf qu’il est bien évidemment grotesque de soutenir en 2017 que la population journalistique penche massivement à gauche.

Bien au contraire, on ne compte quasiment plus aucun journaliste « radical » au sens américain dans ce pays. Ils ont tous été éliminés, placardisés, et l’on trouve même toutes sortes de tricoteuses sur les réseaux sociaux pour trouver ça parfaitement normal puisque ce sont, je cite, des « extrémistes ». Cette affaire de journalistes aux humeurs spontanément « de gauche » est donc une commode imposture, qui arrange en réalité beaucoup de monde. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si beaucoup de salariés de la presse la plus néolibérale exhibent fièrement ces insultes comme une légion d’honneur sur les réseaux sociaux – retweetant même frénétiquement la moindre injure à eux adressée par le plus insignifiant troll lepéniste. Cette comédie flatte leur amour-propre et, au passage, protège leurs actionnaires.

5/ Cinquième idée fausse : les journalistes doivent être neutres

C’est le premier commandement enseigné dans les écoles de journalisme. Au harem des idées, le journaliste est nécessairement cantonné dans le rôle de l’eunuque. Il doit rester neutre. Sinon c’est un militant, et ce n’est pas bon pour son avancement, pas du tout même. Militant, ça sent le couteau entre les dents, l’intransigeance, voire l’agenda secret. Si le journaliste a des combats, ça ne peut donc être soit que de grandes généralités concernant les libertés publiques, qui souvent hélas ne mangent pas de pain, soit le fact checking compulsif qui tient trop souvent lieu de seule colonne vertébrale aujourd’hui à la profession, de « Décodeurs » en « Désintox ». Entre les deux, on observe un véritable trou noir des combats admissibles. Alors ce point-là est évidemment très important. Et mon propos ne sera pas en la matière de renvoyer chacun à « sa » vérité, ou à sa commune absence d’objectivité. D’abord parce que la vérité est une, factuellement parlant, il faut tout de même partir de là. Ensuite parce que c’est un très mauvais angle d’attaque sur cette question. Ce dont il faut se convaincre, au contraire, c’est que l’on peut à la fois respecter scrupuleusement les faits et avoir des combats véritables. On met dans la tête du public et des journalistes en formation que c’est inconciliable, qu’engagement et scrupule factuel sont incompatibles. Mais ce puissant verrou mental-là, il faut le faire sauter d’urgence justement. Seule notre presse contemporaine, revenue peu à peu dans le poing du capital depuis la Libération, tend à rendre ces deux choses inconciliables.

J’en appellerai à nouveau sur ce point au Jaurès de « l’Humanité ». Ce qui frappe en relisant son premier éditorial, c’est de quelle façon sa très haute conception du journalisme nouait le souci de l’exactitude factuelle à la radicalité de l’engagement, sans que les deux choses apparaissent nullement comme contradictoires. Extrait : « La grande cause socialiste et prolétarienne n’a besoin ni du mensonge, ni du demi-mensonge, ni des informations tendancieuses, ni des nouvelles forcées ou tronquées, ni des procédés obliques ou calomnieux. Elle n’a besoin ni qu’on diminue et rabaisse injustement les adversaires, ni qu’on mutile les faits. Il n’y a que les classes en décadence qui ont peur de toute la vérité. » Il n’y a que les classes en décadence en effet qui diabolisent les adversaires, qui trafiquent la vérité continûment sous couvert de chasse aux fake news, qui parlent Venezuela quand on leur parle droit du travail. Ce texte d’il y a plus de cent ans devrait être une source d’inspiration constante, aux antipodes de l’idéologie journalistique contemporaine qui revendique à l’inverse une neutralité absolue, une absence totale d’engagement partisan. La chose dissimulant au demeurant le plus souvent la mise en place d’un contrôle politique violent.

Je terminerai sur ce point en rappelant que cette idéologie de la neutralité a une histoire qui est consubstantielle à celle de la presse sous perfusion capitalistique. Aux Etats-Unis, elle naît avec les écoles de journalisme, et cela dès les années 1920. Le journaliste professionnel diplômé est censé acquérir un système parfaitement « neutre » de valeurs – mais évidemment, la grande maestria de ces écoles, c’est d’arriver à faire passer les médias « capitalistes friendly » pour la seule source objective, et de leur fournir au passage les petits soldats adéquats à cette tâche. Il faut observer que ce journalisme-là a pleinement et activement contribué à la dépolitisation entière de la société américaine. Lorsque vous videz de tout contenu politique un journal télévisé, par exemple, vous le rendez ennuyeux et indéchiffrable, simple litanie d’anecdotes sans intérêt ni sens quelconque.

Notons aussi, pour finir, qu’en période de mobilisation guerrière aux Etats-Unis, prenons par exemple le cas de la première Guerre du Golfe ou celui de l’invasion de l’Irak en 2003, on a pu voir de quel genre de respect viscéral des faits le journalisme « neutre » et strictement « objectif » était en réalité animé.

6/ Sixième idée fausse : les journaux sont par définition des forces démocratiques, à défendre quoiqu’il arrive

Sinon c’est le Venezuela où l’on ferme des médias, sinon c’est le trumpisme où un Président injurie des éditorialistes, sinon c’est le poutinisme où l’on retrouve des journalistes morts dans leur cage d’escalier. Cette vision-là d’un journalisme « rempart de la démocratie » s’avère très utile pour couvrir toutes sortes de méfaits des médias dans des pays où les journalistes ne risquent nullement leur peau. Il s’agit vraiment d’un bouclier en carton, un peu obscène même car se cacher derrière des cadavres et des héros quand on ne risque rien est d’une obscénité avérée, mais redoutablement efficace. On l’utilise beaucoup contre la « France Insoumise » en ce moment, qui se serait rendue coupable d’attaques verbales innommables contre les lanceurs d’alerte nés que sont les journalistes français. L’un des rares programmes de la présidentielle à avoir proposé une refonte démocratique ambitieuse de tout le système des médias*, plutôt que de se borner à réclamer le pansement des chartes éthiques sur la jambe de bois des médias corporate, eh bien c’est justement ce programme-là, celui de la « France Insoumise », que l’ensemble la presse perfusée au CAC 40 a présenté comme potentiellement liberticide et menaçant. Ce retournement-là, aussi stupéfiant qu’il soit, est très classique en fait, là encore l’exemple américain nous précède.

Ainsi les journaux, quoiqu’ils fassent ou disent, revendiquent le statut de remparts démocratiques. L’expérience montre pourtant, à l’inverse, qu’ils peuvent ponctuellement devenir exactement l’inverse. A savoir de véritables nuisances démocratiques. Mais là encore, le mythe perdure, le public ayant soigneusement été entretenu dans cette idée depuis de longues années. Ainsi la majorité de la population croit-elle encore en l’existence d’une « presse libre ». Elle n’est presque jamais exposée dans l’espace public à un discours qui, au-delà de quelques attaques ad hominem contre certains éditorialistes, lui montre que l’information est faussée à la source par sa mise sous tutelle financière. En contribuant à décomposer l’espace public, ces médias-là préparent pourtant le terrain à de futures violences politiques. J’achèverai ce sixième point par une remarque de Noam Chomsky qu’il ne faut jamais perdre de vue, quand on essaie de se rassurer à peu de frais sur l’innocuité de la presse : « La propagande est à la société démocratique ce que la matraque est à l’Etat totalitaire. » Lorsqu’une presse démocratique verse ouvertement dans la propagande, il n’y a donc aucune raison de ne pas en mener la critique impitoyable.

7/ Septième et dernière idée fausse : les médias ne peuvent pas grand-chose

Lorsqu’un éditocrate est totalement acculé, c’est généralement la dernière cartouche qu’il tire. Arrêtez avec « les médias » ! Les gens, on ne peut pas leur mettre n’importe quoi dans le crâne. Ils ont « leur libre arbitre » comme le disait un matin avec solennité la responsable de la revue de presse de France Inter, peu après l’élection de Macron. Là encore c’est du complotisme voyons, d’ailleurs « les médias » ça n’existe pas, et puis les médias vous le savez bien, ils sont très divers, et caetera, et caetera, et caetera. Evidemment, on reconnaîtra synthétisées ici, dans cette seule idée, toutes les idées fausses précédemment passées en revue.

Quel sens cela peut-il avoir pourtant de parler de « libre arbitre » pour des individus isolés qui subissent un tel tapis de bombes ? Où trouver les informations pour exercer son discernement quand de tels flux d’opinions vous sont infligés à de si hautes doses? Il existe certes une grande conscience chez toutes sortes de gens de la menace que fait peser sur leurs libertés un espace public dévitalisé, manœuvré en coulisses par toutes sortes de grandes fortunes du CAC 40 déguisées en philanthropes. Beaucoup plus que chez certains journalistes hélas. Mais au point où nous en sommes, cela ne suffit plus.

Abreuvés de rasades entières de mensonges, et de communication politique, les gens sont en proie à un sentiment d’immense découragement. Beaucoup retournent donc à leur « petite affaire » pour reprendre les mots de Gilles Deleuze (2), et tournent purement et simplement le dos à la politique. C’est ainsi que cinquante ans de luttes sociales peuvent se trouver arasées en un été, la machine médiatique étant là en appoint pour administrer une immense péridurale au pays, à base de boucles de langage vidées de sens, et autres héroïsation d’une fonction présidentielle en réalité dépassée. L’élection de Macron a donné le sentiment à beaucoup, en grandeur nature, de se trouver pris dans une gigantesque souricière. En amont les médias ont expliqué qu’il n’y avait d’autre choix possible que Macron, et qu’il serait antidémocratique de ne pas voter pour lui. En aval les médias ont expliqué qu’il n’y avait rien à faire contre les mesures de Macron, qu’il les avait au demeurant annoncées sans ambiguïté avant son élection, et qu’il serait donc antidémocratique de lutter contre elles. Donc oui les médias peuvent beaucoup, et même tout en réalité quand il s’agit de décourager les gens. Et oui, la presse indépendante peut un jour entièrement disparaître. Pas seulement parce qu’un Etat autoritaire fermerait les médias. Mais parce qu’une démocratie aurait laissé sa presse entièrement dévorée par les intérêts privés. Nous pouvons un jour tomber dans un coma semblable à celui des Etats-Unis. Être un journaliste ou un intellectuel de gauche là-bas ne relève même pas de l’héroïsme, plutôt de l’excentricité sans conséquence politique. Il est très difficile de ressusciter un espace intellectuel démocratique quand il a été entièrement dévasté, mieux vaut faire en sorte qu’il ne meure jamais. Il est grand temps.

Aude Lancelin | 11 octobre 2017

Ce texte est une version augmentée de l’intervention prononcée le 13 septembre 2017 au colloque « Penser l’émancipation », qui s’est tenu à l’université de Vincennes, sur le thème : « Médias, la nouvelle trahison des clercs ». Merci aux organisateurs de la revue Période.

 Notes

(1) “Read all about it ! The corporate takeover of America’s newspapers”, par James D. Squires, Random House (non traduit en français).

(2) ”L’Abécédaire”, par Gilles Deleuze et Claire Parnet, téléfilm produit par Pierre-André Boutang.

Source: https://audelancelin.com/2017/10/11/sept-idees-fausses-sur-les-medias/amp/

http://arretsurinfo.ch/sept-idees-fausses-sur-les-medias/


*"L’un des rares programmes de la présidentielle à avoir proposé une refonte démocratique ambitieuse de tout le système des médias", l'autre étant bien sûr le celui du candidat de l'Union populaire républicaine, qui, lui, contrairement à d'autres, n'a eu pratiquement aucun accès aux médias, sauf pendant la période dite d'"égalité du temps de parole", puisqu'on ne pouvait faire autrement, et ce sous forme caricaturale. Précisons que depuis l'élection, plus aucun média "CAC 40" ne lui donne la parole.

LOGO FL A5Cela étant, le prisme "de gauche radicale" de l'ensemble de l'article n'enlève rien à la force des arguments présentés ici. D'autant que l'auteur a la décence de mentionner le traitement de la question européenne, même si on aurait aimé des développements sur ledit traitement...

Nous pensons pour notre part que le traitement des questions économiques et celui de la question européenne sont consubstantiellement liés. Ce qui explique de mon point de vue pourquoi Jean- Luc Mélanchon, ou Marine Le Pen, disposent d'une tribune, quitte à être descendus en flèche, et pas François Asselineau, qui fait le lien, justement.

P.G.

mercredi 18 octobre 2017

Pénurie de beurre : les entreprises en danger

Le prix du beurre flambe à cause d’une demande plus importante dans le monde et d’une production en baisse. Cette pénurie a mis au chômage technique des salariés dans plusieurs entreprises.

ARG BEURRELes étals, les chariots, les plans de travail, vides ou presque depuis la rentrée. Alors quand la livraison de beurre arrive le travail peut enfin commencer. Cette entreprise du Cher fabrique des pâtes haut de gamme, feuilletées, sablées, brisées. À cause de cette pénurie de beurre, la majorité des 10 employés est au chômage partiel depuis deux semaines déjà. La perte est nette pour les salariés. Conséquence directe : les clients ne sont plus approvisionnés. En janvier cette boutique parisienne a vendu les 1 500 pâtes livrées par l’entreprise du Cher. Le mois dernier, elle en a reçu tout juste 500.

Des causes multiples

En cause, plusieurs facteurs. La demande internationale pour le lait explose, du coup certaines coopératives exportent et fournissent moins les entreprises françaises. En cause aussi, une moins bonne production l’an dernier, et les éleveurs sont de moins en moins nombreux. Aujourd’hui, l’entreprise de pâte feuilletée François est en danger, comme beaucoup d’autres PME en France qui ont besoin de beurre pour travailler.

http://www.francetvinfo.fr/sante/alimentation/penurie-de-beurre-les-entreprises-en-danger_2419789.html


 

Voir aussi:

Pénurie de beurre dans les épinards… L’énorme mensonge que l’on vous cache !

par Charles Sannat | 17 Oct 2017

Le prix du beurre flambe à cause d’une demande plus importante dans le monde et d’une production en baisse. Cette pénurie a mis au chômage technique des salariés dans plusieurs entreprises… Voilà ce que nous explique officiellement France Télévision dans son reportage ci-dessus.

Pourtant, à y regarder de plus près, je ne vois aucune donnée financière, je dis bien aucune qui impliquerait une pénurie de beurre.

Certes les cours du lait montent, mais ils ne sont pas plus élevés qu’il y a 3 ans, et s’il y avait véritablement pénurie de lait alors les prix monteraient beaucoup plus.

Alors question : pourquoi les rayons des supermarchés se vident-ils en beurre ?

À mon sens, les industriels préfèrent tout simplement vendre le beurre à l’étranger car cela rapporte plus.

Vous avez là sous les yeux des rayons vident faute à la “mondialisation” et à la libre circulation des produits.

Vous n’aurez plus de beurre parce qu’il est plus rentable de le vendre ailleurs. Voilà le bilan de politiques économiques absurdes menées depuis des décennies.

Mais on continuera à vous faire vomir le “protectionnisme” en hurlant au fascisme.

Voilà donc les graphiques que je voulais vous montrer et la source c’est le site Web-agri.fr ici.

Des cours du lait qui montent mais qui n’explosent pas… 

Des cours du beurre qui explosent… au niveau international !

Plus grave, ce qu’il se passe avec le beurre aujourd’hui se passera avec la viande, les volailles et tout ce qui constitue votre alimentation quotidienne, car si on laisse le marché totalement libre, y compris pour quelque chose d’aussi essentiel que l’alimentation, alors la nourriture ira forcément aux plus offrants… et vous n’aurez plus rien à manger.

Voici donc un autre signal faible mais réel de la fragilité de notre modèle et qui montre bien que nos systèmes sont au bord de la rupture.

Imaginez… Et si la famine n’était pas qu’un lointain souvenir ?

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/penurie-de-beurre-dans-les-epinards-lenorme-mensonge-que-lon-vous-cache/

mardi 17 octobre 2017

A voir cette semaine

Europe : les médias sont-ils à la hauteur ? Natacha Polony et Alexandre Devecchio

 

VID NATACHA CREL'association CRE (Critique de la Raison européenne a été créée en 2013 à Sciences Po, en réaction à la façon dont on parle de l'Union européenne dans les universités ("pensée unique"). Dans le même esprit fut créé le Comité Orwell, à destination, cette fois, du milieu médiatique.Un étudiant présente Natacha Polony comme quelque part "entre Jean- Pierre Chevènement (ou Jean- Luc Mélanchon?) et Nicolas Dupont- Aignan", ce qui fait rire la salle, le ton est donné. Alexandre Devecchio explique que ce qui l'a incité à devenir journaliste, ce n'est pas Eric Zemmour, ni même Natacha, mais Serge July dans un édito de Libération à la suite du referendum de 2005, intitulé "chef d'oeuvre masochiste", dans lequel on retrouve le trypique parfait de la "police de la pensée": extraits: "un désastre général et une épidémie de populisme", (le slogan de départ de Libé était "la cause du peuple"...), Il y avait aussi "ce sont des cris de douleur, d'angoisse, de peur, de colère que l'électorat de gauche a poussé dans les urnes" Après le populisme, la psychiatrisation.et vient ensuite la "reductio ad lepenum": la xénophopie!

La conférence fait le point, 10 ans après le referendum, sur le comportement des médias sur cette question.
Nous sommes en 2015- 2016, mais c'est toujours d'actualité.
Ajoutée le 1 avr. 2016
https://www.youtube.com/watch?v=5uyAFGGT_VI

A voir (ou à revoir) également:

Natacha Polony face à Glucksmann sur l'interview de Macron, H.Weintein, B.Cantat et l'islam 15/10

Au menu cette semaine : l'affaire Harvey Weintein aux Etats Unis, l'exposition de Bertrand Cantat en couverture des Inrocks, l'interview ce soir du Président de la République Le Grand Face à Face 15/10/2017 Ali Baddou, Natacha Polony et Raphaël Glucksmann

Ajoutée le 15 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?v=o1NMnctnxzk

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Noms des communes nouvelles : les règles à respecter

Les noms de nombreuses communes nouvelles créées entre 2015 et 2017 sont orthographiés de façon impropre. C’est le constat que l’on peut dresser précisément en analysant les 479 arrêtés parus à ce jour au Journal officiel et portant création de communes nouvelles : 168 noms sur les 479 – soit plus de 35 % – ne sont pas conformes aux règles orthographiques ou typographiques en vigueur.

ARG MAIRES INFODans l’immense majorité des cas, il s’agit du non-respect d’une règle de typographie toute simple : lorsque le nom d’une commune (ou de n’importe quelle collectivité) est composé de plusieurs mots, tous les mots doivent être unis par des traits d’union. On écrit Saint-Germain-en-Laye ou Gamaches-en-Vexin, et jamais Saint-Germain en Laye ni Gamaches en Vexin. Seule exception : les articles définis, lorsqu’ils sont placés au début du nom. On écrit Les Andelys et non Les-Andelys. En revanche quand l’article est placé à l’intérieur du nom (Ivry-la-Bataille), les traits d’union s’imposent.
Autre règle bien souvent mise à mal dans les noms de communes nouvelles : tous les mots d’un nom de lieu, à l’exception des articles placés à l’intérieur du nom ou des prépositions, doivent prendre une capitale : il faut écrire par exemple Gallargues-le-Montueux, Le Grau-du-Roi, Neuilly-sur-Seine, Vieilles-Maisons-sur-Joudry.
Or, il faut bien constater qu’un très grand nombre de communes nouvelles ne respectent pas ces règles. Si l’on peut évidemment comprendre que les élus eux-mêmes n’aient pas porté toute leur attention sur ce qui peut apparaître comme un détail, il est plus étonnant que les services des préfets, en rédigeant leurs arrêtés, et davantage encore les services du Journal officiel, aient laissé passer autant d’erreurs : traits d’union manquants, usage anarchique des majuscules, voire de véritables fautes d’orthographe – ou parfois le tout à la fois..
Ces règles ne sont pas de simples lubies de grammairiens, mais revêtent une importance réelle, comme l’explique Pierre Jaillard, président de la Commission nationale de toponymie (CNT) – une instance dépendant du Conseil national de l’information géographique chargée de veiller « à la conservation et au développement cohérent du patrimoine toponymique de la France ». « Le premier problème est d’ordre pratique, souligne Pierre Jaillard, c’est celui du traitement informatique. » Le fait que tous les noms de lieux répondent aux mêmes règles d’orthographe facilite les recherches et évite des erreurs ou des possibilités de doublon. « Mais il s’agit surtout du respect de la langue française et de la compréhension de la signification des règles ». Pourquoi, en effet, mettre un trait d’union ? « Parce que cela marque l’unité administrative de ce dont on parle », poursuit le président de la CNT : Wallis-et-Futuna est une collectivité territoriale, alors que Wallis et Futuna sont deux îles. On pourrait multiplier les exemples : saint Pierre est un personnage religieux, alors que Saint-Pierre est une commune des Alpes-de-Haute-Provence, etc. « De plus, ajoute Pierre Jaillard, il existe en linguistique un phénomène appelé « analogie », qui tend à reconstituer une homogénéité de traitement de cas similaires par la simple pression de l'usage. Ce phénomène risque fort de rétablir des graphies correctes pour les noms mal orthographiés, provoquant une multiplicité de graphies concurrentes entre elles. »
Sans compter que le non-respect de ces règles peut même conduire à des incohérences géographiques. Exemple très parlant, celui de la commune nouvelle de « Sylvains-Lès-Moulins », selon l’orthographe figurant au Journal officiel. « Lès », avec un accent grave, très courant dans les noms de commune, n’est nullement un article défini mais une préposition signifiant « près de, à côté de » : ainsi à proximité immédiate de Metz trouve-t-on les communes de Montigny-lès-Metz, Longeville-lès-Metz ou Moulins-lès-Metz. Dans le cas de « Sylvains-Lès-Moulins », l’accent est bien une erreur, puisque les moulins en question se trouvent dans la commune. Il faudrait donc écrire Sylvains-les-Moulins.
Après la première vague de création de communes nouvelles, début 2016, le président de la CNT s’était alarmé de la multiplication des erreurs et en avait alerté très officiellement la DGCL, par une lettre du 20 avril. Il y rappelait les règles et lui proposait d’appeler l’attention des préfets sur ce sujet afin « de rétablir la qualité et l’homogénéité des dénominations communales ». Et de rappeler qu’une fois officialisés les noms fautifs, il faudra un décret en Conseil d’État pour les modifier, après avis de la Commission consultative pour la révision du nom des communes… Dans son courrier, Pierre Jaillard avait également listé les 115 noms improprement orthographiés de la première vague et proposé, pour chacun, une correction.
Le moins que l’on puisse dire est que ce courrier n’a pas été suivi d’effet du côté des préfectures : si, dans la première vague, 36 % des noms étaient fautifs, les choses se sont aggravées dans la deuxième, avec plus de 40 % d’erreurs.
« Il ne s’agit nullement de faire la leçon aux maires !, précise Pierre Jaillard à Maire info, mais d’attirer leur attention sur ces erreurs et d’essayer à l’avenir de les corriger. » Par exemple, si du papier à en-tête a été imprimé avec un nom mal orthographié, rien n’empêche, lors du prochain renouvellement du stock, de corriger la faute. Pierre Jaillard indique que la Commission nationale de toponymie qu’il préside est tout à fait disponible pour donner un avis lorsqu’elle est sollicitée et « peut rendre un avis dans des délais extrêmement brefs ».

Franck Lemarc


http://www.amf.asso.fr/document/index.asp?doc_n_id=24266


 

Une autre façon de mettre fin au moins partiellement au problème: stopper le processus de disparition accélérée des communes de France, permettre aux communes qui le souhaitent de "défusionner", abroger les réformes territoriales et restaurer l'autorité de l'Etat...Mais ça, c'est le programme de l'UPR.

P.G.

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lundi 16 octobre 2017

«Vous avez compris les pauvres ?» : les opposants battent en brèche l'interview de Macron

La France insoumise, Les Patriotes ou encore Debout La France : les opposants à Emmanuel Macron* ont battu en brèche son intervention comme un seul homme, la jugeant tantôt méprisante, tantôt trop évasive sur le terrorisme ou la sécurité.

ARG MACRON INTERVIEW«Je ne sais pas si cinq ans suffiront à Macron pour tout casser. En revanche, je pense qu'après cinq mois, les Français en ont assez», a tweeté le député de La France insoumise Adrien Quatennens le soir du 15 octobre, pendant l'interview d'Emmanuel Macron lors du journal de 20h de TF1.

«Vous avez compris les pauvres ?! Vous êtes atteints de "jalousie", vous avez des "passions tristes" !», a-t-il poursuivi alors que le chef de l'Etat, se défendant d'être le «président des riches», a demandé aux Français de ne pas avoir de jalousie pour «ceux qui réussissent».

Eric Coquerel, lui aussi député insoumis, a pour sa part évoqué le manque de regrets évoqué par le chef de l'Etat concernant ses propos sur des ouvriers de GM&S venus tenter de le rencontrer, à qui il avait conseillé de «regarder pour un poste» au lieu de «foutre le bordel».

«Donc les salariés de GM&S licenciés qui réclament autre chose qu'une aumône méritaient le mépris insultant d'Emmanuel Macron», a résumé Eric Coquerel.

La présidente du Front national Marine Le Pen a pour sa part résumé sur Facebook son analyse de l'interview présidentielle, sous le titre : «Un Premier ministre déguisé en président confirme sa vision d’une France nomade».

Du côté du parti Les Patriotes, l'ex-numéro deux du FN Florian Philippot a tweeté à l'attention du président : «"Dire les choses" ne signifie pas être vulgaire et insulter à tout-va les Français.»

Il a par ailleurs estimé que le discours d'Emmanuel Macron avait été «très très léger sur le terrorisme, l’islamisme, l’insécurité, l’immigration massive».

Nicolas Dupont-Aignan, président du parti souverainiste Debout La France qui avait rallié Marine Le Pen lors de l'entre-deux-tours de la présidentielle, a pour sa part été frappé par l'ordre des questions.

«Incroyable de voir la question ô combien importante de la sécurité des Français reléguée en toute fin d’interview», a-t-il écrit sur Twitter.

Et puis il y a... les fidèles

Si le discours du chef de l'Etat a été largement battu en brèche par la classe politique, Emmanuel Macron a pu bénéficier de soutiens parmi... les membres de son propre gouvernement.

«Une parole juste, claire et franche au service d'un projet ambitieux. Fier d'œuvrer auprès d'Emmanuel Macron», s'est enthousiasmé le Premier ministre Edouard Philippe.

Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a, sans suspense, lui aussi redoublé d'éloges : «Avec conviction Emmanuel Macron montre tout ce qui a déjà été fait pour protéger les Français

Enfin, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb s'est réjoui de la prestation du chef de l'Etat : «Sans complaisance, un président déterminé à construire une société où chacun trouve sa place, dans une France en mouvement

Des positions enthousiastes qui ne convainquent visiblement pas toute la classe politique française.

https://francais.rt.com/france/44598-vous-avez-compris-pauvres-opposants-incendient-discours-macron-tf1


 

Un non- évènement suivi de commentaires convenus d'une classe politique où chacun joue son rôle, visiblement sans enthousiasme, comme le révèle la médiocrité générale des propos, tant sur la forme que sur le fond.

OUTIL LOGO FREXIT LIMOUSIN

*les opposants à Emmanuel Macron*= l'opposition pour rire, celle qui s'en prend au lampiste sans désigner les commanditaires. Rappel du dicton "lorsque le sage désigne la lune, l'imbécile regarde le doigt".

Ce type d'article ne s'adresse pas au sage...

P.G.

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Un événement : l’université d’automne de l’UPR les 18 et 19 novembre 2017 à Vallères, en Indre-et-Loire – INSCRIVEZ-VOUS !

 Cliquez-ici pour réserver votre place !

Comme la tradition s’en est solidement installée depuis plusieurs années maintenant, nous convions tous nos adhérents, tous nos sympathisants, et plus généralement toutes les personnes intéressées, à venir participer à l’Université d’automne de l’UPR.

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Comme chaque année, les sujets que nous y aborderons s’annoncent intéressants à de nombreux égards, avec des invités inédits pour nos tables-rondes.

Cette année, nous avons choisi de tenir notre Université à Vallères, en Indre-et-Loire.

Ceci est justifié par une volonté de changer de lieu, puisque cela faisait deux fois de suite que nous organisions notre Université d’automne dans l’Abbaye de Reigny, très beau lieu mais qui avait montré l’année dernière les limites de sa capacité.

Le programme ne peut pas être encore annoncé dans sa forme définitive, car nous sommes en attente de réponses d’un certain nombre d’intervenants que nous avons sollicités.

Néanmoins, le programme prévisionnel se présente ainsi :

  • Le VENDREDI 17 NOVEMBRE après-midi sera consacré à la tenue d’un Conseil National de l’UPR et donc réservé aux membres de cette instance collégiale

(Membres du Bureau national, Responsables nationaux, Délégués régionaux, Délégués départementaux, Délégués de l’étranger), auquel nous convierons aussi les représentants temporaires dans les départements n’ayant pas encore de délégué.


SAMEDI 18 NOVEMBRE

  • Ouverture des portes à 08H30 :

Véritable petit déjeuner à partir de 8h30, avec café et viennoiseries, au prix de 4 euros pour les adhérents de l’UPR.

  • Vers 10h : 1ère Table ronde :

La table ronde, dont le sujet est en train d’être arrêté, accueillera des personnalités qui seront dévoilées dans les toutes prochaines semaines. Un peu de patience !

vers 12h30 : déjeuner

Le menu exhaustif sera mis en ligne ultérieurement.

Une belle occasion pour rencontrer le responsable ou d’autres adhérents et sympathisants de l’UPR de votre département !

—————————————————————–

14h30 : 2ème Table ronde :

Comme pour la table ronde de la matinée, tous les détails et la liste définitive des invités sera mise en ligne très prochainement.

18h30 : Questions-réponses avec François Asselineau

Le Président de l’UPR répondra aux questions du public durant une heure sur le programme, les analyses de l’UPR et l’avenir du mouvement.

19h30 : dîner

Le menu exhaustif sera mis en ligne ultérieurement.

vers 22h00 : Grande Tombola

(avec des lots instructifs, savoureux, historiques, etc., dont quelques  lots remarquables)

Cette tombola, désormais traditionnelle dans nos universités, permet à la fois de créer un moment de détente, de rire et de convivialité avec le public et de contribuer à l’équilibre financier de l’université. Les lots sont généralement choisis pour illustrer les analyses de l’UPR, notamment les analyses historiques. Plusieurs lots ont une valeur réellement importante.

Les locaux resteront à la disposition du public jusque plus tard dans la nuit pour échanger autour d’une dernière consommation.

 


=== NOTA ===
Des rencontres individuelles – en particulier avec les responsables nationaux, régionaux ou départementaux de l’UPR – pourront naturellement se tenir en marge des événements de la journée, à l’initiative des participants.

Participer à l’université de l’UPR, c’est notamment l’occasion parfaite pour rencontrer – et parfois pour faire connaissance – avec le Délégué départemental et les autres adhérents du département où l’on réside !


DIMANCHE 19 NOVEMBRE

  • Ouverture des portes à 08H30 :

Véritable petit déjeuner à partir de 8h30, avec café et viennoiseries, au prix de 4 euros pour les adhérents de l’UPR.

de 10h00 : Congrès de l’Union populaire républicaine

Les modalités d’organisation du Congrès seront dévoilées dans les tout prochains jours dans un article spécifique.

Le Président de la liste élue par les adhérents présentera son projet pour les trois ans à venir.

vers 12h30 : déjeuner

Le menu sera publié très prochainement.

14h30 – 18h30: Visite et Dégustation

Cette année, l’UPR innove pour son université d’automne propose à tous ceux qui le souhaitent la visite du Château d’Azay-le-Rideau !

Celui-ci  est bâti sur une île au milieu de l’Indre sous le règne de François Ier. Subtile alliance de traditions françaises et de décors innovants venus d’Italie, il est une icône du nouvel art de bâtir du Val-de-Loire au XVIème siècle.  Son parc paysager, conçu dans la seconde moitié du XIXe siècle, lui offre un véritable écrin naturel.
En 1905, l’Etat devient propriétaire du château d’Azay-le-Rideau. Ses propriétaires successifs ont contribué à en faire le joyau architectural le plus harmonieux du Val-de-Loire.

De janvier 2015 à juin 2017, le monument a bénéficié d’un important programme de restauration, entrepris par le Centre des monuments nationaux.

(...)


TARIFS D’ENTRÉE À L’UNIVERSITÉ

Comme les années précédentes, l’entrée à notre université d’automne est payante. Compte tenu de la modicité de nos finances – qui ont été particulièrement mobilisées pour les campagnes électorales de 2017 -, et par souci de bonne gestion, nous devons absolument faire en sorte que l’organisation de cette université 2017 soit financièrement à peu près équilibrée (il faut payer la location de l’endroit pendant le week-end, les installations diverses, etc.).

Les tarifs d’entrée sont différenciés en fonction :

  • de la situation sociale de chacun
  • de son appartenance ou non à l’UPR (seuls les adhérents à jour de cotisation peuvent bénéficier des tarifs très réduits que nous accordons à nos adhérents).

Ces tarifs comprennent l’entrée dans les lieux et la participation à toutes les activités proposées. Ils ne comprennent pas la participation aux repas, qui est vivement recommandée mais qui reste facultative.


TARIFS SPÉCIAUX POUR LES ADHÉRENTS DE L’UPR (applicable seulement aux adhérents à jour de cotisation au 18 novembre 2017)

  • Adhérent de l’UPR à jour de cotisation : 20 € / personne
  • Couple d’adhérents de l’UPR (chacun des deux étant adhérent et à jour de cotisation) : 30 € pour le couple
  • Adhérent de l’UPR à jour de cotisation et à faibles ressources : étudiants, chômeurs, RSA, adhérents au minimum vieillesse ou en grande précarité financière (sur présentation obligatoire des pièces justificatives) : 10 € / personne
  • Moins de 18 ans : gratuit

TARIF NORMAL

  • 30 € / personne
  • 45 € pour un couple
  • Personnes à faibles ressources : étudiants, chômeurs, RSA, adhérents au minimum vieillesse ou en grande précarité financière (sur présentation obligatoire des pièces justificatives) : 15 € / personne
  • Moins de 18 ans : gratuit

TARIFS DES REPAS À L’UNIVERSITÉ

  • Petit-déjeuner le samedi matin : 4 € / personne
  • Déjeuner le samedi midi : 15 € / personne
  • Dîner le samedi soir : 20 € / personne
  • Petit-déjeuner le dimanche matin : 4 € / personne
  • Déjeuner le dimanche midi : 15€ / personne

Un surcoût de 1 € par repas est à prévoir pour les personnes non adhérentes de l’UPR.

NB : Il s’agit de véritables repas 

Des boissons ainsi que des clubs-sandwichs pourront également être achetés sur place.


RÉSERVATIONS

La réservation à l’université doit s’effectuer en complétant le formulaire situé ici :

https://www.upr.fr/actualite/france/inscription-universite-2017

Même si la réservation préalable n’est pas obligatoire, nous insistons sur le fait qu’elle nous est extrêmement utile pour calibrer au mieux les besoins en repas et boissons.

En outre, et en cas d’extrême affluence, les personnes ayant réservé auraient la priorité d’accès. Nous ne pourrions alors pas garantir à des personnes n’ayant pas réservé qu’elles puissent entrer.

Une fois l’inscription effectuée, vous recevrez par courriel votre billet d’entrée avec code-barres. Celui-ci sera nécessaire à votre accès au lieu de l’Université.

(...)

VOUS VOULEZ BÉNÉFICIER DES TARIFS SPÉCIAUX D’ENTRÉE À L’UNIVERSITÉ, QUI SONT RÉSERVÉS À NOS ADHÉRENTS À JOUR DE COTISATION ?

==> C’EST LE MOMENT D’ADHÉRER (ou de renouveler votre cotisation) !

Nous rappelons que les adhésions à l’UPR, les renouvellements de cotisations et les dons bénéficient d’une RÉDUCTION FISCALE TRÈS IMPORTANTE : les 2/3 de la somme versée au cours de l’année N sont directement déductibles du montant de l’impôt sur le revenu à payer l’année N+1.

BESOIN D’AIDE ? L’Équipe UPR vous répond !

  • Des questions relatives à l’Université et à son organisation ? Contactez universite@upr.fr
  • Des questions relatives au Congrès triennal et à ses modalités ? Contactez congres@upr.fr

https://www.upr.fr/actualite/france/evenement-luniversite-dautomne-de-lupr-18-19-novembre-2017-a-valleres-indre-loire-inscrivez

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La France des déserts médicaux

« De vastes pans de la France sont en voie de désertification », selon le géographe de la santé Emmanuel Vigneron, alors que parallèlement, l’offre de soins dans les métropoles « se renforce et se densifie ».

ARG SANTE PUBLIQUE

Qualité de l’offre des soins de proximité, en 2017

Une note de 0 à 10 pour la qualité de la desserte médicale a été attribuée à chaque canton en fonction de la densité des effectifs de praticiens pour 10 000 habitants, au niveau du canton pour les chirurgiens-dentistes, les masseurs-kinésithérapeutes, les médecins généralistes libéraux et les médecins généralistes salariés, et au niveau du département pour les médecins spécialistes. La note de synthèse donne plus d’importance aux médecins généralistes libéraux et aux spécialistes.

 

Plus de dix millions de français ont un mauvais accès aux soins de proximité

Nombre d'habitants concernés selon la note de qualité

Un phénomène de concentration

Évolution des effectifs de médecins généralistes et spécialistes

Médecins en activité régulière

Pratiquement tous les départements connaissent une baisse régulière du nombre de leurs médecins généralistes, les départs à la retraite n’étant pas compensés par les nouvelles installations. Les zones rurales sont les plus touchées, tandis que les départements avec un centre hospitalier universitaire (CHU) résistent mieux. A Paris, la forte baisse est due à la difficulté d'installation en raison des prix de l’immobilier.

Les plus fortes baisses d’effectifs de médecins généralistes, par département

En %, entre 2010 et 2017

L’hôpital n’est pas épargné

Les hôpitaux publics de périphérie peinent à attirer les praticiens. Le nombre de postes non pourvus par des agents statutaires est très conséquent (26,3% en moyenne nationale). Le secteur privé, aux revenus plus élevés, leur fait concurrence et travailler dans les grosses structures publiques type CHU présente davantage d’intérêt.

Taux de vacance des praticiens hospitaliers temps plein

En 2016, en % des postes budgétés

Classement des taux de vacances en 2016

En %, en 2016, hors outremer

L’augmentation du recours aux urgences

Le recours aux urgences n’a cessé d’augmenter depuis le début des années 1990. En effet, si elles ont vocation à prendre en charge tous les patients malades ou blessés 24 heures sur 24, en situation d’urgence médicale, elles pallient de plus en plus les défaillances de la médecine de ville (temps d’attente pour les rendez-vous…).

Évolution du nombre de passages annuels aux urgences

Base 100 = 1996

Si la proximité géographique des services d’urgence apparaît essentielle pour la prise en charge des patients, plus de 7 millions de personnes (10,4 % de la population) sont à plus de 30 minutes d’un service d’urgence.

De fortes inégalités face à la maladie

Les délais d’attente sont la première cause de renoncement aux soins, selon l’Observatoire de l’accès aux soins (sondage réalisé par l’IFOP pour le cabinet Jalma) publié le 23 mars. Le coût et la distance comptent aussi.

Part des Français ayant déjà renoncé aux soins

En %, sondage réalisé en janvier 2017 sur un échantillon de 1 010 personnes

Certains systèmes de radiothérapie de pointe dans le traitement des cancers, comme le robot Cyberknife, sont présents dans peu d’hôpitaux, créant des inégalités. Ce robot permet de mieux préserver les tissus sains autour des tumeurs et de limiter fortement le nombre de séances.

En France, 14 hôpitaux disposent de la technologie de pointe Cyberknife dans le traitement du cancer :

Cartographie originale :

François Béguin, Laetitia Clavreul, Mathilde Costil, Eugénie Dumas et Sylvie Gittus

Design et Développement :

Agathe Dahyot et Paul Pichot

Sources :

Emmanuel Vigneron, professeur de géographie et d’aménagement, université Montpellier III, pour la carte de la qualité de la desserte médicale / Ordre national des médecins / Centre National de Gestion / DREES / JALMA / ACCURAY

http://mobile.lemonde.fr/les-decodeurs/visuel/2017/10/13/sante-des-territoires-abandonnes_5200653_4355770.html?xtref=http%3A%2F%2Flm.facebook.com%2Fl.php&utm_term=Autofeed&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter

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dimanche 15 octobre 2017

Les services publics, un modèle de société

Auteur: Jacques Cotta

Alors que le ministre de « l’Action et des comptes publics » va lancer les « états généraux de la fonction publique » dans les semaines qui viennent, dans le but de « consulter les syndicats » pour revoir « le statut des fonctionnaires », « les salaires » et « l’externalisation des missions », Emmanuel Macron a personnellement donné le ton.

ARG SERVICES PUBLICS

En plein débat sur les ordonnances destinées à détruire le code du travail, le président de la république et le gouvernement mettait sur l’ouvrage le dossier de la SNCF et des cheminots. Les termes ne sont pas nouveaux. « Implication », « politique du résultat », « évaluation », « reconnaissance du mérite contre les avantages acquis », « individualisation du revenu », « privilèges » ... Derrière la façade « réformatrice », c’est la liquidation qui est à l’ordre du jour, liquidation du statut, de la fonction, des postes. Dans les quinquennats précédents, les présidents Sarkozy et Hollande ont respectivement mis en œuvre la RGPP et la LOLF censées diminuer le nombre de fonctionnaires et imposer au détriment du service rendu une politique du chiffre et du rendement. Avec les dernières primaires, leurs adeptes se sont lâchés. François Fillon préconisait la suppression de 800 000 postes, puis 500 000, nombre auquel se ralliait Bruno Le Maire. Et Macron 120 000. Mais la question n’est pas comptable.

Il s’agit d’abord de la possibilité pour l’état d’assurer un minimum de liens, de vie aux citoyens en tous lieux du territoire. Il s’agit de respecter les principes qui nous fondent d’égalité, de solidarité, de liberté, de fraternité et de laïcité.

Moins d’écoles, moins d’hôpitaux, moins de postes, moins de trains, moins de… représentent autant de difficultés insurmontables pour ceux qui en ont le plus besoin. Mais il y a plus grave. Derrière cette politique constante alignée sur les diktats de l’union européenne, c’est une conception de la vie qui s’affirme, celle du chacun pour soi et du tous contre tous, celle qui ne peut profiter qu’aux fortunés au détriment du plus grand nombre. Dans deux de mes livres « Qui veut la peau des services publics[1] » et « Un CDD sinon rien[2] », je reviens sur ces enjeux qui tracent une frontière indépassable et qui donnent l’importance des mobilisations pour la défense et l’extension des services publics. Un peu d’histoire notamment pour venir au secours du bien commun. En voici ici quelques extraits.

*

*     *

 

L’origine du statut est éclairante à deux titres au moins. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, le statut des fonctionnaires se veut un garde-fou démocratique contre les dérives inscrites dans l’histoire de France. Il est en effet issu d’une volonté politique du conseil national de la résistance contre l’attitude d’une partie de la haute fonction publique, notamment du conseil d’état et de la magistrature, qui durant la période d’occupation s’est soumise aux ordres collaborationnistes de Vichy[3]. Ensuite, contrairement à l’idée reçue, les syndicats[4] sont alors opposés au statut au profit de conventions collectives, car ils craignent d’être mis sous domination de l’état. La spécificité du statut impose en effet par voie législative et réglementaire les conditions de rémunération, d’emploi et de promotion des fonctionnaires. Le fonctionnaire, contrairement au fonctionnement théorique du privé, n’est pas dans le cadre d’un contrat révisable, négociable, mais soumis aux aléas du politique qui peut changer la loi. Les avantages de la fonction ne constituent pas pour le fonctionnaire des droits acquis. Le statut des fonctionnaires n’accorde par définition aucun des privilèges si chers au monde de l’entreprise. Derrière les condamnations qui visent les fonctionnaires et leur statut, c’est la fonction publique en tant que telle, les services publics, qui sont visés, c’est en définitive l’Etat comme outil collectif incarnant la défense du Bien commun susceptible d’imposer des contraintes, même de façon mesurée, aux intérêts privés.

La remise en cause du statut des fonctionnaires est aussi une remise en cause directe de nos principes républicains d’où sont issus les fameux « privilèges » si souvent dénoncés. D’abord le principe d’égalité fondé sur la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789[5] qui indique que « tous les citoyens étant égaux… sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autre distinction que celles de leurs vertus et de leurs talents ».

C’est le concours qui permet à chaque citoyen d’accéder à la fonction publique, et non les accointances, le « piston », le favoritisme, ou tout simplement la « tête du client ».

Ensuite le principe d’indépendance du fonctionnaire qui signifie que les fonctionnaires ne sont pas tenus de faire acte d’allégeance au pouvoir en place, mais de « servir avec loyauté ».

Ils doivent être protégés des pressions du pouvoir politique, comme des pressions des administrés. C’est pourquoi ils ont la sécurité de l’emploi, les garanties statutaires, le principe de la carrière, la séparation du grade et de l’emploi qui permettent d’assurer cette indépendance. Là encore, point de privilège, mais seulement les conditions indispensables à la fonction. Enfin le principe de responsabilité, lui aussi issu de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen[6] qui indique que « la société a droit de demander des comptes à tout agent public de son administration ».

(….)

Ainsi, c’est la force potentielle des six millions de fonctionnaires et travailleurs sous statut des entreprises publiques qui inquiète. Ils représentent plus du quart de la population active et constituent un môle de résistance à la logique dévastatrice d’une économie de marché ouverte régie par la loi de « la concurrence libre et non faussée ». C’est en cela que le statut de fonctionnaire qui unifie encore des millions de salariés au service de l’intérêt général et non des intérêts particuliers est insupportable aux « libéraux » qui font de la concurrence et de la sélection leur obsession.

Le statut de la fonction publique doit d’autant plus disparaitre aux yeux des partisans de la déréglementation tous azimuts qu’il constitue un verrou sur la voie du démantèlement de la « république sociale[7] » inscrite dans l’article 1 de notre constitution[8]

En en faisant une cible, ils cherchent en fait une « revanche » sur l’histoire, un retour en arrière qui tire un trait sur les périodes de grandes conquêtes sociales, 1936, les années d’après-guerre, et aussi la période des années 1980 durant lesquelles sous l’impulsion d’Anicet Le Pors, la fonction publique a trouvé un nouveau souffle.

Au lendemain de la victoire de l’union de la Gauche et de l’élection de François Mitterrand à la présidence de la république, les lois de décentralisation dites « lois Deferre » donnent aux collectivités territoriales une série de missions relevant de l’état et entrainent donc un transfert important de fonctionnaires vers les départements[9]. C’est ainsi qu’en réponse à cette situation nouvelle, le statut de 1946 est conforté, étendu, renforcé, en couvrant l’ensemble des agents publics que l’on pouvait considérer comme des fonctionnaires, c'est-à-dire les personnels de l’état, des collectivités territoriales, et des services hospitaliers. La mobilité entre la fonction publique d’état et la fonction publique territoriale est posée comme une garantie fondamentale. Le droit de grève est inscrit explicitement. Les organisations syndicales sont désignées comme négociatrices auprès des pouvoirs publics et des droits syndicaux sont étendus[10]. C’est aussi cela que les opposants au statut veulent remettre en cause.*

(…)

Concernant la rémunération des fonctionnaires, le gouvernement veut en accentuer « l’individualisation », afin de tenir compte « du mérite, de l’implication, de l’expérience, des résultats », ce qui nécessite une « évaluation » des fonctionnaires sur des critères imposés qui ne correspondent souvent plus à l’intérêt général mais à des impératifs politiques ou économiques qui lui sont étrangers. Comment évaluer le mérite d’un policier ? D’un juge ? D’un enseignant ? Par des statistiques ? Par le nombre de PV ? le nombre d’incarcération ou au contraire de mises en liberté ? Par le pourcentage de reçus au baccalauréat ?  Mais que dire de la mission, des contenus, de l’éthique qui préside normalement à la fonction ?

(…)

De façon générale, la remise en cause du statut à travers « l’individualisation des rémunérations » conduit à transformer les fonctionnaires en « auto-entrepreneurs » obnubilés par le chiffre, par l’obtention de résultats individuels. D’ailleurs, tout logiquement, le chef de l’état préconise la possibilité pour les « nouveaux entrants » dans la fonction publique « de choisir entre le statut de fonctionnaire ou un contrat de droit privé négocié de gré à gré ». La « culture du concours » et « la notation » sont critiquées. Enfin il est proposé de donner la possibilité à tous les fonctionnaires de « quitter la fonction publique contre un pécule » et de faciliter « la mobilité dans le secteur privé ». Les notions d’impartialité et d’imperméabilité aux intérêts privés garanties normalement par le statut disparaissent. Le signal est donné avec l’accord de la CFDT, de la CFTC et de l’UNSA d’un déroulement de carrière dans la fonction publique qui s’apparente plus à la gestion de l’emploi qui existe dans le secteur privé qu’à celle qui est régi par l’existence du statut.

Ouvertement, le chef de l’état demande que « les corps » de la fonction publique soient relativisés[11]. Derrière les termes administratifs qui semblent compliqués, il s’agit là d’une attaque directe, explicite, contre le statut des fonctionnaires. En France en effet, la fonction publique d'État, c'est-à-dire l'ensemble des fonctionnaires travaillant dans les administrations et organismes publics à caractère administratif de l'État, est divisée en corps correspondant à des statuts, attributions et grilles de paie précis. Ces corps sont eux-mêmes divisés en grades ou classes. S’il existe de nombreux corps, souvent mis en avant pour expliquer les difficultés de moderniser la fonction publique, seuls quelques dizaines concernent la grande majorité des fonctionnaires[12].  Chaque corps possède un statut particulier qui permet son fonctionnement, chaque statut particulier étant rattaché au statut général de la fonction publique. La relativisation d’abord, la suppression ensuite des différents statuts particuliers aboutirait à l’explosion du statut général et de la fonction publique telle que nous la connaissons et en bénéficions.

(...)

Evidemment, toutes les atteintes au statut détruisent les valeurs intrinsèques de l’engagement des agents publics, leur fonctionnement en réseau et en équipe, et diminuent la confiance dans les fondements de la République.

(…) Avec la diminution des moyens, les citoyens dans leur ensemble sont les premières victimes de l’atteinte au statut de la fonction publique qui en dénature ou en impuissante les missions.

(…)

Ainsi, la remise en cause du statut général de la fonction publique, la fusion des corps et la destruction des statuts particuliers, la réforme générale des politiques publiques annoncent des temps difficiles pour les fonctionnaires bien sûr, mais aussi et surtout pour la collectivité. D’autant que dans cette voie, l’imagination est sans limite… 

 

Jacques Cotta

Le 8 octobre 2017

 


[1] Editions Gawsewitch- 2011

[2] Idem - 2012.

[3] Lorsque les hauts fonctionnaires du conseil d’état travaillaient sur « les lois juives » ceux de la magistrature prêtaient serment au maréchal Pétain.

[4] Les syndicats ne sont reconnus qu’à partir de 1946.

[5] Article 6 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

[6] Article 15 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

[7] La République sociale peut être définie par la couverture des salariés à travers des accords d’entreprises ou de branches dans le privé, les conventions collectives, le statut dans le public, par l’existence des trois versants de la fonction publique, la fonction publique d’état, territoriale et hospitalière, et la protection sociale collective.

[8] La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale.

[9] Les premiers services impactés par ces transferts sont les préfectures et les directions départementales des affaires sanitaires et sociales. Suivront ensuite d’autres directions, dont les directions départementales de l’équipement.

[10] Notamment il s’agit des décharges d’activité de service, d’attribution de locaux syndicaux, de tenue de réunions syndicales.

[11] A Nantes, le chef de l’état exprime le souhait de voir « organiser davantage le dialogue social dans l’administration autour du service plutôt que des corps ». En d’autre terme il s’agit d’une remise en cause explicite du statut.

[12] Par exemple il existe le corps des instituteurs, ou encore le corps des professeurs des universités, ou encore le corps des ingénieurs de travaux de l’équipement, etc…

http://la-sociale.viabloga.com/news/les-services-publics-un-modele-de-societe


 

*Le seul passage sur lequel je suis personnellement en désaccord: pour moi, la "réforme Deferre", s'il est parfaitement exact qu'elle étend le statut de 1946, est le premier pas vers un démantèlement généralisé du système issu du CNR. C'est aussi le début de la "régionalisation", engrenage qui nous conduira progressivement au démantèlement de l'Etat- Nation, voulu par les intérêts euro- atlantistes. Mais le débat est ouvert, bien sûr.

OUTIL LOGO FREXIT LIMOUSINPour le reste,je ne peux que saluer cet article hautement pédagogique en ces temps de triomphe idéologique d'une vision "anglo- saxonne" de la société, sous l'impulsion de la la logique des traités européens: compétition, concurrence, individualisme, déconstruction, narcissisme, performance, profitabilité, management, j'en passe...

La fonction publique "à la française" est l'anomalie à abattre pour tous ceux qui défendent en priorité des intérêts privés ou catégoriels, au détriment de l'intérêt général. L'inversion des normes et des valeurs fait passer le statut de la fonction publique pour un "privilège", grâce à une propagande médiatique sans précédent, alors que c'est exactement l'inverse, car contrairement aux vrais privilèges du moment (les féodalités financières, par exemple), il implique un devoir pour chaque agent de sercice de toute la société.

Si des réformes doivent être réalisées, c'est bien dans le sens d'une amélioration de ce service rendu, et non dans sa destruction.

P.G.

Quand la liberté s’éteint en silence

L’Assemblée nationale a adopté, mardi 3 octobre 2017, le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme. En faisant entrer dans le droit commun l’état d’urgence, une majorité de députés, socialistes compris, a ainsi choisi de sortir la France de l’État de droit.

 

ARG SECURITE LIBERTEUn État de droit est celui dont le droit protège n’importe lequel de ses résidents de l’arbitraire de l’État. C’est un État mis à l’abri de l’absolutisme administratif ou policier. C’est un État où l’État est subordonné à des règles de droit qui lui sont supérieures et qui s’imposent à son action. C’est un État dont les citoyens sont en sûreté parce qu’ils sont assurés de ne pas être livrés aux abus de pouvoir étatiques. C’est en somme un État où l’État ne fait pas la loi.

 

À cette aune, la France, depuis ce 3 octobre 2017, n’est plus un État de droit. Avec l’entrée dans le droit commun des principales dispositions dérogatoires aux droits fondamentaux et aux libertés essentielles qui caractérisaient l’état d’urgence, l’exception y est devenue la règle. Désormais, l’État, autrement dit ses préfets, son administration, sa police, pourra n’importe quand, n’importe où et contre n’importe qui, en prétextant du terrorisme, mettre en cause :

  • Notre liberté de circulation.
  • Notre liberté de culte.
  • Notre droit à l’inviolabilité du domicile.
  • Notre droit à l’égalité devant la loi.

 

…Et le faire sans avoir à s’en justifier ou à en répondre devant un juge indépendant, dont la décision pourrait l’entraver ou le sanctionner.

Avec ce vote écrasant, à l’Assemblée nationale, d’une majorité de la peur (415 voix contre 127), il y a désormais une loi des suspects en France. Sur de simples soupçons policiers qui, dans un véritable État de droit, seraient totalement insuffisants pour qu’ils se le permettent, l’administration étatique et son bras armé policier pourront dorénavant s’en prendre à un individu, l’immobiliser, l’entraver, le cibler, l’isoler, le mettre à part et à l’écart, bref le persécuter. Seuls juges du prétexte, le terrorisme, ils pourront, demain, après-demain, en étendre la notion, sans entraves aucune, au gré des émotions populaires et des idéologies dominantes.

 

La loi votée autorise en effet l’État, son administration, sa police, en dehors de tout contrôle judiciaire, à obliger un individu à « résider dans un périmètre déterminé », c’est-à-dire à ne plus pouvoir en bouger, à le frapper d’une « interdiction de paraître » dans un lieu précis, à soumettre son intimité domestique et familiale à des « visites domiciliaires », soit des perquisitions permettant des saisies, à étendre contrôles d’identité, fouilles de bagages et de véhicules à de vastes « périmètres de protection », à fermer un lieu de culte au seul motif des « idées et théories » qui y seraient diffusées, etc. Et ce n’est là qu’un résumé succinct d’une loi, la douzième loi sécuritaire en quinze ans, qui pousse jusqu’à son terme la corruption du droit par la police et de la preuve par le soupçon.

Aussi inconscients qu’égoïstes, aveugles aux autres et ignorants du passé, les apprentis sorciers qui ont ouvert cette boîte de Pandore liberticide se rassurent en se disant non concernés. Après tout, ne s’agit-il pas de combattre le terrorisme, ses crimes et ses réseaux ? C’est l’argument de l’urgence qui, prise pour l’essentiel, en vient toujours à perdre de vue l’urgence de l’essentiel – autrement dit des principes. C’est surtout l’argument aussi éculé que lâche de la fin qui justifie les moyens, au nom duquel, sous toute latitude, tout régime et toute époque, les libertés ont toujours été passées par pertes et profits.

 

« Je considère que je n’ai pas à avoir peur des moyens de lutte contre le terrorisme parce que je ne me sens pas terroriste. », a tôt déclaré le porte-parole du gouvernement, l’ex-socialiste Christophe Castaner, dont l’ancien parti (à cinq prudentes abstentions près) a soutenu sans réserve cette perdition qu’il avait lui-même initiée sous la présidence de François Hollande. Phrase terrible, qui résume ce sacrifice de l’idéal démocratique sur l’autel du terrorisme. Phrase aveugle, de gouvernants prêts à piétiner les libertés des autres pour tenter de justifier leur pouvoir.

 

« Nous cajolons la bête immonde. », avertissait l’avocat François Sureau, défenseur intransigeant des libertés fondamentales, dans un entretien récent à Mediapart. Sous l’état d’urgence prolongé mis en place par le gouvernement de Manuel Valls depuis la fin 2015, rappelait-il, « il y a eu 6 000 perquisitions administratives pour 41 mises en examen. Et sur les 41 mises en examen, 20 sont des mises en examen pour apologie du terrorisme, c’est-à-dire des crimes d’ordres intellectuels. Au cours de ces 6 000 perquisitions, vous avez parfois bousillé la vie des gens, vous êtes intervenu dans leurs libertés individuelles de manière brutale pour un résultat extrême faible ».

 

Et qui ne se souvient de l’utilisation de l’état d’urgence en 2015 et 2016 contre la société tout entière, d’abord les activistes écologiques lors de la COP21, puis les manifestants contre la loi El Khomri ? Qui oserait garantir que, sous ce pouvoir ou, après lui, sous un autre, ajoutant à l’obsession sécuritaire des obsessions idéologiques, autoritaires, identitaires, xénophobes, discriminatoires, etc., ce ne seront pas les militants de toutes les causes minoritaires, dissidentes et nouvelles, celles où s’inventent et se revendiquent des droits nouveaux, qui seront les victimes indistinctes de cet état d’urgence devenu permanent ? Qui pourrait jurer que, demain, ce ne seront pas eux les nouveaux « ennemis de la nation », terroristes en puissance ou terroristes en théorie, selon l’infernale logique des forces conservatrices et rétrogrades, décidées à faire la guerre à la société, à sa richesse et à sa diversité, à son autonomie et à ses luttes ?

Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles

Nous connaissons évidemment la réponse, tant les gouvernants et les élus qui, aujourd’hui, sacrifient nos libertés ne sont que de passage. Irresponsables, ils sacrifient la longue durée d’une démocratie vivante, par conséquent exigeante avec elle-même, au court terme de leur survie. « Si ce projet de loi est adopté et que l’extrême droite arrive un jour au pouvoir, la France sera dans une situation extrêmement difficile en matière de libertés. Un tel pouvoir n’aurait absolument rien à ajouter à ce texte. », Christine Lazerges.

 

L’Histoire nous l’a appris, et notamment celle des circonstances – la guerre d’Algérie, guerre coloniale et guerre civile – où est né, en 1955, cet état d’urgence aujourd’hui définitivement légalisé et banalisé : l’introduction de dispositions liberticides est une gangrène qui finit par contaminer tout le corps légal, institutions, administrations, gouvernements. Nous venons de le vivre, en à peine deux ans : tout comme hier l’état d’urgence de 1955 avait débouché sur les pouvoirs spéciaux de 1956, où se déshonora une République tortionnaire, aujourd’hui l’état d’urgence prolongé de 2015 accouche sous nos yeux sidérés d’une remise en cause sans précédent de l’État de droit.

Dans son plaidoyer Contre l’état d’urgence (Dalloz, 2016), le juriste Paul Cassia rappelait cette mise en garde lucide d’un membre du Conseil d’État, Roger Errera : « Dès qu’une atteinte aux libertés apparaît, elle fait tache d’huile, elle est progressivement appliquée au-delà des limites fixées au début, quelles que soient les promesses, les barrières et les hésitations, et à d’autres que ceux qui étaient initialement visés. Il arrive même qu’elle s’institutionnalise et que, fruit de l’urgence, elle devienne permanente. ».

 

C’était en 1975, il y a plus de quarante ans, et nous y sommes, hélas !

 

Qui plus est avec un État qui ne peut même plus compter sur la génération de ces hauts fonctionnaires à principes qui, ayant souvenir de Vichy ou de l’Algérie, savaient que la banalisation de l’état d’urgence était la brèche par laquelle le totalitarisme ou, du moins, ses pratiques niant les droits humains avaient fait leur chemin, sous couvert d’une administration ou d’un régime républicains. Dans son entretien à Mediapart, François Sureau soulignait ce terrible renoncement qui, depuis trois décennies, a progressivement gagné presque tout le spectre politique : « Les grandes voix du passé portaient un projet collectif de liberté, et pas seulement un projet individuel. »

Car comment ne pas interroger le silence pesant, abyssal, qui accompagne ce saut dans l’inconnu ? « Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles » : attribué à l’écrivain suisse Max Frisch, ce constat n’a jamais été aussi pertinent. L’ensemble des défenseurs des droits humains, rassemblés dans ses locaux par la CNCDH, tout comme les experts qui en ont officiellement la charge aux Nations unies, se sont solennellement dressés contre cette dérive. Ces experts des droits de l’homme mandatés par l’ONU n’y ont pas été de main morte, estimant que « plusieurs dispositions du projet de loi menacent l’exercice des droits à la liberté et à la sécurité personnelle, le droit d’accès à la justice, et les libertés de circulation, d’assemblée pacifique et d’association, ainsi que d’expression, de religion ou de conviction. »

En vain, rien n’y a fait. Pas un écho, pas un regret, pas une nuance, pas une réserve, pas un recul. Pis, à l’Assemblée nationale, la majorité dévotement dévouée au président qui l’a fait élire s’est empressée de durcir les dispositions les plus controversées que le Sénat, dans sa vieille sagesse, avait tenté d’amoindrir. Cette prétendue société civile qui, surgie de nulle part, prétendait renouveler la politique, via la dynamique du mouvement En Marche ! Et de son dégagisme parlementaire revendiqué, se révèle sourde et aveugle à la société. Seule la gauche de la gauche – les députés communistes et insoumis reprenant le flambeau des six socialistes frondeurs (Pouria Amirshahi, Barbara Romagnan, Gérard Sebaoun) et écologistes isolés (Isabelle Attard, Sergio Coronado, Noël Mamère) qui, hier, avaient dit non à l’état d’urgence – aura sauvé l’honneur mais sans, pour autant, réussir à mobiliser la société.

Aussi ne pouvons-nous nous contenter d’accabler ceux qui ont commis cet attentat aux libertés. Nous devons aussi interpeller lindifférence, cette passivité massive, qui l’a permis. N’est-elle pas du même ordre que celle qui s’accommode de la détresse des migrants, réfugiés et autres exilés ? Cette indifférence, plus essentielle, à l’autre, au différent, au suspect, au musulman, bref au lointain, tandis que nous nous replions sur nous-mêmes ? Comme si nous n’étions pas concernés, sinon par le souci de nous protéger, coûte que coûte.

C’est ainsi que pas grand monde n’a sursauté en découvrant que cette loi dite antiterroriste entend faciliter, étendre, généraliser, bref banaliser encore plus les contrôles au faciès, cette discrimination quotidienne qui frappe la diversité de notre peuple, et notamment sa jeunesse. Même l’historien Patrick Weil, homme modéré par conviction autant que par métier, n’a pu réveiller l’opinion et les parlementaires en leur démontrant que « le projet de loi antiterroriste rappelait le code de l’indigénat » car, de fait, il destine son dispositif policier à la surveillance d’une population particulière, les Noirs et les Maghrébins, aggravant le champ des discriminations qui blessent l’égalité.

De grandes sagesses philosophiques nous ont pourtant enseigné, notamment après les catastrophes européennes du siècle passé, que le meilleur chemin vers le prochain, c’est le souci du lointain. Que :

 

Le souci de l’autre mène à soi-même.

 

Si je ne suis pas au rendez-vous des libertés des autres, je ne serai pas au rendez-vous des miennes.

 

Si je laisse mettre en cause des droits fondamentaux, au prétexte de prévenir une menace qui me serait étrangère, je découvrirai, un jour ou l’autre, que j’ai ainsi renoncé à mes propres droits.

 

 

Mediapart

Edwy Plenel

https://aphadolie.com/2017/10/11/quand-la-liberte-seteint-en-silence/

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samedi 14 octobre 2017

Vaccination obligatoire, les questions qui piquent

A l'heure où le gouvernement français s'apprête à voter une loi étendant l'obligation vaccinale à 11 vaccins, il n'est pas inutile de faire le point sur les faits, parfois méconnus du grand public, afin de pouvoir se forger une opinion en connaissance de cause.

ARG VACCINS ETUDE MANIF

 

Propos liminaire

On ne peut que déplorer que tant du côté des défenseurs de cette loi, que du côté des anti-vaccins, les positions sont raidies au point que plus personne ne prend la peine d'écouter les arguments d'en-face, et qu'on sombre régulièrement dans la caricature et l'invective d'un côté, dans l'anathème et la sophistique de l'autre.  Cet article a été ardu à réaliser, parce que le sujet est vaste, généralement très mal cadré (on répond à des questions qui ne devraient pas se poser), les sources sont plutôt difficiles d'accès, et la majorité des médias dominants a, comme de coutume, couvert ce dossier en prenant résolument fait et cause pour la position défendue par le gouvernement[1].

Au-delà de la dangerosité réelle ou supposée des sels d'aluminium utilisés comme adjuvant dans les vaccins, la première question à se poser est celle de l'utilité, ou plutôt, de l'impérieuse nécessité, en termes de santé publique, qui justifierait l'étendue de l'obligation vaccinale.

Dans la mesure où la campagne du gouvernement a été largement axée sur le cas particulier de la rougeole, et puisque nous disposons de statistiques détaillées, tant au niveau français qu'au niveau européen et mondial, c'est principalement sous l'angle de cette maladie que nous présenterons une réfutation des arguments, basée sur des sources fiables.

Ainsi, nous commencerons par la maladie (la rougeole), pour continuer par une analyse comparée de la couverture vaccinale, pour terminer sur le sujet tant controversé de la dangerosité (ou pas) des sels d'aluminium.

La rougeole - maladie infantile bénigne ou fléau redoutable ?

La réponse est double, et il convient de contextualiser pour mieux en comprendre les raisons.  Chez nous, en occident, il s'agit plutôt d'une maladie infantile bénigne, et c'est encore ainsi qu'on pouvait en lire la description dans Le Concours médical de 1976.

Aujourd'hui, les autorités sanitaires définissent comme une « une infection virale hautement contagieuse et potentiellement grave ».  Cette perception radicalement différente de la dangerosité de la maladie est probablement à attribuer au fait qu'il y a quarante ans, la médecine avait d'autres chats à fouetter, et quelques soucis plus urgents en matière de santé publique.  Il faut dire aussi qu'on revenait de loin : en 1906, les décès dus à la rougeole s'établissaient à près de 3.700 par an en France pour tomber naturellement à une vingtaine, en 1983, date de l'introduction de la première campagne de vaccination (ROR).  Soit une diminution de 9995% en 77 ans, grâce aux antibiotiques, aux mesures prophylactiques, et à l'amélioration des conditions de vie.

Vous aurez noté que « bénigne » ou « potentiellement grave » ne signifie rien, en soi.  On peut parfaitement mourir des suites de complications d'une maladie bénigne, et d'une manière générale, même respirer est une activité potentiellement dangereuse.  Il convient donc de quantifier cela au moyen des statistiques de mortalité, respectivement en Occident et dans le reste du monde.

Mortalité de la rougeole dans les pays industrialisés

ÂgeMortalité (/100.000)
< 1 43
5-9 10
20 > 85

Soit, à l'âge ou les enfants ont le plus de chances de l'attraper (5-9), une mortalité de 1/10.000[2].  Si ce n'est pas négligeable, ce n'est pas non plus la grippe espagnole (avec une mortalité tournant autour de 3%).  Il faut ajouter que les enfants de moins d'un an dont la mère a fait (complètement) la rougeole sont en principe protégés durant cette période par les anticorps transmis par celle-ci.

Dans les pays en voie de développement

En Afrique, mais aussi en Asie et plus généralement dans les pays pauvres, le taux de mortalité oscille entre 3% et 6%, ce qui en fait une des principales causes de mortalité infantile dans ces régions[2].

Donc invoquer sans cesse la rougeole comme « une des premières causes de mortalité infantile » est d'une mauvaise foi consommée, et on ajoute l'outrage à l'insulte.  Parce que si cette affection tue des quantités d'enfants, ce n'est pas en Europe, ni même en Occident, mais bien en Afrique et plus généralement dans tous les pays du tiers monde.  La raison en est simple, ce n'est pas la rougeole seule, qui tue, mais le manque d'accès aux soins, la malnutrition et une hygiène déplorable, qui se conjuguent pour favoriser des complications, trop souvent fatales.  Et qu'on le veuille ou non, c'est bien l'occident, qui meurt de trop bouffer, qui ne sait pas trouver les moyens nécessaires pour résoudre les problèmes les plus élémentaires dans ces pays, mais trouve bien, chaque fois qu'il le veut, les moyens d'aller y faire la guerre à grands frais pour y piller les matières premières à vil prix, laissant les populations exsangues, parfois sans même un accès à l'eau potable.  En d'autres termes, c'est la misère qui tue, bien plus que la maladie.

Prévalence de la maladie, en France, en 2017

On nous parle de « résurgence de la maladie »,  quand ce n'est pas carrément « d'épidémie ».  Qu'en est-il exactement ?

Cas de rougeole par mois - Déclarations obligatoires, France, Janvier 2008 – Août 2017

Dans ce graphique produit par l'INVS, les données spécifiques à la période 10/2011 jusqu'à 08/2017 ont été extraites et replacées spécifiquement dans un graphique situé en haut à droite, ce qui permet de recaler l'échantillonnage et de recalculer l'échelle verticale sur base du pic le plus important de l'échantillon (aux environs de mars 2015).  Il n'en reste pas moins que les valeurs les plus élevées n'excèdent pas 140 pour un mois donné sur cette période, et que la moyenne est nettement en dessous.  Ou comment transformer les Vosges en Himalaya par la magie des échelles et des échantillons bien choisis.  Après tout, qui regarde les légendes ?

Voyons un peu ce qu'en dit l'Agence de la Santé Publique France

Situation épidémiologique en France

En France, depuis l’épidémie de 2008-2012 au cours de laquelle près de 24 000 cas de rougeole ont été déclarés dont 10 décès, le nombre de cas a diminué au cours des trois années suivantes, avec 260 à 360 cas déclarés chaque année. En 2016, seulement 79 cas de rougeole ont été déclarés témoignant d’une circulation moindre du virus de la rougeole, mais l’augmentation du nombre de cas depuis le début de 2017 fait craindre une recrudescence de la maladie au cours du printemps. La circulation du virus est active dans plusieurs départements et la Moselle est actuellement le plus affecté avec un foyer de plus de 50 cas. Au total, 2 cas d’encéphalite et 7 pneumopathies graves sont à déplorer depuis le début de l’année sur le territoire. Comme en Roumanie, 85 % des cas français sont observés chez des personnes non vaccinées, dont des enfants de moins d’un an (15 %) particulièrement à risque de complication, et qui, en raison de leur jeune âge, ne peuvent être protégés qu’indirectement par la vaccination de leur entourage.

Donc une à deux victimes par an, ce qu'on pourrait comparer à un autre problème de santé publique, les 50.000 morts annuels liés à l'alcool...

L'étrange épidémie (extrêmement) meurtrière de rougeole en Roumanie

Dans un article du Parisien, daté du 12 juillet 2017, on pouvait lire ceci :

La rougeole fait 35 morts en un an en Europe, l’OMS recommande la vaccination

Alors qu’en France le gouvernement souhaite rendre obligatoire huit vaccins supplémentaires, dont celui de la rougeole, l’Organisation mondiale de la Santé s’alarme de la recrudescence de cette maladie en Europe.

L’infection a fait 35 morts durant les douze derniers mois sur le continent, dont 31 en Roumanie. Le dernier décès déploré est celui d’un garçon de 6 ans, en Italie, où 3300 cas de rougeole ont été recensés et où un autre décès a été attribué à la maladie depuis juin 2016. Une personne est également morte en Allemagne et une autre au Portugal.

35 décès dus à la rougeole... dont 31 en Roumanie ?!

Vous avez bien lu, 35 morts au total, dont 31 pour la seule Roumanie.  C'est assez gênant, quand on sait que le vaccin RRO (rougeole - rubéole - oreillons) est obligatoire en Roumanie.  Ça ne veut pas dire que le vaccin ne serait pas efficace, mais peut-être, simplement que la couverture vaccinale serait insuffisante en dépit de l'obligation.  On ne peut s'empêcher de noter par ailleurs que la Roumanie est un des pays les plus pauvres d'Europe, et que certaines populations (Roms) ont peut-être encore un accès insuffisant au système de soins de santé. 

Quoiqu'il en soit, si l'on compare la Roumanie, où l'obligation vaccinale existe, avec le reste des pays européens dont la moitié n'ont aucune obligation vaccinale, pour un total de 4 morts sur la même période, on comprend que la couverture vaccinale effective est probablement moindre en Roumanie.  La population roumaine s'établit à 19,9 Mhab, et celle du reste de l'UE à 491,9 Mhab.  On a d'une part 31/19,9=1,56 décès/Mhab contre 4/491,9=0,08 décès/Mhab, soit une mortalité 191 fois supérieure en Roumanie comparée au reste de l'UE.

Invoquer la nécessité de l'obligation vaccinale pour atteindre un taux de 95% de vaccination qui serait de nature à éliminer le virus à l'état sauvage en Europe est ridicule tant que le virus reste endémique dans d'autres pays, y compris de l'UE.  Cela pourrait même provoquer à terme des épidémies bien plus mortelles chez des individus vaccinés et dont l'immunité tendrait à disparaître, les amenant à déclarer la maladie dans une tranche d'âge où les complications sont nettement plus fréquentes et létales (8,5 fois).

Extrait de « Vaccinations, les vérités indésirables » édité aux éditions Dangles

Par Michel Georget
Agrégé de Biologie, professeur honoraire des classes préparatoires aux grandes écoles biologiques

Persuadés qu'une dose d'un puissant vaccin atténué protégerait toute la vie, les Etats-Unis ont planifié une vaccination à grande échelle en 1965 et obtenu rapidement une chute spectaculaire des cas ; mais, vers la fin des années 1980, leur nombre a commencé à réaugmenter fortement avec une létalité plus élevée et un déplacement vers les très jeunes nourrissons et les adultes comme l'avait prédit le Pr Bastin 10 ans auparavant. Cela a conduit les responsables américains à recommander un rappel depuis 1989.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, un phénomène identique s'observe actuellement en France et en Suisse, d'où la campagne actuelle pour inciter à faire un rappel à l'âge de 6 ans, en attendant peut-être un second rappel vers 15 ans.

Cette modification de l'épidémiologie de la rougeole n'est paradoxale qu'en apparence. Elle s'explique très bien par le fait que l'immunité vaccinale est moins durable que celle conférée par la maladie. L'évolution se fait alors en deux phases :

- Dans un premier temps, la vaccination confère une certaine immunité. Le virus sauvage continuant à circuler, les réinfections des sujets vaccinés jouent le rôle de rappel et renforcent cette immunité. Le groupe des sujets réceptifs diminue donc et le nombre des cas chute.

- Dans la période qui suit, la circulation du virus sauvage s'étant réduite en raison du moindre nombre de malades, les réinfections deviennent plus rares et le rappel qu'elles produisaient disparaît. L'immunité vaccinale s'évanouissant au fil des ans, il apparaît progressivement une population d'adultes non protégés, parmi lesquels des femmes qui ne transmettront plus d'anticorps au cours de leurs grossesses. Les nouveau-nés deviennent donc réceptifs au même titre que les adultes.

Étrange que les autorités sanitaires, pas plus que la presse, ne relaient ces simples réalités scientifiques ?  Qu'est-ce qu'on propose, dans ce cas ?  Encore plus de vaccins ?

Analyse comparative des couvertures vaccinales en Europe

Dans cette section, nous comparerons les différentes obligations vaccinales dans 27 pays de l'UE, plus l'Islande et la Norvège, étude compilée dans un document intitulé « Mandatory and recommended vaccination in the EU, Iceland and Norway : results of the VENICE 2010 survey on the ways of implementing national vaccination programmes » publié en mai 2012 par l'European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC). 

Toutefois, le tableau ne se prêtant pas bien à des comparaisons, je l'ai remis en forme en transformant des abréviations en chiffres, en ne conservant que la qualification la plus élevée,  attribuant un code de couleur à chaque valeur, puis en triant le tableau dans l'ordre des pays ayant la plus importante couverture à la moins importante sur base des totaux (dernière ligne). 


A noter que les données prises en compte pour la France sont celles qui seront d'application au 1er janvier 2018.  Par contre, le tableau n'intègre pas la récente modification en termes d'obligation vaccinale en Italie.

Pour rappel, voici les 11 vaccins qui seront obligatoires en France dès le 1er janvier 2018 :

Diphtérie Coqueluche Rubéole Pneumocoque
Tétanos Rougeole Hépatite B Méningocoque C
Poliomyélite Oreillons Haemophilus influenzae (Hib)

Tableau de comparaison des politiques vaccinales dans l'UE, plus l'Islande et la Norvège

PointsAbréviationSignification
5 MA Obligatoire pour tous
4 MR Obligatoire pour les groupes à risque
3 RA Recommandé pour tous
2 RR Recommandé pour les groupes à risque
1 R Recommandé
0 A Absence de recommandation

Politique vaccinale comparée - partie 1

Partie 1/2LVFRPLSKCZBGSIHUGRROITBELUEEMT
Diphtérie 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 3 3 3 5
Hib 5 5 5 5 5 5 5 5 3 5 3 3 3 3 3
Hépatite A 2 2 2 4 4 2 2 4 3 2 0 2 2 3 2
Hepatite B 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 4 3 3 3
Papillomavirus 5 1 1 1 1 1 1 0 1 1 1 1 1 1 0
Grippe 2 2 2 4 2 2 2 2 2 2 2 2 2 3 3
Méningocoque C 2 5 2 2 2 0 2 0 3 0 3 3 3 2 0
Pneumocoque 5 5 4 5 4 5 2 3 3 0 3 3 3 2 2
Rougeole - Oreillons - Rubéole 5 5 5 5 5 5 5 5 3 5 3 3 3 3 3
Coqueluche 5 5 5 5 5 5 5 5 3 5 3 3 3 3 3
Poliomyélite 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 3 3 5
Rotavirus 5 0 3 0 0 3 3 0 0 0 0 3 3 2 0
Tétanos 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 3 3 3 5
Tuberculose 5 4 5 5 4 5 2 5 3 5 2 0 2 3 3
Varicelle 5 2 2 0 2 0 2 0 3 0 3 2 3 2 2
Totaux 66 56 56 56 54 53 51 49 47 45 43 40 40 39 39

Politique vaccinale comparée - partie 2

Partie 2/2ATIRCYDEESGBLTFINLDKPTISNOSE
Diphtérie 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Hib 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Hépatite A 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 0 2 0 0
Hepatite B 3 3 3 3 3 2 3 2 2 2 3 2 2 2
Papillomavirus 1 1 0 1 1 1 0 0 1 1 1 0 1 1
Grippe 2 2 2 2 2 2 2 3 2 2 2 2 2 2
Méningocoque C 3 3 3 3 3 3 2 0 3 2 3 3 0 0
Pneumocoque 3 3 3 3 3 3 2 3 3 3 2 2 3 3
Rougeole - Oreillons - Rubéole 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Coqueluche 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Poliomyélite 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Rotavirus 3 0 0 0 0 0 0 3 0 0 0 0 0 0
Tétanos 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Tuberculose 0 3 2 0 0 2 3 2 2 0 3 0 2 2
Varicelle 2 2 3 3 3 2 2 0 0 2 0 2 0 0
Totaux 37 37 36 35 35 35 34 33 33 32 32 31 28 28

Ci-dessous, sous forme graphique, le total des points additionnés pour chaque pays

Abréviations ISO des noms de pays

ISOPAYSISOPAYS
LV Lettonie AT Autriche
FR France IR Irlande
PL Pologne CY Chypre
SK Slovaquie DE Allemagne
CZ République Tchèque ES Espagne
BG Bulgarie GB Grande-Bretagne
SI Slovénie LT Lituanie
HU Hongrie FI Finlande
GR Grèce NL Pays-Bas
RO Roumanie DK Dannemark
IT Italie PT Portugal
BE Belgique IS Islande
LU Luxembourg NO Norvège
EE Estonie SE Suède
MT Malte    

Remarques

La France arrive(ra) deuxième, juste derrière la Lettonie en termes d'obligations (total), ex-aequo avec la Pologne et la Slovaquie.

16 pays, dont 14 de l'UE n'ont aucune obligation de vaccination (s'étendant à toute la population), soit la moitié de l'Union Européenne.

Aucune obligation vaccinale généralisée
Luxembourg Chypre Lituanie Portugal
Estonie Allemagne Finlande Islande
Autriche Espagne Pays-Bas Norvège
Irlande Royaume-Uni Dannemark Suède

Un seul pays n'a qu'une seule obligation vaccinale (s'étendant à toute la population), la Belgique, pour la polio.

Les pays ayant la plus large obligation vaccinale sont tous des pays baltes ou d'Europe de l'Est, à l'exception de la France, dès l'entrée en vigueur de la nouvelle loi.

ISOPAYSnVac
LV Lettonie 14
FR France 11
SK Slovaquie 11
BG Bulgarie 11
PL Pologne 10
HU Hongrie 10
CZ République Tchèque 9
SI Slovénie 9

Pour le dire autrement, aucun autre pays de l'Europe « historique » n'impose d'obligation vaccinale généralisée, à l'exception de la Belgique, et seulement pour la polio, depuis 1967.

Est-ce que cela veut dire que les Anglais, les Allemands ou les Espagnols ne sont pas vaccinés ?  Bien sûr que non !  La majorité des parents en Europe vaccinent leurs enfants sur base des recommandations des autorités après consultation avec leur médecin généraliste ou le pédiatre.  Et dans bien des cas, j'imagine que cela se limitera au fameux vaccin polio plus éventuellement le trivalent (Rougeole - Rubéole - Oreillons).

Sels d'aluminium comme adjuvant : vraiment inoffensifs ?

Le problème est que nous nous trouvons en face d'une question éminemment pointue à laquelle seuls pourraient répondre des toxicologues et des médecins, après y avoir consacré une étude scientifique sur un échantillon significatif, et publié les résultats ainsi que le protocole dans une revue scientifique à comité de lecture.  À partir du moment où les seules études disponibles traitent des effets secondaires, et sont issues des retours lors des essais cliniques, ou après la commercialisation des vaccins; et que d'autre part ces documents émanent des fabricants eux-mêmes, on peut raisonnablement douter de leur objectivité, même sans préjuger de leur bonne foi.

Le fait est que la tendance actuelle est à discréditer ou à pousser sous le tapis tous les travaux menés par des scientifiques qui n'iraient pas dans le sens souhaité.  Ainsi, Ce n'est pas la théorie qui est jugée, mais la crédibilité des scientifiques selon qu'ils défendront la thèse dominante, ou pas.

Heureusement, de temps à autre, il est des avis dont on ne peut pas faire comme s'ils n'existaient pas.  Ainsi en est-il des résultats de l'étude du Professeur Romain Gherardi, chef du service de pathologies neuromusculaires à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil.  Selon cette étude, financée par l’Agence du médicament, la présence d’aluminium dans des vaccins pourrait, dans certains cas, entraîner un risque pour la santé.

De l'aluminium, il y en a partout, jusqu'à l'eau ou le dentifrice. Pourtant, nous nous portons bien...
Nous en mangeons même tous les jours ! Sauf que 99,7 % de cet aluminium ressort par voies basses et 80 % des 0,3 restants, soluble, est éliminé par les reins. C'est la grande différence avec le vaccin où, du fait de l'injection dans le muscle, il passe entièrement la barrière cutanée. Sous une forme d'agrégats insolubles, il est propulsé à l'intérieur de notre organisme où il s'installe.

Avec quelles conséquences ?
Nos études montrent qu'à trop rester dans les cellules, il peut provoquer un burn-out immunitaire, c'est-à-dire fatiguer notre système immunitaire, voire le dérégler. Nous faisons le lien entre la myofasciite à macrophages (une lésion musculaire, mais tous les chercheurs ne sont pas d'accord sur ses causes NDLR), et la multiplication du syndrome de fatigue chronique associée à des troubles cognitifs.

Le DT-polio en contient, des millions d'enfants sont vaccinés et il y a très peu de problèmes !
L'immense majorité ne présente en effet aucune atteinte clinique du système nerveux. Mais l'augmentation du nombre d'injections risque d'augmenter mécaniquement le nombre de problèmes. Notre étude pointe également qu'il y aurait une prédisposition génétique, d'où la nécessité de poursuivre nos recherches pour confirmer, comprendre et y remédier. (...)

Plus inquiétant, sans doute, le fait que les autorités n'ont montré aucun signe laissant penser que le sujet les intéressait alors même que le rapport dit qu'il faut approfondir les études. « En finançant l'essai, l'ANSM s'est donné bonne conscience et puis basta. »

Les vaccins qui contiennent des sels d'aluminium utilisés comme adjuvants

Vaccins contenant du sel d'aluminium
Diphtérie - Tétanos - Poliomyélite
Coqueluche
Hépatite B
Pneumocoques
Méningocoque C
Papillomavirus humain

Conclusion

Nul besoin d'être médecin soi-même pour comprendre que l'empressement du gouvernement à légiférer pour étendre l'obligation vaccinale ne trouve aucune justification dans une urgence sanitaire quelconque.   L'alcool, le cancer, et les maladies cardio-vasculaires font infiniment plus de dégâts que des maladies comme la rougeole, sans que cela n'émeuve plus que ça l'exécutif qui parle de réduire toujours plus les dépenses de soins de santé : le « coût » de la sécurité sociale.

Ainsi, je citerai le Prof. Gherardi : « Ce que les gens détestent c'est d'être contraints sans être convaincus. Si on leur disait 'ok, certains posent problème mais on va faire des recherches et trouver des solutions' ils seraient beaucoup moins méfiants. ».  Et j'ajouterais que si les gens n'ont pas été convaincus, c'est parce que le discours des autorités n'est pas convaincant !

Les drôles d'accointances de la Ministre de la santé

Les différentes missions rémunérées par l'industrie pharmaceutique de Mme Agnès Buzyn ne sont pas vraiment de nature à rassurer les plus sceptiques quant à la neutralité de son point de vue, pour dire le moins :

De 1998 à mars 2011, elle organise un congrès annuel sur la greffe de moelle, tâche rémunérée par le laboratoire pharmaceutique Genzyme10. De 2002 à 2006 elle dirige une équipe Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) travaillant sur l’immunologie des tumeurs à l’Institut Cochin. De 2005 à 2011, elle est également rémunérée pour intervenir dans des congrès concernant trois médicaments permettant de lutter contre la leucémie myéloïde chronique : le Glivec, le Tasigna (produits par Novartis) et le Sprycel (produit par Bristol-Myers Squibb)10. Elle entre au conseil consultatif (advisory board) de ce dernier médicament en 2007, et des deux autres en 2008, rôle qu'elle occupe jusqu'en mars 201110 tout en exerçant de nombreuses fonctions au sein d'organismes publics, ce que Le Canard enchaîné a qualifié de « léger conflit d'intérêt ».  Source : Wikipedia

Intégrité physique

La raison pour laquelle aucun pays européen « historique » n'avait légiféré pour imposer une obligation vaccinale (en dehors de la polio et de la diphtérie) est simple à comprendre.  Il s'agit à proprement parler d'une atteinte à l'inviolabilité, l'intégrité du corps humain.  Bien sûr, nous dira-t-on, la loi prévoit pareilles exceptions :

La jurisprudence des hautes cours européennes tolère les atteintes limitées au principe de l'intégrité physique commises dans un but de prévention prophylactique (vaccins), c'est à condition qu'elles soient :

  • 1. effectuées pour la protection de la vie,
  • 2. proportionnées à leur but (CEDH, 9.10.77 ; C. É., 26.11.1), (3)
  • 3. soumises à enquête officielle.

Source : Wikipedia

Mais il me semble que les conditions 2 et 3 restent largement à établir !


Post Scriptum

La nouvelle loi de couverture vaccinale ne peut pas être totalement disjointe de la crise des migrants qui sévit en Europe depuis 2011/2012.  Parce que si des maladies comme la tuberculose, la polio ou la diphtérie ont pratiquement disparu chez nous, elles restent parfois endémiques dans les pays d'origine des migrants.  Quand vous voulez vous rendre dans l'un de ces pays, vous devez impérativement être vacciné contre un certain nombre de pathologies spécifiques.  Mais quand ce sont les pathologies qui viennent à vous ? 

Source : wikipedia

Notes

[1] À l'exception notable du Parisien qui à plusieurs reprises, a présenté des points de vue plus équilibrés.

[2] INVS - Surveillance de la rougeole en France Bilan et évolution en vue de l’élimination de la maladie.  Page 8, 2.2.4 (Létalité).

Commentaires

Bonjour,

Bonjour,

Très bon article !

j'ai quelques petites remarques a faire :

- la mortalité de la grippe espagnol s'expliquerait par d'autre facteur que la "virulence" de cette grippe, voir http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/27/09/71/2012-2013/Juin-2013/Grippe_...

- il y a un amalgame entre "obligation vaccinale généralisée" et "étendu a toute la population" : c'est faux, les obligations portent sur la vaccination infantile. Aucun vaccin n'est obligatoire de manière généralisée pour les adultes. La nuance est importante car lorsqu'on regarde les couverture vaccinales adultes, on se rend compte qu'elles sont bien trouées (couverture vaccinale france diphtérie 34% polio 42% et tétanos 71% ... !). Cet amalgame est d'ailleurs très largement utilisé par les autorités de santé. Contre nous, citoyen.

Au plaisir.

Grippe

Merci pour votre gentil compliment,

Oui je sais pour la grippe, elle était terriblement atypique, on pense aujourd'hui que c'était la résultante du croisement de deux souches, de sorte qu'elle était infiniment plus létale, et bizarrement, seulement dans une tranche d'âge donnée.  Elle a tué nettement plus que la grande guerre, en fait.

L'amalgame n'existait pas dans mon esprit, en tout cas : pour moi on parle bien de la vaccination des enfants.

Le vaccin contre le Tétanos ne sert à rien et SURTOUT pas pour des mômes qui ne risquent pas d'être en contact avec le virus avant plusieurs années (contact avec les chevaux, etc.).

Chez nous en Belgique, lorsque quelqu'un se blesse avec une ferraille en contact avec la terre, on lui fait le vaccin (ou pas).  Et on n'a pas plus de cas qu'ailleurs.

L'idée de la "couverture vaccinale" de nature à éradiquer la maladie est une hérésie, parce qu'on a pas la plus petite intention d'offrir les vaccins gratuitement à l'humanité entière...

Du coup (réfugiés), on se retrouvera avec des malades qui débarqueront au sein de populations vaccinées (depuis longtemps), à l'immunité douteuse, et on se paiera des épidémies nettement plus létales qu'aujourd'hui, ne serait-ce que parce que ce seront principalement les adultes qui en feront les frais.

Re,

Re,

Ok pour ton esprit, c'est surement clair, mais pour les lecteurs on peut avoir l'impression que couverture vaccinale infantile = couverture vaccinale population entière. Ce n'est pas un reproche pour toi mais pour tout le monde, je vois très peu cette distinction...

Pour la grippe je t'invite a lire l'article de Nexus, ca viendrait plutot de l'aspirine le problème de la "grippe espagnole"...

Pour le tétanos, dans cette étude on apprends que la couverture vaccinale ADULTE aux USA CANADA et FR sont respectivement de 62% 42% et 71%. Pourtant il y a une plus grosse incidence en France (0.13/million) qu'au canada ou aux USA (0.1/million)

Ca fait ~125millions de non/mal vaccinés pour 43 cas de tétanos par an...

la source des couvertures vaccinales : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3840285/

les incidences :
- épidémiologie tétanos france : http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infecti...
- épidémiologie tétanos USA : https://www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/mm6012a1.htm
- épidémiologie tétanos canada : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/immunisation/maladies-p...

Aspirine...

Okay, je vais jeter un coup d'oeil là-dessus demain, merci d'avoir attiré mon attention.

Pour nous, en Belgique, il est évident que 'vaccination obligatoire' concerne bien nos grumeaux, les rejetons, je n'avais jamais pensé que cela pourrait prêter à confusion.

Pour le tétanos : c'est une farce.  Aucun intérêt de vacciner la "population", seulement au cas par cas, et en cas de "rencontre" avec le virus (possible).

Le dernier cas était, si je me souviens, une paysanne piquée par le bec d'une poule...  Pauvre femme.

Merci pour cet article très

Merci pour cet article très complet, qui couvre l'ensemble de la question. J'ajouterais simplement que les pays où la vaccination est devenue obligatoire ont souvent observé l'effet inverse en termes de couverture. Une obligation crée la suspicion et donc pousse les gens à trouver des moyens de ne pas être vaccinés. Cela crée une sorte d"industrie" médicale anti-vaccination et au final, l'effet est totalement contre-productif...

Cordialement,
Vincent

Merci !

Merci à vous pour ce gentil compliment.  Vous savez, l'appréciation (exprimée) des lecteurs est notre seule récompense. 

De telles dérives sont à craindre, en effet.  Vous savez je ne suis pas contre les vaccins, quoique pour des "machins" aussi ridicules que la rougeole, ça n'ait que peu de sens...

Ce qui pose problème ici, c'est l'absence de motiviation, d'impérieuse nécessité en termes de santé publique, conjuguée à la dangerosité des sels d'alu dont personne n'a prouvé à ce jour, qu'ils soient inoffensifs pour le système immunitaire.


https://www.levilainpetitcanard.be/articles/actu/vaccination-obligatoire-questions-qui-piquent_1345183883

Posté par ddupr à 09:19 - - Permalien [#]
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