jeudi 29 mars 2018

La SNCF étend la toile parisienne de ses TGV low-cost Ouigo

Quatre mois après avoir lancé ses premiers Ouigo à la Gare Montparnasse, la SNCF va positionner ses TGV low-cost à la gare de l'Est.

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La grève dure que s'apprête à mener les syndicats de la SNCF contre le projet de réforme de l'entreprise ferroviaire n'empêche pas l'entreprise de dérouler le plan de déploiement de ses TGV low-cost à Paris. Plus de trois mois après les grands débuts de Ouigo au départ de la gare Montparnasse, la SNCF a annoncé ce lundi le lancement le 7 juillet prochain de son offre de TGV à bas prix au départ de la gare de l'Est, vers les gares de Strasbourg, Champagne-Ardenne et Lorraine TGV (déjà desservies) et celles de Metz, Nancy et Colmar. Les ventes seront ouvertes le 29 mars. Le prix d'appel est fixé à 16 euros l'aller simple (8 pour les enfants)

Gare de Lyon en vue

Comme l'avait indiqué en début d'année le PDG de SNCF Mobilités, Guillaume Pepy, la SNCF devrait positionner d'ici à la fin de l'année Ouigo au départ d'une autre gare parisienne, probablement la gare de Lyon.

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Ce développement à Paris va nécessairement cannibaliser les TGV classiques à Paris et va également toucher la partie des voyageurs parisiens qui se rendaient dans les gares périphériques pour prendre Ouigo. La SNCF assume. Pour l'heure, un passager sur deux de Ouigo n'aurait pas voyagé en TGV sans Ouigo, martèle la direction qui met en avant la différence de modèle industriel et d'offre avec le TGV classique. Aujourd'hui elle souligne que la "différentiation (sera) de plus en plus forte" entre Ouigo, les TGV low-cost, et inOui, ses TGV classiques dans lesquels l'offre de services sera croissante.

Le départ des Ouigo depuis les gares parisiennes "ne remet pas en cause le modèle économique" de ces trains, expliquait récemment Rachel Picard. Celui-ci repose sur quatre piliers: faire rouler le matériel le plus possible pour augmenter la productivité des trains, une densification des rames (24% de sièges en plus), une maintenance effectuée la nuit, et la distribution exclusivement en ligne. En effet, avec des trains Ouigo qui circulent 13 heures par jour (ce qui permet de répartir les coûts fixes sur un plus grand nombre d'heures de train) contre 6 à 7 heures pour un TGV classique, et des trains densifiés pouvant contenir plus de 1.100 places quand deux trains sont mis côte-à-côte, les coûts de production du siège au kilomètre de Ouigo sont 50% plus bas que ceux du TGV.

26 millions de passagers en 2020

Selon les estimations de la SNCF, cette offre parisienne permettra à Ouigo de doubler son trafic à 14 millions de passagers. De quoi permettre de tenir l'objectif d'atteindre les 26 millions de passagers en 2020, ce qui représenterait un quart des passagers TGV de la SNCF à cet horizon-là.

La SNCF entend attirer 15 millions de nouveaux voyageurs dans ses TGV d'ici à 2020, pour atteindre à cette échéance un trafic annuel de 115 millions de voyageurs. Et Ouigo aura une part prépondérante dans cette progression. Le nombre de rames Ouigo est appelé à tripler d'ici à trois ans, en passant de 12 rames aujourd'hui à 35 en 2020. A cet horizon, Ouigo devrait représenter, selon les plans de la direction, 17% de l'offre TGV.

Ouverture à la concurrence

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Cette approche s'inscrit dans la perspective de l'ouverture à la concurrence des lignes à grande vitesse à partir de 2021. Pour la SNCF, l'avenir du TGV passera par une baisse des coûts et des prix. Non seulement par le développement à marche forcée de Ouigo, mais aussi par la baisse des coûts du TGV classique. C'est la trajectoire qu'a décidée de prendre la SNCF, « pour résister à la concurrence de demain », comme l'indiquait récemment Rachel Picard et « donner de l'air » à un modèle fragilisé par la cherté des péages ferroviaires payés pour l'utilisation et l'entretien du réseau, et par la concurrence féroce des autres modes de transport comme la voiture particulière, l'avion, le covoiturage, le bus et demain d'autres acteurs ferroviaires.

L'objectif pour la SNCF est en effet d'être en mesure de gagner des parts de marché tout en améliorant fortement les marges du TGV pour être capable de financer les investissements. Avec les coûts élevés des péages ferroviaires et la baisse des prix liée à une concurrence toujours plus vive, la SNCF n'est en effet plus en mesure de le faire. La direction planche d'ailleurs sur un programme de baisse de 20 à 30 des coûts d'exploitation du TGV classique.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/la-sncf-etend-la-toile-parisienne-de-ses-tgv-low-cost-ouigo-773181.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180327

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« Les pays européens ne sont pas libres, mais dans une alliance coercitive, l’OTAN »

Sur le plateau de RT France, Alain Corvez, ex-conseiller en relations internationales au ministère des Affaires étrangères, est revenu sur la volte-face de la France, en moins de 24 heures, dans l’affaire Skripal.

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Alain Corvez, ancien conseiller du général commandant la Force des Nations unies déployée au Sud-Liban (FINUL) et ancien conseiller en relations internationales au ministère des Affaires étrangères, analyse la volte-face de la France, en moins de 24 heures dans l’affaire Skripal, comme la preuve de l’influence des Etats-Unis sur les Européens.

S’accrochant dans un premier temps à ce qui semble être désormais une conception obsolète de l’administration de la preuve, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait émis quelque réserve à s’aligner sur les accusations du Royaume-Uni à l’encontre de la Russie. « Nous ne faisons pas de la politique fiction sur des sujets aussi graves. », avait-il déclaré le 14 mars, disant, précisément, attendre des preuves de l’implication de la Russie dans l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal sur le sol britannique. Le lendemain, le 15 mars, par un communiqué, l’Elysée rejoignait Londres dans ses accusations contre la Russie. « La France convient avec le Royaume-Uni qu’il n’y a pas d’autre explication plausible et réitère sa solidarité avec son allié. », avait ainsi déclaré Emmanuel Macron.

 


 

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« Les pays occidentaux sont au service de la stratégie américaine. »

 


 Aussi, selon Alain Corvez, ce virage à 180 degrés est le signe d’une soumission, au-delà de Bruxelles, des Européens aux Etats-Unis. « Les pays occidentaux sont au service de la stratégie américaine. Et lorsqu’un pays essaie de s’émanciper de cette sujétion américaine, il est rapidement rappelé à l’ordre. », juge le spécialiste.

« Les pays européens ne sont pas libres, ils sont dans une alliance très coercitive qui est l’Alliance atlantique [OTAN].», argumente-t-il, estimant que « l’Union européenne n’était qu’une fabrication des Etats-Unis, initialement contre l’URSS et désormais contre la Russie. »

« [L’affaire Skripal] est la démonstration que l’Alliance atlantique est une alliance dirigée par les Etats-Unis et qu’on s’attaque à la Russie quand il faut s’y attaquer. », ajoute-il.

« Pourquoi la Grande-Bretagne refuse-t-elle une enquête ? », s’interroge encore Alain Corvez, avant de répondre, rappelant qu’aucune preuve d’une responsabilité russe n’avait jusqu’à présent été dévoilée : « Tout simplement parce que ceci est un montage depuis le début. ». « N’importe qui peut [fabriquer du Novitchok] à partir de [produits] chimiques qu’on trouve un peu partout. », souligne-t-il encore.

Emboîtant à son tour le pas de Londres, l’OTAN a annoncé ce 27 mars l’expulsion de sept diplomates russes. La veille, une vingtaine d’Etats occidentaux dont les Etats-Unis et la France décidaient de façon synchrone de déclarer personæ non gratæ dans leur pays plus d’une centaine de membres du corps diplomatique russe.

 

 

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Le colonel Alain Corvez, ex-conseiller en relations internationales au ministère des Affaires étrangères et ancien conseiller du général commandant la Force des Nations unies déployée au Sud-Liban (FINUL)

 


 

Source :

https://francais.rt.com/entretiens/49241-skripal-alain-corvez-pays-europeens-ne-sont-pas-libres

https://aphadolie.com/2018/03/28/les-pays-europeens-ne-sont-pas-libres-mais-dans-une-alliance-coercitive-lotan-le-colonel-alain-corvez/

Voir la vidéo:

Skripal : «Les pays occidentaux sont au service de la stratégie américaine» dénonce Alain Corvez

https://www.youtube.com/watch?v=4aRLyHFE3Gk

mercredi 28 mars 2018

La police britannique a trouvé le passeport de Poutine sur les lieux d’un empoisonnement à Salisbury

Salisbury – Les derniers doutes sur la culpabilité de la Russie dans l’empoisonnement de l’ancien espion Sergueï Skripal ont été éliminés. Comme l’a annoncé le gouvernement britannique aujourd’hui, le passeport du président russe Vladimir Poutine a été retrouvé sur les lieux à Salisbury.

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Selon le Premier ministre Theresa May, le passeport n’a été retrouvé que maintenant, après une autre fouille de la scène de crime, car il était resté caché sous une feuille morte, tombée là.

« La Russie a 24 heures pour extrader Vladimir Poutine pour qu’il puisse être interrogé à Londres, selon un communiqué publié par le gouvernement britannique. Tout refus sera considéré comme un aveu de culpabilité. »

http://lesakerfrancophone.fr/la-police-britannique-a-trouve-le-passeport-de-poutine-sur-les-lieux-dun-empoisonnement-a-salisbury


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Plus sérieusement, une saine colère contre l'occident dans cette tribune libre: (même si toute colère est toujours mauvaise conseillère, surtout en matière de géopolitique...)   P.G.

La réaction de la Russie aux insultes de l’Occident est un suicide politique

TRIBUNE LIBRE / Par Peter Koenig

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L’assaut de l’Occident contre la Russie ces derniers jours, depuis la prétendue attaque au poison avec un agent neurotoxique venant de l’ère soviétique, le Novichok (dont l’inventeur, d’ailleurs, vit aux États-Unis), contre un agent double russe, Sergueï Skripal et sa fille Ioulia, a été tout simplement épouvantable. Surtout de la part du Royaume-Uni. En commençant par le Premier ministre May, qui a carrément accusé la Russie d’utiliser des armes chimiques sur le territoire britannique, sans fournir de preuve. Curieusement, il n’y a aucune indication du lieu où Skripal et sa fille se trouvent, dans quel hôpital le couple est traité, aucune analyse du poison n’est publiée, on ne peut pas leur rendre visite ; il n’y a absolument aucune preuve de la substance avec laquelle ils auraient été empoisonnés – Sergueï et Ioulia existent-ils réellement ?

En conséquence, Theresa May expulse 23 diplomates russes, qui doivent quitter le Royaume-Uni sous une semaine. Puis vient Boris Johnson, le clown ministre des Affaires étrangères, également un menteur abject. Il a dit, non il a hurlé, à ses collègues parlementaires, qu’il était « très vraisemblable que Poutine ait personnellement ordonné l’attaque contre l’espion ». Cette accusation, sortie de nulle part, contre le président russe est bien plus qu’une gravissime violation du comportement diplomatique, c’est une insulte honteuse – et aucune preuve n’est fournie. En fait, le porte-parole de Poutine, Dmitri Peskov, a déclaré que l’attaque personnelle de Johnson contre le président Poutine était « impardonnable ».

Pour ne pas manquer de paraître dans le vaudeville du dénigrement, le secrétaire britannique à la Défense, Gavin Williamson, est devenu encore plus insolent, la Russie « devrait s’en aller et se taire ». En réponse à toute cette diabolisation de la Russie pour un crime fantaisiste, dont aucune preuve n’a été fournie, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré que ces commentaires non diplomatiques signifiaient que les autorités britanniques étaient nerveuses et avaient quelque chose à cacher. Lavrov a également fortement objecté, en demandant l’ouverture d’une enquête conjointe UK-Russie sur l’affaire – rêve-t-il ? – et a répondu à une question sur des représailles diplomatiques : oui, la Russie expulsera également des diplomates britanniques « bientôt ».

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Il ne fait aucun doute que le Royaume-Uni a agi comme le caniche de Washington. Au cours de cette tirade anti-Russie, Trump a twitté qu’il soutenait pleinement la position du Royaume-Uni. En effet, les marionnettes européennes, Riri, Fifi et Loulou Macron, Merkel, et May ainsi que leur tonton chef, Donald, ont signé une déclaration commune accusant la Russie d’être l’auteure de l’attaque au gaz neurotoxique sur l’ancien agent double : « Il n’y a aucune autre explication plausible que la culpabilité de la Russie dans l’attaque. » Sic et bingo, ça dit tout. La presse le ramasse et l’envoie aux quatre coins du globe – et le troupeau de moutons occidentaux se fait de nouveau bourrer le crâne : c’est le Russe qui l’a fait.

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Bon ! Nous savons tout ça. Mais le vrai point que je veux faire valoir, c’est que la Russie réagit toujours à de telles fausses accusations insensées et carrément fausses ; la Russie répond toujours, rejette bien entendu les accusations, mais habituellement avec de longues explications, et avec des suggestions sur la façon d’arriver à la vérité – comme si le Royaume-Uni et l’Occident avaient quoique ce soit à foutre de la vérité – pourquoi font-ils cela ? Pourquoi vous, Russes,  prenez-vous même la peine de répondre ?

C’est un signe stupide de faiblesse. Comme si la Russie croyait encore à la bonté de l’Occident, comme s’il avait juste besoin d’être réveillé. Ce que la Russie fait chaque fois, pas seulement dans cette affaire Skripal, mais dans chaque attaque insensée et impitoyable : accusations de cyber-piratage, invasion de l’Ukraine, annexion de la Crimée, sans parler de la saga interminable du Russia-Gate – l’interférence prétendue de la Russie pour pirater les élections présidentielles américaines de 2016, en favorisant Trump contre Hillary. Tout le monde, même avec un demi-cerveau sait que c’est une bouse totale. Même le FBI et la CIA ont dit qu’il n’y avait aucune preuve. Alors, pourquoi même répondre ? Pourquoi même essayer de défaire les mensonges, convaincre les menteurs qu’ils, les russes, ne sont pas coupables ?

Chaque fois que l’Occident s’aperçoit que la Russie veut être un « bon voisin » – ce dont l’Occident ne se soucie pas vraiment – la Russie se rend plus vulnérable, plus encline à être accusée, attaquée et calomniée.

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Pourquoi la Russie ne se sépare-t-elle pas simplement de l’Ouest ? Au lieu d’essayer d’appartenir à l’Occident ? Acceptez de ne pas être bienvenus en Occident, que l’Occident veut seulement piller vos ressources, votre vaste territoire, et pour cela vous provoquer dans une guerre où il n’y aura pas de vainqueur, une guerre qui peut détruire toute la Terre Mère. Mais les gestionnaires anglosionistes de Washington, rêvent que leur élite survivra pour finalement prendre le contrôle de la belle et grande Russie. C’est ce qu’ils veulent. Le dénigrement est un moyen vers cette fin. Plus il y a de gens dans la combine, plus il est facile de lancer une guerre atroce.

L’affaire Skripal est typique. L’intensité avec laquelle cette propagande mensongère a été lancée est exemplaire. Elle a amené tous les débiles mentaux européens – et il y en a beaucoup – dans le camp des russophobes haineux. Personne ne peut croire que May, Merkel, et Macron sont des menteurs si flagrants… C’est au-delà de ce qu’on leur a mis dans le crâne durant toute une vie gavée de mensonges. Même si quelque chose leur dit que ce n’est pas tout à fait correct, la facilité du confort auquel ils ne peuvent pas échapper, l’incapacité à remettre en question la vie qu’ils mènent sont si fortes qu’ils préfèrent hurler à la guerre, la guerre contre la Russie, la guerre contre l’éternel ennemi  de l’humanité. Je me rappelle avec tristesse que dans ma jeunesse, en Suisse neutre, l’ennemi est toujours, toujours venu de l’Est. Il se cachait derrière le « rideau de fer ».

L’Ouest est en train de fabriquer un nouveau rideau de fer. Mais en faisant cela, il ne se rend pas compte qu’il se met, lui-même, une corde au cou. La Russie n’a pas besoin de l’Occident, mais l’Occident sera bientôt incapable de survivre sans l’Est, l’avenir est à l’Est – et la Russie fait partie intégrante de l’Est, de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) qui englobe la moitié de la population mondiale et contrôle un tiers de la production économique mondiale.

Monsieur Poutine, vous n’avez pas besoin de répondre aux insultes venant de l’Ouest, parce que ce n’est que cela, des insultes abusives. La calomnie abjecte que Boris Johnson vous a lancée n’est qu’une insulte misérable. Vous n’avez pas besoin de répondre à ce comportement. Tirez vos conséquences.

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Cher Président Poutine, cher Monsieur Lavrov, laissez-les ! Laissez-les crier. Laissez-les pourrir dans leur folie. Répondez au Royaume-Uni, non plus avec des mots, mais avec des actes, avec des actions drastiques. Fermez leur ambassade. Donnez à tout son personnel une semaine pour quitter votre pays, puis abolissez et éviscérez l’ambassade de la même manière que les États-Unis ont aboli vos consulats à Washington et à San Francisco, il y a un peu plus d’un an. Vous n’avez sûrement pas oublié. Alors vous donnez généreusement à tous les Britanniques [présents en Russie] un mois pour faire leurs valises et quitter votre beau pays – cela peut être fait, c’est ce que Washington exige de ses vassaux du monde entier pour les travailleurs étrangers nord-coréens. Bloquez tout commerce avec le Royaume-Uni, ou avec tout l’Occident d’ailleurs, bloquez tous les actifs occidentaux en Russie, parce que c’est la première chose que feront les pillards occidentaux, en bloquant les avoirs russes à l’étranger. Ils ont le vol dans le sang.

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M. Poutine, vous n’avez pas besoin de répondre à leurs minables attaques abusives, aux calomnies et aux mensonges. Vous, et la Russie, êtes bien au-dessus du niveau de ce misérable ramassis occidental. Arrêtez toutes vos relations avec l’Ouest. Vous avez la Chine, l’OCS, l’Union économique eurasienne (UEE), la Russie fait partie de – l’initiative Route de la soie One Belt One Road du président Xi – un développement de plusieurs milliers de milliards qui prospère, émanant de Chine, reliant les continents – Asie, Afrique, Europe, Amérique du Sud – par les infrastructures, le commerce, la création de centaines de millions d’emplois décents, le développement et la promotion de la science et de la culture, apportant une vie convenable à des centaines de millions de personnes.

Que feraient les Occidentaux si soudainement ils n’avaient plus d’ennemi  parce que celui-ci a décidé de les ignorer et de faire une sieste ? La Chine se joindra à vous. Tout le reste, répondre, justifier, expliquer, nier les mensonges les plus flagrants, essayer de les amener à la vérité n’est pas seulement une perte de temps frustrante, c’est un suicide politique. Vous ne gagnerez jamais. L’Occident se moque de la vérité – il l’a prouvé depuis deux mille ans ou plus. Et pendant tout ce temps, pas un iota de conscience n’est entré dans l’esprit collectif de l’Ouest. On ne peut pas faire confiance à l’Ouest. Point final.

Peter Koenig

http://lesakerfrancophone.fr/la-reaction-de-la-russie-aux-insultes-de-loccident-est-un-suicide-politique

 


Pour compléter votre information, voir aussi:

 

François Asselineau interrogé sur RT France au sujet de la crise diplomatique entre l’Occident et la Russie provoquée par « l’affaire Skripal ».

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https://www.upr.fr/actualite/rt-france-intervention-de-francois-asselineau-sur-skripal-et-la-syrie

Entretien du 27/03/2018 avec François Asselineau, président de l’Union Populaire Républicaine. Pour RT France, le candidat à l’élection présidentielle de 2017 revient sur l’affaire Skripal et la vague d’expulsions de diplomates russes dans les pays occidentaux.

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Plan Macron pour la Creuse, un exemple unique en France

Le Plan particulier de la Creuse (PPC) a pris un coup d’accélérateur vendredi. Le comité de pilotage a réussi à mettre tous les élus qui comptent autour de sa table. Il n’y a plus qu’à faire… Et vite.

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« Un élu a dit d’aujourd’hui que c’était une journée historique », a confié le préfet Philippe Chopin au sortir, vendredi 23 mars du séminaire qui a réuni tout ce que la Creuse compte de grands élus et de chefs de services pour aboutir à la création du comité de pilotage du fameux Plan particulier pour la Creuse (PPC).

Historique ? L’élu, dont le préfet n’a pas donné le nom, s’est-il laissé emporter par l’enthousiasme ? Peut-être pas, car en créant ce "gouvernement" du Plan particulier pour la Creuse (PPC), les Creusois visent de vastes ambitions : pas moins que d’enrayer le déclin démographique de la Creuse et lui donner un « dynamique économique positive et durable ».

Et s’il fallait en rajouter, le président Macron – qui a décidé de ce programme spécifique et unique en France – veut que la Creuse invente, en se réinventant, une ruralité d’avenir dont les solutions seront conjuguées ailleurs.

Bref, si ça marche, ce vendredi 23 mars 2018 sera bien à marquer d'une pierre blanche. Durant cette journée, claquemurés dans la salle Erignac de la préfecture à Guéret, élus et fonctionnaires ont partagé un diagnostic : forces et faiblesses de la Creuse, espoirs et menaces… dont celle de finir à moins de 100.000 habitants comme la Lozère. Ils se sont fixé des priorités, des groupes de travail (lire ci-dessous) pour les atteindre et une gouvernance pour les réaliser.

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Et au bout de la journée, tout le monde s’est félicité d’avoir surmonté le premier écueil : réunir autant de Creusois de couleurs différentes, sans que cela ne parte à la foire d’empoigne. « Pas de chicanerie politicienne », a souligné le député Moreau trop heureux de voir le macronisme décliner aussi facilement son “ni droite ni gauche” en Creuse.

La valse des étiquettes

Jean-Jacques Lozach, le sénateur PS, s’est réjoui que des « accords » aient été trouvés sur tout : l’objectif, le calendrier et la méthode. Éric Correia, l’ancien hamonien, s’est félicité de la fin des « divisions ». Valérie Simonet, la présidente républicaine du Département, a pointé « cet instant zéro où l’on a identifié les freins de la Creuse » pour mieux relever que plus personne n’a le pied sur ledit frein.

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À ses côtés, Pierre Désarménien, pour les intercommunalités, a assuré que « tous les élus sont associés » quand Gilles Bauchoux, le président de la CCI, a garanti que les consulaires seraient tous de la partie pour que le « projet réussisse ».

Aucun n’a voulu faire de politique politicienne. Alors faisons-le à leur place. Relevons que le projet initial de coprésidence a été abandonné. Valérie Simonet n’aurait pas été contre qu’un élu, ou une élue, copréside, avec le préfet, le comité de pilotage. Jean-Jacques Lozach, lui, n’était vraiment pas pour. Il a obtenu gain de cause.

Notons aussi que sur les élus référents des groupes de travail, dix sont de gauche, cinq sont membres ou proches de la majorité départementale de droite et deux seulement sont macroniens. Dans ce dernier cas, il est vrai que s’il y a un général en Creuse, il y a peu de soldats. Relevons enfin que si le sud, l’est, le nord et le pays de Guéret sont bien représentés parmi ces référents, ce n’est pas le cas du bassin sostranien.

Le complexe des guichets

Mais comme tout le monde a décidé de faire valser ses étiquettes, territoriales ou partisanes, tout cela n’a que peu d’importance.

L’urgence, désormais, c’est d’agir. Et vite. Pour avoir du concret à montrer dès cette année aux Creusois. Et au président Macron qui doit venir en Creuse.
Et pour agir, il faut des moyens. Une nouvelle fois, ce sont les fonds non-consommés du Massif Central et de l’Europe qui ont été évoqués.

Des dizaines de millions qui dorment. Sauf que s’ils ne sont pas utilisés, c’est qu’il y a une raison : la complexité des dossiers pour les obtenir. Est-ce que les petites communes, com-com, PME ou associations de la Creuse ont les moyens de remplir ces formulaires ? Non, et tout de monde le savait autour de la table. Il reste donc à inventer une ingénierie financière pour y arriver. Sinon, les vastes ambitions… 

Eric Donzé

Le comité de pilotage et ses priorités...

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Le comité de pilotage

Présidence (administrative) : le préfet Philippe Chopin. Membres du bureau : les sénateurs J.-Jacques Lozach et Éric Jeansannetas ; le député J.-Baptiste Moreau ; la présidente du Département, Valérie Simonet ; la vice-présidente de la Région, Geneviève Barat ; les présidents (ou représentants) des sept intercommunalités ; le président de l’Association des maires de la Creuse, Michel Vergnier et les trois présidents des chambres consulaires (CCI, CMA et Agriculture).

Les 17 groupes de travail

Agriculture et agroalimentaire durables. Élus référents : Geneviève Barat et Pierre Désarménien. Culture et Loisirs. Élu référent : Thierry Bourguignon. Services publics. Élu référent : Michel Vergnier. Nouvelles technologies liées à la santé. Élu référent : Éric Correia. Nouvelles technologies liées aux drones. Élu référent : Gilles Bauchoux. Éducation, enseignement, formation et insertion. Élu référent : Éric Jeansannetas. Transition énergétique. Élue référente : Pauline Cazier. Exploitation de la forêt et transformation du bois. Élu référent : Sylvain Gaudy. Habitat, logement, urbanisme. Élu référent : Jean-Luc Léger. Logistique. Élu référent : Jean-Baptiste Moreau. Maçon de la creuse de demain. Élu référent : Bernard Bouillot Numérique et téléphonie. Élue référente : Valérie Simonet. Santé. Élu référent : Vincent Turpinat. Sports de nature. Élu référent : Jean-Luc Barbaire. Tapisserie d’Aubusson. Élu référent : Jean-Jacques Lozach. Tourisme. Élus référents : Nicolas Simonet, Marie-Françoise Ventenat et Sylvie Martin Transport et mobilité. Pas d’élu référent indiqué pour l’instant.

Les trois axes stratégiques

Accompagner les évidences. Pour donner une image forte, dynamique et positive de la Creuse : Faire de Guéret une capitale des sports et loisirs de nature ; développer les savoir-faire autour de la tapisserie d’Aubusson ; promouvoir une agriculture et une industrie agroalimentaire durables ; faire de la Creuse une destination phare du tourisme vert et culturel et cultiver le berceau creusois des constructeurs d’hier et de demain.

Créer et développer les activités de niches. Notamment dans les secteurs suivants : domotique et santé ; usages et technologies liés aux drones ; biotechnologies ; transformation et valorisation du bois et services publics.

Accentuer les conditions du bien vivre en Creuse. Notamment dans les domaines suivants : Numérique et téléphonie ; Transport et mobilité ; Santé ; Éducation, enseignement, formation et insertion ; culture et loisirs ; habitat et urbanisme et, enfin, transition énergétique.

Mode d'emploi

Comité. Le comité de pilotage doit se réunir tous les deux mois avec ses groupes de travail qui auront organisé, entre-temps, leur travail avec le directeur de projet Philippe Ramon.

États généraux. Des états généraux, qu’on imagine ouverts au public, seront organisés deux fois par an pour informer les Creusois  de l’avancée du Plan particulier pour la Creuse. Les premiers doivent être organisés avant la période estivale à venir.

https://www.lamontagne.fr/gueret/politique/creuse/2018/03/25/plan-macron-pour-la-creuse-un-exemple-unique-en-france_12787076.html

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17 groupes de travail et comme dit le journal "Y'a plus qu'à" !!!
Sauf que les 17 groupes sont pilotés par... des élus !
Elus qui ont laissé les gouvernements successifs ruiner la Creuse !
Comment des élus qui ont déjà des charges importantes (comme par ex. Valérie Simonet, présidente du Conseil départemental et maire ou Jean-Baptiste Moreau, député, membre de la commission des affaires économiques et surtout... président du groupe d'amitié France-Arabie saoudite (oups !!!!!) pourront trouver quelques minutes pour travailler sur l'avenir de la Creuse ?

Mais surtout comment les 3 axes retenus pourront redynamiser la Creuse ?
Comme par exemple : Faire de Guéret une capitale des sports et loisirs de nature ; promouvoir une agriculture et une industrie agroalimentaire durable (ça veut dire quoi ?) ; faire de la Creuse une destination phare du tourisme vert et culturel et cultiver le berceau creusois des constructeurs d'hier et de demain ; créer et développer les activités usages et technologies liés aux drones ; etc.

Un énième comité théodule pour faire plaisir à un député ?  S.R.

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Privatisation de la SNCF, des routes nationales, des aéroports : Macron brade la France en appliquant les ordres de l’UE MEDEF

TRIBUNE LIBRE / www.initiative-communiste.fr

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“Je vous confirme simplement que nous ferons des privatisations importantes” Bruno Lemaire – ministre de l’économie d' Emmanuel Macron

 

En catimini et sans vouloir que les français le sachent, le régime Macron s’apprête à brader le patrimoine de la Nation, à privatiser à bas prix les services publics : routes, autoroutes, canaux, voies navigables, barrages hydroélectriques, aéroports internationaux, SNCF, la Poste, la Française des Jeux… des dizaines de secteurs, de grandes infrastructures, d’entreprises publiques stratégiques parfois très rentables vont être bradées par le gouvernement.

SNCF : la privatisation ordonnée par Bruxelles, comme les autres

Quatrième paquet ferroviaire : c’est cet ensemble de directives européennes qui ordonne l’ouverture à la concurrence du marché de transport par trains des voyageurs qui est derrière la “réforme” que Macron veut appliquer à la SNCF.  De nouvelles directives qui après la libéralisation du transport de marchandises signe l’arrêt de mort du service public, de la SNCF et sa privatisation. De fait, Macron a l’obligation de privatiser et libéraliser la SNCF avant la fin de l’année 2018. Ni le calendrier, ni le contenu de l’attaque du gouvernement contre la SNCF – ce service public qui appartient à chaque travailleur de ce pays, fruit du travail acharné de générations de cheminots, n’est donc pas une surprise. Il est étonnant que certains états majors syndicaux, trop occupés à ne jamais mettre en cause l’, fassent donc mine de découvrir cette réforme

Loi d’orientation sur les mobilités intérieures : privatiser la SNCF, les routes nationales, les aéroports, les voies navigables

A l’heure où la transition écologique est un impératif, le régime Macron pousse les feux de la liquidation des services publics indispensables pour mener rapidement et efficacement les mutations de la politique de transport en France. Et la prochaine loi d’orientation sur les mobilités intérieures tourne le dos à l’écologie et au service public pour s’empresser d’obéir aux ordres de l’Union Européenne, c’est à dire à ceux des multinationales et des milliardaires qui les détiennent. Un seul objectif, le seul que reconnaisse le système capitaliste, faire des profits sur le dos des travailleurs et de notre planète. En privatisant, en libéralisant, en cassant les droits sociaux, en remettant en cause les protections de l’environnement.

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A l’occasion des Assises de la Mobilité, la CGT avait dénoncé avec force cette politique  “complètement à contre-courant des objectifs affichés lors du Grenelle de l’Environnement qui déclarait « le fret ferroviaire, fluvial et le cabotage maritime d’intérêt général » – mais aussi des orientations de la loi sur la transition énergétique et celles de l’accord de Paris (COP21).”  De fait le gouvernement en privatisant les services publics et en encourageant à travers l’uberisation le renvoi à l’individu des moyens et de l’organisation de transport, organise le recul du transport collectif : c’est pourtant là qu’est le gisement écologique pour permettre un véritable développement durable.

Macron ministre, c’était les autocars Macron, pour remplacer le train, pour permettre aux multinationales de profiter à plein des travailleurs détachés et du dumping social et salarial organisée par l’Union Européenne. Macron ministre c’était la privatisation des aéroports de Toulouse et Nice pour une bouchée de pain. Macron président, c’est la poursuite d’une politique tout routier, et  il faut le dire, tout routier privatisé. Et la privatisation des et Marseille. Ainsi que celle à venir des dernières routes nationales non encore privatisées.

Le ministère de l’écologie et des transports de M Hulot est ainsi en train de liquider Voies Navigables de France (VNF), à qui il est demandé euro austérité, obligée de financer ses dépenses de fonctionnement en bradant son patrimoine, tandis que le même Hulot -pseudo écolo mais vrai millionaire – fait annoncer les fermetures de services d’ingénierie du ministère des transports par un simple courriel.

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En même temps, l’intermodalité au niveau des grands ports français soufrent de décennies de sous- investissement. A tel point que la plupart des grands ports français sont très mal desservis par le train ou la voie d’eau. Ce qui profite là encore au tout camion avec l’impact désastreux sur l’environnement et la sécurité routière d’une part, mais également pour le plus grand bénéfice des ports européens concurrents (Anvers, Rotterdam, Hambourg ou Gènes pour ne pas les nommer).

Il est important de souligner que la privatisation des services publics de transport s’est également accompagné d’un vaste mouvement de désindustrialisation. Avec notamment le spectaculaire et catatrophique démantèlement de Alstom. Un pôle industriel qui – appuyé sur la puissance des services publics – plaçaient la France à la pointe de la technologie dans le domaine ferroviaire, des transports urbains et de la construction navale… Là encore, l’Union Européenne aura impulsée le démantèlement de l’outil industriel, au profit des multinationales General Electric et Siemens, en interdisant la nationalisation de ce fleuron industriel, ainsi que les commandes par l’Etat pour ses services publics. Des dizaines de milliers d ‘ouvriers et techniciens hautement qualifiés font les frais de cette politique européenne de casse de l’Industrie en France.

Privatisation des routes

Si le transport routier de passagers – les cars Macron – et de marchandises – par les camions conduits par des travailleurs détachés veritables esclaves de la route – est au coeur des priorités du régime, ce n’est pas le cas du réseau routier. De fait, les moyens d’entretien et d’exploitation donnés aux services publics pour permettre le fonctionnement du Réseau Routier National sont sacrifiés sur l’hôtel de l’euro austérité d’une part, de la privatisation d’autre part. En effet, au delà des autoroutes privatisés, les suppressions massives d’emplois à l’Equipement aboutissent aux résultats que l’on connaît. Des routes nationales en piteux état, et l’incapacité en île de france pour les franciliens à se déplacer dès la moindre chute de neige.

Mais le régime Macron ne compte pas s’arréter là : il compte bien achever la privatisation des routes, en créant pour commencer un  « Établissement public route de France » qui pourrait prendre la forme d’un Établissement Public Industriel et Commercial (EPIC) et qui reprendrait l’ensemble des routes nationales et des personnels et moyens des Directions Interdépartementales des Routes (DIR). Un préalable à la privatisation de ces milliers de kilomètres de routes gratuites appartenant aux français.

Privatisation des Aéroports

Après Toulouse et Nice – le second aéroport de France – c’est Aéroport de Paris l’un des leaders mondiaux des aéroports avec Roissy et Orly qui sont l’un des tous premiers pôles aéroportuaires du monde qui est dans le viseur des privatisations Macron. Ses amis les milliardaires vont adorer. Mais ce sont les travailleurs français qui vont se retrouver dépouillés et qui vont payer les pots cassés; L’exemple scandaleux de la privatisation des autoroutes est là pour le rappeler à quiconque serait naif sur la question.

Rappelons que là encore ces privatisations sont le résultat à la fois de l’euro – véritable pistolet sur la tempe pour obliger à baisser les salaires et à privatiser les entreprises publiques et la France subit ici le même sort qu’avant elle la Grèce, et des directives européennes qui ont “libéralisé” le ciel européen. Les compagnies concurrentes d’Air France – notamment les géants du Golfe – bénéficient avant tout de la puissance de leur plateforme aéroportuaire dédiée, non ouverte à la concurrence. A l’inverse, Air France qui devrait bénéficier de la situation stratégique de la plateforme parisienne et du statut de premier pays touristique mondial de la France est en  réalité désavantagé en raison des règles européennes, ultra libérales.

Renationaliser, pour un vrai service public des transports, écologique, économique et pour les usagers

Des solutions existent à l’image des propositions formulées par le programme franchement communiste du PRCF. A commencer par la renationalisation des autoroutes, des aéroports privatisés, et la reconstruction d’un service public unifié du rail.

Mais cette politique, volontariste, aussi ambitieuse et moderne qu’économique – car seule permettant d’exploiter au mieux à la fois l’infrastructure existante – est aujourd’hui impossible sans briser les chaînes de l’Union Européenne, pour échapper à ses directives totalitaires qui visent à dépouiller les peuples, en France comme ailleurs en Europe, de leur patrimoine public, de leurs services publics, pour permettre aux milliardaires de faire toujours plus de profits.

Des cheminots aux éclusiers, des pilotes de lignes aux traminots, des agents des routes et autoroutes à ceux des ports et aéroports, c’est bien la même bataille qui doit être mené pour défendre le service public des tranports, pour renationaliser les autoroutes et les infrastructures bradées pour le seul profit de quelques milliardaires, pour l’aménagement du territoire et le service aux usagers en refusant les catastrophiques privatisations exigées par la classe capitaliste et son Union Européenne.

JBC pour www.initiative-communiste.fr

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/privatisation-de-la-sncf-des-routes-nationales-des-aeroports-macron-brade-la-france-en-appliquant-les-ordres-de-lue-medef/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

mardi 27 mars 2018

Mensonges et amalgames

TRIBUNE LIBRE / PRCF

TL CGT UE

Déclaration du PRCF.   23 mars 2018

La lecture d’un communiqué sur le site confédéral de la CGT a heurté un grand nombre de militants et pas seulement au PRCF.

Si tout le monde comprend et approuve la dénonciation par la CGT des fascistes et de l’ extrême-droite, des racistes et des xénophobes, y compris leur exclusion manu militari des cortèges syndicaux par les S.O. ouvriers, il y a dans ce texte une formule inacceptable et un amalgame hallucinant.

Voici la phrase :

C’est dans ce contexte que du « Front National » aux « Patriotes », en passant par différents mouvements favorables au « Frexit », des organisations identitaires, xénophobes et racistes se travestissent en pseudo-alliés et soutiens des travailleurs en lutte. ”

Comment mêler les fascistes et les organisations (sans aucune précision quand à l’orientation politique de celles-ci !) qui sont favorables au Frexit progressiste, c’est-à-dire antifasciste, patriotique, populaire et internationaliste, en vue de renationaliser les grandes entreprises stratégiques, d’étendre les droits des travailleurs, de développer la démocratie, de défendre la paix, de sortir de l’OTAN et des logiques de guerre, de relancer une véritable coopération internationale libérée de la « concurrence libre et non faussée » imposée par Maastricht ? Et cela la veille d’un mouvement social que nous souhaitons d’ampleur, alors que c’est l’ qui, avec sa directive ferroviaire et ses appels constants à la réduction des dépenses publiques, impose à la fois la privatisation du rail et la réduction de notre fonction publique territoriale, hospitalière et d’État? Mais il est vrai qu’en 2005 le bureau confédéral voulait voter oui à la constitution européenne avant d’être mis en minorité par le CCN de la CGT…

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Cet amalgame est doublement mensonger puisque le FN n’a jamais proposé le Frexit , au mieux l’inconsistante « sortie concertée de l’euro » qui, dans la dernière période, a été carrément abandonnée.

Enlisée dans un européisme vomi par l’immense majorité des travailleurs, effrayée par la montée des idées de Frexit progressiste dans le monde du travail et dans les syndicats de classe, la direction confédérale de la CGT étroitement soumise à la Confédération européenne des syndicats, cette courroie de transmission de Bruxelles, en devient aveugle et sourde, voire insidieusement menaçante à l’égard d’une série de progressistes, voire de syndicalistes CGT hostiles à l’UE.

Qui en Europe est encore favorable à l’ UE ? En tous les cas pas les communistes. Communistes portugais, grecs, italiens, allemand, espagnols, britanniques, tous sont pour sortir de ce carcan mortifère qu’est l’ UE. L’UE et son euro de misère. De plus en plus de forces progressistes s’orientent vers une approche plus lucide et donc de classe de l’ UE.

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Ne reste pour défendre l’ UE et l’euro, que le traître Tsipras, le « progressiste radical » qui est en train d’interdire la grève en Grèce sur sommation explicite de l’UE, et P. Laurent, le secrétaire national de la section hexagonale du PGE, qui accepte d’un cœur léger que le Parti de gauche français quitte le PGE (parce qu’il refuse de siéger à côté de Tsipras) tout en acceptant Syriza, ce parti de briseurs de grève, dans la direction de la « Gauche » européenne…

Après ce que nous avons vu en Grèce, au Portugal, en Italie, en Allemagne, en Grande-Bretagne et ô combien chez nous, comment un syndicat ou un parti politique se réclamant de la gauche peuvent-ils continuer à bêler après “Europe sociale” au moment même où l’État-major du grand capital, à savoir l’ UE, impose ses diktats régressifs et son augmentation des budgets de guerre à tous les peuples européens ? Avec qui la direction de la CGT veut-elle défendre cette UE conçue contre le monde du travail ? Avec Barroso ? Avec Juncker ? Avec Orban ? Avec Merkel ? Avec le gouvernement autrichien à participation néonazie ? Les travailleurs ont déjà dit à toutes les élections ce qu’ils voulaient : sortir de l’ UE. Le Frexit par la porte de gauche, celle de l’indépendance nationale, de la coopération internationale, des renationalisations, de l’antifascisme et de l’antiracisme.

Nous posons d’ailleurs une question à la CGT : va-t-elle exclure à titre posthume Benoît Frachon, Marcel Paul, Georges Séguy, Henri Krazucki, qui ont combattu frontalement, sur des bases de classe anticapitaliste, la « construction » européenne et atlantique du capital en montrant qu’elle était entièrement antinomique de la paix, de la démocratie, de la souveraineté des peuples et du progrès social ?

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Qui ne voit, à part les auteurs de cette déclaration de chasse aux sorcières, que les forces ouvrières et populaires, syndicales et politiques, sont de jour en jour plus nombreuses à appeler, comme le fait le PRCF depuis sa fondation, à briser les chaînes de l’ UE ? Nous ne parlons évidemment pas des bureaucrates dont la survie financière est liée au financement européen. A moins évidemment que le honteux amalgame pré-maccarthyste de la confédération ne repose sur la prise de conscience effrayée que les idées de Frexit progressistes sont appelées à devenir majoritaire dans la classe travailleuse et qu’en conséquence, à défaut de combattre franchement l’euro-directive qui cadre la privatisation macronienne de la SNCF, le bureau confédéral ait avant tout décidé de « sanctuariser » la sacro-sainte « construction européenne », la monnaie unique et ce qui l’accompagne nécessairement : les critères d’austérité de Maastricht.

Bref, en tant que patriotes ET internationalistes, en tant que Résistants antifascistes et/ou fils et filles de Résistants antifascistes, en tant très souvent que MILITANTS SYNDICAUX, y compris pour beaucoup d’entre nous, adhérents de longue date de la CGT ou de la FSU, nous ne nous laisserons pas intimider. Nous avons même conscience de défendre l’honneur de la CGT en demandant qu’on arrête avec des amalgames scandaleux qui, pour défendre la funeste « construction » européenne, en arrivent sournoisement à appeler à la chasse aux sorcières dans les manifs. Toujours la fascisation prend pour prétexte l’exclusion des militants communistes et syndicalistes les plus conséquents, ceux qui ne pactisent pas avec une construction européenne qui menace désormais du dedans les confédérations syndicales.

Nous appelons les autres organisations de gauche favorables au Frexit progressiste à s’exprimer dans le même sens que nous ; virons le FN et ses surgeons philippiens des manifs, mais ne laissons pas criminaliser les tenants du Frexit progressiste.

Nous exigeons des éclaircissements et des excuses sur cet amalgame scandaleux de la direction de la CGT.


LE BUREAU CONFEDERAL CGT DOIT RESPECTER LE VOTE DE LA CGT ET DU PEUPLE ONTRE LE TRAITE CONSTITUTIONNEL EUROPEEN

Sous le titre juste “l’extrême droite n’a pas sa place ni dans les cortèges syndicaux, ni nulle part ailleurs”, le communiqué confédéral CGT du 21 mars 2018 fait un amalgame scandaleux entre d’une part “différents mouvements favorables au ‘frexit'” et d’autre part le “front national”/”les patriotes”/les “organisations identitaires, xénophobes et racistes (qui) se travestissent en pseudo-alliés et soutiens des travailleurs en lutte”. C’EST HONTEUX ET INACCEPTABLE.

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Est-ce ici l’occasion de revanche du Bureau Confédéral contre le vote pour le “frexit” au TCE du CCN de la CGT en 2005 ? Est-ce un gage de soumission de plus à cette antenne institutionnelle de la Commission Européenne et de la Table Ronde des Industriels Européens qu’est la CES ?

Sur quelle décision démocratique de la CGT se fonde cet amalgame entre fascisme pro-européen réel “des front national/patriotes/identitaires” et véritable position progressiste, révolutionnaire de classe pour la sortie de l’euro/UE/OTAN, position défendue par bon nombre de syndicalistes de classe au sein de la CGT ?

Le Bureau confédéral ose-t-il ranger parmi les fascistes le CCN qui a voté le “frexit” au TCE en 2005?

Qu’est ce donc ce soutien non assumé, donc hypocrite, à la construction du bloc impérialiste européen qui saccage par la guerre derrière l’impérialisme US des pays entiers (Irak, Libye, Syrie, etc), voire le continent africain (opération Barkhane sur tout le long du Sahara/Sahel), s’aligne systématiquement sur les crimes sans fin et sans nom du sionisme colonialiste israélien et détruit par les décisions de la commission européenne, caisse de résonance des grandes multinationales capitalistes européennes, tous nos conquis sociaux et démocratiques dans nos différents pays ?

Depuis quand fait-on passer subrepticement à la CGT des positions non débattues par les instances démocratiques ?

Est-ce là un alignement, non dit et non assumé, sur cette officine eurocratique appelée “confrontation” à laquelle certains dirigeants et ex-dirigeants jamais trop éloignés du Bureau Confédéral adhèrent pour faire “partager” au syndicalisme français l’horreur chauvine, raciste du projet fédéral européen comme moyen politique de construire un bloc impérialiste européen à la fois allié et concurrent des prédateurs US contre les peuples ?

Cela ne rappelle-t-il pas la sauvage domination criminelle du capitalisme, né en Europe, et exporté dans le monde à coups de génocide des Amérindiens, de traite des esclaves noirs et de colonialisme ?

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Ne voit-on pas ce que coûte aux travailleurs et aux peuples en Europe la dite construction de l’impérialisme européen : la faillite imposée à la Grèce, les politiques et lois anti-sociales des gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédé depuis 1981, la montée électorale des fascistes, etc ?

IL FAUT QUE CESSE CET AMALGAME INFAMANT ENTRE LES FASCISTES ET LES DÉFENSEURS DU DROIT DE SORTIR DE CETTE PRISON DES TRAVAILLEURS ET DES PEUPLES QU’EST L’UNION EUROPÉENNE

Assumez un débat franc et net, au lieu de vous cacher derrière des amalgames perfides, sur l’impérialisme européen en construction et ses dégâts ici et partout ailleurs.

Diagne Roland, membre des CE : CGT Educ’Action Nord, FERC, UL CGT Tourcoing, UD CGT du Nord


Pour ceux qui douteraient de ce qu’est le rôle de l’Union Européenne, au moment où tous les syndicalistes, les cheminots de la CGT sont mobilisés contre la privatisation de la SNCF, la libéralisation du Rail, la suppression du statut, il est important et indispensable de rappeller que la réforme Borne Macron de la SNCF est la traduction de l’obligation de la transcription en droit français d’ici décembre 2018 des directives européennes du 4e paquet ferroviaire. D’où la méthode violente de la réforme par ordonnances pour tenir ce délais et éviter les sanctions de la Commission Européenne. Alors, privatisation de la SNCF et Union Européenne, ou Services Publics par le Frexit progressiste, les travailleurs peuvent faire leur choix !

L’achèvement de l’espace ferroviaire unique européen : le 4e paquet ferroviaire

L’objectif est de renforcer la compétitivité du transport ferroviaire et de faciliter la libre circulation des voyageurs et des services de transports avec l’achèvement de la mise en place de l’espace ferroviaire unique européen.

Le quatrième « paquet ferroviaire » se compose de six textes présentés par la Commission européenne en janvier 2013. Trois textes concernent le volet technique . Les autres textes constituent le « volet politique » en raison des questions de gouvernance et d’ouverture à la concurrence qu’elles traitent.

Le pilier technique a été publié le 26 mai 2016 au Journal officiel de l’Union européenne.

Le pilier politique a été publié le 23 décembre 2016 au Journal officiel de l’Union européenne.

Le pilier politique : ouverture à la concurrence de toute l’activité transport de voyageurs

Cet ensemble de textes législatifs européens orientera les évolutions du système de transport ferroviaire pour les prochaines années, puisqu’il parachève la libéralisation des marchés ferroviaires en prévoyant l’ouverture à la concurrence de l’ensemble des services domestiques de transport ferroviaire de voyageurs et en réformant les règles de gouvernance des groupes ferroviaires et de régulation des marchés ferroviaires.

Le pilier politique traite principalement de deux aspects :

  • la gouvernance des groupes ferroviaires, avec notamment des mesures de sauvegarde de l’indépendance du gestionnaire d’infrastructure plus fortes et de nouveaux pouvoirs donnés au régulateur ;
  • l’ouverture à la concurrence des services de transport domestique de voyageurs, en 2021 au plus tard pour les services commerciaux et fin 2023 au plus tard pour les services conventionnés.

Les dispositions concernant la gouvernance et l’ouverture à la concurrence des services commerciaux doivent être transposées d’ici décembre 2018.

Les dispositions concernant la mise en place d’appels d’offre systématiques pour les contrats de service public, elles, sont directement applicables dès décembre 2023.

Le pilier technique

Ce pilier s’intéresse à l’interopérabilité et à la sécurité ferroviaire, ainsi qu’à l’Agence de l’UE pour les chemins de fer (ancienne Agence ferroviaire européenne) qui devient un acteur clé des dispositifs d’autorisation des matériels roulants et des entreprises ferroviaires.

Il renforce l’harmonisation européenne des procédures d’autorisation portant sur les matériels et sur les opérateurs en confiant dès 2019 de nouvelles missions à l’Agence de l’Union européenne pour les chemins de fer (règlement n°2016/796). Il s’agit notamment de réduire les formalités administratives liées aux procédures d’autorisation et leurs coûts, tout en préservant le haut niveau de sécurité atteint .

L’interopérabilité ferroviaire (directive n02016/797) repose sur la mise en place de procédures d’autorisation des véhicules ferroviaires, la fixation d’exigences essentielles à respecter, qui se traduisent sous la forme de règles détaillées que l’on appelle des « spécifications techniques d’interopérabilité ». L’interopérabilité ferroviaire requiert également de limiter au strict nécessaire l’existence de règles nationales pour des raisons historiques ou liées à la spécificité d’un ou plusieurs réseaux sur un territoire national. Enfin l’interopérabilité ferroviaire est également garantie par des procédures de vérification et d’évaluation de la conformité pour différents sous-systèmes ou constituants d’interopérabilité en déterminant les organismes et les procédures afférents.

La sécurité ferroviaire (directive n°2016/798) repose sur la mise en place de procédures d’autorisation des entreprises ferroviaires et des gestionnaires d’infrastructures, la définition du partage des responsabilités entre les différents acteurs, la mise au point d’objectifs, d’indicateurs et de méthodes dites de « sécurité communes » pour limiter là aussi les règles nationales au strict nécessaire, l’existence d’autorités nationales de sécurité et d’organismes chargés des enquêtes sur les incidents et accidents et la définition de principes communs pour la gestion et la surveillance de la sécurité ferroviaire.

L’Agence ferroviaire européenne, jusqu’ici dotée principalement de missions d’assistance technique pour la Commission européenne, devient l’autorité responsable :

  • de la délivrance des autorisations liées à l’interopérabilité et à la sécurité ferroviaires
  • du système européen gestion du trafic ferroviaire (ERTMS)
  • de la réduction du nombre de règles nationales techniques et/ou de sécurité
  • de la mise en place à terme d’un registre européen des véhicules

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Affaire Skripal : la France et d'autres pays annoncent l'expulsion de diplomates russes

18 pays occidentaux ont déclaré leur intention d'expulser plus de 100 diplomates russes en réaction à l'empoisonnement d'un ancien agent double russe sur le sol britannique dont Moscou dément être responsable. La Russie promet une réponse.

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Plusieurs pays parmi lesquels la France, les Etats-Unis et l'Allemagne, ont annoncé ce 26 mars leur décision d'expulser des diplomates russes, en réaction à l'empoisonnement de l'ancien agent double russe Sergueï Skripal sur le sol britannique, le 4 mars. Le Royaume-Uni a imputé à Moscou, qui s'en défend, la responsabilité de cet empoisonnement.

Les pays européens ayant décidé d'expulser des diplomates russes ce 26 mars sont la France (4 diplomates), l'Allemagne (4), la Pologne (4), l'Italie (2), la Lituanie (3), la Lettonie (1), l'Estonie (1), la République Tchèque (3), la Finlande (1), le Danemark (2), la Croatie (1), les Pays-Bas (2), la Suède (1), la Roumanie (1), l'Albanie (2) et l'Ukraine (13).

De plus, les Etats-Unis ont décidé d'expulser 60 diplomates russes, qualifiés d'«espions», à savoir 48 «agents de renseignement connus» du consulat de Russie de Seattle et 12 de plus de la mission russe de l'ONU.

Le Canada a également décidé d'expulser quatre diplomates russes.

Enfin, la Slovaquie a annoncé «étudier les mesures à venir», déclarant qu'il y avait «plus d'une option».

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, a salué la «réponse extraordinaire» des «alliés» du Royaume-Uni. «La réponse extraordinaire de nos alliés constitue le plus grand mouvement d'expulsion d'agents russes de l'histoire, et permet de défendre notre sécurité partagée», a-t-il écrit sur Twitter.

Moscou dénonce une «provocation»

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Ce même jour, Moscou a, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a déclaré qu'elle prendrait des mesures de rétorsions proportionnelles à l'encontre des pays ayant décidé d'expulser des diplomates russes. La Russie a qualifié ces expulsions d'«inamicales», de «provocation», expliquant que les Etats concernés suivaient «de façon aveugle» les «principes d'unité» de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN). En outre, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a fait savoir que Vladimir Poutine prendrait une «décision définitive» quant aux mesures de rétorsion.

Londres a désigné Moscou le 14 mars comme responsable de l'empoisonnement de l'ancien agent double russe Sergueï Skripal le 4 mars à Salisbury. Le Royaume-Uni avait alors décidé d'expulser déjà 23 diplomates russes et annoncé le gel des relations bilatérales. La Russie, qui clame son innocence et accuse Londres de ne «pas vouloir entendre les réponses», avait ordonné en représailles l'expulsion de diplomates britanniques et la fin des activités du British Council sur son territoire. Le 23 mars, les 28 Etats de l'Union Européenne, emboîtant le pas au Royaume-Uni, avaient à leur tour jugé «très probable» la culpabilité de la Russie dans cette affaire, bien que certains pays comme l'Italie ou la Grèce aient tenu à exprimer une position plus tempérée.

https://francais.rt.com/international/49158-affaire-skripal-allemagne-va-expulser

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lundi 26 mars 2018

La loi instaurant un « secret des affaires » passe en toute discrétion à l’Assemblée

La France s’apprête à transposer en catimini la directive européenne sur le secret des affaires, avec examen à l’Assemblée le 27 mars dans le cadre d’une procédure accélérée. Cette directive avait été adoptée il y a presque deux ans malgré les protestations de la société civile. Sous prétexte de lutter plus efficacement contre l’espionnage industriel, ce texte crée un droit général au secret pour les entreprises, qui leur permet potentiellement de traîner devant les tribunaux quiconque porterait à la connaissance du public une information sur leurs activités sur laquelle elles auraient préféré maintenir l’omerta.

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C’est donc une épée de Damoclès qui pèse désormais sur les lanceurs d’alerte, les salariés et leurs syndicats, les journalistes, les chercheurs et les associations de protection des consommateurs et de l’environnement. Dévoiler un montage d’optimisation fiscale, comme dans le cas récent du groupe Kering de François Pinault (7ème fortune de France), révéler des difficultés économiques qui pourraient provoquer des licenciements massifs, comme dans le cas de Conforama, ou enquêter sur l’utilisation de produits toxiques dangereux pour les salariés et les consommateurs, pourraient ainsi tomber sous le coup du « secret des affaires ».

Certaines exceptions ont certes été introduites dans la directive pour protéger la liberté d’expression et l’intérêt général. Mais les institutions européennes ont en revanche catégoriquement refusé de restreindre la portée de ce texte aux seules situations concurrentielles, autrement dit aux cas où un acteur économique chercherait effectivement à acquérir des informations commerciales sensibles pour son propre gain. Ce qui laisse la porte ouverte à tous les abus, alors même que certaines firmes, comme le groupe Bolloré ou Veolia, ont de plus en plus tendance à vouloir museler leurs critiques aux travers de « procédures bâillon » (lire notre article).

Après l’adoption d’une directive européenne, les États membres ont théoriquement deux ans pour la transposer dans leur droit national.

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La date fatidique tombe dans les premiers jours de juin 2018. En France, la loi de transposition doit être examinée par l’Assemblée nationale le 27 mars, dans le cadre d’une procédure accélérée et passablement étrange, à l’initiative des députés de La République en marche (LREM) [1]. « La France dispose de marges de manœuvre importantes pour la transposition de la directive dans notre droit national, et peut préserver les libertés tout en respectant le droit européen, soulignent dans une lettre ouverte un collectif regroupant syndicalistes, journalistes, lanceurs d’alerte, associations, chercheurs et simples citoyens (parmi lesquels les journalistes de Basta ! et de l’Observatoire des multinationales). Pourtant, le gouvernement et la majorité semblent avoir choisi, en catimini, de retenir une option remettant gravement en cause l’intérêt général et le droit des citoyens à l’information. »

Insécurité juridique pour les défenseurs de l’intérêt général

Dans sa version actuelle, la proposition de transposition de la directive dans le droit français reste assez proche du texte européen. Elle ne propose pas de sanctions pénales allant jusqu’à la prison ferme, comme c’était le cas par exemple de la proposition initialement inscrite dans la loi... Macron, de 2015, lorsque l’actuel Président était ministre de l’Économie de François Hollande (lire notre article). Elle n’en comporte pas moins des reculs, notamment le fait d’obliger même ceux qui auraient involontairement violé un « secret d’affaires » à réparer le préjudice pour l’entreprise.

Surtout, loin de « clarifier le droit » sur la protection des secrets commerciaux comme le clament ses partisans, cette nouvelle loi sur le secret des affaires ne fait que créer de nouvelles contradictions entre les exigences de la liberté d’expression, du droit à l’information et de l’intérêt général d’une part, et celles du secret des affaires d’autre part. Contradictions qui devront être tranchées au cas par cas par les tribunaux. ONG, syndicats et journalistes craignent que les entreprises se tournent de plus en plus vers les tribunaux de commerce, qui leur sont bien plus favorables. Le jugement récemment rendu par le tribunal de commerce de Paris censurant un article du magazine de Challenges sur les difficultés économiques de l’enseigne Conforama (lire notre article), alors même que la directive sur le secret des affaires n’était pas encore transposée dans le droit français, augure d’un bien mauvais présage.

Le fruit d’un patient travail de lobbying

Le secret des affaires est à bien des égards une invention française. Des propositions de loi en ce sens, préparées par un petit milieu de spécialistes autoproclamés de « l’intelligence économique », ont été présentées à plusieurs reprises ces dernières années à l’Assemblée nationale ou au Sénat, sans succès. La dernière tentative date de 2015 et de la loi Macron, dans laquelle avaient été introduits subrepticement des articles sur le secret des affaires. Le locataire actuel de l’Élysée avait alors reculé devant la levée de boucliers. Les partisans du secret des affaires se sont alors tournés vers les institutions européennes.

Un travail d’enquête approfondi mené par l’ONG bruxelloise Corporate Europe Observatory montre comment un petit groupe de multinationales essentiellement françaises et états-uniennes (Alstom, Michelin, Solvay, Safran, Nestlé, DuPont, GE et Intel...) ont orchestré l’élaboration de la directive en relation étroite avec la Commission européenne et des cabinets d’avocats d’affaires internationaux (lire notre article). Grâce aux jeux de pouvoir à Bruxelles, ils ont fini par obtenir gain de cause.

Une fois adopté à l’Assemblée, le texte passera ensuite devant le Sénat, qui risque fort de vouloir le durcir. Comme lors de l’examen de la loi Macron en 2015, et comme lors de l’adoption de la directive européenne en 2016, la mobilisation de la société civile sera nécessaire pour éviter le pire.

Olivier Petitjean

Notes

[1C’est habituellement toujours le gouvernement qui prépare les lois de transposition des directives européennes. Pour la première fois, cette transposition passe par une proposition de loi portée initialement par un groupe de députés La République en marche. Cette proposition de loi sera pourtant examinée à l’Assemblée dans le cadre d’une niche réservée aux projets de lois du gouvernement...

https://www.bastamag.net/La-loi-instaurant-un-secret-des-affaires-passe-en-toute-discretion-a-l

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"La France dispose de marges de manœuvre importantes pour la transposition de la directive dans notre droit national, et peut préserver les libertés tout en respectant le droit européen",[Une version de "gauche" du "en même temps" macronien!]

"Dans sa version actuelle, la proposition de transposition de la directive dans le droit français reste assez proche du texte européen",..."Les partisans du secret des affaires se sont alors tournés vers les institutions européennes":

En gros, le secret des afaires est "à bien des égards" une initiative française, et le rôle des institutions européennes est secondaire: on reste pantois devant un tel aveuglement!

L'idée sous- jacente à mon avis est d'expliquer qu'un gouvernement "de gauche" saurait transposer humainement et dans un sens social les directives européennes...

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dimanche 25 mars 2018

La France vers le modèle colonial latino-américain

TRIBUNE LIBRE / Philippe Chapeli

Relire Eduardo Galeano

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Qualifier la Révolution française de « révolution bourgeoise » est un lieu commun mais qui exprime une réalité : la formation d’une bourgeoisie nationale porteuse d’idéaux libéraux et égalitaires. En France, c’est cette combinaison idéologique qui a caractérisé notre lutte des classes et notre histoire. Si au XIXe s. le prolétariat était en Angleterre et les classes en Prusse (dans la constitution prussienne), la lutte des classes était en France ! En France, la bourgeoisie nationale n’est pas complètement autonome et ne doit pas le devenir. Son comportement dépend des luttes et donc de l’articulation des rapports entre classes populaires et classes moyennes.

Que pourrait bien devenir notre pays sans l’idéal de la nation et la réalité d’une bourgeoisie nationale ? La France des années 2010 commence de se rapprocher dangereusement du modèle latino-américain si bien décrit par Eduardo Galeano.

Le délitement d’une nation

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La désindustrialisation de la France semble aujourd’hui coïncider avec la disparition de la démocratie. Depuis la mise en place de l’euro, la France s’est installée dans le déficit commercial, processus qui s’accompagne d’une décomposition de la vie politique. Voilà une entrée en matière économiste assez convenable pour s’interroger sur les liens entre économie et vitalité de la nation. Peut-on imaginer un pays développé sans industrie, sans capitalisme, et sans bourgeoisie ?

Revenons rapidement sur le passé et l’ascension, avant la chute.

En France comme ailleurs, le développement économique a largement reposé sur une collaboration entre l’Etat et la bourgeoisie nationale. Durant la Première révolution industrielle, le gouvernement a donné les impulsions et décidé des grands investissements, puis laissé les acteurs économiques capitalistes agir librement pour exploiter les infrastructures.

Cette période correspond, avec un peu de retard par rapport à l’Angleterre, au moment du développement des idéaux démocratiques. Des crises économiques ont commencé de survenir, à partir du Second empire, quand le capitalisme a prétendu se libérer des régulations étatiques. Mais ce capitalisme est resté national, avec des élites soucieuses de tempérer les politiques qui portaient atteinte aux branches industrielles. Une vie idéologique intense, initiée sous la Révolution française, a accompagné le développement industriel et permis de concilier capitalisme et amélioration du niveau de vie. L’affrontement entre des principes de liberté et d’autorité, d’égalité et d’inégalité a finalement favorisé la lutte des classes, la démocratie libérale et un contrôle national du capitalisme. Sa vie politique très riche a fait de la France, alors en position centrale, un modèle d’innovation.

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Même si la France n’a jamais été un très grand pays industriel, elle fut par excellence le pays de la lutte des classes et l’essai classique de Marx s’appelle en effet «Les luttes de classe en France ». Cette définition de la nation par des classes qui y sont en lutte a duré, tout en s’adoucissant, au XXe siècle. Une réelle inventivité sociale en a découlé, dont un système de ponction à la source de la plus-value du capital, le système des cotisations sociales, encore en vigueur.

Pris dans cette dynamique de long terme, le patronat, temporairement dompté en 1945, a depuis silencieusement reconstitué ses forces, pour finalement vouloir sortir de la dialectique des classes et de la nation, en mettant en place la « construction européenne ». Cette construction s’est révélée une arme de destruction massive de la démocratie libérale, par contournement du cadre national de la lutte des classes. La création de l’Union européenne fut l’aboutissement de ce processus : en 1992, en inventant l’euro, nos classes supérieures ont renoncé à conduire une politique économique indépendante. Les Français, en votant le traité de Maastricht, ont quant à eux renoncé à exister en tant que nation. Leur traditionnelle lutte des classes n’y est plus possible, leur monde ouvrier va redevenir force de travail atomisée.

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Mais un véritable désastre économique s’ensuit, révélé par l’apparition d’un déficit commercial structurel. Un « 1940 » de longue durée est inscrit dans les traités européens TUE et TFUE qui constitutionnalisent les politiques économiques. L’entrée dans l’ère post-nationale a certes débarrassé les classes supérieures de la démocratie et de la lutte des classes, mais le prix économique de cette victoire sociale aura été élevé : libéré de sa nation, notre capitalisme implose. On ne peut toutefois être sûr que notre régression industrielle soit un accident, une conséquence non désirée par des classes bourgeoise peu conscientes du lien entre vitalité de la Nation et force de l’économie. Car en effet, les politiques menées depuis 1992 s’apparentent vraiment à du sabotage. Le choix de Siemens contre Alstom, la destruction programmée de la SNCF, ne sont peut-être que les éléments planifiés d’un choix antinational en action.

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Faire de la politique et prétendre gouverner c’est donc aujourd’hui s’occuper de la « réduction des déficits » et de la gestion de la police. L’introduction du système de la Dette évoque le sort des pays du Tiers-Monde pressurés par le Fonds Monétaire International (FMI) dans les Années 1970. Les Français, par vanité peut-être, veulent continuer de croire qu’ils vivent dans l’une des démocraties du monde libre et dominant. Leur situation réelle est celle du maillon faible dans un nouveau genre de système colonial, cette Union européenne qui comprend des pays dominés et un pays dominant, l’Allemagne, qui impose ses règles et ses hommes.

Or, il existe un continent qui vit cette situation depuis deux cents ans, proche de la France culturellement, par la langue et le tempérament, l’Amérique latine dont l’étude peut nous renseigner sur notre futur.

Le nationalisme comme projet social : le cas de l’Amérique latine

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La société latino-américaine repose sur une dynamique portant des idéaux de liberté et d’égalité, comme la France. Ceux-ci s’incarnent dans des forces sociales qui prennent une forme assez différente de ce qui existe en Europe : les guérillas, les mouvements indigénistes, les cartels, les groupes paramilitaires. Ces dispositifs, dont le fonctionnement est horizontal, sont censés réguler le climat de violence inter-individuelle qui caractérise le continent, en l’absence d’Etat.

Tandis que l’Etat-nation s’est construit sur une longue durée en France, l’Amérique latine n’a ni l’Etat ni la nation. Le nationalisme, qui n’est pas un état, fait donc lui aussi partie de la dynamique générale : « la cause nationale latino-américaine est, avant tout, une cause sociale » affirme Eduardo Galeano1. Au XIXe s., l’Amérique latine s’est beaucoup inspirée des idées issues de la Révolution française. Les courants libéraux, indépendantistes, s’en réclamaient en opposition au système hiérarchique de la monarchie espagnole. Mais ce modèle antiautoritaire n’a pas permis d’organiser l’Etat : le rapport de l’individu à l’Etat est trop lâche.

Cette faiblesse structurelle de l’Etat a favorisé le maintien d’un modèle économique de type colonial et empêché la constitution de capitalismes nationaux. Elle a freiné la formation de bourgeoisies nationales capables, comme en France dans le prolongement de sa Révolution, de se sentir responsables de l’ensemble de la population, à l’imitation de la noblesse.

La description d’un continent qui a conservé son statut colonial en dépit des mouvements d’indépendance est au cœur de l’ouvrage « Les veines ouvertes de l’Amérique latine », d’Eduardo Galeano (1970), tableau surtout économiste de l’Histoire de ce continent.

L’histoire de l’Amérique latine s’oppose à celle des Etats-Unis, dont le modèle économique repose sur l’autonomie vis-à-vis de l’Europe, les richesses produites n’étant pas expatriées. Il semble que la valeur d’égalité, d’horizontalité, ait affaiblit le rapport d’autorité nécessaire à un minimum d’efficacité économique.

Ainsi, l’Amérique latine est restée peu développée, conservant son système de grande propriété : en 1910, à la veille de la réforme agraire impulsée par la Révolution, les terres mexicaines étaient détenues par environ 800 propriétaires, dont beaucoup étaient des étrangers vivant en Europe ou aux Etats-Unis. Sur 15 M. d’habitants, 12 M. travaillaient dans les haciendas2. En 1911, l’écrivain américain John Kenneth Turner déplorait que son pays ait vassalisé le dictateur Porfirio Diaz et transformé le pays en une colonie esclave3. Face au gouvernement nationaliste de Lazaro Cardenas, dont les réformes sociales sont comparables à celles du Front populaire en France, le cartel pétrolier US imposa un embargo entre 1939 et 1942 !!4. La Standard et la Shell s’étaient partagés le territoire mexicain. Cardenas nationalisa l’exploitation du pétrole. Plus au Sud, l’économie du Venezuela se répartit au XXe s. entre le pétrole et les latifundis traditionnels. Dans les années 1950, le Venezuela, considéré comme le grand lac de pétrole de la Standard Oil Company, était la plus grande base militaire américaine présente en Amérique latine. Déjà, au XIXe s. l’industrie en Amérique du Sud reposait sur le bon vouloir des capitalistes européens, qui contrôlaient le commerce.

Le libre-échange, comme le « bon » nationalisme, est un privilège des puissances dominantes. Les indépendances profitèrent ainsi aux grandes puissances commerciales organisant l’industrie et détruisant les productions locales traditionnelles. Pendant ce temps, les Etats-Unis consolidaient leur économie par le protectionnisme. L’exemple des Etats-Unis sortant de la Guerre civile révèle ainsi, souligne Galeano, l’existence de deux modèles historiques, l’un basé sur le libre-échange et l’esclavage, l’autre sur le protectionnisme et l’économie intensive, « deux conceptions du destin national ».

En Amérique latine, cette situation a empêché l’émergence de bourgeoisies nationales. Les bourgeois ne sont que les commissionnaires d’un capitalisme étranger dominateur (les marxistes parlent de « bourgeoisie comprador »). Pour eux, la nation n’est donc pas un objet à défendre :

« La nation n’est qu’un obstacle à franchir – car la dépendance indispose quelquefois – et un fruit délicieux à dévorer.(…) Le grand galop du capital impérialiste a trouvé l’industrie locale sans défense et sans conscience de son rôle historique. Quant à l’Etat, son influence sur l’économie latino-américaine, qui s’affaiblit depuis deux décennies [en 1970] a été réduite au minimum grâce aux bons offices du FMI. (…) En AL, le processus de dénationalisation a été beaucoup plus rapide et plus économique et a eu des conséquences incomparablement plus terribles. »5

Contrairement à l’Europe, dont la bourgeoisie industrielle était devenue hégémonique, l’entreprise fut en Amérique latine essentiellement le fait de l’Etat : « L’Etat occupa la place d’une classe sociale (…) : il incarna la nation et imposa l’accès politique et économique des masses populaires aux bénéfices de l’industrialisation. Dans cette matrice, œuvre des caudillos populistes, ne se forma pas une bourgeoisie industrielle radicalement différente des classes jusqu’alors dominantes ».6 Et, à l’exception du Mexique, les populistes tels que Péron en Argentine ne touchèrent pas à la structure latifundiste.

En Amérique latine, la bourgeoisie, subordonnée aux puissances économiques, redoute donc davantage la pression populaire que celle de l’impérialisme US. En Europe et aux Etats-Unis, elle se développa de manière fort différente.

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Cette réalité explique la capacité de la bourgeoisie en Amérique latine à saboter les économies de leur propre pays quand elles le jugent nécessaire, pour des raisons politiques, en général avec l’appui des Etats-Unis : l’histoire du continent est ainsi ponctuée de mouvements de déstabilisation économique interne, dans le but de s’opposer aux revendications populaires et à la démocratie libérale : au Mexique dans les années 1920, l’un des aspects de la guerre des Cristeros contre la réforme agraire est la mise en place d’un boycott économique pour renverser le gouvernement révolutionnaire. Au Chili, en 1973, un blocus économique interne portant notamment sur les produits de première nécessité, visait au renversement du gouvernement de Salvador Allende. Les déstabilisations de ce type ponctuent enfin l’histoire de la révolution bolivarienne au Venezuela depuis 1999.

Retour en Europe

Se livrer pieds et poings liés à une puissance dominante, au mépris d’un capitalisme national, qu’il s’agisse des Etats-Unis, pour l’Amérique latine ou de l’Allemagne, pour l’Europe, ne fait qu’entraîner les nations déjà constituées vers une situation de type colonial dans laquelle les bourgeoisies ex-nationales se retournent contre leurs peuples. L’idée de « nationalisme comme cause sociale », selon l’expression de Galeano, devra donc à nouveau faire son chemin.

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Ce détour par l’Amérique Latine révèle de manière empirique l’erreur fondamentale des idéologues de gauche qui prétendent que la sortie du capitalisme passerait par la destruction de l’Etat-nation.

Le paradoxe actuel, c’est que les convictions européennes des classes vraiment moyennes, qui incluent les professions intermédiaires et les professeurs de collège, sont très superficielles. En se contentant de stigmatiser, lors des mouvements sociaux ou dans leurs programmes politiques, le Président de la République ou la Constitution de la Ve République, , elles montrent qu’elles n’envisagent la lutte que dans le cadre national. S’agit-il d’une stratégie d’évitement de la question européenne ou simplement d’une viscérale incapacité à se projeter mentalement hors des frontières nationales pour analyser les mécanismes de domination ? Il semble en tout cas exister un sérieux “gap théorique” sur la question de l’insertion des luttes dans les relations internationales. Mais soyons optimistes. Il ne faudrait que peu de choses pour que les classes vraiment moyennes rejoignent les classes populaires, dans un rejet commun du démantèlement de l’Etat-nation.

Philippe Chapelin (historien)

Notes

1. Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l’Amérique latine, 1970, Pocket/Terre humaine, p. 330.
2. Ibid., p. 167.
3. John Kenneth Turner, « Mexico barbaro », 1911.
4. Eduardo Galeano, op. cit., p. 221.
5. Ibid., p. 289.
6.

Ibid., p. 291.

https://www.les-crises.fr/la-france-vers-le-modele-colonial-latino-americain-par-philippe-chapelin/

[RussEurope-en-Exil] La réélection de V. Poutine : enseignements

TRIBUNE LIBRE / Jacques Sapir

(...)

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Les conclusions évidentes

Ces résultats sont tout d’abord un succès évident pour Vladimir Poutine et cela pas seulement parce qu’il a été réélu. Il a reçu 76,7% des votes exprimés mais, et ceci est important, le pourcentage de votes exprimés est de 68% à la fin du décompte final (les premières estimations ne comptant que 75% des votants – essentiellement dans l’est de la Russie – donnaient 64%). Cela indique que, proportionnellement, la participation a été plus importante dans la partie Ouest du pays. Or, traditionnellement, c’est dans cette partie de la Russie que sont concentrés les « libéraux ». Cela montre qu’ils n’ont pas du tout été sensible aux consignes de boycott lancées par Navalny, dont on a la confirmation qu’il ne pèse rien en Russie.

Tableau 1

Participation aux élections présidentielles en Russie

Date 1996 2000 2004 2008 2012 2018
Participations 70% 69% 64% 70% 65% 68%

Source : Commission électorale fédérale

Le contexte de ces élections fut, naturellement, bien différent. En 1970, la compétition avait été rude entre Guennadi Ziouganov, le candidat du KPRF et Boris Eltsine. Pourtant le taux de participation n’est pas fondamentalement différent de celui que l’on a eu dimanche 18 mars. Cela traduit le fait que le vote pour Vladimir Poutine a d’abord été un vote de confiance pour ce dernier.

L’opposition a toujours été partagée entre trois courants : les « ultra-nationalistes » (Zhirinovsky et le LDPR), les « Libéraux » qui sont les héritiers de Gaïdar et des politiciens des années 1990, et la « gauche », représentée par le Parti Communiste (le KPRF) mais aussi par diverses organisations. Or, et c’est le second résultat marquant de cette élection, le courant libéral a été écrasé.

Tableau 2

Poutine face aux candidats libéraux

  2000 2004 2012 2018
Poutine 52% 71% 64% 77%
« Libéraux » 5,8% 3,8% 8,0% 2,8%
Candidats « libéraux » G. Yavlinsky I. Khakamada M. Prokhorov K. Sobtchak et G. Yavlinsky

Source : Idem tableau 1

On constate que le vote « libéral » et pro-occidental est aujourd’hui au plus bas en Russie. Cela traduit tant la réaction des russes face aux conséquences des politiques que l’on appelle « libérales » (et de ce point de vue le chaos existant aujourd’hui en Ukraine rappelle fâcheusement la situation en Russie dans les années 1990), qu’une réaction patriotique face aux tentatives d’ingérence des puissances occidentales sur la politique russe. Cet effondrement du vote libéral est lié à la bonne participation que l’on a pu constater dans le dernier scrutin.

Deux conclusions s’imposent donc : les russes ont massivement exprimé leur confiance en Vladimir Poutine et, pour l’heure, les « libéraux » n’existent plus en Russie comme force politique. Ils peuvent, certes, compter sur les moyens financiers de certains oligarques et sur l’appui des médias occidentaux, mais cela équivaut pour eux au « baiser de la mort ».

Des conclusions moins évidentes…

Mais, ces conclusions n’épuisent pas les leçons que l’on peut tirer du scrutin. Le bon résultat de Pavel Groudinine, le candidat soutenu par le KPRF et les « forces de gauche », qui fait 11,4% des suffrages (et auquel on peut associer un candidat dissident des « communistes de Russie » qui a fait 0,7%) est à noter. Ce résultat est pratiquement le double de celui du nationaliste Zhirinovsky qui voit son électorat se restreindre drastiquement. En fait, avec 14,5% en Extrême-Orient et des scores au-dessus de 13,5% en Sibérie, en règle général Groudinine est largement au-dessus de sa moyenne nationale dans l’Oural et en Sibérie. Cela correspond à ce qui avait pu être noté lors de la campagne électoral.

Pavel Groudinine

Cela traduit le malaise social qui a été décrit par de nombreux observateurs et ce que j’ai décrit dans plusieurs notes[2]. Il traduit les effets de la crise que l’économie russe a traversée en 2015 et 2016 du fait de l’effondrement des prix du pétrole. Ce malaise, Vladimir Poutine en avait lui-même pris acte lors de son discours devant les « corps constitués » du jeudi 1er mars. Plus généralement, il indique la nécessité d’une inflexion dans l’idéologie du pouvoir russe. Cette idéologie peut être qualifiée de « national-conservatrice ». La dimension « patriotique » est évidente, et semble d’ailleurs convaincre une bonne partie des russes. Elle trouve sa source dans le sentiment d’humiliation engendré par le comportement des pays occidentaux vis-à-vis de la Russie dans les années 1990. Et il faut se souvenir que quand E. Primakov devint Premier-ministre en septembre 1998, il s’attacha d’emblée à faire respecter la souveraineté de la Russie, que ce soit face au FMI ou sur d’autres terrains. Mais, on a tendance à ne pas mesurer l’ampleur de la vague « conservatrice » actuellement en Russie (mais vague qui touche aussi de nombreux pays européens). Ce « conservatisme » s’enracine à la fois dans le souvenir des troubles inouïs que la Russie a connus dans les années 1990, mais aussi dans un sentiment de très grande insécurité sociale qui est le produit tant des changements économiques qui se déroulaient à cette période (et qui ont continué par la suite) que des transformations que la société russe continue de connaître. De ce point de vue, la prégnance de l’idéologie conservatrice n’est nullement surprenante. Elle correspond à une réaction classique chez les individus qui ne peuvent tolérer de voir l’ensemble des aspects de leur vie changer en même temps et qui recherchent dans le cas de changements importants des plages de stabilité. D’ailleurs, le thème de la « stabilité » a été mis en avant par Vladimir Poutine, et cela non sans un évident succès.

Ce « national-conservatisme » peut évoluer dans deux directions. L’une d’entre elles pourrait être qualifiée de tendance réactionnaire (on pourrait alors parler de national-conservatisme réactionnaire), avec un renforcement des inégalités appuyé sur une rigidification des formes patriarcales qui continuent de demeurer fortes en Russie. Cette évolution cependant se heurtera de front avec la montée de nouvelles générations qui supporteront de plus en plus mal les inégalités inhérentes à la forme « réactionnaire ». Ou alors, ce « national-conservatisme » peut prendre une forme « sociale », conservant le besoin de sécurité qui est patent dans la population, mais l’accompagnant d’une forte réduction des inégalités et de la montée d’une protection publique (par le développement des services publics) qui sera d’ailleurs à même d’assurer cette demande de « sécurité ». C’est le ressort principal du vote pour Groudinine, et c’est vers cette forme idéologique, que l’on peut appeler le « national-conservatisme social » que devrait évoluer l’idéologie du pouvoir en Russie s’il entend se consolider dans la durée. Or, ce problème de la durée se posera, et plus rapidement qu’on ne le croit, car tout porte à croire que le mandat obtenu dimanche 18 mars sera le dernier pour Vladimir Poutine. Ce dernier a exprimé, à de maintes reprises, sa volonté de respecter l’ordre constitutionnel qui lui interdit de se représenter pour un troisième mandat consécutif.

Des leçons pour l’étranger

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Le scrutin du 18 mars contient aussi des enseignements et des leçons pour les partenaires de la Russie. La première leçon réside dans les résultats du vote en Crimée ? La participation y a été légèrement supérieure à la moyenne nationale (71,5%) mais Poutine y a fait son score le plus élevé : plus de 90%. Autrement dit, plus de 64% des électeurs de Crimée se sont prononcés pour Vladimir Poutine. Ce vote écrasant vaut second référendum pour le rattachement de la Crimée à la Russie. L’attitude des pays occidentaux se devrait donc d’évoluer sur ce point et de reconnaître un fait d’évidence : l’immense majorité des habitants de Crimée veut être russe et se sent russe. Il convient de le reconnaître et de tirer les conséquences de la décision d’une population. C’est un cas où le droit international, ce droit qui fut si souvent bafoué du Kosovo à l’Irak et à la Libye, doit se mettre au diapason des réalités.

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La seconde leçon réside dans l’attitude du gouvernement ukrainien qui a empêché les russes vivant en Ukraine de voter. C’est une décision mesquine, mais une décision grave dans son principe et ses conséquences. Elle montre le peu de cas que fait le gouvernement de Kiev quant aux droits démocratiques. Cette décision vient à la suite du refus répété de ce gouvernement d’appliquer les accords de Minsk du début février 2015[3]. Les pays de l’Union européenne, qui viennent de revoter pour une période de 6 mois les sanctions à l’égard de la Russie, seraient bien avisés d’appliquer aussi ces mêmes sanctions à l’Ukraine, car très matériellement et très concrètement c’est elle qui se comporte de manière non-démocratique et qui empêche la mise en œuvre des accords de Minsk. Il devient incompréhensible de pénaliser un pays sans pénaliser l’autre. Ou alors, cela revient à dire que pour les gouvernements des pays de l’UE, il y a deux poids et deux mesures dans tout ce qui touche à la Russie.

D’une manière plus générale, les gouvernements des pays occidentaux seraient bien inspirés de prendre en considération ce que nous apprend cette élection, qu’il s’agisse de la légitimité de Vladimir Poutine, légitimité qui a été incontestablement renforcée le dimanche 18 mars, ou qu’il s’agisse des deux crises qui cristallisent le conflit avec la Russie, la question de la Crimée et celle de la crise dans l’est de l’Ukraine. La tiédeur – et c’est un euphémisme – du message d’Emmanuel Macron à Vladimir Poutine à l’occasion de sa réélection montre que l’on en est encore loin[4]. Pourtant Emmanuel Macron a été élu avec 43% du corps électoral et Vladimir Poutine avec 52%. Cette différence de 9 points devrait inciter le Président français à une certaine humilité…

 

[1] Voir le compte-rendu fait par Jacques Myard de sa mission d’observation en Crimée : https://www.facebook.com/Jacques-MYARD-532814636848757/

[2] Voir les notes du 17 mars https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-situation-economique-de-la-russie-et-les-elections-par-jacques-sapir/ et du 1er mars https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-les-defis-de-leconomie-russe-video-par-jacques-sapir/

[3] Voir la note que j’ai consacrée à cette question le 14 février 2015 : https://russeurope.hypotheses.org/3448

[4] http://www.elysee.fr/communiques-de-presse/article/communique-entretien-telephonique-entre-emmanuel-macron-president-la-republique-et-vladimir-poutine-president-de-la-federation-de-russie/

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-reelection-de-v-poutine-enseignements-par-jacques-sapir/

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"Il devient incompréhensible de pénaliser un pays sans pénaliser l’autre. Ou alors, cela revient à dire que pour les gouvernements des pays de l’UE, il y a deux poids et deux mesures dans tout ce qui touche à la Russie": c'est incompréhensible si on refuse d'admettre que la "construction européenne" est avant tout une entreprise de domination géopolitique menée par les Etats- Unis, sinon, c'est très clair au contraire...   P.G.

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