samedi 12 août 2017

Scandale des œufs contaminés: Les quatre questions soulevées par cette crise sanitaire

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Scandale des œufs contaminés: Les quatre questions soulevées par cette crise sanitaire

http://www.20minutes.fr/sante/2116219-20170811-scandale-ufs-contamines-quatre-questions-soulevees-crise-sanitaire

Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles dans l’affaire des œufs contaminés au fipronil. La Commission européenne a annoncé ce vendredi que 15 pays de l’Union européenne, ainsi que la Suisse et Hong Kong, sont pour l’instant concernés par ces œufs pondus par des poules traitées avec un insecticide toxique, pourtant interdit sur les animaux destinés à la chaîne alimentaire.

Cet énième scandale alimentaire, révélé deux semaines après le lancement des États généraux de l’alimentation par le Premier ministre, soulève plusieurs questions.

Pourquoi la présence d’œufs contaminés en France a-t-elle été repérée si tard ?

Tout a commencé le 1er août, avec la révélation de la contamination au fipronil de milliers d’œufs au Pays-Bas, dont certains ont été exportés vers l’Allemagne. Dans un premier temps, le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a affirmé le 5 août que l’Hexagone n’était pas concerné, avant de revenir sur cette déclaration le 7 août, indiquant que 13 lots d’œufs contaminés avaient été livrés en France. En quelques jours, l’affaire a pris une tout autre ampleur. Le ministère estime à ce jour que 250.000 œufs contaminés ont été mis sur le marché en France, et ce dès le mois d’avril, certains ayant été transformés et d’autres directement mis en rayon dans des supermarchés.

« Les investigations sont en cours au niveau européen », indique le ministère de l’Agriculture, qui affirme avoir été « très transparent » sur cette affaire. « On est face à une fraude. Des enquêtes de traçabilité se poursuivent et dès que de nouveaux établissements sont identifiés, ces informations sont publiées sur notre site ».

Les informations ont visiblement mis du temps à émerger : les autorités belges ont alerté la Commission européenne le 20 juillet. Mais il a fallu attendre l’alerte d’un exploitant français qui avait reçu des œufs contaminés pour que leur présence sur le territoire français soit officiellement détectée et annoncée. « On peut s’interroger sur l’efficacité du contrôle des agents sanitaires, car c’est au niveau de l’exploitant que les œufs ont été découverts », déplore Laurent Chevallier, médecin consultant en nutrition.

« La coopération doit mieux se passer à l’avenir », a déploré Stéphane Travert mercredi à propos de l’échange d’informations avec la Belgique et les Pays-Bas, où l’usage illégal de firponil dans les élevages de poule pourrait dater du mois de novembre 2016.

Pourquoi autant de pays sont-ils concernés ?

A ce stade, 17 pays ont reçu des œufs contaminés au fipronil, dans l’Europe et jusqu’en Asie, à Hong Kong. Pour Laurent Chevallier, c’est à cause de la « concentration » de la filière. « Quelques opérateurs fournissent d’importants volumes d’œufs à divers marchés, ils distribuent leurs produits partout ». C’est selon lui valable dans d’autres filières agroalimentaires.

Pour l’ancien candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot, cette crise est « un nouveau symptôme du modèle totalement concentrationnaire (de) l’élevage ultra-intensif ».

Ces œufs contaminés sont-ils dangereux pour l’homme ?

Le ministère de l’Agriculture se veut rassurant : « Le risque sur la santé humaine est écarté », affirme-t-on en s’appuyant sur l’avis rendu ce vendredi par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). L’agence ne s’appuie toutefois pas sur des analyses des œufs actuellement incriminés mais sur plusieurs études déjà disponibles sur cette substance. Elle conclut que « compte tenu des concentrations de fipronil observées à ce jour [qui n’ont pas été officiellement communiqués] dans les produits contaminés, et considérant la caractérisation des dangers de cette substance, le risque de survenue d’effets sanitaires apparaît très faible ».

« Dans le cas de la fabrication d’ovoproduits, les œufs contaminés ont été mélangés avec des œufs sains, il y a un phénomène de dilution. Le risque est infime », poursuit-on au ministère.

Le médecin nutritionniste Laurent Chevallier est plus réservé. « Ces messages rassurants ne reposent sur aucune preuve à ce stade. Le problème, c’est que le fipronil est lipophile : une fois absorbé, il se niche dans le gras et c’est compliqué de l’éliminer de l’organisme. Il est aussi soupçonné d’être un perturbateur endocrinien ». En attendant, il conseille aux consommateurs d’acheter des œufs bios pondus en France, repérables grâce au sigle 0FR sur leur coquille. Rappelons que des œufs contaminés au fipronil ont aussi été mis sur le marché en France sous l’étiquette bio.

Quelles mesures et sanctions vont être prises ?

« Tous les produits contenant des œufs issus des élevages contaminés seront retirés du marché dans l’attente de résultats d’analyse » et ces aliments « seront remis sur le marché en cas de résultat favorable », indique le ministère de l’Agriculture.

Plusieurs personnes ont été arrêtées en Belgique et aux Pays-Bas et l’enquête se poursuit.

« Ce ne sera pas le dernier scandale sanitaire », prédit Laurent Chevallier. « Il faut des sanctions sévères pour les responsables. Actuellement les sanctions sont très peu dissuasives. Et la réglementation agroalimentaire européenne doit être renforcée », poursuit-il. Autant de sujets qui pourraient être discutés lors de la réunion de crise convoquée par la Commission européenne.

Scandale des œufs contaminés: La Commission européenne organise une réunion de crise et convoque les pays touchés

La Commission européenne va convoquer les pays de l’UE touchés par le scandale des œufs contaminés au fipronil, a annoncé ce vendredi le commissaire à la Santé.

« J’ai proposé de tenir une réunion de haut niveau rassemblant les ministres concernés ainsi que les représentants des agences de sécurité alimentaires dans tous les Etats membres impliqués, dès que l’ensemble des faits sera à notre disposition », a indiqué Vytenis Andriukaitis dans un message écrit, précisant en avoir déjà discuté avec les ministres allemand, belge et néerlandais. Douze pays sont déjà affectés par cette contamination de millions d’œufs dans l’Union européenne.

« Nous devons examiner en détail ce qui s’est passé »

La Belgique et les Pays-Bas, où la contamination s’est produite, sont mobilisés pour en trouver les responsables :  les enquêtes menées dans ces deux pays se sont accélérées jeudi, menant à l’arrestation de deux dirigeants d’une entreprise néerlandaise qui a vraisemblablement appliqué le produit dans des poulaillers, lors d’un traitement contre le pou rouge.

« Nous devons examiner en détail ce qui s’est passé. Nous avons besoin d’une analyse complète de ce cas. Nous avons besoin que nos experts identifient où les problèmes ont pu surgir pour que nous soyions capables de nous asseoir et discuter de solutions et de la marche à poursuivre », a expliqué le commissaire.

Le commissaire a précisé avoir demandé, outre les mesures prises dans l’urgence par les Etats membres pour retirer les lots contaminés, que ceux-ci restent « vigilants » pour s’assurer que des produits interdits ne soient pas utilisés dans le traitement du pou rouge au sein des élevages de poules pondeuses.

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mardi 8 août 2017

Emmanuel Macron reçoit à l’Elysée un monde agricole en crise

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Emmanuel Macron reçoit à l’Elysée un monde agricole en crise

Les leaders syndicaux agricoles réclament des prix plus justes et une meilleure répartition des aides européennes. Le président promet des mesures à la mi-octobre.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/08/07/emmanuel-macron-recoit-a-l-elysee-un-monde-agricole-en-crise_5169706_823448.html#E8oc8I6fLiYm0Vvq.99

 

Son absence lors du lancement des Etats généraux de l’alimentation, le 20 juillet, avait été remarquée. Près de trois semaines plus tard, le président Emmanuel Macron recevait lundi 7 août dans la matinée la plupart des représentants du monde agricole. Seule Christiane Lambert était absente ; la présidente de la FNSEA, le premier syndicat agricole, avait déjà été reçue à l’Elysée le 18 juillet*.

Au centre des entretiens la répartition des aides européennes ou encore la revendication pour les producteurs, durement frappés par la crise, d’un « juste » prix face aux exigences de la distribution ou de l’industrie agroalimentaire. « Il faut faire en sorte que, demain, nous ne perdions plus de paysans », a ainsi plaidé Jérémy Decerle, des Jeunes agriculteurs, à la sortie de son entretien avec Emmanuel Macron. Le responsable syndical a rappelé au président que la France avait perdu un quart de ses paysans au cours des dix dernières années et appelé à des mesures pour relancer « l’attractivité » d’un secteur qui traverse depuis plusieurs années une crise profonde.

Le président a informé les représentants du monde agricole qu’il présenterait lui-même, mi-octobre, les conclusions de la première phase des Etats généraux de l’alimentation sur la création et la répartition de la valeur, censée répondre aux difficultés financières rencontrées par certains agriculteurs. Le chef de l’Etat s’est engagé, selon les responsables syndicaux, à les revoir fin septembre.

Un « plan Marshall » pour l’agriculture

« Nous sortons de trois ans de crise pour l’élevage, les céréaliers aussi depuis deux ans », a expliqué, lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron, Bernard Lannes, président de la Coordination rurale (CR), qui revendique le titre de deuxième syndicat agricole. Il souhaite que les Etats généraux de l’alimentation permettent de « réorienter l’alimentation », mais, selon lui, cela ne peut se faire sans modifier la politique agricole commune européenne (PAC), « ultralibérale ».**

L’entourage du président a indiqué que ce dernier souhaitait « agir en amont des prochaines négociations commerciales pour permettre un meilleur partage de la valeur ajoutée et permettre aux agriculteurs de vivre de leur métier ». « Le président souhaite se concentrer sur la prochaine PAC, un dossier prioritaire sur lequel la France sera force de proposition », affirme l’Elysée***.

La CR, qui voudrait un « plan Marshall » pour l’agriculture, a également demandé à M. Macron d’intégrer le Haut Conseil de la coopération agricole pour « lutter contre les dérives de certaines coopératives » qui « ne défendent plus les intérêts de leurs adhérents ». Le but affiché étant d’éviter certaines crises rencontrées dans le passé, comme dans la production laitière depuis deux ans, ou le porc en 2015.

Les aides européennes au menu des discussions

Les syndicats ont également abordé la question de la répartition des aides européennes, tant la décision, cette semaine, du ministre Stéphane Travert de rééquilibrer les budgets a suscité de fureur, aussi bien dans le monde agricole que chez les ONG environnementales. M. Travert a décidé de transférer une partie des aides européennes du « pilier 1 » de la PAC (aides à l’hectare) vers le « pilier 2 » (développement rural, aide à l’agriculture de montagne, installation des jeunes agriculteurs, aide au bio). [1]

La Confédération paysanne souhaite également que soit « enclenchée la transition de l’agriculture » vers un modèle plus durable.

Le Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef), pour sa part, souhaite mettre l’accent sur la crise de l’élevage et la situation épineuse des producteurs de palmipèdes face à la grippe aviaire, et demander une révision de la loi de modernisation de l’économie.

Les Etats généraux de l’alimentation doivent durer plusieurs mois, avec la tenue notamment de quatorze ateliers, du 29 août jusqu’à la fin de novembre. ****

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*Significatif: un traitement à part pour la FNSEA, premier partenairedu gouvernement.

** Modifier la PAC, c'est comme modifier les traités, toujours les mêmes mensonges...

***La France va poliment faire des propositions à ses “partenaires” qui l'enverront promener et Macron, comme ses prédecesseurs reviendra penaud.

****Toute cette dernière partie de l'article est un catalogue de désaccords entre organisations corporatistes sans aucune vision d'ensemble. Aucun intérêt, à mon avis.

[1] Pour mieux essayer de comprendre les “divergences” entre secteurs, et le poids des uns et des autres, lire l'article ci- dessous:

P.G.

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Le changement de répartition des aides agricoles européennes suscite la polémique

Le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, a annoncé des transferts d’aide de la politique agricole commune pour soutenir le développement rural.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/07/28/le-changement-de-repartition-des-aides-agricoles-europeennes-suscite-la-polemique_5166180_3234.html#vzKFieHxVi7CqxRe.99

La répartition des aides agricoles européennes est un sujet sensible. Le nouveau ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, vient d’en faire l’expérience. Dans un communiqué publié jeudi 27 juillet, il a annoncé « un transfert à hauteur de 4,2 % des montants des crédits du pilier I de la politique agricole commune [PAC] vers le pilier II pour satisfaire les besoins identifiés sur le pilier II d’ici 2020 ».

 

Une manière de combler en partie le manque de financement des mesures destinées à la politique de développement rural. M. Travert avait indiqué mercredi, devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale qu’il se retrouvait devant une « impasse financière de près de 853 millions d’euros ».


Des besoins estimés jusqu’en 2020, qui résultent d’une conjonction de facteurs selon le ministère : extension du périmètre des bénéficiaires de l’indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN), montée en puissance de la filière bio ou de dispositifs comme l’assurance récolte mais aussi renforcement de la part de l’Union européenne dans les co-financements, sachant que les mesures du second pilier sont abondées par les régions.

Des décisions qui s’appliqueront en 2018

Autre décision prise par M. Travert. Le « paiement redistributif » du premier pilier reste figé à 10 %. Cette mesure négociée par l’ancien ministre Stéphane Le Foll à Bruxelles, lors de la définition de la PAC 2014-2020, vise à soutenir les petites et moyennes exploitations. L’idée étant de mieux répartir les subsides du pilier I, doté de 7,44 milliards d’euros, destinés au soutien direct aux agriculteurs, avec en particulier le paiement à l’hectare. Le dispositif prévoyait de majorer l’aide versée aux 52 premiers hectares. Une majoration qui devait croître dans le temps. Passant de 5 % de l’enveloppe globale en 2015 à 20 % en 2019.

En 2016, le taux a atteint 10 %. Mais la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et les céréaliers réunis au sein de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB) ne souhaitaient pas qu’il augmente encore. En 2016, ils ont fait état de la difficulté des céréaliers après une très mauvaise récolte pour obtenir une stabilisation à 10 % en 2017. Ils ont à nouveau demandé de surseoir à la hausse. Le gouvernement a donc tranché en leur faveur, maintenant le niveau une nouvelle fois à 10 % pour 2018.

Ces décisions qui s’appliqueront en 2018 vont être notifiées à Bruxelles. La France devait le faire avant le 1er août. Concrètement, le prélèvement de 4,2 % devrait dégager potentiellement 312 millions d’euros pour contribuer à soutenir, l’an prochain, les mesures de développement rural. Selon le ministère, cette enveloppe supplémentaire sera entièrement consacrée au surcoût du financement de l’ICHN.

Immédiatement après la publication de la décision du ministère, les réactions ont fusé. La FNSEA s’est insurgée contre « un hold-up inacceptable sur les soutiens à l’agriculture » pointant du doigt le prélèvement de 4,2 % et fustigeant le précédent gouvernement pour avoir « laissé en héritage une énorme ardoise de 853 millions d’euros ». Elle estime que le gouvernement aurait du « trouver les ressources dans le budget national ». « Les agriculteurs n’ont pas à supporter une nouvelle fois les conséquences d’une mauvaise gestion budgétaire de l’Etat », estime le syndicat des Jeunes agriculteurs (JA). Même son de cloche chez les céréaliers avec l’AGPB, les producteurs d’oléagineux (FOP), les producteurs de betteraves tous vent debout contre ce reversement.

Les éleveurs laitiers réunis au sein de la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL) l’ont aussi dénoncé estimant « qu’ils contribueront pour un tiers à cette ponction, pour près de 130 millions d’euros ». Les chambres d’agriculture ont aussi affirmé dans un communiqué avoir milité pour que le transfert d’aides ne soit pas opéré. Elles demandent « aux régions et aux agences de l’eau de prendre leur part dans le financement des mesures de développement rural ».

Pour sa part, le syndicat Confédération agricole, parle de « trahison gouvernementale ». Il s’inquiète de la décision prise par le gouvernement « qui porte un coup fatal à l’emploi agricole, en ne majorant pas davantage les 52 premiers hectares, et donc en défavorisant les fermes les plus pourvoyeuses d’emploi ». Il estime également les moyens mobilisés insuffisants pour faire face aux besoins de financement de l’ICHN, de la bio et des mesures agro-environnementales.


Une position partagée par la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB) qui chiffrait à 3 % minimum le transfert nécessaire entre le premier et le second pilier de la PAC pour financer l’essor de la seule agriculture biologique. Evoquant un « jeudi noir pour l’agriculture biologique », elle affirme « que la décision du ministre ne prévoit aucun budget pour les aides à l’agriculture biologique ».

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lundi 24 juillet 2017

Alain, cultivateur d’abricots en Ardèche, « voulait juste vivre de son métier »

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Alain, cultivateur d’abricots en Ardèche, « voulait juste vivre de son métier »

Agriculteur depuis vingt-trois ans, il subit l’effondrement du prix des abricots. En cause : la concurrence espagnole et les diktats de la grande distribution.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/07/22/alain-cultivateur-d-abricots-en-ardeche-voulait-juste-vivre-de-son-metier_5163914_3234.html#Rc2vk2TKLEzzYWyL.99

La récolte est terminée, mais certains arbres croulent encore sous les fruits. Ronds, doux et « gorgés de sucre », ils alourdissent les branches et fragilisent les vergers. « C’est un déchirement », lâche Alain Mounier, « 50 ans dans trois semaines » et cultivateur depuis vingt-trois ans à Charmes-sur-Rhône, en Ardèche. « Personne n’en veut même à 30 centimes le kilo », lance-t-il en secouant une branche pleine de fruits. L’homme a pourtant « passé des heures », cet hiver, à protéger les vergers du gel, notamment la nuit lorsqu’il allumait des bougies pour réchauffer l’atmosphère et éviter de perdre 80 % de sa production, comme ce fut le cas en 2016.

Il y a encore un mois, la saison s’annonçait bonne. Les fruits étaient « bien calibrés », le temps sec et ensoleillé. Même France 3 était venue immortaliser les espoirs du cultivateur. Alors que s’est-il passé ? Alain Mounier évoque deux raisons : la concurrence espagnole et la météo. « Il y a eu un télescopage entre les Pyrénées-Orientales et la vallée du Rhône. D’habitude, il y a dix jours de décalage entre les récoltes, mais cette année elles ont eu lieu en même temps », explique-t-il.

En juillet, la Confédération paysanne dénonçait des prix « historiquement bas » pour les abricots. « La production française a démarré en avance » et « c’est le prix à l’export de l’Espagne qui a fixé le prix de la saison », expliquait André Bouchut, responsable de la filière fruits et légumes du syndicat, lors d’une vente d’abricots à Paris.

Conséquence : trop de fruits se sont retrouvés en même temps sur le marché et les stocks se sont accumulés, entraînant une chute des prix. Selon le service statistique du ministère de l’agriculture, l’Agreste, les cours étaient ainsi, en juin, inférieurs de 27 % par rapport à la période 2012-2016.

 

« Je ne vois plus d’avenir »

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lundi 10 juillet 2017

Sélection de la semaine - 9 juillet 2017 (1)

RWANDA SLDATS

Génocide au Rwanda: une enquête révèle qu'en 1994, les autorités françaises, sous mandat de l'Elysée, ont réarmé les responsables des massacres, violant l'embargo sur les armes décrété par l'ONU, et alors même que la France avait contribué au désarmement des génocidaires.
FRANCE
L'Etat va vendre certains de ses actifs dans les entreprises publiques pour financer l'innovation
La privatisation rampante du secteur public continue donc, conformément à l'article 106 du TFUE (mise en concurrence des services publics).
Feu vert à la ferme des 1000 vaches
L'autorisation se fait par non-réponse de la préfecture. C'est la victoire d'une vision archiproductiviste de l'agriculture, conforme à l'article 39 du TFUE. C'est d'ailleurs une réponse aux augmentations d'importations de lait de la part de l'Allemagne et du Danemark.
Victoire nationaliste en Corse et renoncement à la maîtrise de son destin
Les indépendantistes corses ont réussi à placer 3 députés sur 4 circonscriptions, et dénoncent une France qui "rejette sa culture et son histoire, et renonce peu à peu à la maîtrise de son destin". Le constat est vrai, mais ils oublient de mentionner qu'une Corse indépendante dans le cadre de l'UE devrait tout autant, voire plus, renoncer à la maîtrise de son destin.
Hulot veut augmenter la taxe carbone de 40%
La tonne de carbone passerait donc de 100 à 140€ d'ici 2030.
Xavier Moreau : la révolution colorée française
Xavier Moreau, blogueur français en Russie, et précédemment invité par l'UPR à une université d'automne, analyse l'élection de Macron comme une révolution colorée. L'analyse porte sur la manière par laquelle Macron a été élu, mais élude le fait que Fillon aurait dû appliquer lui aussi les GOPE s'il avait été élu.
La France, un grand parc d'attraction pour le président Macron
Versailles, boxe, tennis, sous-marin, bicyclette, TGV, bateau... le président de la République est très occupé.
France 2 doute de la légalité du financement de la campagne Macron
Mieux vaut tard que jamais... mais ces doutes auraient été les bienvenus pour informer les Français AVANT le vote de la présidentielle.
Eric Woerth élu président de la commission des finances de l'Assemblée nationale
La France a cette particularité d'avoir des revenants politiques perpétuels, réélues malgré tous les doutes qui peuvent être levés sur leur moralité. Sous les projecteurs de la justice à propos de l'affaire Bettencourt, Eric Woerth retrouve donc un poste prestigieux... en lien avec les finances !

lundi 5 juin 2017

Revue de presse (sélection semaine du 29 mai au 4 juin 2017) 1° partie

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L'UPR met régulièrement à l'honneur la Francophonie, avec laquelle nous voulons rebâtir des liens forts ! Saviez-vous que la 1re ville francophone au monde n'est plus Paris mais Kinshasa, avec 12,1 millions d'habitants ?

France

Casse du code du travail : les détails de l'agenda
Le premier ministre a dévoilé l'agenda des ordonnances de la loi travail 2: en particulier la primauté des accords d'entreprise sur les accords de branche, qui va permettre à la loi de la jungle de s'appliquer.
Macron s'attaque à RT et Sputnik : la liberté de la presse mal en point
Le président estime que ces deux médias sont des organes d'influence et de propagande. RT s'est offusqué de cette déclaration à juste titre : édicter ce qui est la bonne ou mauvaise presse, voilà un comportement parfaitement dictatorial et dangereux pour la liberté d'expression journalistique.
Le droit de manifester menacé en France
"Le constat est sans appel : l’application de l’état d’urgence et un usage disproportionné de la force ont restreint ce droit fondamental de manière préoccupante."
Le projet de Macron pour faire éclater le système solidaire des retraites
Macron veut aller vers un système de cotisation par points dont la valeur à la retraite sera variable. Ce serait un coup de canif dans le système de la retraite par répartition.
Les maires demandent à Macron de maintenir la taxe d'habitation
Les maires ne lèvent contre la volonté de Macron d'exonérer massivement la taxe d'habitation. Cette exonération est sans doute un nouveau moyen d'étouffer les communes budgétairement pour les forcer à fusionner ou à regrouper leurs compétences.
50 tonnes d'abricots déversées devant des supermarchés
L'article 34 du TFUE interdit les restrictions quantitatives à l'importation entre pays membres, précipitant les prix vers le bas. Avec une majorité UPR, nous sortirons de l'UE, dénoncerons cet article, et garantirons des prix minimum de revient dignes pour les agriculteurs.
La Cour des Comptes dénonce les petits arrangements de Hollande
Pour donner l'impression que le déficit de la France diminue, Hollande a joué sur les chiffres en choisissant de ne pas affecter deux milliards d'euros au désendettement de l'Etat. Il y a également eu manipulation sur les recettes.
Les Français de plus en plus pauvres d'après l'Observatoire des inégalités
950000 personnes pauvres en plus entre 2004 et 2014: cela fait froid dans le dos. A comparer aux 1,5 à 2 millions de chômeurs en moins qui seraient le résultat de la sortie de l'euro.

REVUE PRESSE GENERIQUE

Suite demain...

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vendredi 2 juin 2017

L'UPR Creuse répond aux questions de la Confédération paysanne

MOUTONS

En période électorale, les candidats reçoivent nombre de questionnaires de syndicats ou d'associations. Aujourd'hui, nous publions la réponse que nous avons adressée à la Confédération paysanne de Creuse.

L'UPR a mis depuis sa création la préservation de notre vie rurale au cœur de ses préoccupations. Notre président
François Asselineau est venu le 25 novembre 2016 faire à Boussac une conférence sur le sujet des communes rurales; et avait établi un programme législatif très détaillé en faveur de l'agriculture et de l'alimentation (lien https://www.upr.fr/programme-elections-presidentielles-france ) ;

INVITATION maires Creuse_sans logo

"Êtes-vous prêts à engager un débat parlementaire sur la question du revenu des paysans dès l'ouverture de la prochaine session à l'Assemblée Nationale ?"

Notre constat sur l'Agriculture:

-les traités européens placent nos agriculteurs dans une concurrence insupportable avec des pays à très bas coût de salaire, et les contraignent à une course folle à la productivité au détriment de la santé, de l'environnement, de l'identité des terroirs et de la qualité des aliments (aticle 39 du Traité de fonctionnement de l'Union européenne).;

-l'union européenne est en train de finaliser des traités transatlantiques (CETA et TAFTA) qui aggraveront la situation;
-au train où vont les choses, nos agriculteurs seront amenés à s'entredéchirer pour l'obtention de diverses aides, pour qu'il ne reste qu'une poignée de "vainqueurs" soumis aux semenciers, à l'industrie agro-chimique, à la grande distribution et aux banques; car si la France est en fait le payeur réel de la PAC (puisqu'elle verse à l'Union européenne 60% de cotisations de plus que ce que nos territoires reçoivent en retour, venant de Bruxelles, sous forme d'aides diverses dont agricoles), elle n'a le choix ni de la forme de ces aides, ni de leur destination, ni des domaines agricoles auxquels elle voudrait donner une priorité, et toujours entre des bornes fixées par la commission europeenne.
-notre pays n'a plus les manettes et se voit imposer par l'union européenne des normes venant de l'extérieur:
- implantation de cultures OGM alors que la population est réticente
- normes alimentaires du "codex alimentarius"
- atteintes graves à la liberté fondamentale de produire ses semences. Notre parti est très sensible à ce dernier sujet, qui touche à la prétention qu'ont certaines multinationales à s'approprier des brevets sur le vivant, sous le prétexte du droit d'auteur qui est en réalité détourné: nous avons d'ailleurs des adhérents creusois très impliqués dans diverses associations de promotion de la semence libre (il y a en Creuse l'association semetesgraines-grainothèque de Guéret pour les particuliers , et également 1001 semences limousines pour les céréaliers bio , et les réseaux de permaculteurs ).

Notre préoccupation très grande vis-à-vis des difficultés du monde agricole peut aussi se retrouver dans cet article publié le 22 mai 2015 écrit par notre responsable national C. Blanc , agriculteur :
https://www.upr.fr/actualite/les-francais-vont-ils-laisser-detruire-lagriculture-francaise-par-christophe-blanc

et également dans le fait que monsieur Asselineau défend le monde agricole et rural chaque année, par des interventions lors des salons de l'agriculture:
https://www.upr.fr/tag/agriculture

Nos propositions 127 à 140 décrites plus bas en annexe constituaient le programme législatif du candidat à la présidentielle F. Asselineau; leur financement ainsi que leur possibilité d'être mises en œuvre étaient, certes, reliées au recouvrement de notre liberté d'action grâce à une sortie de l'union européenne, qui n'aura pas lieu puisqu'au contraire, c'est le candidat de l'ultra-libéralisme, monsieur Macron, qui a été élu.

Néanmoins, en tant que mouvement d'opposition, nous comptons faire tout ce qui est possible pour freiner cette dérive vers une
marchandisation de tout l'espace au détriment des producteurs initiaux et du bien commun de la population. C'est pourquoi je m'engage à faire appliquer le plus possible des articles décrits en annexe, tout au moins pour ceux d'entre eux qui sont compatibles avec les traités européens, et pour les autres, profiter de ma présence dans l'hémicycle pour démontrer les incohérences de certaines situations.

Donc je réponds oui à 100% à votre première question:
Je souhaiterais que ce débat prenne en compte le revenu des paysans mais aussi la situation humaine et sociale des plus précaires d'entre eux, qui sont parfois dans des situations de détresse qui poussent des agriculteurs de plus en plus nombreux au suicide.

Vos questions:

Quelles sont vos propositions concrètes pour :
améliorer le revenu des paysans
inciter et faciliter l'installation de nouveaux actifs agricoles
gérer le foncier (accessibilité, lutte contre l'artificialisation des terres,....)
réduire les impacts environnementaux de l'agriculture et développer les externalités positives

Vous voudrez bien également nous préciser quelles orientations vous souhaitez pour la prochaine politique agricole commune et ses déclinaisons aux différentes échelles (nationale, régionale,...)

Réponses:

Je répondrai en premier lieu à votre question sur les orientations de la prochaine politique agricole. Les agriculteurs doivent vivre de leur production, pour cela je considère qu'il doivent avoir des prix rémunérateurs et stables. Il faut donc les découpler des cours mondiaux, faibles et variables car sujets à spéculation. Pour cela il faut une politique de protection du marché intérieur par des taxes à l'importation, avec des mesures de maîtrise de la production (quotas). Outre un revenu pour les agriculteurs cette politique favorise aussi une souveraineté alimentaire, et limite les transports aberrants des filières industrielles actuelles.
Concernant les aides directes, je suis contre le principe du découplage entre les primes et la production, je proposerai donc de lier une partie de celle ci à la main d'œuvre travaillant sur les exploitations. Une prime à l'actif agricole non conditionnée soutiendrait le nombre d'actifs, en rendant la main d'œuvre concurrentielle vis à vis de la mécanisation, et permettrait d'assurer un soutien financier inconditionnel à chaque agriculteur.
Les circuits courts, avec une valorisation locale doivent aussi être favorisés, tant pour des raisons de qualité alimentaire, que d'impact positif sur l'environnement et le tissu rural.
Je souhaite que la politique agricole garde une orientation environnementale forte, en revoyant le système pour obtenir une meilleure lisibilité pour les agriculteurs, une simplification des déclarations et des modalités de contrôle-sanction, pour obtenir une meilleur adhésion des agriculteurs.
Ces propositions sont utopiques dans le cadre de l'Union Européenne et à contre courant de la vision libérale de la commission de Bruxelles. Cependant, je chercherai a les défendre et à orienter la PAC dans cette direction, de même je souhaite que le gouvernement exploite les quelques latitudes laissées par la commission de Bruxelles pour plafonner les aides par exploitation, et pour supprimer les effectifs plancher qui excluent de nombreux agriculteurs de l'accès aux aides.
Les autres questions trouvent une réponse dans mes souhaits pour la Politique agricole, cependant voici quelques éléments supplémentaires :


AMÉLIORER LE REVENU DES PAYSANS

-Je propose une réglementation sur les marges des filières, pour que le prix d'achat à la production ne soit plus la variable d'ajustement aux crises du marché.

- Si les actifs agricoles doivent vivre correctement il en est de même pour les retraités, les retraites agricoles doivent être revalorisées.


INCITER ET FACILITER L'INSTALLATION DE NOUVEAUX ACTIFS AGRICOLES

-une partie de la réponse est liée à la question précédente (meilleur revenu = métier plus attractif);

-une partie de la réponse est liée à la question suivante (le foncier libéré doit être disponible pour l'installation pas pour l'agrandissement ou autres activités non productives);

-il faut simplifier le parcours à l'installation, l'ouvrir au maximum de candidats (projets « conventionnels », formation...), réduire les rigidités administratives, assurer des délais d'instruction et de paiement raisonnables.

-mettre en place un fond solidaire, qui se porterait caution pour permettre à des petits projets d'avoir accès aux prêts bancaires pour des petites sommes sans apport personnel.



GÉRER LE FONCIER (ACCESSIBILITÉ, LUTTE CONTRE L'ARTIFICIALISATION DES TERRES, ...)



-instaurer une politique publique ambitieuse de stockage de foncier : achat de foncier pour le rendre disponible pour des jeunes installés sous forme de location, vente ou location-vente;

-limiter la spéculation sur les terres et l'achat de terres par des groupes financiers (grande distribution qui a maintenant l'intention de devenir producteur pour gérer la filière de l'amont à l'aval).

RÉDUIRE LES IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX DE L'AGRICULTURE ET DEVELOPPER LES EXTERNALITÉS POSITIVES

-interdiction des OGM (ce qui nécessite l'interdiction de l'importation de produits comportant des OGM);


- faire respecter les règles actuelles, notamment au niveau des effectifs d'animaux autorisés pour les installations classées qui sont parfois dépassés par nombre d'élevages industriels.


-favoriser les circuits courts


-interdiction de brevetage du vivant

Espérant que ces explications vous auront satisfaits, nous vous prions d'agréer l'expression de nos salutations les meilleures.

Philippe Gombert, délégué UPR de la Creuse et du Limousin, candidat aux élections législatives.

(ci-dessous notre annexe).
_____________________________

ANNEXE LA PARTIE RELATIVE À L'AGRICULTURE DU PROGRAMME DE François ASSELINEAU

https://www.upr.fr/programme-elections-presidentielles-france

DETAILS:

Une nouvelle jeunesse pour l'agriculture familiale
127
Assurer l'élévation et la sécurité du niveau de vie des agriculteurs

Mettre en place une taxe à l'importation pour protéger notre agriculture nationale familiale

128
Remplacer la PAC par la PNA (politique nationale agricole)

La sortie de l'UE ne modifiera en rien le niveau des subventions versées à nos agriculteurs, puisque ces subventions, bien que qualifiées d'européennes, sont en réalité financées par les contribuables français.

Réorienter la politique agricole vers la qualité des aliments et la préservation de l'environnement.

Définir un nouveau modèle pour l'agriculture française.

Améliorer le bien-être animal.

129
Garantir un revenu digne et stable aux agriculteurs en favorisant un prix juste à la vente des productions

Réguler les spéculations sur les produits alimentaires à destination de l'homme et des animaux en réglementant les marges de la filière.

Assurer, pour les agriculteurs, un prix minimum de viabilité en dessous duquel la grande distribution ne pourra pas descendre.

Créer un fonds de garantie suffisant en cas de sinistre agricole afin de dédommager les exploitants victimes.

Stabiliser le marché et l'orienter vers les productions locales.

Rapprocher les producteurs des consommateurs en favorisant les circuits courts

Création d'Agridistrib (outil Internet connectant les producteurs et les plates-formes de distribution locale). L'objectif sera de créer un marché local de façon à économiser sur les coûts de transport et à offrir aux consommateurs une fraîcheur accrue des produits.

130
Garantir l'autosuffisance alimentaire nationale et participer à la sécurité alimentaire mondiale

Mise en place d'un nouveau POS (plan d'occupation des sols) et garantie des aides alimentaires aux ONG tels «Les Restos du Cœur».

131
Accroître la biodiversité et la qualité de l'agriculture avec les nouvelles techniques, plus respectueuses de l'environnement et protectrices des sols et des terroirs

Favoriser l'émergence de techniques nouvelles en système agrosylvopastoral telles que la permaculture, l'agroforesterie, etc.

Garantir une évaluation scientifique indépendante et fiable de ces techniques.

132
Protéger les terres arables de la prédation foncière

Lutter contre l'étalement urbain en rendant à l'État le plein contrôle du POS.

133
Interdiction des OGM, y compris dans la nourriture animale

134
Libérer le commerce de semences anciennes et interdire le brevetage des nouvelles semences

Entreprendre des négociations avec l'Organisation mondiale de la santé sur les règles de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) liées au Codex Alimentarius, afin de refuser une partie de ces normes dans la production nationale et pour certains produits importés.

Modification des normes des fruits et légumes.

135
Effectuer une campagne de sensibilisation afin que les consommateurs changent leurs habitudes et acceptent d'acheter des produits mal calibrés, mais préservant leur santé et l'environnement

136
Favoriser le recyclage des produits alimentaires non conformes

137
Favoriser le développement de la recherche en la dotant de moyens nécessaires

138
Aider les jeunes agriculteurs (y compris des urbains) à s'installer

139
Assurer la gestion sociale en créant, au sein de Pôle emploi, une structure consacrée à cette filière, notamment en matière d'emplois saisonniers

140
Améliorer l'indépendance des formations agricoles vis-à-vis des lobbys industriels du secteur et coordonner les ministères de l'Éducation et de l'Agriculture

Valoriser les filières professionnelles agricoles (machinisme agricole, etc.)

Assurer aux ménages un budget alimentaire ne dépassant pas 15 % de leur budget global

 

SLOGAN AGRICOLE

samedi 1 avril 2017

Commentaires de presse agricole et dernières vidéos

Caf_FAsselineau_AC_30032017

 

Suite à l'intervention de François Asselineau devant la FNSEA, quelques commentaires de presse:

Les candidats invités à « ouvrir les champs du possible » pour l’agriculture

http://www.terre-net.fr/actualite-agricole/politique-syndicalisme/article/les-candidats-invites-a-ouvrir-les-champs-du-possible-pour-l-agriculture-205-126724.html

Extrait:

Au delà des idées défendues et des convictions, deux interventions sont globalement sorties du lot. La première d'abord, celle de François Asselineau qui, en candidat revendiqué "du Frexit", devait réussir à convaincre juste après le rappel, par Christiane Lambert, que l'agriculture ne peut s'en sortir sans l'Europe.

Le président de l'UPR, parmi les eurosceptiques qui ont défilé - avec Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen - a montré qu'il connaissait bien ses dossiers, en particulier le droit européen, en citant de nombreux articles. « Je vous propose de mettre tout sur la table et de sortir de l'Union européenne grâce à l'article 50, de façon sereine et juridique. Depuis 10 ans, je défends cela », a-t-il martelé, tout en remerciant la profession de l'avoir invité et de respecter ainsi le « jeu démocratique ».

« Sortir de l'Union européenne ne veut pas dire devenir la Corée du Nord », a-t-il répondu à Christiane Lambert, qui lui demandait comment ne pas perdre, sans Union européenne, des marchés à l'export. « Nos partenaires auront toujours envie d'acheter nos vins, nos fromages, notre foie gras. » Avant de critiquer encore à sa manière le « machin » européen : « Si TF1 n'est pas capable de faire débattre 11 candidats à la Présidentielle, comment voulez-vous faire débattre 28 pays dans une institution européenne ? ». L'eurosceptique récoltant quelques applaudissements.

A l'inverse de François Asselineau, les deux autres candidats eurosceptiques, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, avaient déjà eu l'occasion, il y a cinq ans à Montpellier, de s'exprimer devant la profession agricole. Leurs propos n'avaient donc pas l'attrait de la nouveauté. « Nous savions que la suppression des quotas laitiers serait une catastrophe. On savait que la directive sur les travailleurs détachés serait une catastrophe. » « Ils le savaient. Ils l'ont pourtant signée », a expliqué le maire de Yerres, avant de prévenir : « Votre choix est très simple : soit vous continuez à faire semblant en continuant à mendier des aides, soit vous reprenez votre destin en main. Soit on retrouve l'esprit initial de la Pac, soit on claque la porte comme le fait la Grande-Bretagne. » 

Le grand oral agricole

http://www.lafranceagricole.fr/actualites/gestion-et-droit/presidentielle-le-grand-oral-agricole-1,1,1824408575.html

Le plus éloquent : François Asselineau (Union populaire républicaine)

François Asselineau crée décidément la surprise dans cette campagne. Il a fallu du courage à ce champion du « Frexit » pour venir présenter son projet devant une assemblée de proeuropéens convaincus. Précis sans être rébarbatif, il s’est au moins attiré le respect de l’assemblée par un discours franc et tranquille.

« Il n’y a pas de sujet plus grave que celui que j’évoque devant vous, a-t-il déclaré. Les élections en France sont devenues des théâtres d’ombres. Je vous propose, moi, en adulte responsable, de mettre tout ça sur la table et de sortir de l’Union européenne de façon sereine et juridique. Sauf erreur, ça ne veut pas dire devenir la Corée du Nord ! »

Quant à la Pac : « D’où vient l’argent reçu ? Des Français. Nous versons chaque année 23 milliards d’euros à l’Union européenne (UE), qui nous en rend 14, dont 9,1 avec la Pac. En sortant de l’UE, je prends l’engagement solennel non seulement de garantir les aides aux agriculteurs, mais aussi de rétablir la viabilité de l’agriculture familiale. »

Et de s’attirer les applaudissements de la salle par une double pique envoyée aux médias et à Bruxelles : « S’il est trop difficile de faire débattre onze personnes sur un plateau télé, comment débattre entre 28 pays dans une Commission européenne ? »

POST 1 AVR 2

François Asselineau sur Europe 1 et France Inter

https://www.youtube.com/watch?v=XPBDcIdfokw

François Asselineau France Culture 31 Mars 2017

https://www.youtube.com/watch?v=lJSHPZUtR10

François Asselineau sur radio RCF - le 31 mars 2017

https://www.youtube.com/watch?v=fgwNxGV_CC8

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lundi 27 février 2017

Sélection spéciale "salon de l'agriculture"

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Une agricultrice trouvée pendue dans sa salle de traite dans les Côtes d'Armor. La profession agricole compte un suicide tous les 1 à 2 jours. Ni le gouvernement, ni les candidats autres qu'Asselineau ne font le lien avec les articles 38 et 39 du Traité sur le Fonctionnement de l'Union européenne (TFUE), qui inscrit l'agriculture dans le cadre du marché commun (concurrence libre et non faussée avec les pays à plus bas coût salarial), avec l'objectif d'une productivité toujours accrue. Sauver l'agriculture familiale en France, c'est le Frexit...

SALON DE L’AGRICULTURE 2017 François Asselineau a été l’invité de l’émission de Jean-Paul HEBRARD – « POLITIQUES À LA FERME » – sur TV-AGRI le 25 février 2017

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https://youtu.be/4kxRTTTmSGM

Pendant ce temps, les médias continuent leur incessante propagande. Invité ce matin du 27 février sur RMC, le président de la Confédération paysanne en appelle à une autre Europe, ce qui fait dire à Jean- Jacques Bourdin: "vos propos sont très convaincants"!

Idem, sur internet, comme par exemple cette vidéo:

PRESIDENTIELLE 2017 | Agriculture, élevage, paysans, un modèle dans l'impasse ? | L'Oeil du Fil #3

Entre la nécessité de nourrir tout le monde, les conditions de vie des paysans et le poids des politiques, l'agriculture française est-elle dans l'impasse ?”

https://youtu.be/3MmPvQfohsk

Le constat est assez juste, et cette vidéo a l'avantage de faire le point sur la situation; mais on ne peut que regretter une fois de plus l'absence de mention des traités européens et de leur impact sur le fameux “modèle agricole inadapté” dont il est fait état.

Au lieu de ça, on nous explique que l'Etat dispose d'un certain nombre de leviers: réorientation du système d'aides vers l'agriculture durable, la promotion d'une formation adaptée aux besoins du moment (????), des politiques de sauvegarde de la diversité agricole ou encore la lutte contre les dérives de la grande distribution, bref, des propositions suffisamment vagues pour faire plaisir à tout le monde et inapplicables dans le cadre européen.

Mélanchon, sors de ce corps!!!*

fil d'actu

*1° lien sur la page d'accueil du site “Fil d'actu/L'oeil du fil”.

Demain: la revue de presse traditionnelle...

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jeudi 16 février 2017

Les menaces du CETA sur l’agriculture française !

MONTAGE CETA AGRICULTURE

En pleine crise agricole, après trois décennies de dérégulation des marchés européens [1], le gouvernement français s’est rallié à la réintroduction de mesures de contrôle des marchés agricoles.

 Il n’en soutient pas moins l’accord de libre­ échange avec le Canada (CETA) et la négociation d’un autre accord avec les États­-Unis (TAFTA), aux antipodes d’une logique de contrôle et de gestion des marchés. Ces traités compromettront en effet la mise en place de tels mécanismes et détruiront notre modèle agricole, (ou plutôt ce qu'il en reste) pourtant largement reconnu et défendu par les consommateurs.

Aucune étude d’impact agricole de cet accord n’a jamais été réalisée, ni aucune étude d’impact général à l’échelle de chaque État membre [2]. Le gouvernement considère pourtant le CETA comme le prototype de l’accord commercial idéal, et comme l’étalon à atteindre avec le TAFTA, en particulier dans le domaine des « Indications géographiques » : en effet le Canada a accepté de reconnaître sur son marché certaines des appellations d’origines (AOP et AOC) et indications géographiques protégées (IGP) alimentaires.

Mais le CETA est en réalité un accord qui fait peser de lourdes menaces sur les paysans français et canadiens, et présente des risques très concrets pour notre alimentation.

En contraignant à réduire toujours plus les coûts de production et à affaiblir les normes sociales et environnementales, en privant les États et les collectivités publiques des instruments nécessaires pour soutenir spécifiquement une agriculture locale, rémunératrice et respectueuse de l’environnement, cet accord devrait pousser à encore plus d'industrialisation de l’agriculture des deux côtés de l’Atlantique, entraînant des pertes d’emploi, la disparition des savoir­ faire locaux, et la dégradation de notre santé et de notre environnement.

[1]Comme le rappelait en 2010 le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux, « cette stratégie de l’orientation par le marché a largement fait fi de l’existence des nombreuses défaillances et sources d’instabilité des marchés agricoles qui sont pourtant bien répertoriés dans la théorie de l’économie publique et dont la correction est présentée comme la principale source de justification à l’intervention publique » (Conclusions du groupe de travail « Voies et moyens d’une nouvelle régulation », juillet 2010, Ministère de l’agriculture, http://www.agrisalon.com/fr/fichiers/politiques­agricoles/voies­moyens­nouvelle­regulation­marches­agricoles­
europe.pdf ).

[2] Dans un courrier daté du 27 juin dernier, la Direction Générale du Commerce reconnaissait qu’il n’existe à sa connaissance aucune étude d’impact nationale réalisée par les États membres – donc pas non plus par la France.

Au-delà des actions de relations publiques du gouvernement canadien et des tentatives de la Commission européenne pour qu’il soit perçu comme un accord “progressiste”, le CETA reste ce qu’il a toujours été : un assaut contre la démocratie, contre les travailleurs et contre l’environnement.

De part et d’autre de l’Atlantique, le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement ou Accord économique et commercial global, AECG) entre l’UE et le Canada soulève de nombreuses controverses.

En Europe, 3,5 millions de personnes, un record en l’occurence, ont signé une pétition contre le CETA et son accord jumeau, le TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership ou Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement), appellé également TAFTA. Les syndicats européens et canadiens, ainsi que les associations de consommateurs et les groupes actifs dans les domaines de la santé et de l’environnement, tout comme les petites et moyennes entreprises (PME), rejettent cet accord. Des plaintes constitutionnelles ont été déposées contre le CETA en Allemagne et au Canada.

Les détracteurs de cet accord ont été comparés à des « voyous du commerce » (Donald Tusk, Président du Conseil européen) vivant dans une « réalité post-factuelle », « qui alimente des craintes et des peurs n’ayant objectivement aucun rapport avec le texte du CETA ». Beaucoup de médias ont plaidé en faveur du CETA, arguant que « nombre de critiques, qui peuvent éventuellement être justifiées pour le TTIP/TAFTA, ne sauraient concerner le CETA » (Spiegel Online, site d’information allemand en ligne).

Lorsque le gouvernement wallon, après 70 heures de consultations publiques sur le CETA au sein de son parlement, a retardé la ratification du CETA, les médias ont jugé que cette action « se fondait sur une opposition générale à la mondialisation qui jouait avant tout sur les émotions en négligeant les faits »

Le Président de la Commission du commerce du Parlement européen, Bernd Lange, député européen membre du parti social-démocrate, a estimé que l’appel de la Wallonie à une renégociation du CETA représentait « un pas de plus vers la destruction de l’Union européenne ».

Dont acte, et raison de plus de combattre cet accord scélérat.

Plus d'informations et téléchargement de dossiers sur ce site:

https://www.collectifstoptafta.org/ressources-materiels/ceta/article/les-menaces-du-ceta-sur-l-agriculture-francaise

 

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samedi 31 décembre 2016

Un agriculteur exprime le malaise actuel

agriculteur

Pierre Priolet (agriculteur dans les Bouches du Rhône) sur le malaise des agriculteurs

24 décembre 2016, émission « Zemmour & Naulleau »

 

Sur le malaise agricole, le rôle des grandes surfaces, de la FNSEA, des politiques et de l'Europe, Stéphane Le Foll, les lobbies qui font la loi en Europe, la concurrence déloyale, le traité transatlantique...

 

A quoi doit servir l'agriculture?

 

En quelque sorte, la suite de notre article sur la ferme- usine des Mille Veaux en Creuse...

https://www.youtube.com/watch?v=voeJI9NOd14

 

 

ART39 1

BA2017 1