jeudi 17 août 2017

Natacha Polony – «Airbnb et les quarante voleurs»

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Natacha Polony – «Airbnb et les quarante voleurs»

https://sansapriori.net/2017/08/11/2072-natacha-polony-airbnb-et-les-quarante-voleurs/

LA CHRONIQUE DE NATACHA POLONY – Le capitalisme californien, mariage de la dérégulation financière et du numérique, n’a rien de la gentille utopie collaborative qui s’appuie sur le partage pour créer une nouvelle forme d’économie.

En France, huit professeurs agrégés en fin de carrière contribuent autant, par leurs impôts, aux hôpitaux, aux routes et aux écoles, qu’une multinationale américaine qui ruine un pan entier de notre économie.

Airbnb a payé, en 2016, 92.000 euros d’impôts.

  • Pourtant, la France est son deuxième marché, après les États-Unis. Un pays qui accueille 80 millions de touristes par an, quelle manne potentielle!

  • D’ailleurs, est-ce un hasard: si les touristes sont revenus en France, après le désastre de deux années marquées par les attentats, ils dépensent moins chez nous qu’ailleurs.

  • Et le sentiment d’insécurité qu’ils éprouvent du fait des pickpockets et des pilleurs divers et variés ne suffit pas à expliquer les économies qu’ils font.

  • Mais un appartement loué sur une plateforme numérique revient tellement moins cher que quelques nuitées dans un hôtel écrasé par les charges et les contraintes et qui doit répercuter le coût de l’Urssaf et des taxes sur la note du client.

Chez Airbnb, en revanche, on ne paie pas de charges. Et très peu d’impôts. Par un système de facturation depuis la filiale irlandaise, la commission de 12 % perçue sur la location ne passe jamais par la France.

L’entreprise ne crée aucun emploi, ni aucune richesse en France. Elle en détruit. Et les particuliers qui arrondissent leurs fins de mois en louant leur appartement n’ont pas conscience qu’ils créent un chômage dont les conséquences se verront sur leur propre fiche de paie, à travers les prélèvements, et sur leur feuille d’impôt, puisqu’il leur appartiendra de financer les infrastructures avec lesquelles Airbnb gagne des millions sans jamais en reverser aucun à la collectivité.

«Ce qu’on nous vante comme une libération des énergies n’est que le contournement de toutes les régulations mises en place par les États pour protéger les consommateurs»

Certains s’imaginent encore que ce système économique a quoi que ce soit à voir avec le libéralisme.

  • Une concurrence parfaitement déloyale,

  • la déstabilisation de secteurs économiques qui contribuent à la richesse nationale par des emplois, des savoir-faire et le paiement de leurs impôts,

  • l’instrumentalisation du droit,

  • l’absence de toute décence et la prédation érigée au rang d’art de vivre,

voilà qui aurait scandalisé les penseurs du libéralisme classique, mais qui semble tout à fait acceptable aux zélateurs actuels de l’économie dérégulée.

Ceux-là tentent de nous faire croire que refuser ce système à la fois injuste et destructeur reviendrait à prôner la collectivisation soviétique des moyens de production.

C’est confondre la liberté d’entreprendre avec le droit de piller. C’est oublier, surtout, que ce modèle ne relève d’aucune nécessité, mais bien de choix politiques.

Le capitalisme californien, mariage de la dérégulation financière et du numérique, n’a rien de la gentille utopie collaborative qui s’appuie sur le partage pour créer une nouvelle forme d’économie.

Ce qui nous est présenté comme une meilleure utilisation du capital existant – en l’occurrence un appartement que nous n’occupons pas forcément tous les jours de l’année – repose sur la transformation de toute activité humaine et de toute propriété en une occasion de profit. Ce qu’on nous vante comme une libération des énergies n’est que le contournement de toutes les régulations mises en place par les États pour protéger les consommateurs.

«La France y perd 60 à 80 milliards de recettes fiscales par an»

Mais n’oublions pas un acteur essentiel de ce jeu de dupes. Face au scandale provoqué par la révélation du montant dérisoire de l’impôt acquitté par Airbnb, Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques, a appelé les pays membres de l’Union à mettre en place une «assiette commune» de l’impôt sur les sociétés, qui permettrait de se mettre d’accord sur les données fiscales, et donc sur le montant d’impôt que doit payer chaque entreprise dans le pays où il exerce son activité.

Mais hors de question d’harmoniser les taux d’impôt sur les sociétés.

Mieux, ladite assiette commune risque fort de préserver les exemptions dont bénéficient les multinationales et qui leur permettent de payer nettement moins d’impôts que n’importe quelle PME.

La Commission européenne se réveille après des années d’optimisation fiscale forcenée par les géants du numérique américains, mais ne voudrait tout de même pas les fâcher trop[1].

La destruction des économies européennes va pouvoir se poursuivre encore longtemps.

La France y perd 60 à 80 milliards de recettes fiscales par an. Sans compter la fermeture d’hôtels, les emplois détruits, l’argent dépensé par les touristes, non pas en nuitées et petits déjeuners vendus par des artisans, mais en produits bas de gamme achetés en supermarché.

Quelques propriétaires d’appartements, bien sûr, se seront enrichis. Ce système aura même encouragé la spéculation immobilière en permettant à certains de se lancer dans l’investissement locatif. Certains quartiers de Paris se sont déjà vidés, et les colocataires subissent les nuisances d’inconnus peu enclins à préserver les parties communes. Ceux qui voulaient croire que la mort de notre industrie serait compensée par le triomphe des services devront sortir de leurs doux rêves.

Il n’est d’autre solution que de reconstruire, face à cette économie de la prédation, une économie réelle, reposant sur des circuits courts et récompensant la création de valeur. Une économie qui protège de la concurrence déloyale en compensant ces distorsions par un soutien actif. Une économie au service d’un modèle de société pour que la société ne soit pas soumise à une économie régie par les prédateurs.

lien[]

  1. http://premium.lefigaro.fr/societes/2017/05/24/20005-20170524ARTFIG00013-harmonisation-fiscale-l-europe-pietine.php

Cet article est publié dans l’édition du Figaro du 12/08/2017.

source/http://premium.lefigaro.fr/vox/economie/2017/08/11/31007-20170811ARTFIG00182-natacha-polony-airbnb-et-les-quarante-voleurs.php

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vendredi 28 juillet 2017

STX France : Bruno Le Maire annonce la nationalisation temporaire des chantiers navals

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STX France : Bruno Le Maire annonce la nationalisation temporaire des chantiers navals

Le ministre de l'Economie a finalement tranché en faisant valoir le droit de préemption de l'Etat sur la filiale française du géant coréen de la construction navale STX. L'Italien Fincantieri, repreneur pressenti, se voit ainsi provisoirement écarté.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a décidé de nationaliser de façon temporaire les chantiers navals de STX France, dans un dossier qui risque fort de fâcher l'Italie, plutôt que de laisser le constructeur naval italien Fincantieri reprendre la filiale française en faillite du géant coréen STX Offshore and Building.

«Nous avons pris la décision d'exercer le droit de préemption de l’Etat sur STX», a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse à Bercy. Cette opération est toutefois temporaire. «[Les chantiers navals de Saint-Nazaire n'ont] pas vocation à rester dans le giron de l’Etat», a-t-il ajouté, précisant que le coût de l'opération se montait à 80 millions d'euros.

Le dossier de la reprise de STX France s'est compliqué à la suite des revirements de la France sur le sujet. En visite à Saint-Nazaire le 31 mai dernier, Emmanuel Macron a remis en question un précédent contrat, validé par le gouvernement de François Hollande. Selon l'accord initial, le constructeur italien devait reprendre d'abord 48% du capital des chantiers et rester minoritaire pendant au moins huit ans, épaulé par l'investisseur italien Fondazione CR Trieste à hauteur d'environ 7%. Les actionnaires français, dans cet équilibre, ne disposaient que de 45% du groupe.

Ultimatum français, fin de non-recevoir italienne

Mais Emmanuel Macron avait demandé que l'accord soit revu pour préserver les intérêts hexagonaux. Sa proposition, transmise à Rome par Bruno Le Maire, laissait à Fincantieri 50% du capital, les autres 50% revenant à l'Etat français (via Bpifrance), Naval Group (ex-DCNS) et aux salariés du groupe.

La proposition ressemblait toutefois plus à un ultimatum, Bruno Le Maire ayant fait monter la pression le 26 juillet : «Si jamais nos amis italiens refusent la proposition honnête qui leur est faite, l'Etat exercera son droit de préemption». A Rome, cette quasi-mise en demeure a été accueillie par une fin de non-recevoir. «Il n'y a aucune raison pour que Fincantieri renonce à la majorité et au contrôle de STX», a assuré le ministre de l'Economie et des Finances italien Pier Carlo Padoan. «[Fincantieri n'a] pas besoin de STX à tout prix», a prévenu de son côté son patron, Giuseppe Bono.

Le ministre français a d'ailleurs fait savoir qu'il se rendrait à Rome le 1er août 2017, afin de reprendre les négociations avec l'Italie. Fincantieri est le seul repreneur en lice de l'ancien fleuron français de la construction navale, revendu par Alstom en 2006.

https://francais.rt.com/economie/41431-bruno-maire-annonce-nationalisation-chantiers

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Ne rêvez pas, nous n'assistons pas au retour de l'Etat stratège gaullien: il s'agit simplement de peser sur les prochaines négociations avec les Italiens, afin de “bâtir un pôle industriel européen ambitieux” (dixit le ministre, journal de 20h, LCI, 27 juillet). Le fond de l'affaire méritera d'être étudié car certains parlent d'actionnaires chinois chez l'Italien Fincantieri, ce qui aurait accru la complexité du dossier et provoqué les “réticences” européennes et françaises.

Quoiqu'il en soit, le signe envoyé inquiète et crée un malaise, il suffit d'observer la consternation des journalistes. L'angoisse libérale du “retour au colbertisme”...

On verra par ailleurs le positionnement de la Commission européenne sur cette affaire.

 P.G.

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lundi 24 juillet 2017

Alain, cultivateur d’abricots en Ardèche, « voulait juste vivre de son métier »

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Alain, cultivateur d’abricots en Ardèche, « voulait juste vivre de son métier »

Agriculteur depuis vingt-trois ans, il subit l’effondrement du prix des abricots. En cause : la concurrence espagnole et les diktats de la grande distribution.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/07/22/alain-cultivateur-d-abricots-en-ardeche-voulait-juste-vivre-de-son-metier_5163914_3234.html#Rc2vk2TKLEzzYWyL.99

La récolte est terminée, mais certains arbres croulent encore sous les fruits. Ronds, doux et « gorgés de sucre », ils alourdissent les branches et fragilisent les vergers. « C’est un déchirement », lâche Alain Mounier, « 50 ans dans trois semaines » et cultivateur depuis vingt-trois ans à Charmes-sur-Rhône, en Ardèche. « Personne n’en veut même à 30 centimes le kilo », lance-t-il en secouant une branche pleine de fruits. L’homme a pourtant « passé des heures », cet hiver, à protéger les vergers du gel, notamment la nuit lorsqu’il allumait des bougies pour réchauffer l’atmosphère et éviter de perdre 80 % de sa production, comme ce fut le cas en 2016.

Il y a encore un mois, la saison s’annonçait bonne. Les fruits étaient « bien calibrés », le temps sec et ensoleillé. Même France 3 était venue immortaliser les espoirs du cultivateur. Alors que s’est-il passé ? Alain Mounier évoque deux raisons : la concurrence espagnole et la météo. « Il y a eu un télescopage entre les Pyrénées-Orientales et la vallée du Rhône. D’habitude, il y a dix jours de décalage entre les récoltes, mais cette année elles ont eu lieu en même temps », explique-t-il.

En juillet, la Confédération paysanne dénonçait des prix « historiquement bas » pour les abricots. « La production française a démarré en avance » et « c’est le prix à l’export de l’Espagne qui a fixé le prix de la saison », expliquait André Bouchut, responsable de la filière fruits et légumes du syndicat, lors d’une vente d’abricots à Paris.

Conséquence : trop de fruits se sont retrouvés en même temps sur le marché et les stocks se sont accumulés, entraînant une chute des prix. Selon le service statistique du ministère de l’agriculture, l’Agreste, les cours étaient ainsi, en juin, inférieurs de 27 % par rapport à la période 2012-2016.

 

« Je ne vois plus d’avenir »

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dimanche 23 juillet 2017

L'Assemblée nationale ratifie une série d'ordonnances sur la santé, malgré les inquiétudes

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L'Assemblée nationale ratifie une série d'ordonnances sur la santé, malgré les inquiétudes

Les professionnels de la santé européens réglementés pourront maintenant exercer certaines tâches dans l'hexagone.

Quatre ordonnances sur la santé ont été ratifiées par l'Assemblée nationale, ce mercredi. Parmi elles : l'autorisation de certains professionnels de santé d'autres États européens d'exercer en France ...

Les ordonnances ratifiées appliquent la loi Santé remontant à janvier 2016. La ratification de ce mercredi concerne la reconnaissance de la profession de physicien médical et les ordres des professions de santé. Mais c'est une ordonnance sur la reconnaissance des qualifications professionnelles qui a concentré l'essentiel des critiques. Elle répond à une exigence de l'Union européenne, sur laquelle la France avait pris du retard.

Cette disposition transpose une directive européenne de 2013 sur l'«accès partiel» pour les professions paramédicales. Ce texte garantit l'accès partiel à certaines tâches dans les autres pays de l'Union : il «autorise les membres d'une profession réglementée à bénéficier de la mobilité dans un autre Etat membre mais en les autorisant à y exercer seulement certaines tâches et selon certains critères».

Des députés de tout bords, méfiants

 Les députés se sont montrés inquiets, et ont évoqué des raisons diverses. Jean-Pierre Door (LR), cardiologue, craignait «un risque» pour les professionnels de santé et «la sécurité» des patients. Comme Agnès Firmin Le Bodo pour les «Constructifs» (LR-UDI-indépendants), il a tenté de la supprimer, en vain.

La socialiste Valérie Rabault (Nouvelle Gauche) a pointé le danger d'une «concurrence potentiellement déloyale», Elsa Faucillon (GDR) redoutait que cela ne «favorise un système de santé au rabais et des soins à la découpe». Eric Coquerel (LFI) relevait «une ubérisation rampante du système de santé». Eric Alauzet (élu REM issu des écologistes «réformistes»), enfin, s'est interrogé sur l'«identification précise de ces professionnels au moment de leur installation».

Une promesse de vigilance, il faut «dédramatiser»


 Martine Wonner (REM), médecin psychiatre, a défendu l'accès partiel. Il garantit que ce dernier sera «encadré par des conditions très strictes et par un examen au cas par cas des demandes». Son collègue Olivier Véran (REM) appelle à «dédramatiser le sujet» en soulignant que le texte ne portait pas sur les professions médicales. 
 
La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a dit comprendre «les inquiétudes». Mais elle a souligné que la directive européenne aurait dû être transposée «au plus tard le 18 janvier 2016», relevant que depuis cette date, la France s'était exposée à deux avis européens pour défaut de transposition. La ministre s'engage à être «particulièrement vigilante aux conditions de déploiement de l'accès partiel». Ainsi, elle n'exclut pas «d'en appeler à la raison impérieuse d'intérêt général» en cas de risque pour «la qualité et la sécurité des prises en charge».


leparisien.fr

http://m.leparisien.fr/societe/l-assemblee-nationale-ratifie-une-serie-d-ordonnances-sur-la-sante-malgre-les-inquietudes-19-07-2017-7145163.php

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vendredi 21 juillet 2017

La France doit se "plier" aux demandes de Bruxelles (Hulot)

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La France doit se "plier" aux demandes de Bruxelles (Hulot)

https://www.romandie.com/news/La-France-doit-se-plier-aux-demandes-de-Bruxelles-Hulot/816052.rom

 

La France va devoir appliquer les demandes de Bruxelles concernant la suppression des tarifs réglementés de vente de gaz et d'électricité et l'ouverture des concessions des barrages hydroélectriques, a estimé mardi le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot.

La France ne pourra pas continuer à "repousser l'échéance" sur ces deux sujets, sources de désaccord ces dernières années entre Paris et la Commission européenne, défendant la concurrence, a affirmé le ministre, auditionné par la commission des affaires économiques du Sénat.

S'ils ont été supprimés pour les gros consommateurs, les tarifs réglementés de vente de gaz et d'électricité, sont toujours en vigueur en France pour les particuliers et les petits professionnels, malgré la libéralisation du marché depuis 10 ans.

"On a des injonctions, on peut faire en sorte que ça soit lissé dans le temps, mais nous avons déjà repoussé l'échéance et il en va du gaz comme de l'électricité, à un moment ou à un autre, il faudra s'y plier", a déclaré M. Hulot devant les sénateurs.

Le Conseil d'Etat s'est pononcé mercredi sur un recours déposé par les fournisseurs alternatifs, concurrents d'Engie (ex-GDF Suez), contre les tarifs réglementés du gaz. [v. notre article d'hier, NDR]

Semblant anticiper la décision de la plus haute juridiction administrative, le ministre a aussi assuré que le gouvernement allait "faire en sorte que ça se fasse le moins douloureusement possible".

Concernant l'hydroélectricité, la Commission européenne a mis en demeure la France d'ouvrir à la concurrence ses barrages, aujourd'hui essentiellement concédés par l'Etat à EDF, pour introduire plus de concurrence dans ce secteur.

Là encore, "on ne pourra pas repousser en permanence l'échéance", a jugé M. Hulot.

Pour répondre à Bruxelles, la loi sur la transition énergétique, votée en 2015, a introduit la possibilité créer des sociétés d'économie mixte (SEM), au capital partagé entre public et privé, et la possibilité de prolonger les concessions en contrepartie de la réalisation de travaux nécessaires.

Au delà de ces deux options, la France n'a "pas beaucoup d'autres marges de manoeuvre", a expliqué le ministre, estimant que sinon la France risquait "de rentrer dans des contentieux qui sont lourds", et qui pourraient porter préjudice à EDF, exploitant 85% de la puissance installée en France.

(©AFP / 18 juillet 2017 19h48)

jeudi 20 juillet 2017

Gaz : le Conseil d'Etat demande la fin du tarif réglementé

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Gaz : le Conseil d'Etat demande la fin du tarif réglementé

http://www.valeursactuelles.com/economie/gaz-le-conseil-detat-demande-la-fin-du-tarif-reglemente-86571

Energie. Le Conseil d'Etat a décidé d'annuler la grille des tarifs réglementés, estimant qu'elle posait un problème de concurrence.

Le Conseil d'Etat a ouvert mercredi la porte à la libéralisation totale du marché du gaz. Saisi par l'association des opérateurs alternatifs, il a estimé que le tarif réglementé était contraire au droit européen et qu'il devait donc être enterré par les autorités. “Le Conseil d'État, par la décision de ce jour, annule le décret du 16 mai 2013 relatif aux tarifs réglementés de vente de gaz naturel au motif que le maintien de tels tarifs est contraire au droit de l'Union européenne”, avance-t-il
5 millions de clients
Pas moins de 5 millions de foyers dépendent encore du tarif réglementé. Fixé par l'Etat et réévalué périodiquement par la Commission de régulation de l'énergie (CRE), il est en pratique géré par Engie. L'entreprise compte donc deux catégories de clients, ceux qui ont souscrits à son offre de marché et ceux qui préfèrent l'offre réglementée, ce qui lui confère une part de marché “artificiellement” plus élevée que ses concurrents.

Or, estime-t-on au Conseil d'Etat, cette distorsion de la concurrence n'a aujourd'hui plus aucune raison d'être : la grille tarifaire de la CRE est souvent supérieure aux prix du marché, si bien qu'“il n'est plus possible de se fonder sur un objectif d'intérêt général”, estiment les sages.


Une disposition pas facile à annuler


Les particuliers vont-ils devoir changer rapidement d'abonnement au gaz ? Pas encore. Bien que cassée par le Conseil d'Etat, cette disposition est inscrite dans le code de l'énergie de 2015, ce qui rend très difficile sa suppression : seule une abrogation par l'Etat permettrait d'acter la fin du tarif réglementé.

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L'information tourne en boucle dans les médias, sur le mode "pas de panique, ce n'est pas encore fait" etc. Pour les naïfs qui sentiraient rassurés, désolés de casser l'ambiance.

v. notre article = COMMUNIQUÉ DE PRESSE = Tarifs réglementés du gaz

/archives/p50-20.html

P.G.

vendredi 14 juillet 2017

La cote de popularité de Macron en chute libre

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La cote de popularité de Macron en chute libre

https://www.valeursactuelles.com/politique/la-cote-de-popularite-de-macron-en-chute-libre-86235

Sondages. Selon une étude Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio, le président connaît un coup de mou dans les sondages.

10 points de moins en deux mois. C'est le terrible constat du baromètre Ifop-Fiducial pour Paris match et Sud Radio concernant Emmanuel Macron. Arrivé à l’Élysée avec une cote de popularité record - 66 % des Français approuvaient son action - le président de la République enchaîne pour l'instant les déconvenues. Après avoir perdu six points en juin, il dévisse de nouveau ce mois-ci, perdant quatre points de plus. A 56 %, il se trouve au même niveau que François Hollande deux mois après sa victoire en 2012.

Près d'un Français sur deux pense qu'il n'est pas proche de leurs préoccupations

Bien sûr, il n'y a pas encore le feu à l’Élysée. Mais force est de constater que les Français semblent de plus en plus se méfier d'Emmanuel Macron : ils ne sont plus que 54 % à estimer qu'il est proche des préoccupations des Français, soit huit points de moins qu'il y a un mois. Même Édouard Philippe convainc de moins en moins : s'ils sont encore 60 % à approuver son action, la part de ceux qui le croient capable de réformer le pays s'effrite : 56 %, soit sept points de moins.

La critique du pouvoir en place bénéficie largement à l'opposition, et tout particulièrement à la France insoumise. Le parti de Jean-Luc Mélenchon, extrêmement offensif depuis son entrée à l'Assemblée nationale, est considéré par 40 % des personnes interrogées comme la première force d'opposition (+6 points), loin devant Les Républicains (26 %, -4 points) et le Front national (21 %, -7 points).

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Commentaire

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Ouvrons les paris sur sa cote à la rentrée après les ordonnances sur la loi travail?

P.G.

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dimanche 2 juillet 2017

Bruxelles et ses séduisantes Wonder Women scandinaves

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Difficile de passer à côté de la dernière superproduction bruxelloise. D’un côté, le méchant, la firme américaine Google. De l’autre, la superwoman de la Commission européenne, la Danoise Magrethe Vestager. Cette dernière, comme nul ne peut plus l’ignorer, a infligé le 27 juin, en sa qualité de commissaire européen à la Concurrence, une amende de 2,4 milliards d’euros au géant de l’Internet. Une somme record.

Le bon peuple est donc prié d’applaudir : « vous voyez bien que l’Union européenne ne s’en laisse pas compter face à l’Oncle Sam »…

L’on ne pleurera pas ici sur le sort de la société californienne qui « pèse » 80 milliards de chiffre d’affaires (et 18 milliards de profits). Du reste, cette dernière devrait faire appel, ce qui lui laissera sans doute quelques années avant de passer au distributeur automatique de billets et de s’acquitter de la somme.

Reste qu’il n’est pas inutile de rappeler les griefs exhibés à son encontre. S’agit-il de sanctionner l’emprise de ce « Big Brother » collectant les données personnelles de millions d’internautes ? De punir le mélange des genres entre service rendu aux utilisateurs (le moteur de recherche) et publicité insidieuse mais massive ? De mettre à l’index la monétisation des données collectées aux firmes les plus offrantes ?

Que nenni. Ce que l’euro-héroïne reproche à Google… c’est de ne pas laisser ses concurrents faire pareil. Mme Vestager condamne en effet une des fonctions de Google, baptisée « Google shopping », qui est en réalité un comparateur de prix. Ce dernier est suspecté de privilégier systématiquement ses propres offres, et de reléguer ses concurrents hors visibilité.

« Google a abusé de sa position dominante » a martelé le commissaire, qui a – c’est son job – rappelé que la concurrence est le principe le plus sacré de l’Union européenne (un principe qui connaît cependant une exception : le Conseil européen des 22 et 23 juin a promu l’Europe militaire notamment en prévoyant de subventionner massivement la recherche et le développement communs d’armements, voire la production commune de capacités, dans le but d’« éviter les doublons » industriels ou technologiques – lire l’édition du 27 juin de Ruptures).

Naturellement, seuls les très mauvais esprits pourraient imaginer que la sanction bruxelloise contre une société américaine pourrait, par ailleurs, servir demain de fausse fenêtre si la Commission se préparait également à frapper Gazprom, le géant russe du gaz ; c’est en effet le prochain dossier que Mme Vestager a entre les mains…

Séries à succès

Cette dernière a, dans son pays, servi de modèle pour diverses séries à succès (notamment Borgen, une femme au pouvoir) mettant en scène une politicienne ambitieuse à qui tout réussit. Mais elle a une concurrente (si l’on ose dire pour la chef de la concurrence) au sein de l’exécutif européen en la personne de Cecilia Malmström.

Pour ceux qui l’ignorent (s’ils existent), rappelons que cette Suédoise est commissaire au Commerce international. Pas tout à fait un poste secondaire, puisque c’est elle qui négocie, au nom des vingt-huit Etats membres, les différents accords de libre échange (ALE) comme celui en vigueur avec le Canada (CETA).

C’est elle qui était en première ligne pour essuyer la rebuffade de Donald Trump, lorsque ce dernier a, pour l’instant du moins, euthanasié le TTIP. Mais, comme sa collègue Magrethe, Cecilia n’est pas femme à se laisser abattre. Elles bataille actuellement pour négocier des ALE avec le Viêt-Nam (déjà signé), le Mexique, le Mercosur…

Mais c’est avec le Japon que les discussions pourraient déboucher très vite. Si tel est le cas, tant pis pour l’industrie automobile européenne ou les petits agriculteurs nippons, car ce serait une consécration pour la Commission, ainsi qu’un succès apprécié par les élites mondialisées et leurs relais médiatiques.

Qui en pincent décidément pour les Wonder Women scandinaves.

https://ruptures-presse.fr/actu/vestager-google-amende-commission/