samedi 7 avril 2018

Lutte 2.0 : comment les cheminots veulent gagner la bataille de l'opinion publique

Malgré les difficultés que subiront les usagers, les syndicats de cheminots veulent convaincre la population de la dimension collective du combat. En face, le gouvernement dénonce une grève que "personne ne peut comprendre". Sur les réseaux sociaux, les premiers sont pour l'heure beaucoup plus efficaces que les seconds.

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Quel que soit le camp, la conquête de l’opinion est une priorité. Souvent, c’est elle qui détermine le vainqueur du bras de fer. En 1995, alors que le Premier ministre Alain Juppé promet une réforme des régimes spéciaux de la SNCF, il est obligé de reculer face à une forte mobilisation des cheminots soutenue par deux Français sur trois. Pour remporter la bataille sociale, il faut donc mener - dans le même temps - une offensive de com' pour rallier la population à sa cause. Les organisations de cheminots l’ont bien compris. Ère des réseaux sociaux oblige, les syndicats et ses partenaires ont transformé la forme de leurs discours pour arriver à leurs fins. Jusqu’à voir, cette semaine, le hashtag “Je soutiens la grève des cheminots” au plus haut des sujets discutés sur Twitter. Faisant de la lutte une “tendance”.

“Face aux arguments fallacieux du gouvernement, il nous fallait mener une campagne ambitieuse”, explique à Marianne Gérald Briant, élu communiste mais aussi chargé de la communication du parti sur les réseaux sociaux. Le 22 mars, à l’occasion de la mobilisation nationale de la fonction publique et des cheminots, le Parti communiste lance la campagne “Mon train j’y tiens”. Le slogan sera repris en masse par les internautes, sous la forme d’un hashtag, évidemment.

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L'autre mot-clé très utilisé est #TeamSNCF, un hashtag "volé" à la SNCF qui, hors grève, avait l'habitude de l'utiliser pour communiquer sur ses services et tenter de se rendre sympathique et accessible. Pas de chance pour Guillaume Pépy, certains cheminots grévistes rompus à l’usage des réseaux sociaux s’en sont donc emparés dernièrement. A tel point qu’il est devenu une sorte de point d’information numérique sur les actions des cheminots lors de la dernière mobilisation. Amélie, plus connue sous le pseudo de @amelie_picardie sur Twitter, est cheffe de bord. Le 22 mars, elle était dans la rue pour manifester. Et ce 3 et 4 avril, elle ne travaillera pas. “J’utilise ce mot-clé pour faire preuve de pédagogie, pour expliquer notre action et nos revendications et, parfois, calmer les personnes les plus virulentes”, confie-t-elle à Marianne. Pour elle, les clichés et les idées reçues sont les ennemis numéro 1 du personnel de la SNCF. “Avec les annonces du gouvernement, les attaques ont été plus dures”, constate-t-elle. Alors, il a fallu ruser pour “montrer l’envers du décors”.

Parler d’un “choix de société” plutôt que d’un “statut”

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Car derrière l'outil, il y a surtout une stratégie : sortir d'un sujet très cheminots-centré et montrer qu'il concerne tout le monde. Selon Gérald Briant, le gouvernement a décidé “dès le départ” de prendre le parti d’un discours “dur” à l’encontre des cheminots “comme s’ils étaient la cause de tous les tourments de l’entreprise”. Avec, comme principal argument, leur statut “obsolète” et “coûteux” pour la SNCF. Une diabolisation des agents qui n’avait qu’un but selon lui : “jouer sur l’aversion des Français pour les privilèges”, de quelque nature qu’il soit. Il fallait alors jouer le contre-pied, choisir son “terrain de jeu” et “ses thèmes de débat”. Cette campagne a été la première pierre de cette stratégie.

“Sans statut, le train français est en danger. Il fallait alors remettre le train et ce qu’il représente au centre du jeu. Faire cesser ce cheminot bashing pour faire réfléchir la population sur la question du train comme service public.” Pour cela, quel meilleur outil que les réseaux sociaux ? “Le seul espace capable de rivaliser avec les médias traditionnels”, pour l’élu parisien.

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Un pari qu’assume François Grasa, secrétaire général de la fédération FO des cheminots. La stratégie du gouvernement était de réduire le sujet aux ‘avantages’ de travailleurs, déplore-t-il pour Marianne. Alors qu’il s’agit d’un sujet de société qui engage chaque citoyen.” Ainsi, plutôt que d’entrer dans le procès fait en égoïsme, les différents syndicats ont décidé de déplacer le curseur. En ouvrant les rails à la concurrence à partir de 2021 comme l’exige l’Union européenne, donc en soumettant le secteur ferroviaire aux lois du marché et de la productivité, c’est un service public que l’on va abîmer. Alors, en soutenant les cheminots, c’est d’une certaine façon tout le service public que l’on défend à son échelle. Un raccourci tiré par les cheveux, leur rétorque-t-on ? Qu’importe, pour François Grasa, c’est un argument qui “prend” dans l’opinion. “Les Français voient bien que le service public est attaqué de toute part. Pas un jour ne passe sans que les infirmiers, les surveillants de prison, les agents administratifs, ne fassent part de leurs difficultés face au manque de moyens et d’effectifs, rapporte le syndicaliste. La cause des cheminots doit devenir l’étendard de luttes annexes.”

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C’est pourquoi, sur les réseaux sociaux, les slogans de soutien aux cheminots sont désormais assortis à d’autres causes, même si peu de chose les relie. La Confédération nationale du logement (CNL) par exemple, a édité un tract “Mon train j’y tiens, mon HLM aussi”. Le syndicat “Solidaires” communique lui sur une “zone à défendre (ZAD) autour des services publics”, rattachant ainsi le sort des écoles ou des hôpitaux à celui des cheminots, montrés comme des éclaireurs. Difficile de dire si la méthode est efficace. Mais d’après un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche, 46% des Français trouvent le mouvement de grève dans le ferroviaire “justifié”, contre 42% il y a deux semaines. “Quelque chose se passe”, se réjouit le représentant syndical. Il faudra cependant en juger sur la durée.

Du côté de la SNCF, on cale son discours dans les pas du gouvernement pour désamorcer un tel phénomène, toujours en insistant sur le tort causé aux usagers. Ce dimanche, à l’occasion d’une interview accordée au JDD, son président Guillaume Pépy a voulu se montrer ferme. Citant une “grève pénalisante” pour des usagers “choqués” par cette mobilisation perlée que “beaucoup de gens ne comprennent pas”. “Ils tentent de dresser les personnes les unes contre les autres alors que, nous, nous usons d’une communication inclusive. Tout le monde peut s’identifier à la cause des cheminots”, soutient Gérald Briant, à deux doigts de paraphraser la petite phrase d’Olivier Besancenot : “nous sommes tous le cheminot de quelqu’un d’autre.”

https://www.marianne.net/societe/lutte-20-comment-les-cheminots-veulent-gagner-la-bataille-de-l-opinion-publique?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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"Faisant de la lutte une “tendance”": dans les médias de l'oligarchie euro- atlantiste, la tendance est toujours la même, et elle est constante...L'argumentaire des grévistes et ceux qui les soutiennent ne peut être qu'une ruse, une simple stratégie plus ou moins habile, de communication. Déformation professionnelle...    P.G.

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vendredi 6 avril 2018

Pour ou contre la grève SNCF, les usagers prennent parti

ACT SNCF GREVE

Il y a les « pour » et bien sûr les « contre ». Mercredi 4 avril, après deux jours de grève éprouvants pour les usagers qui ont dû affronter les trains bondés ou tout simplement l’absence de trains, les avis divergent sur la suite de cette grève du personnel de la SNCF qui devrait reprendre dimanche 8 avril. D’un côté, certains usagers demandent à ce qu’on cesse de les prendre en otage ; de l’autre, certains sont prêts à mettre la main au porte-monnaie pour soutenir les grévistes.

 

 

L’association des usagers des transports d’Île-de-France réclame, par exemple, l’ouverture de « véritables négociations » entre gouvernement et syndicats de cheminot pour une fin rapide de la grève à la SNCF, dans un communiqué publié mercredi.

« Gêne insupportable pour les usagers »

« Les principales personnes touchées sont les plus vulnérables », a souligné auprès de l’AFP, Bernard Gobitz, le vice-président de cette association qui représente les usagers des transports en région parisienne, mais partage sur ce sujet les mêmes positions que sa fédération nationale (Fnaut).

L’association des usagers « attend du gouvernement et des syndicats qu’ils engagent de réelles négociations, en sortant d’une logique de surenchère, afin de limiter la durée de la grève et la gêne insupportable qu’elle entraîne pour de nombreux usagers », selon le communiqué.

 

 

« Nous considérons, comme les syndicats, qu’une reprise rapide de la dette ferroviaire est indispensable, pour permettre une baisse du niveau des péages (droit de passage payé à SNCF Réseau), un renforcement de l’offre ferroviaire et des investissements plus importants et plus rapides », explique aussi l’association.

L’association souligne que 70 % des voyageurs de la SNCF sont franciliens et que la région parisienne est donc particulièrement touchée par le mouvement social.

Près de 200 000 € récoltés pour soutenir les cheminots

D’autres usagers, eux, sont plus favorables à la perspective de maintenir le rapport de force avec le gouvernement. Leur soutien s’exprime notamment par une cagnotte en ligne, qui permet de soutenir financièrement les cheminots qui, faisant grève, ne touchent pas de revenu.

Lancée le 23 mars par une trentaine d’écrivains, réalisateurs ou encore universitaires, cette cagnotte avait presque atteint la barre des 200 000 €, mercredi en milieu de journée, avec plus de 5 800 contributeurs.

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« Tout l’argent déposé sur la cagnotte ira directement, sans intermédiaires, aux fédérations de cheminots », hors frais de transfert, a indiqué récemment le sociologue Jean-Marc Salmon, à l’origine du projet, sur la page Leetchi dédiée à la cagnotte.

D’autres cagnottes ont aussi été créées comme la traditionnelle « caisse de grève » lancée par SUD-rail (troisième syndicat à la SNCF) qui contenait près de 17 600 € à la même heure, avec environ 420 participants.

Des intellectuels en première ligne

« Nous avons de la sympathie pour les cheminots grévistes », ont écrit en mars, sur un blog de Mediapart, les fondateurs de la cagnotte, parmi lesquels figurent les écrivains Laurent Binet, Didier Daeninckx et Annie Ernaux, les philosophes Bernard Stiegler et Étienne Balibar, ou encore le réalisateur Robert Guédiguian.

« Ils défendent un de nos biens communs, une entreprise de service public que le gouvernement cherche à transformer en société anonyme », ont-ils écrit, en soulignant que « les journées de grève coûtent et que pour le succès de leurs revendications, il importe que le mouvement puisse durer ».

La Croix avec AFP
https://www.la-croix.com/Economie/Social/contre-greve-SNCF-usagers-prennent-parti-2018-04-04-1200929060?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20180404&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=979156&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018

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Rien à dire pour une fois sur un article de "La Croix" qui se contente d'informer. C'est reposant.
Une occasion pour rappeler que l'UPR invite à un grand rassemblement à Paris le 1°mai, pour la défense des services publics bien sûr, mais aussi pour expliquer et ré- expliquer encore et toujours l'origine des "réformes" et la nécessité du FREXIT.    P.G.

APPEL 1 MAI

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jeudi 5 avril 2018

Réforme de la SNCF : le Front national et Les Républicains ne jouent pas l'opposition

Le Front national et les Républicains ne semblent pas avoir choisi la réforme de la SNCF comme vecteur d'opposition au gouvernement. Entre ceux qui voteront le texte et ceux qui ne soutiennent pas la grève, l'heure est à la modération.

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Alors que la grève contre la réforme de la SNCF est entrée dans son deuxième jour, le Front national (FN) et les Républicains (LR), bien que dans l'opposition, ne font montre que d'un entrain très mesuré pour critiquer la réforme portée par le gouvernement d'Edouard Philippe.

Les députés du FN Louis Aliot et Sébastien Chenu se sont, par exemple, dits opposés à la grève de la SNCF, alors que le parti conteste pourtant la réforme en elle-même. Invité à réagir au mouvement social sur Public Sénat, Louis Alliot a confié qu'il fallait «respecter le droit de grève» mais «ne pas en abuser», ajoutant ne pas être «persuadé qu'au XXIe siècle la grève soit un moyen moderne de faire pression sur les pouvoirs publics».

Sur LCI, le député et porte-parole du parti frontiste, Sébastien Chenu, a expliqué «comprendre que des gens manifestent» mais a estimé que «bloquer les usagers, victimes des politiques d'Emmanuel Macron» n'était pas un mode d'action «opportun». Fustigeant «une façon de faire un peu à l'ancienne», il a regretté que les grévistes n'aient pas bloqué «le Thalys qui amène les députés européens voter le paquet ferroviaire» à Bruxelles.

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Dans une position d'équilibriste, le FN a néanmoins fait savoir qu'il était «aux côtés de ceux» qui contestent la réforme du ferroviaire public «dictée par Bruxelles» et qui «ne correspond pas à la politique d'aménagement du territoire via le transport public» que le parti imagine, a rappelé le député.

La présidente du FN, Marine Le Pen, tout en prenant soin de ne pas évoquer le mouvement de grève, a vilipendé la réforme voulue par Emmanuel Macron. «Plutôt que de se lancer dans des réformes brutales qui s'en prennent aux cheminots, le gouvernement n'aurait-il pas dû commencer par changer la gouvernance et le mode de management de la SNCF qui, tous deux, ont eu l'occasion de montrer leurs limites et leur obsolescence ?», a-t-elle twitté. Difficile en effet pour le FN, qui ne dispose pas de réels relais dans le monde syndical, d'incarner l'opposition sur le terrain de la mobilisation sociale.

Voter la réforme ou s'abstenir, telle est la question chez LR

Côté Républicains, si la majorité des troupes est favorable à l'ouverture à la concurrence, une proposition de longue date de la droite française, quid du vote de la réforme Macron à l'Assemblée nationale ? Le parti devrait s'entendre afin de voter «pour» le texte ou «s'abstenir» a par exemple signalé le 4 avril Damien Abad, un des vice-présidents du parti qui, pour sa part, le votera.

Un autre vice-président des Républicains, Guillaume Peltier, qui avait expliqué dès la mi-mars qu'il ne voterait pas la réforme, a récidivé ce 4 avril sur France Inter. Pour lui, le projet du gouvernement ne s'attaque pas à la question du régime spécial de retraite des cheminots et ne s'engage pas clairement sur le maintien des petites lignes de trains.

Christian Jacob, le président du groupe parlementaire LR à l'Assemblée nationale, a souligné que le groupe trancherait «quand le débat sera terminé». Lui-même s'est dit favorable au «fond» de la réforme, mais a vivement critiqué «la méthode» des ordonnances, devant l'Association des journalistes parlementaires.

«Clairement, nous sommes favorables au principe de cette réforme car elle est dans l'intérêt supérieur du pays», a pour sa part assuré à L'Opinion Geoffroy Didier, secrétaire général délégué des Républicains. Il a néanmoins noté que «des interrogations méritent d'être levées», en particulier sur la question de «la survie des petites lignes».

Damien Abad a précisé plus tard dans la journée qu'il faisait le même diagnostic que Guillaume Peltier mais qu'il n'arrivait pas à la même conclusion en ce qui concerne son vote. «On dit exactement la même chose. Je pense qu'on aura un vote convergent sur le pour ou l'abstention, mais nous verrons, ce sera un débat que nous aurons au sein du groupe», a-t-il ajouté, estimant que la position du groupe devrait être «décidée de manière très majoritaire».

Sur RTL enfin, le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, a lui aussi fait savoir qu'il soutenait la réforme, qu'il juge «nécessaire» car il faut s'attaquer à la «dégradation de la qualité du service», précisant qu'il la voterait.

https://francais.rt.com/france/49441-reforme-sncf-front-national-republicains-jouent-pas-opposition

APPEL 1 MAI

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SNCF - Vers la fin des services publics

Cet article date du 7 mars, mais est bien sûr de toute actualité!   P.G.

Sous la pression de Bruxelles, et dans le droit fil de la politique néolibérale désormais omniprésente, le président Macron entend mettre fin une fois pour toutes aux services publics en France.

TL TOUT DOIT PARTIR

TRIBUNE LIBRE /

mercredi 4 avril 2018

Grèves SNCF : une cagnotte pour soutenir les cheminots et contrer les sanctions des grévistes

Une cagnotte lancée le 23 mars pour soutenir les cheminots en grève a déjà récolté plus de 115 000 euros et augmente d'heure en heure. La direction de la SNCF tente de pallier ce mouvement en prenant des mesures qui suscitent la polémique.

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«Nous avons de la sympathie pour les cheminots grévistes. Ils défendent un de nos biens communs, une entreprise de service public que le gouvernement cherche à transformer en "société anonyme"» ont écrit 32 intellectuels sur le blog des invités de Médiapart le 23 mars en initiant une cagnotte visant à indemniser financièrement, via des dons sur internet, les cheminots qui font grève à compter du 3 avril. Ce pot commun solidaire lancé sur le site de cagnotte en ligne Leetchi avait déjà récolté plus de 115 000 euros le 3 avril au soir, et ne cesse d'augmenter.

Le texte accompagnant le lancement de la cagnotte rappelle que, durant les grèves de 1995 et 1968, «la solidarité entre voisins et collègues [avait mis] en échec le calcul gouvernemental de dresser les usagers contre la grève [des cheminots]». Mentionnant le sacrifice financier des grévistes, le texte insiste sur la nécessité que le mouvement des cheminots dure «pour le succès de leurs revendications». 

En effet, la grève représente une coupe conséquente dans les salaires des personnes mobilisées. Dans un entretien accordé au Parisien le 2 avril, Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-cheminots, a expliqué que si les cheminots suivaient l’ensemble du mouvement, cela représenterait pour eux un tiers de salaire en moins.

Grèves SNCF : une cagnotte pour soutenir les cheminots et contrer les sanctions des grévistes© SNCF
Calendrier grève SNCF

Jours de repos décomptés

Pour tenter de contrer ce mouvement de grève dite «perlée» de deux jours sur cinq, qui devrait s'étendre jusqu'au 28 juin, la direction de la SNCF a recours à plusieurs tentatives : elle a d’abord annoncé qu'elle allait comptabiliser les jours de repos comme jours de grève. Cette mesure a été immédiatement dénoncée par les syndicats. L'Unsa, la CGT et la CFDT envisagent de saisir l'inspection du travail dans un premier temps avant un recours devant la justice si la SNCF s'obstinait à appliquer cette mesure. «Annoncer aux cheminots que les jours de repos ne seront pas payés, ça vise à les dissuader de faire grève, mais cette provocation va plutôt cristalliser le mécontentement dans le sens d'une plus grande mobilisation», a déclaré Roger Dillenseger, le responsable du syndicat Unsa férovière à l'Obs.

Une prime de 150 euros tombe à point nommé

D'autre part, la SNCF a annoncé qu'une prime de 150 euros par mois serait accordée aux cadres pour conduire occasionnellement des trains. Pour les syndicats, il s’agit de «casser le mouvement de grève» avec une «carotte» afin d’inciter les cadres intermédiaires à remplacer les cheminots grévistes.

La SNCF s'est justifiée en expliquant que cette prime répondait à une revendication de longue date des cadres concernés qui effectuaient des remplacements sans bonus. «La concordance des dates est proprement scandaleuse», a dénoncé Rémi Aufrère-Privel, secrétaire général adjoint de la CFDT-cheminots sur franceinfo. «Nous considérons que c’est un moyen de briser la grève», a-t-il ajouté.

Selon Laurent Brun, de la CGT-cheminots, la direction de la SNCF a également envisagé de faire venir d’autres cheminots du Royaume-Uni et «étudierait la possibilité d’effectuer des réquisitions de cheminots, par exemple sur la ligne D du RER, quitte à aller les chercher avec les gendarmes», a-t-il encore affirmé, ajoutant que tout cela avait pour but de «casser la grève et traduisait une perte totale de sang-froid de la part de la direction».

Du côté du gouvernement, les éléments de langage fleurissent depuis le début de la grève. Dénonçant une «culture de la grève» et une «grève incompréhensible», de nombreux élus de la République en marche critiquent vertement le mouvement des cheminots. La ministre des transports, Elisabeth Borne, invitée de Jean-Jacques Bourdin le 3 avril a déclaré être dans une posture de dialogue et ne pas comprendre «cette posture de blocage».

https://francais.rt.com/france/49404-greves-sncf-cagnotte-pour-soutenir-gr%C3%A9vistes

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Grève SNCF : quand la presse française choisit son camp

Certains articles publiés par différents médias en ce premier jour de mouvement social à la SNCF ont eu recours à des éléments de langage, des arguments ou des rapprochements qui laissent parfois deviner un parti pris plus ou moins subtil.

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Ce 3 avril avait lieu le premier jour de «grève perlée» à la SNCF, ayant pour but de mettre en échec le projet de réforme de l'entreprise publique porté par le gouvernement. L'exécutif maintient le cap, les syndicats comptent mobiliser : jusque-là, chacun semble dans son rôle. Mais quel rôle entendent jouer les médias alors que s'amorce ce mouvement social appelé à durer ?

Au-delà du simple travail d'information dont se chargent les journalistes dans ce contexte, certains articles ou éditoriaux parus ce 3 avril soulèvent de vraies questions quant à leur angle, qui semble parfois même calqué sur le discours de la majorité présidentielle ou de la direction de la SNCF. Leur influence sur l'opinion publique et son potentiel impact sur la perception de la grève, et donc sur le succès du mouvement social, font dès lors émerger une autre question : certains journalistes n'essaieraient-ils pas de faire passer un message, de manière plus ou moins subtile ?

La France «championne du monde» de la grève

Grand classique du journalisme en temps de grève : le thème de la France présentée comme pays de la «chienlit», dont la grève serait le sport national, manie d'un monde du travail arc-bouté sur ses acquis et enclin à la grogne pour un oui ou pour un non. Si la publication d'une telle analyse n'est bien sûr pas condamnable en soi, le fait de la mettre en avant en convoquant une cohorte d'experts en ce premier jour de grève n'est pas totalement neutre.

Tel est le choix éditorial fait par La Croix. Et qu'importe si «la grève n'est pas une spécificité française», comme l'affirme un ancien dirigeant de la fédération CGT cheminots interrogé et cité par le quotidien, le titre de l'article maintient le cap en assurant le contraire : «Grève, l'exception française.» Non sans s'empresser de mettre en lumière le fameux modèle allemand, «contre-exemple parlant». «Comme l’ont bien compris l’Allemagne ou le Canada, une négociation, ça se fait à deux. Il faut former et responsabiliser les acteurs, pour qu’ils soient tournés vers l’intérêt général», insiste La Croix en citant le même ancien syndicaliste, aujourd’hui reconverti en consultant. De là à sous-entendre que les grévistes français ne sont pas «tournés vers l'intérêt général», il n'y a qu'un pas.

Même son de cloche dans les colonnes des Echos, dont le titre de l'édito d'Etienne Lefebvre résume sans ambiguïtés le contenu : «Au pays des grèves.» Après avoir soigneusement rappelé que la France est le pays «où le nombre de journées de travail perdues par salarié est le plus élevé», le journaliste précise que tout espoir n'est pas perdu, puisque «la conflictualité recule» en France. Le quotidien économique est formel quant au peu d'enthousiasme suscité par les grands mouvements sociaux comme celui qui vient de débuter : «Les fonctionnaires, constatant l'inefficacité des mobilisations générales, préfèrent des grèves plus ciblées.» A ce titre, la grève de la SNCF est présentée comme le seul «point noir».

La grève vouée à l'échec, dangereuse et coûteuse

Le 17 mars dernier, la députée des Hauts-de-Seine, Céline Calvez qualifiait le mouvement de «facteur d'espoir» et «d'innovation». L'élue de La République en marche (LREM) s'enthousiasmait alors : «On peut imaginer qu'on va avoir du covoiturage !» Un argument quelque peu nouveau dans la rhétorique politique, qui semble conjuguer optimisme et symboles de la «start-up nation». Les usagers des transports en commun comme les salariés de la SNCF en lutte savent pourtant que la pratique du covoiturage n'a jamais permis de compenser les effets d'une grève. Mais Le Monde est là pour les convaincre du contraire. «Les transports alternatifs, grands gagnants de la grève à la SNCF», annonce un article publié dès 11 heures. Le quotidien du soir ne fait pas le pari d'une grève couronnée de succès et ne s'en cache pas : «[...] 2018 n’est pas 1995. Entre-temps, la révolution des plates-formes numériques et des "applis" a bouleversé le monde des transports.» Rappelant que le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, a «pris la mesure depuis longtemps» de ces évolutions, Le Monde renvoie de fait les grévistes à l'ancien monde dont il semblent être les archaïques défenseurs.

Autre argument quelque peu inhabituel avancé pour dénoncer la grève : la dangerosité concrète que ferait peser celle-ci sur les Français. De cette journée de mobilisation de grande ampleur, L'Obs a surtout retenu des images choc soigneusement mises en avant dans un article sobrement intitulé «Grève SNCF : cohue sur les quais, une femme tombe sur la voie à Paris». Le lien entre cet incident regrettable mais très anecdotique et la grève elle-même serait loin d'être évident si le titre de l'hebdomadaire n'était pas là pour le mettre en exergue. L'association d'idées ainsi induite n'est pas des plus subtiles, d'autant que les scènes de cohue, dans les gares parisiennes, sont loin d'être rares – y compris hors période de grève.

L'analyse économique permet parfois de mieux éclairer les raisons qui conduisent certains salariés à se mettre en grève, notamment lorsqu'elle s'intéresse aux résultats des réformes ferroviaires dans d'autres pays, où celles-ci sont loin de faire figure de réussites. Le Figaro a fait le choix de l'analyse économique, mais sous un angle tout à fait différent, comme pour prouver qu'il ne fallait pas s'arrêter pas aux explications simplistes : le quotidien explique en effet qu'«au-delà des inconvénients que les usagers subissent, les mouvements sociaux ont également un coût important». Dans un article intitulé «Grèves : 2,4 millions de journées perdues à la SNCF en dix ans», Le Figaro assure que, «pour le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, chaque journée de grève coûte 20 millions d'euros», sans préciser s'il devra les payer de sa poche ou non.

https://francais.rt.com/france/49410-greve-sncf-quand-presse-francaise-choisit-camp

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La CGT commerce rejoint la Fédération Syndicale Mondiale, la CGT 94 critique la CES

TRIBUNE LIBRE / PRCF

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En même temps qu’un communiqué issu d’obscurs circuits de la confédération CGT se permettait un amalgame odieux entre travailleurs et syndicalistes partisans du FREXIT et la nauséabonde extrême droite qui – il ne faut jamais l’oublier – est en réalité contre la sortie de l’UE et de l’euro (voir les déclarations et le programme de Le Pen à ce sujet), la critique et la défiance vis à vis des instances telles que la CES intégrées à la machine à broyer qu’est l’Union Europenne montent de toutes parts dans la CGT.

TL CGT FREXIT

En témoigne la spectaculaire prise de position de la fédération CGT du Commerce et des services qui a décidé de rejoindre la FSM. Et l’annonce de l’une des plus grosses unions départementales, celle du Val de Marne,  qui, réunie en congrès, critique vertement la CES et annonce son intention d’étudier la possibilité de rejoindre elle aussi la solidarité du syndicalisme de classe et de masse avec la Fédération Syndicale Mondiale.

La fédération CGT du Commerce et des services rejoint la FSM

La Fédération CGT du Commerce et des Services tenait son 15ème congrès à Reims du 19 au 23 mars. A l’issue de ses travaux, les délégué.e.s de la Fédération ont décidé de s’affilier à la Fédération syndicale mondiale (FSM-WFTU)

Les congressistes, représentant les 45.000 adhérent.e.s des syndicats de la Fédération, ont voté à la quasi unanimité un mandat pour la nouvelle direction fédérale. Elle doit entamer les démarche d’adhésion officielle à la Fédération Syndicale Mondiale.

Pour la CGT, une nouvelle fédération professionnelle quitte la Confédération Syndicale Internationale et la Confédération Européenne des Syndicats (réformiste) pour la Fédération Syndicale Mondiale.

Ainsi elle rejoint la Fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT et Fédération nationale des industries chimiques CGT (ré-adhésion en 2014), ainsi que des syndicats de base et l’Union départementale des Bouches-du-Rhône

Une délégation de la FSM dans une manifestation à Marseille contre la loi travail, tandis que la CES appuie la casse des codes du travail en soutenant l’Union Européenne contre les travailleurs:

 

Congrès de la CGT 94 : critique de la CES, et mouvement vers la Fédération Syndicale Mondiale

Le 20ème congrès de l’Union départementale des syndicats et des sections syndicales du Val-de-Marne c’est tenu en novembre 2017 à Villejuif. Dans son rapport, l’UD dresse un bilan sombre de la Confédération syndicale internationale et de sa branche européenne (Confédération européenne des syndicats)

Voilà ce que dit le secrétaire général de l’UD CGT du Val-de-Marne Cédric Quintin dans son rapport : 

Après un retour historique sur la Commune de Paris de 1871, la révolution socialiste d’Octobre 1917, le Front populaire de 1936 … le dirigeant de la CGT a dressé un bilan dramatique de la situation politique, sociale du monde. Il dresse un constat sévère sur les incapacités de la Confédération syndicale internationale et de sa branche européenne (Confédération européenne des syndicats) et souhaite un rapprochement avec la Fédération Syndicale Mondiale, notamment l’affiliation de l’UD à la FSM :

Extrait du discours :

” C’est autour de ces enjeux cruciaux que nous avons tenu en juin dernier une importante rencontre sur deux jours en présence d’une cinquantaine de camarades, d’un représentant du syndicat Grec PAME (affilié à la FSM) avec qui nous venons d’ouvrir une nouvelle coopération syndicale, en présence également de la confédération, ainsi qu’en présence de Jean-Pierre PAGE, ancien secrétaire général de l’UD de 79 à 92 et ancien responsable du secteur international de la Cgt.

Sans concession ni langue de bois, un constat sévère mais implacable s’en est dégagé. D’abord sur l’illisibilité, l’absence de volonté, le manque de solidarité et de coordination des luttes de la part de la CES et de la CSI (confédération syndicale européenne et confédération syndicale internationale) auxquelles la Cgt est affiliée depuis la fin des années 90. Davantage qu’un simple constat, nous avons vérifié et souligné à cette occasion combien ces organisations syndicales européennes et internationales étaient encore engluées dans l’accompagnement du capitalisme mondialisé, dans le lobbying, dans le syndicalisme professionnel et institutionnel, dans la compromission et l’impuissance. Dans l’ostracisme également et l’arrogance vis-à-vis de la fédération syndicale mondiale comptabilisant pourtant près de 100 millions d’adhérents à travers le monde.

La FSM, loin d’être à son tour exempte de critiques ou d’insuffisances, mais qui au moins se revendique et continue d’agir en syndicat résolument anti capitaliste et anti impérialiste, ce qui est, entre nous, bien plus conforme à notre histoire, nos repères et nos orientations que le syndicalisme de renoncement et de gestion de la misère qu’incarnent malheureusement, la CES ou la CSI.

Au sortir de cette rencontre départementale, nous avons donc décidé, chers-es camarades, de faire monter l’exigence au sein de la Cgt de dresser un inventaire, un bilan collectif de nos affiliations dans ces organisations, 20 ans après y avoir adhéré. Demande partagée par d’autres organisations de la Cgt dans l’attente du 52ème congrès confédéral.

Une seconde proposition a émergé à cette occasion et depuis cette rencontre de juin. Celle d’examiner notre affiliation, en tant qu’UD, à la FSM puisque les statuts de cette dernière, comme ceux de la CSI, nous y autorisent et que c’est déjà le cas pour plusieurs organisations syndicales internationales, ainsi que plusieurs syndicats, UL ou fédérations de la Cgt. Parmi-eux citons les fédérations de l’agroalimentaire et de la chimie, le syndicat de l’Energie Paris ou les Cheminots de Versailles. Je ne peux malheureusement développer davantage le sujet puisque nous avons décidé d’organiser très prochainement un important comité général sur le sujet.

Néanmoins, nous ne souhaitons prendre personne par surprise ni tergiverser sur la direction que nous entendons proposer et débattre tous ensemble.

De quoi, honnêtement et objectivement, avons-nous besoin comme solidarité internationaliste en Europe et dans le monde pour mener nos combats jusqu’à la victoire ?

C’est au fond la seule question qui vaille et qui doit nous animer aujourd’hui ! Nous ne sommes pas dans l’incantation ou la nostalgie d’une époque révolue. Nous voulons débattre, nous souhaitons un état des lieux et un bilan syndical international honnête. Nous sommes insatisfaits et constatons aujourd’hui l’impuissance et l’éclatement du paysage syndical international qui entrave lourdement son action et sa résistance face à l’internationale patronale et au monde de la finance. De notre point de vue, la Cgt doit être davantage actrice et à l’initiative de cette refondation internationale du syndicalisme dans un sens plus combatif, plus revendicatif et solidaire. En toute modestie et respectueuse des histoires des spécificités de chacun, sans arrogance ni ingérence, la Cgt doit entraîner et convaincre les autres organisations syndicales à venir plus nombreuses sur le chemin de la lutte, de la confrontation, du rapport des forces et non dériver, se diluer dans des alliances et coalitions sans queue ni tête et en totale incompatibilité avec nos orientations et notre histoire.”

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/la-cgt-commerce-rejoint-la-federation-syndicale-mondiale-la-cgt-94-critique-la-ces/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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ça semble bouger sérieusement à la Cgt et la compréhension de la supercherie européenne progresse dans le monde syndical comme dans tout le pays. Je ne peux qu'inciter nos adhérents syndicalistes à soutenir ces actions de mise en cause de structures inféodées à l'UE.     P.G.

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[RussEurope-en-Exil] Grève à la SNCF, grève générale ?

TRIBUNE LIBRE  /  Jacques SAPIR

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Avec le mois d’avril va débuter le grand mouvement social à la SNCF. Un mouvement social particulier car organisé sur un rythme de 2 jours de grève suivis de 3 jours travaillés. Il y a peu de doutes que ce rythme, choisi par les organisations syndicales pour permettre à ce mouvement de durer, va entraîner des perturbations répétées.

Tout le monde sait, ou tout du moins croit savoir, ce qui le motive : le projet de changement de statut de l’entreprise et de ses employés par le gouvernement. Mais, un certain nombre d’idées fausses circulent, dans la presse comme dans l’opinion au sujet de ce mouvement. Il est temps, avant que nous commencions tous à en subir les conséquences, qui seront désagréables à l’évidence, de faire le point sur cette question.

Les cheminots sont-ils des privilégiés ?

On dit beaucoup que les cheminots sont privilégiés en raison de leur statut, et en particulier avec les conditions de départ à la retraite qui sont plus avantageuses que celles de nombreux salariés. Mais, a-t-on réfléchi au pourquoi d’un tel statut ? Si les cheminots ont un « statut », c’est parce qu’ils ont des obligations particulières, ce que l’on appelle des astreintes, comme de travailler la nuit, les dimanches, les jours fériés. Les avantages que leur confère le statut sont une compensation pour ces astreintes. D’ailleurs, ce statut date de 1920, les compagnies de chemin de fer étaient alors privées, et c’est pour fidéliser leurs employés qu’elles ont élaborés un statut protecteur. Alors, on peut assurément discuter de certains de ces avantages, considérer qu’il faudrait – ce qui est d’ailleurs le cas – séparer le personnel administratif du personnel dit « roulant », mais, en bonne logique, on ne peut imposer des contraintes sans proposer des compensations. Le problème aujourd’hui est plus l’embauche, à durée déterminée, de personnels hors-statut, le recours massif à la sous-traitance, que celui du « statut ». Ces pratiques, qui sont déjà le fait de la SNCF, entraînent une dilution des compétences et du savoir-faire particulier, ce qui est souvent la cause d’accidents chez ces personnels. Par ailleurs, la SNCF a du mal à recruter pour certaines fonctions, justement parce que le statut apparaît comme insuffisamment attractif.

On voit bien que la question du « statut » renvoie à la spécificité des compétences et aux astreintes particulières des personnels roulants, et non pas, comme on le croit souvent à la « pénibilité » du travail. Tant que ces compétences particulières seront requises, et que des astreintes elles aussi particulières seront attachées à ces postes, il faudra fidéliser les travailleurs. Et, pour fidéliser ces travailleurs, un statut est la méthode la plus efficace et la moins couteuse…

Le statut de l’entreprise

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Le deuxième point important porte sur le statut de l’entreprise et l’ouverture à la concurrence dans le domaine du rail. Car, même si elle reste propriété de l’Etat, le passage de la SNCF à une société de droit privé serait un changement majeur de cette société.

Alors, oui, la SNCF est lourdement endettée. La dette de la SNCF pèse 44 milliards d’euros actuellement. Mais cette dette n’a pas à voir avec le « statut » des cheminots. Ce sont des décisions des gouvernements successifs qui ont privilégié des partenariats public-privé très coûteux pour la SNCF, comme dans le cas de la construction de la ligne à grande vitesse vers Bordeaux, et qui ont concentré les investissements sur les lignes TGV au détriment des réseaux de proximité qui en sont la cause. Ce qui pose la question des priorités. On sait que la logique des transports est différente selon que l’on considère le périurbain (les trains de banlieue au sens large) et l’interurbain (les relations entre les grandes villes). Dans le cas de ces dernières, la SNCF est soumise à la concurrence de l’avion, du co-voiturage, ou des autocars. C’est une réalité. Mais, ces solutions de concurrence sont, il faut le rappeler, bien plus polluantes que le chemin de fer. Pour les relations périurbaines, en raison de l’engorgement des routes, il n’y a pas d’alternatives au transport ferroviaire. Vouloir privatiser, de droit ou dans les pratiques de gestion, ce dernier aboutit en fait à prélever une rente importante sur l’usager. Prenons à cet égard un exemple, celui du métro de Washington, qui est opéré par une société française. Dans les années 1980 et 1990, le prix du ticket était calculé « au coût marginal », c’est à dire que pour le même transport ce prix doublait avec les heures de pointe. Et l’on vous expliquait doctement que le but de cette tarification était de faire jouer la concurrence. Mais, compte tenu des embouteillages, il n’y avait guère de choix dans le mode de transport aux heures de pointe. Et, donc, ce principe dit « de concurrence » (qui s’exprimait dans la tarification) n’était rien d’autre qu’une forme de racket pour les personnes obligées de se déplacer pour aller travailler.

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Ajoutons à cela, la question du développement régional (très lié aux conditions de transport) et le fait que sur certaines lignes la fréquentation est fonction du nombre de dessertes alors que l’on pourrait penser que c’est l’inverse. Tous ces problèmes indiquent que dans le domaine du transport ferré, la question des externalités est essentielle. Nous ne prenons pas tous le train (que ce soit le TER, les trains de banlieue ou le TGV). Mais, notre situation économique à tous est impactée par l’existence d’un réseau de transport efficace. Nos emplois, en nombre comme en qualité, en dépendent. C’est pourquoi l’existence d’un service de transport intégré, avec des transferts des lignes les plus rentables à celles qui le sont moins, mais dont l’utilité économique de moyen et long terme est pourtant évidente, s’impose.

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La raison de l’endettement de la SNCF n’est pas à chercher, il convient de le redire, dans le statut de l’entreprise, mais dans la gestion par l’Etat, qui a cherché à imposer une privatisation larvée de cette entreprise. Cette gestion de l’Etat, parce qu’elle s’est faite en dehors d’une vision (d’un plan) d’aménagement des territoires et en faveur de certaines catégories les plus aisées, a été défectueuse. Mais, le recours à des formes de privatisation ne ferait qu’exacerber ces problèmes. Il convient de repenser le rôle de la SNCF dans un cadre global, intégrant et prenant en compte, l’ensemble des effets d’externalités. On voit bien que c’est l’absence d’intelligence du problème des externalités qui caractérise les projets de réformes libéraux sur la question des chemins de fer.

L’obsession de la privatisation

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Pourtant, on le sait, la privatisation est à l‘ordre du jour[1]. Elle semble même une véritable obsession de la part de nos gouvernements. Pourtant, là où les chemins de fer ont été privatisés, la situation n’a pas toujours évolué favorablement, que ce soit pour les usagers ou pour les employés.

L’exemple de la Grande-Bretagne montre que la privatisation des chemins de fer peut se passer très mal. La qualité du service s’y est globalement dégradée et les prix du billet ont explosé, augmentant de trois fois. Ainsi, pour des travailleurs habitant la région de Londres les coûts de transport représentent entre 12% et 14% du budget annuel, contre 2% en France en région parisienne[2]. Par ailleurs, le réseau a connu, depuis la privatisation de 1993 de nombreux accidents mortels. Le résultat est qu’aujourd’hui une majorité de britanniques souhaitent la renationalisation des chemins de fer.

L’exemple de l’introduction de la concurrence en Italie est souvent invoqué pour justifier ce processus. Les prix des TGV italiens auraient fortement baissé et la qualité du service se serait améliorée. Mais ; on oublie que la société dite « privée » de TGV dans la péninsule et largement subventionnée par l’Etat italien, justement pour pouvoir établir cette « concurrence ». Sans cette subvention, la compagnie privée serait incapable d’offrir les prix qu’elle offre aujourd’hui.

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En Allemagne, où les infrastructures restent publiques et la Deutsch Bahn (DB) est une entreprise de droit privé, mais majoritairement possédée par l’Etat fédéral, une privatisation partielle des lignes régionales a été entreprise. Ici non plus, les résultats ne sont pas miraculeux. La DB est, certes, la plus grande entreprise ferroviaire européenne, mais un tiers des trains allemands ont des retards et surtout le multiplication des compagnies privées à l’échelle régionale a entraîné une multiplication des accidents.

En fait, on constate que aucun bilan sérieux n’a été tiré des expériences de privatisation et d’introduction de la concurrence à l’étranger ! En fait, en théorie économique, la concurrence ne peut jouer que si et seulement si le consommateur à un choix réel. Or, pour le transport, et compte tenu de l’engorgement des autres moyens de transport (dans le cas des transports périurbain) ou de leur inexistence (dans le cas des relations « latérales » entre villes moyennes), le consommateur n’a pas de choix. Cela signifie que « privatiser » ou adopter des modes de gestion identiques à ceux du secteur privé n’aboutit qu’à prélever une rente sur le consommateur de service de transport ou plus précisément une « quasi-rente » ainsi que l’a défini Alfred Marshall il y a plus d’un siècle. Ainsi, les rentiers ne seraient pas ceux que l’on croit ! De plus, l’existence de « quasi-rente » est l’une des raisons pour lesquelles les entreprises ont recours à l’intégration verticale (elles achètent les entreprises en amont et en aval de leur secteur d’activité)[3]. Mais, cette intégration verticale est, elle aussi, une rupture du principe de concurrence, et aboutit rapidement à l’oligopole. C’était, d’ailleurs, la raison pour laquelle les chemins de fer ont été largement nationalisés dans le passé.

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Rien ne permet donc de dire que la concurrence et la privatisation seraient des facteurs de progrès dans les chemins de fer. Rien, sauf une directive de l’Union européenne qui va dans ce sens[4]. Et l’on commence à comprendre que cette réforme que veut le gouvernement n’a pas d’autres buts que de faire plier le modèle français sous les fourches caudines de l’UE.

Le futur d’un mouvement

La question centrale est évidemment l’ampleur des perturbations que la grève à la SNCF va provoquer et leur capacité à faire plier le gouvernement. Ces perturbations seront, à n’en pas douter, de grande ampleur, que ce soit pour le trafic passagers mais aussi pour le trafic marchandises. D’ailleurs, ne voit-on pas des journaux et des médias agiter le spectre du « coût économique » de cette grève ou présenter certains dirigeants syndicaux, comme M. Martinez de la CGT comme ceux qui veulent « bloquer la France » ? Mais, toute grève est un affrontement. La seule solution pour les travailleurs est de faire perdre de l’argent à l’entreprise pour que la direction de celle-ci comprenne qu’elle à plus à perdre qu’à gagner en ne négociant pas ou en maintenant ses projets. Et, comme dans le cas du transport ferroviaire, on est dans un secteur où les externalités sont très importantes, pour cette grève de la SNCF l’enjeu est bien de faire perdre de l’argent à toutes les entreprises pour que leurs dirigeants fassent, à leur tour, pression sur le gouvernement. Les idées avancées par des hommes politiques d’un mouvement qui devrait être sans douleur, que ce soit pour le public ou pour les entreprises, sont assez hypocrites et ne tiennent aucun compte des réalités matérielles.

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Au-delà, ce qu’espère une partie des syndicats, c’est que d’autres mouvements viendront rejoindre celui des cheminots. C’est d’ailleurs l’enjeu caché de ce mouvement : à partir d’une grève à la SNCF, arriver à fédérer d’autres luttes, en particulier mais pas uniquement dans les services publics, pour déboucher vers une grève générale. Et l’on peut penser qu’il faudrait bien une grève générale pour faire reculer ce gouvernement. On le voit, notre vie quotidienne va être probablement très perturbée dans les semaines, voire les mois, qui vont suivre.

Mais, si la grève va donc perturber nos habitudes, c’est essentiellement parce que le gouvernement s’entête sur une réforme des plus contestable et s’enferme dans une attitude que l’on peut qualifier d’irresponsable. C’est donc lui le principal responsable.

Notes

[1] http://www.consilium.europa.eu/fr/policies/4th-railway-package/

[2] https://www.independent.co.uk/news/uk/home-news/british-rail-passengers-rpice-hike-train-fares-europe-income-southern-virgin-gwr-a7506711.html

[3] Williamson, Oliver (Oct 1979). “Transaction-Cost Economics: The governance of contractual relationsnutsl=Journal of Law and Economics” (PDF). 22 (2): 233–261.

[4] La DIRECTIVE 2012/34/UE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 21 novembre 2012 établissant un espace ferroviaire unique européen. http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32012L0034&from=EN

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-greve-a-la-sncf-greve-generale-par-jacques-sapir/

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"Au-delà, ce qu’espère une partie des syndicats, c’est que d’autres mouvements viendront rejoindre celui des cheminots" Encore faudrait- il TENTER d'organiser une "convergence des luttes", ce que ne souhaitent pas les grandes confédérations (membres par ailleurs de la Confédration européenne des syndicats). Tout participant/observateur des luttes sociales de ces dernières années sait pertinemment que les mouvements sont TOUJOURS freinés par les (grands) syndicats quand ils prennent trop d'ampleur...

"le gouvernement s’entête sur une réforme des plus contestable et s’enferme dans une attitude que l’on peut qualifier d’irresponsable. C’est donc lui le principal responsable": le gouvernement ne fait qu'appliquer les directives européennes et il serait irresponsable de sa part de ne pas se conformer aux traités. Mais dire cela, c'est aller au fond des choses et poser le vrai problème; celui de notre appartenance à l'Union européenne...Désigner le gouvernement comme "principal responsable" revient, à mon sens, à détourner l'attention des acteurs du mouvement social vers de fausses solutions.      P.G.

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lundi 2 avril 2018

ENTRETIEN N°60 – Manifestation du 22 mars – Attentat dans l’Aude – Marche blanche – Skripal – Mickey – Rats à Paris –...

Cet entretien d’actualité n° 60 a été enregistré le jeudi 29 mars 2018.

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01:01 Comment se sont déroulées les manifestations du 22 mars ?
04:39 Hommage aux victimes de l’attentat dans l’Aude.
15:38 Retour sur la marche blanche en hommage à Mireille Knoll
27:10 Qu’avez-vous à dire sur la dégradation des relations entre les pays occidentaux et la Russie ?
39:32 Rencontre entre Kim Jong-un et Xi Jinping
43:13 Des euros à l’effigie de Mickey par la Monnaie de paris
47:20 Invasion de rats à Paris
50:36 L’UPR sera présente aux élections territoriales de Polynésie française
55:14 Appel à manifester le premier mai avec l’UPR et François Asselineau !

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Intervenant : François Asselineau président de l’UPR.
Voix hors champ : Benjamin
Animations graphiques : @PierreDuNet
Miniatures et images : Thomas Miguel
Prospection de contenu : @LaBeche
Technique et montage : Fabien Sémat

https://www.upr.fr/actualite/entretien-n60-manifestation-attentat-marche-blanche-skripal-mickey-rats-a-paris-polynesie-1er-mai

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dimanche 1 avril 2018

Steva Bessines en redressement, les salariés promettent un « GM & S 2 » s'ils ne sont pas payés en mars

A la demande de la direction, Steva Limousin doit être placée en redressement, la semaine prochaine. Un nouveau coup dur pour l’usine de Bessines-sur-Gartempe, en Haute-Vienne.

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Leurs yeux semblent vides et leurs têtes, soutenues à grand-peine par leurs mains d’ouvrier, paraissent bien lourds. Chez Steva Limousin, ex-Altia, ex-Sonas, ex-Hallberg, l’imminence du pire laisse peu de répit. « Put…, c’est la neuvième fois », souffle un salarié.

Reprise, il y a trois ans, l’usine haut-viennoise va de nouveau être placée en redressement judiciaire, à la demande de la direction*. L’annonce de la procédure a été faite aux représentants des salariés, hier, au cours d’un comité d’entreprise exceptionnel. Pour eux, l’équivalent d’une mauvaise histoire drôle, qui plagierait Un jour sans fin. Titre possible : Retour vers un futur incertain.

Dettes et manque à gagner

« C’est le non-paiement des cotisations retraite qui a tout déclenché », précise la vice-présidente PS de la Région et maire de Bessines, Andréa Brouille. Selon Bruno Grimaux, secrétaire FO du comité d’entreprise, l’usine compte également « une dette fiscale de 1,2 M€ » et « des échéanciers pour les mutuelles et l’Urssaf » sont en cours.

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« On fait 1,2 M€ de chiffre d’affaires par mois, il nous faudrait 1,4-1,5 M€ », calcule-t-il. La colère des salariés est d’autant plus vive qu’ils ont consenti des efforts sur leur temps de travail et pour certains, rendu deux jours de RTT. Or, la procédure de redressement pourrait se doubler de « dix à quinze licenciements » au sein des services administratifs. « C’est-ce que la direction voudrait, explique le syndicaliste. On était en discussion sur ça, avant le CE. »

« Une audience au tribunal de commerce est prévue mardi », ajoute-t-il. Elle devrait se dérouler à Lyon. En attendant, seule la moitié de la paye de mars a été versée aux 115 ouvriers. « Et il a fallu que je me batte avec Lassablière (N.D.L.R. : le PDG de Steva) », précise Bruno Grimaux. Il manque 120.000 € pour combler le delta. « Seul l’administrateur peut les solliciter, explique Andréa Brouille. C’est pour ça qu’on sera très attentif au placement en RJ, pour qu’on puisse assurer aux salariés d’être payés dans les meilleurs délais. » « Si on n’est pas payés, ça sera GM & S 2 », prévient Bruno Grimaux.

La Région « a beaucoup de questions » à poser à la direction

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Outre leurs parcours chaotiques, les ex-GM & S de La Souterraine (aujourd’hui LSindustry, voir ci-dessous) et les ouvriers de Steva Bessines partagent un actionnaire en commun, Alain Martineau, qui, en 2015, a soutenu la reprise par son collaborateur Philippe Lassablière et détient aujourd’hui 20 % des parts de Steva. « La Région a sollicité un rendez-vous avec eux, explique la vice-présidente PS. Je suis vraiment tombé des nues par rapport à ces difficultés. On a déjà beaucoup de questions à leur poser. » Comme l’utilisation du prêt de 900.000 € destinés à un projet de containers connecté. « Où est passé cet argent?? Sera-t-il investi?? », interroge Andréa Brouille.

Les salariés et Bruno Grimaux en tête ajouteraient bien une autre interrogation : quid de la SCI, toujours détenue par les anciens patrons d’Altia et qui chaque mois, obère les finances de la boîte de 25.000 €?? « Quand il a repris La Souterraine, Martineau a négocié avec eux. Je l’ai appelé pour qu’il en fasse autant pour Bessines », explique Bruno Grimaux.

« Entre GM & S et Steva, la situation est un peu différente, nuance Andréa Brouille. Pour GM & S, on devait sauver l’activité; chez Steva, il y a une holding, une vingtaine d’usines, ils ont les moyens de soutenir Bessines. » La Région se propose également d’étendre à Bessines « l’accompagnement économique et social » dont bénéficie le secteur de La Souterraine.

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Plusieurs rencontres la semaine prochaine

La Région doit recevoir les salariés, vendredi. Alertée par Bruno Grimaux, la députée En Marche Marie-Ange Magne, doit en faire de même, dans le courant de la semaine. Son homologue creusois Jean-Baptiste Moreau se penchera aussi sur le dossier. En fonction de l’évolution de la situation, Bruno Grimaux n’exclut aucune action. « Bloquer l’A 20, mettre des bonbonnes de gaz sur une usine, on sait faire. On est prêt à foutre la m…, mais on va discuter d’abord. Pour l’instant, il n’y a pas d’ultimatum. Mais la situation est frustrante. »

(*) Sollicitée, elle n’a pas souhaité s’exprimer.

Sébastien Dubois

https://www.lepopulaire.fr/bessines-sur-gartempe/social/2018/03/31/steva-bessines-en-redressement-les-salaries-promettent-un-gm-s-2-s-ils-ne-sont-pas-payes-en-mars_12794767.html

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"La Région doit recevoir les salariés, vendredi. Alertée par Bruno Grimaux (secrétaire FO du comité d'entreprise) le député En Marche Marie-Ange Magne, doit en faire de même, dans le courant de la semaine."
Alors là, les pauvres, ils sont mal barrés, surtout quand on a déjà vu ses différentes prestations dignes d'une carpette, notamment lors du débat organisé par les avocats en décembre dernier.
    S.R.

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